Les 3 & 4 août 2026, le Groupe de recherche- action sur la sécurité humaine (GRASH) a organisé une séance de formation sur la loi n°003-2026/ALT du 14 janvier 2026 portant Faso Bu-Kaoré. C’était à Banfora, chef-lieu des Tannounyan où les travaux se sont déroulés à travers une vive mobilisation de plusieurs acteurs de la société civile.

L’atelier de ces 3 & 4 août 2026 à Banfora a porté sur l’assimilation et l’appropriation, par les acteurs locaux de la société civile, de la loi Bu-Kaoré qui sera mise en œuvre bientôt sur toute l’étendue du territoire burkinabè.
Mécanismes traditionnels de règlement des différends au cœur de la disposition législative

Selon les dispositions du chapitre 1 relatif aux dispositions générales en son article 1 alinéas 1-2, la présente loi a pour objet de déterminer les mécanismes traditionnels de règlement des différends. Elle fixe ainsi les règles relatives à la compétence, à l’organisation, au fonctionnement des instances traditionnelles de règlement des différends et à la procédure applicable devant elles.
En outre, décortiquant dans sa communication les tenants et aboutissants de cette nouvelle loi, le camarade Magistrat Diakalya Traoré a évoqué les motifs de son adoption.
Il s’agit de la participation active à la consolidation de la paix et de la cohésion sociale, d’une justice de proximité, de la valorisation et d’une optimisation de nos valeurs endogènes.
Des rapports envisagés avec la justice classique
Toutefois cette justice traditionnelle et coutumière va entretenir des rapports avec la justice classique en ce sens qu’elle sera tenue de matérialiser à travers des documents judiciaires, des salles d’archives.
Ainsi, cette loi ratifiée par l’Assemblée législative de Transition (ALT), entrera bientôt en vigueur dans le strict respect des droits humains.
La seconde communication assurée par la camarade Ramatou Diallo/Sidibé a mis en lumière » Les droits fondamentaux – Les principes, textes de référence et obligations ».
Définir aussi les obligations qui incombent aux Etats

L’objectif général était de pouvoir définir les droits humains, de connaître les textes juridiques de protection et les principes fondamentaux, les différentes catégories de droits humains et les obligations qui incombent aux Etats.
Donc, les droits humains sont des prérogatives ou libertés reconnues à tout individu en vertu de sa qualité d’être humain, dans ses relations avec la collectivité et les autres individus, en vue d’assurer le respect de sa dignité d’être humain et de son bien-être.
«Loi créée parce qu’on est dans un changement de paradigme»

Pour Marie Louise Ouédraogo, Présidente de GRASH, c’est déjà un sentiment de remerciements, de joie pour le bon accueil de la présente formation par les bénéficiaires.
«On sent que le besoin est là pour comprendre la loi, de savoir qu’elle existe et comment utiliser cette loi pour porter mieux justice et dans la paix et aussi dans la cohésion sociale. Cette loi a été créée parce qu’on est dans un changement de paradigme. C’est de ne pas laisser la justice dans le vide. C’est de faire en sorte qu’elle soit plus proche des communautés, des populations qui sont les bénéficiaires. Lorsqu’on parlait de défis liés à l’accès à la justice, il y a l’accès de manière pratique et la loi Faso Bu-Kaoré qui vient combler tous ces obstacles. C’est vraiment une justice de proximité que cette loi prône et avec les chefs traditionnels et coutumiers qui sont vraiment au cœur de cette loi et du rendu de cette justice», a-t-elle relevé, assurant que ladite loi ne fait que «formaliser des actes qui étaient déjà posés de la part des chefs traditionnels et coutumiers».
Des participants, c’est-à-dire des bénéficiaires de la présente formation sur l’appropriation par les acteurs de la société civile au niveau de la région des Tannounyan, se sont exprimés. Les uns ont exprimé leurs satisfactions et les autres, leurs engagements à relayer les informations reçues au sein de leurs organisations.
Djénèbou Karama, participante : «Satisfaite car cela favorise la cohésion sociale»
«Nous sommes satisfaite car cela favorise la cohésion sociale. Donc, au lieu d’aller à la justice, c’est mieux de régler ses différends à la justice traditionnelle. Donc, nous avons compris que la justice doit être rendue de façon véridique tout en respectant le droit. Et à cet effet, tout le monde doit se conformer à cette loi. Et nous pensons que les chefs traditionnels et coutumiers sont compétents pour trancher les affaires car ils sont eux-mêmes sont aussi des citoyens comme les autres»
Bassassanou Sirima, participant : «Nous devons relayer l’information à la base»
«Nous avons reçu avec joie le Groupe de recherche -action pour la sécurité humaine. GRASH est venu échanger avec presque diverses couches sociales dont les jeunes, les adultes, femmes et hommes sur la loi qui régissent les tribunaux traditionnels et coutumiers. Nous devons relayer cette information à la base. Quels sont ceux qui peuvent prétendre être membres, les procédures de mise en place de ces bureaux et aussi au 2ème jour de la formation, nous avons appris que cette loi est en étroit lien avec les droits humains»
Un autre participant : «cela va permettre de résoudre les problèmes de justice très facilement»
« A l’issue de la rencontre, on a appris beaucoup de choses. Dans la culture, on veut qu’on revienne en arrière. Que la justice soit dite aussi dans les zones pour faciliter ou réduire les tâches de la justice basique. Donc, cela va permettre de résoudre les problèmes de justice très facilement et aussi permettre beaucoup de compréhension au lieu d’aller un peu plus haut pour quelque chose qui n’en vaut pas la peine».
Soumaïla Soma, Banfora
Burkina Demain



































