Rasmané Ouédraogo hérite de la présidence de la CODER dans une situation difficile

A la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER), la formule de rotation à la tête de l’instance dirigeante fonctionne à merveille. Et depuis ce jeudi 20 avril, c’est désormais Rasmané Ouédraogo, leader de la NAFA, qui porte le titre de président pour trois mois.

Rasmané Ouédraogo hérite de la présidence de la CODER dans une situation difficile

Rasmané Ouédraogo, président de la Nouvelle alliance du Faso (NAFA) est le nouveau président de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER). Il a succédé ce jeudi 20 avril  à Gilbert Noel Ouédraogo de l’ADF-RDA qui avait lui-même succédé à Ablassé Ouédraogo de Faso Autrement. Jusque-là la rotation fonctionne à merveille. Les 3 mois de présidence tournante sont respectueusement observés. En tout cas, rares sont les coalitions politiques qui peuvent se targuer d’avoir compté en si peu de temps, autant de présidents. Et aucun couac  n’a été encore porté au grand jour.

La tempête actuelle

Aussitôt intronisé, le nouveau président de la CODER, entend continuer dans le sillage de ses prédécesseurs. Mais, le problème, c’est qu’il hérite du fauteuil au moment où la Coalition fait face une tempête consécutive à la visite conduite par son prédécesseur à Abidjan. Visite au cours de laquelle les membres de la délégation ont rencontré l’ancien président, Blaise Compaoré.

Au retour de l’expédition d’Abidjan, jugée fructueuse, les responsables de la CODER ont cru bon d’informer l’opinion. Dans l’entendement de Me Ouédraogo cela devrait être le couronnement heureux de sa présidence. Mais, les résultats se révèlent contre-productifs. Pire, il fait l’objet d’attaques de toutes parts sur les réseaux sociaux et les médias, accusé d’avoir contribué à l’avènement de l’insurrection populaire. Il est alors obligé de sortir encore et de se défendre comme il peut. S’il assure dans la grande interview accordée à nos confrères de L’Observateur Paalga reconnaître sa responsabilité dans la survenue des événements d’octobre 2014, cela ne met pas fin à la polémique suscitée par la visite au président Compaoré, assimilée à la provocation ou considérée comme telle. Dans ce contexte, la tâche du nouveau président s’annonce compliquée. Mais sa chance, c’est que la polémique finira d’une manière ou d’une autre par passer au second plan avec le prochain procès des membres du dernier gouvernement Tiao et la  marche de l’opposition du 29 avril 2017.

Martin Philippe

Burkina Demain

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