Des membres du présidium à l'ouverture du forum

La problématique de la contribution de la diaspora au développement local a été fortement débattue ce 20 août 2016 à Réo, notamment pour ce qui est du cas spécifique de la province du Sanguié. Ces débats nourris et constructifs ont été menés dans le cadre du quatrième forum des leaders du Sanguié. Organisé par le Cercle pour la culture du leadership dans le Sanguié (CERCLES), l’événement, qui a réuni environ 800 personnes, était placé sous le co-parrainage du ministre des Affaires étrangères et des Burkinabè de l’étranger, Alpha Barry, et de l’ancien Premier ministre Tertius Zongo.

La maison de la femme était bondée de monde
La maison de la femme était bondée de monde

«Diaspora et développement local ». C’est sous ce thème que s’est tenu, ce 20 août 2016 à la Maison de la femme de Réo, le quatrième forum des leaders du Sanguié. Placé sous le co-parrainage du ministre des Affaires étrangères et des Burkinabè de l’étranger, Alpha Barry, et de l’ancien Premier ministre Tertius Zongo ; le forum a drainé du monde, venu des dix communes de la province du Sanguié, de plusieurs localités du pays, de la Côte d’Ivoire et de la France. Au total, environ 800 personnes ont assisté aux travaux du présent forum modéré de main de maître par le co-parrain Zongo, ancien locataire de la Primature, ancien ministre des finances, ancien porte-parole du gouvernement et ancien ambassadeur du Burkina Faso à Washington.

Tertius Zongo a été à la hauteur de la confiance placée en lui pour la modération du forum
Tertius Zongo a été à la hauteur de la confiance placée en lui pour la modération du forum

Initié par le CERCLES dont le coordonnateur général Jean Bosco Bazié a rappelé l’historique, le quatrième forum aura tenu toutes ses promesses. En plus d’avoir permis aux ressortissants proches, lointains (diaspora) et la population résidente de se retrouver pour exprimer en toute fraternité et fierté leur appartenance au Sanguié en tant que province du Burkina Faso. Il ne s’agit pas en pareille circonstance, prévient le modérateur, de cultiver, comme pourraient le penser certains esprits mal inspirés, un quelconque particularisme provincial ; mais de réfléchir sur les voies et moyens d’une meilleure compétitivité de la zone au sein de la région et du pays. Ce genre d’initiative mérite d’être encouragée car participant efficacement de la quête du développement tant espéré. A l’écouter, le vrai développement, le développement durable est celui qui part des populations elles-mêmes.

Des membres du présidium à l'ouverture du forum
Des membres du présidium à l’ouverture du forum
C'est un fils du Sanguié, le ministre Nestor Bassière, qui a livré le discours du co-parrain Alpha Barry
C’est un fils du Sanguié, le ministre Nestor Bassière, qui a livré le discours du co-parrain Alpha Barry

L’autre parrain du forum, Alpha Barry, qui s’est fait représenter par le ministre de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique, Nestor Bassière ; a lui aussi salué l’initiative. Il a pris l’engagement de soutenir la mise en œuvre des conclusions du forum pour peu qu’elles relèvent du ressort de son département ministériel. Il a pris l’engagement d’explorer à un autre niveau la problématique de la contribution de diaspora à l’économie local à travers par exemple une conférence des ambassadeurs du pays sur la question.

 

La problématique abordée dans ses différents aspects

Le coordonnateur général du CERCLES a exprimé sa satisfaction au vu des résultats enregistrés ce forum
Le coordonnateur général du CERCLES a exprimé sa satisfaction au vu des résultats enregistrés ce forum

La problématique de la contribution de la diaspora au développement local, cas du Sanguié, a été abordée dans ses différents aspects par les panélistes. La Doctorante Julienne Gué, chercheure à l’INERA, a évoqué les pesanteurs socio anthropologiques qui limitent l’apport de la diaspora au développement du Sanguié. Le professeur de philosophie Jacques Bationo, membre de la diaspora de France, a insisté sur la nécessité pour les fils et filles du Sanguié de s’entendre pour le développement de leur province, au-delà des divergences politiques ou religieuses de sorte à ne pas les obliger, eux membres de la diaspora, à choisir entre untel ou untel camp. Joséphine Kantiono, membre de la diaspora ivoirienne, a pour sa part pointé le doigt sur le déficit de communication et la méfiance qui ne sont pas de nature à favoriser une pleine participation de la diaspora à l’économie locale. Joachim Baky a posé, pour ce qui le concerne, le problème de la culture du sentiment d’appartenance à la zone chez la population de la diaspora. Pour ces différents aspects de la problématique, des pistes de solution ont été identifiées ou préconisées. Elles vont de la promotion de la langue lyélé chez les enfants des membres de la diaspora à l’implication de la diaspora dans l’élaboration et ou la mise en œuvre des plans communaux de développement en passant par la mise en place de mécanismes de réalisation et de suivi des résolutions du forum. Si ces pistes de solution ont été préconisées sans contestations, c’est qu’aujourd’hui l’apport de la diaspora à l’économie locale est reconnu de tous.

Prenant exemple sur des pays comme le Mali ou le Sénégal dont la diaspora (4 millions de membres chacune) rapatrie chaque année dans leur pays au moins 400 milliards de francs CFA ; le conseiller des Affaires étrangères Ousmane Guiguemdé, auteur d’une riche communication, dira que pour un pays comme le Burkina Faso qui peine à mobiliser les investissements directs étrangers, «encourager les investissements de la diaspora relève d’une nécessité, au regard de sa représentation quantitative et qualitative à travers le monde». La diaspora burkinabè dont le nombre est estimé à une quinzaine de millions rapatrie moins de 100 milliards de francs CFA par an.
«Il revient donc aux émigrés de compenser leur départ à travers leur contribution au développement de la zone d’origine. La diaspora doit constituer un partenaire pour le développement local», a conclu le conseiller Guiguemdé.

Photo de famille des récipiendaires des palmes du leadership 2026
Photo de famille des récipiendaires des palmes du leadership 2016

Cinq personnalités distinguées en leadership
L’un des moments forts du présent forum a été la remise des attestations aux récipiendaires 2016 des palmes du leadership dans le Sanguié. Cinq personnalités de la province ont été ainsi distinguées dans cinq catégories différentes. Il s’agit de :
-Babou Jean-Pierre Ido dans la catégorie ‘’Grand commis de l’Etat’’ ;
-Marie-Jeanne Ki/Kanyala dans la catégorie ‘’Initiatives communautaires de développement’’ ;
-Joachim Baky dans la catégorie ‘’Opérateurs économiques’’ ;
-André Tienepiazoun Bado dans la catégorie ‘’Enseignement supérieur et Recherche’’
-Daouda Bayili pour la palme d’honneur.
Instituées en 2014 lors du troisième forum à Pouni, les palmes du leadership visent à rendre hommage à des aînés qui peuvent être des modèles à suivre pour les membres de la jeune génération.

Le 4e forum aura tenu ses promesses d'être un cadre mobilisateur de toutes les forces vives du Sanguié
Le 4e forum aura tenu ses promesses d’être un cadre mobilisateur de toutes les forces vives du Sanguié

«A tous les niveaux et dans bien de domaines, des fils et filles de la province ont œuvré d’une manière ou d’une autre pour le rayonnement de leur terroir, celui de la région du Centre-ouest et au-delà du Burkina Faso tout entier aussi bien aux plans national, qu’international. Ces personnes sont pour nous des modèles à promouvoir et à montrer aux jeunes pour qu’ils en inspirent», a expliqué le coordonnateur général du CERCLES.
Pour l’édition 2016 des palmes du leadership, un appel à proposition de nominés avait été lancé, et les récipiendaires sus- mentionnés ne sont que les résultats de cet appel à proposition.

Le forum a également été un lieu d'expression de la culture du terroir
Le forum a également été un lieu d’expression de la culture du terroir

Le 5e Forum aura lieu à Kordié

Les organisateurs, en l’occurrence les responsables du Cercle pour la culture du leadership dans le Sanguié (CERCLES) dont le coordonnateur général, Jean Bosco Bazié, voulaient un forum à la hauteur des ambitions du CERCLES, à savoir un cadre mobilisateur et catalyseur des forces vices en vue de favoriser ce retour sur investissements au profit des parents de la province à qui chaque membre de la diaspora est redevable. Et au regard de la qualité des débats, des résolutions et du nombre des participants le 4e forum des leaders du Sanguié a été un succès. Naturellement, le coordonnateur général, Jean Boco Bazié a tenu à exprimer sa satisfaction pour les résultats atteints. Et d’annoncer le cinquième qui aura lieu dans la commune de Kordié en 2018 sur le thème : «Jeunesse et développement local».
Mais, avant cela, les membres du CERCLES devront se retrouver en mars 2017 en assemblée générale pour procéder à la relecture des textes fondateurs et au renouvellement des instances de direction de l’association.

Grégoire B. Bazié
Burkina Demain

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