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K.Aschlet Niangao, gérante de Nuna Biogaz : «Etre femme a été un atout dans mon travail»

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Korotimi Aschlet Niangao,gérante de Nuna Biogaz

A la tête de la coopérative Nuna Biogaz qui réalise un chiffre d’affaires annuel entre 12 et 56 millions de francs CFA, Korotimi Aschlet Niangao est au-delà de son entreprise, une fierté pour le Programme national Biodigesteurs du Burkina Faso.  La cinquantaine bien sonnée, K. Aschlet Niangao est en effet l’exemple même de femme battante qui a à sa charge personnelle 6 personnes et dirige une équipe de 15 personnes dont 13 hommes. «Etre femme a été un atout dans mon travail», confie l’amazone du biogaz qui nous fait découvrir l’univers de son activités, ses haut et ses bas. Entretien exclusif. 

Korotimi Aschlet Niangao,gérante de Nuna Biogaz
Korotimi Aschlet Niangao,gérante de Nuna Biogaz

Burkina Demain : Vous êtes responsable de Nuna Biogaz, une entreprise emblématique en matière de construction et maintenance de biodigesteurs. Comment devient-on constructeur-maintenancier de biodigesteur ?

Korotimi Aschlet Niangao : Pour devenir maçon biogaz il faut remplir les conditions suivantes :

-avoir des connaissances en maçonnerie traditionnel (bâtiment) ;

-participer à la formation de maçons biogaz et être certifier maçon biogaz ;

-maîtriser et respecter les dosages des agrégats entrant dans la construction du biodigesteur ;

-avoir une base de connaissance en écriture (français ou langue locale) ;

-accepter de travailler sous pression ;

-ccepter de vivre en milieu rural.

 

De point focal PNB, vous êtes devenue patronne de Nuna Biogaz. Cela a dû être un parcours de combattant…

J’ai assuré le poste de point focal du PNB auprès de la Fédération NUNUNA partenaire de mise en œuvre du Biodigesteur dans la Sissili/Ziro depuis 2010.

Je faisais le suivi accompagnement des maçons dans la réalisation des ouvrages sur le terrain (sensibilisation des populations, présentation du PNB et de la technologie, mobilisation de la demande, répartition des clients aux maçons pour la réalisation des constructions)

Tous les mois je fais le point des activités avec les maçons (réalisations, difficultés rencontrées sur le terrain et planification du mois suivant.)

A cela s’ajoute la rédaction des rapports et transmission au PNB. Mais, en fin 2018, les partenaires de mise en œuvre ont été supprimés du schéma de production, d’où la création de la coopérative Nuna BIOGAZ.

Que faites-vous concrètement à Nuna Biogaz ?

Je suis personnellement chargé de l’organisation de l’équipe, le répondant direct entre le PNB/BF et Nuna BIOGAZ. Je fais le suivi des activités sur le terrain et assure le paiement des maçons après les constructions.

Je suis aussi chargée de veiller à la commande du matériel de construction et à sa gestion optimale, ainsi que de la gestion des finances.

Je m’assure également de la satisfaction du client après réalisation de l’ouvrage, soit par des visites de terrain ou par des appels téléphoniques.

Nuna BIOGAZ dont je suis la gérante, compte 10 maçons certifiés, 02 animateurs, 01 service d’appel client et 01 technicien biogaz. L’entreprise est reconnue conformément à l’acte uniforme OHADA depuis 2019.

 

Y’a-t-il un engouement vis-à-vis de vos services ?

Oui. Car étant la toute première équipe à s’organiser en coopérative dans le cadre du biodigesteur nous avons fait de la qualité notre cheval de bataille. Cela constitue notre force et notre fierté car nos ouvrages sont appréciés par les partenaires et les clients.

 

Quels sont vos principaux clients ?

Les ménages en milieu rural et péri-urbaine, les propriétaires de ferme, les institutions de recherche et les grands centres de formation.

 

Vos services sont-ils accessibles en termes de coûts ?

Bien sûr, car avec la subvention de l’état, le coût est réduit de moitié et peut être rentabilisé en une campagne pour peu que le client ait un projet autour de l’ouvrage.

 

Comment procéder pour accéder à vos services ?

A travers les émissions radios, les sensibilisations et le bouche à bouches des clients qui possède déjà la technologie. Nous allons échanger sur place avec le client pour vérifier son éligibilité ou non. Si cet entretien est concluant nous procédons à la signature du précontrat.

 

Peut-on avoir une idée de vos chiffres d’affaires ?

Cela dépend car les activités varient chaque année. Cela se situe entre 12 000 000 F CFA et 56 000 000 F CFA.

 

Avez-vous bénéficié d’un accompagnement du Programme national biodigesteurs ?

Oui.

 

Lequel ?

Depuis 2010 nous avons bénéficié des formations sur la technologie, sur les produits dérivés du biodigesteur, en communication et promo marketing… Le PBN assure la réception des ouvrages construits et facilite la mobilisation des financements auprès des partenaires.

 

Quelles sont les régions du pays dans lesquelles vous intervenez ?

Le centre-ouest et le sud-ouest sont nos zones officielles mais nous intervenons un peu partout sur le territoire si nous sommes demandés.

 

Le Covid-19 a-t-il eu un impact sur vos activités ?

Bien sûr, comme tout le monde, nous avons vu nos réalisations baisser car les maçons ont dû rejoindre leur famille sur plusieurs mois.

 

Et l’insécurité avec les attaques terroristes dans le pays ?

Oui car nous avons connu des désistements de certains clients qui avaient accueilli des familles de déplacé et ne pouvais plus assumer les charges de construction.

 

Quels sont vos projets phares dans les années à venir (S’il y en a) ?

Nous prévoyons crée une ferme école comme une vitrine du biodigesteur. On y mettra toutes les options de la technologie. Cela constituera un outil de communication et de plaidoyer car nous avons surnommé le biodigesteur « le sauveur de la famille».

 

Au-delà du Covid-19 et de l’Insécurité, quels sont les autres problèmes rencontrés dans votre travail ?

La mobilité (ils quittent le village pour s’installer au champ pour l’agriculture et délaisse l’ouvrage pendant cette période) des clients en saison hivernale réduit l’exploitation maximale du biodigesteur.

-la quantité de compost est réduite au strict minimum 5 à 10 tonnes pour une production estimée entre 30 et 40 tonnes ;

-la non stabulation des animaux pour défaut d’installation adapté (étables) ou de formation entrant dans la mobilisation des aliments bétails ;

-le problème d’eau ;

-la sous-utilisation de la technologie.

 

Le Burkina Faso et la communauté internationale célèbrent cette semaine la Journée internationale de la femme. Est-ce qu’au départ, le fait d’être femme a-t-il été un atout ou un handicap dans l’exercice de votre travail ?

Cela a été un atout car étant agent de terrain et sensible à la souffrance des femmes sur la corvée bois et eau.

J’ai plus de facilité à convaincre les hommes pour l’acquisition de la technologie.

 

Travaillez-vous avec combien d’hommes dans votre équipe/entreprise ?

Nous sommes une équipe de 15 personnes dont 02 femmes.

 

La célébration du 8 mars 2021 est placée sous le thème de l’accès de la femme au numérique pour favoriser son inclusion financière. Qu’en pensez-vous ?

Cela est une bonne chose car les femmes ne doivent pas rester en marge. Elles sont de plus en plus nombreuses dans les mouvements associatifs et les Technologies de l’information et de la communication constituent un outil incontournable de recherche d’information, de formation et de commercialisation.

 

Quel est le degré d’utilisation du numérique dans votre travail ?

Plus de 90% car les équipes de maçons sont sur le terrain, les réceptions des ouvrages sont digitalisées, notre relation avec les clients se fait la plupart du temps par téléphone. Avec les partenaires nous utilisons de téléphone et les e-mail.

 

Ne faut-il pas parler aussi d’inclusion énergétique pour parvenir à cette inclusion numérique ou financière ?

Oui. Car nous sensibilisons les ménages à combiner le solaire et le foyer Biogaz pour réduire l’impact sur l’utilisation du bois comme énergie pour la cuisson des aliments.

 

Quelles sources d’énergie utilisez-vous à Nuna Biogaz et à domicile ?

Le biogaz, le gaz butane, l’électricité et les panneaux solaires.

 

Quelle est la proportion des femmes (comparées aux hommes) qui ont bénéficié ou bénéficient de vos services ?

Nous pouvons dire sans nous tromper que  90% car dans chaque ménage il y a au minimum une femme. Et dans certains ménages la femme est chef de ménage. C’est une minorité des hommes confisquent le foyer pour eux seul.

 

Qu’est qui limite l’accès des femmes à vos services ?

Le problème de terrain car elle n’est pas propriétaire, le cout de la technologie (les animaux).

 

Que faudra-t-il faire pour favoriser davantage l’accès des femmes au biodigesteur ?

-ouvrir une ligne de crédit dans les institutions de micro finance avec les conditions allégées pour les femmes ;

 

-financer les activités connexes autour du biodigesteur pour améliorer le panier de la ménagère et lui permettre d’être financièrement autonome. (maraicherculture, élevage, production et vente de compost…).

 

 

Personnellement, que faites-vous en tant que femme leader dans le secteur pour favoriser l’accès des femmes au biodigesteur ?

Lors des sensibilisations je présente les avantages du biodigesteur à l’endroit de chaque membre de famille (femme, homme et enfants). L’homme, s’il construit l’ouvrage il peut compter sur la femme pour le chargement quotidien pour avoir le gaz pour la cuisson des aliments, l’utilisation du foyer biogaz lui facilite les la corvée de bois et se fatigue moins. Elle se fatigue moins, reste en bonne santé, donc disponible pour son homme.

 

Entretien réalisé par Martin Philippe

Burkina Demain

08 mars : Les femmes dans le secteur de l’énergie ont la parole

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Leïla Nakié SAMBARE/ZERBO, Directrice de la mobilisation des ressources et du partenariat de l’ANEREE

A l’occasion de la célébration du 8 mars, Burkina Demain met à l’honneur les femmes œuvrant dans le secteur de l’énergie au Burkina Faso. C’est dans cette optique qu’il a rencontré la Directrice de la mobilisation des ressources et du partenariat de l’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ANEREE) lors d’un entretien. 

Leïla Nakié SAMBARE/ZERBO, Directrice de la mobilisation des ressources et du partenariat de l’ANEREE

Récemment portée à la tête de la Direction de la mobilisation des ressources et du partenariat (DMRP) de l’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ANEREE) avec pour mission principale le développement des projets et programmes, la recherche de partenaires et la mobilisation des ressources, Mme Leïla Nakié SAMBARE/ZERBO, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est Ingénieur environnement de formation.

Dans son département, elle a pour objectifs à court terme, de valoriser les contenus des conventions déjà signées avec les structures partenaires, de rendre opérationnel le Cluster solaire avec l’adhésion d’au moins une vingtaine de structures et de mettre en œuvre le plan d’actions de mobilisation des ressources.

A moyen terme, la DMRP dans la mise en œuvre du plan d’actions de mobilisation des ressources aboutira l’obtention de financements pour l’exécution d’un certain nombre de projets et programmes de l’Agence afin de contribuer à l’atteinte de objectifs du Gouvernement en matière de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

Pour le long terme, la DMRP avec le concours de l’ensemble des autres directions, devra travailler à parvenir à une autonomie financière de l’Agence sur tous les plans.

Lors du lancement l’année dernière du Cluster Solaire-Burkina Faso, la Maison des solutions énergétiques (ANEREE) s’était lancée dans la constitution d’une base de données des acteurs évoluant dans le secteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Et selon Mme Leïla Nakié SAMBARE/ZERBO, la base de données des acteurs évoluant dans les Energies Renouvelables et l’Efficacité Energétique est toujours en construction car l’enregistrement se fait de manière continue. A ce jour, dit-elle plus d’une cinquantaine d’entreprises ont été enregistrées dans la base de données, et la communication se poursuit en vue d’inciter les autres acteurs à le faire pour faire partie du Cluster solaire.

La vision du Cluster solaire est de créer un environnement d’affaires attractif et compétitif, spécifique à la filière solaire, favorable au développement des acteurs de la chaine de valeur, sur le plan national et international. En être membres présente des avantages tels que : offrir de la visibilité aux entreprises du Cluster, mettre en place des mécanismes de financement en terme de mobilisation de fonds propres et de recherche de financements extérieurs , rehausser les compétences des membres dans les domaines de la technologie, de l’innovation, constituer un marché local compétitif , mettre en réseau les différents maillons de la chaîne de valeur du Cluster, soutenir le développement des solutions innovatrices d’énergie solaire, susciter la création d’incubateurs dans le domaine du solaire , travailler avec les pouvoirs publics pour permettre à ses membres d’être éligibles aux différents fonds et dons nationaux et internationaux, lever les barrières pour l’accès aux marchés national et international, développer une plateforme de veille informative sur l’énergie solaire, mettre en place un cadre d’échange des acteurs du solaire et de créer une synergie d’actions.

Tout en reconnaissant qu’il existe très de peu de femmes dans ce secteur, Mme la Directrice en charge du partenariat de l’ANEREE conclut en encourageant les femmes et jeunes filles à s’engager dans le domaine des Energies renouvelables, dans un premier temps et dans un second temps en s’approcher de l’ANEREE avec leurs projets. Elles pourront bénéficier de conseils et des facilités mis en place par le gouvernement pour développer le secteur de l’énergie au Burkina Faso.

Hioua Eric Bassolé

Burkina Demain

 

Isabelle Tiendrebeogo : «Le genre et l’inclusion sociale sont une exigence de premier ordre du MCC»  

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Isabelle Tiendrebeogo/Tapsoba,de responsable de la communication de la formulation du second Compact du MCA BF

Journaliste scientifique bon teint diplômée de l’INAFEC et de l’institut français de presse ;  et dotée d’une forte expérience de plusieurs décennies dans l’information et la communication, ayant occupé de postes de direction au Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST) puis à l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) ; Isabelle Tiendrébeogo/Tapsoba que l’on ne présente plus, assure, depuis juin 2017, les charges de  responsable de la communication de la formulation du second Compact du Millennium  Challenge Account Burkina Faso (MCA-BF).

Isabelle Tiendrebeogo/Tapsoba,de responsable de la communication de la formulation du second Compact du MCA BF

Dans cet entretien à nous accordé dans le cadre de notre célébration du 8 mars sous le signe de l’inclusion énergétique des femmes burkinabè, Mme Tiendrebeogo répond sans détour à nos préoccupations, évoquant les aspects de genre et d’inclusion sociale qui, assure-t-elle, sont pris en pris en compte par le MCC, ainsi que les défis communicationnels de la prochaine phase du second Compact MCA-BF. Entretien exclusif.

Burkina Demain : Vous êtes responsable de la communication de la formulation du second Compact MCA Burkina Faso. Comment l’êtes-vous devenue ?

Isabelle Tiendrébeogo/Tapsoba : Après une expérience de plus de 10 ans au CNRST et un peu plus à l’ONEA j’ai eu connaissance d’un recrutement pour l’unité de formulation du second Compact, rattachée à la primature. Après sélection sur plus d’une centaine de dossiers, nous avons eu 2 séries d’entretiens (national et MCC) avant qu’il me soit notifié que je suis retenue. Mon recrutement a reçu la non objection du MCC et a ensuite été validée par le conseil des ministres qui m’a nommée en juin 2017.

 

Quelles ont été vos principales difficultés dans l’accomplissement de votre mission ?

La principale contrainte au départ a été de travailler sans budget communication ! Et aussi de faire 6 mois sans salaire ! Mais tout cela a été plus formateur qu’autre chose.

 

Les principaux succès enregistrés ou principales satisfactions ?

Pour les succès, je m’en remets à mes pairs et responsables. J’ai eu cependant grand plaisir et satisfaction à travailler dans une belle équipe pluridisciplinaire et dans un environnement de grande rigueur, de valeurs d’intégrité, de non facilité, de non fraude, de non corruption… Et avec un salaire motivant.

 

Quels sont les principaux défis communicationnels de la phase à venir du Second Compact ?

Actuellement, c’est la phase de préparation à l’entrée en vigueur. La rigueur dans l’organisation et le travail se renforcent car les valeurs du partenaire MCC s’imposent. Il faut préparer les cadres (stratégie, identité visuelle, outils…) et se préparer à remettre son poste en jeu. C’est très challengeant et motivant…

 

Le Burkina Faso et la communauté internationale célèbrent cette semaine la Journée internationale de la femme. Comme thème, l’on parle d’inclusion numérique de l’autre moitié du ciel en vue de favoriser son inclusion financière. Qu’en pensez-vous ?

Vous voulez que je sois franche ? En tant que journaliste scientifique, je ne comprends pas bien le thème. Je comprends les mots-clés mais j’aurai aimé que ce soit plus mâché et concret pour le grand public. Mais c’est certainement un sujet d’actualité et d’intérêt.

 

Ne faut-il pas parler aussi d’inclusion énergétique pour parvenir à cette inclusion financière ?

Comme vous le savez, le genre et l’inclusion sociale (GIS) sont une exigence de premier ordre du MCC et ces aspects sont pris en compte dans le Compact. Les femmes, les jeunes et les personnes vivant avec un handicap ont besoin d’inclusion énergétique effectivement.

 

Quelle est la place accordée à l’autre moitié du ciel dans le Second Compact MCA Burkina ?

Une place de choix avec même une condition préalable pour la prise compte du GIS. Un encouragement à la formation et l’emploi des femmes dans le secteur… Des appuis potentiels pour l’utilisation productive de l’électricité…

 

Combien de femmes ont fait partie de l’équipe de la formulation Compact ?

2 au niveau experts et 3 au niveau appui.

 

Personnellement, que faites-vous ou attendez-vous faire en tant que femme leader dans le secteur pour favoriser l’accès des femmes au services énergétiques ?

Nous allons communiquer, encourager et valoriser les modèles de femmes.

 

L’option du Burkina en faveur de la promotion des énergies renouvelables est-elle un atout sur cette question de la lutte pour l’accès des femmes à l’énergie ?

Les énergies renouvelables sont très porteuses dans la vision d’un Compact inclusif.

 

Dans une vie professionnelle antérieure vous avez été aussi femme leader dans le secteur de l’eau où le problème de l’accès des femmes se posait aussi. Est-ce que la situation a évolué à ce niveau ?

Des avancées ont été obtenues certainement mais il faut reconnaître que la situation sur le terrain n’est toujours pas reluisante. La vision zéro corvée d’eau reste un défi de tous les instants du gouvernement et des partenaires techniques et financiers.

 

Avez-vous été dépaysée en passant du secteur de l’eau à celui de l’énergie ?

Non puisque ma formation de journalisme scientifique me prédispose à prendre cela en charge.

 

Propos recueillis par Martin Philippe

Burkina Demain

D.Sylvie Yaméogo : «Le biodigesteur, une technologie pour sortir la femme de la pauvreté»

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D. Sylvie Yaméogo/Bassono, chargée du Programme national de biodigesteurs du Burkina Faso (PNB-BF)

Le biodigesteur qui permet en milieu rural d’avoir accès à une énergie propre pour la cuisson et l’éclairage ; d’avoir sa propre «usine de fabrication d’engrais» ; d’améliorer le cadre de vie ; de réduire les risques liés aux maladies respiratoires et oculaires dues à la fumée ; d’accroître ses revenus grâce à une meilleure productivité et à la vente du compost. Mais, «surtout, ce bijou technologique est fait pour soulager les femmes».

D. Sylvie Yaméogo/Bassono, chargée du Programme national de biodigesteurs du Burkina Faso (PNB-BF)

Et c’est pourquoi, dans le cadre de notre célébration du 8 mars sous le thème de l’inclusion des femmes dans le secteur de l’énergie, nous avons choisi d’en parler avec D. Sylvie Yaméogo/Bassono, chargée du Programme national de biodigesteurs du Burkina Faso (PNB-BF). Nous proposons ici de tout savoir sur le biodigesteur, son impact socioéconomique avec cette spécialiste chevronnée de la question. Grand entretien exclusif. 

Burkina Demain : Vous êtes depuis 2014 chargée de programme au Programme national de biodigesteurs. Comment cela s’est-il passé ? Aviez-vous le profil de l’emploi ?

D.Sylvie Yaméogo : J’ai été recrutée au Programme national de biodigesteurs du Burkina Faso (PNB-BF) en 2011 comme chargée de communication, promotion marketing. En 2014, suite aux différentes évolutions au sein du programme, le poste de chargé (e) de Programme a été ouvert en interne à l’ensemble de l’équipe. J’y ai postulé parce que je pensais avoir les compétences pour et surtout parce que je pouvais à ce niveau de responsabilité, apporter beaucoup plus à la construction du secteur de la technologie au Burkina en particulier et en Afrique, en général.

Vous êtes dès lors une actrice clé du Programme national biodigesteurs. Quelles ont été principales réalisations du Programme au cours de ces dernières années (des chiffres) ?

Beaucoup de choses ont été réalisées depuis ces dix dernières années grâce au Gouvernement et à ses partenaires. En termes de chiffres je pourrai évoquer entre autres :

–  la réalisation de plus de 14 000 biodigesteurs qui permettent à plus de 80 000 personnes d’avoir accès à une source d’énergie propre et à un engrais organique (CompostA+) de grande qualité ; faut rajouter que ce parc fait du Burkina le leader en termes de nombre de réalisations de biodigesteurs en Afrique de l’ouest et du Centre et le troisième pays à l’échelle de l’Afrique ;

– la mise au point et l’introduction sur le marché en 2015, d’un nouveau modèle de biodigesteur (Faso Bio-15) moins coûteux, plus facile d’exploitation et plus productif ;

– l’appui à l’émergence de (13) Entreprises de construction/maintenance des biodigesteurs, une (1) entreprise de fournitures services après-ventes et cinq (5) entreprises de production/commercialisation d’accessoires de la technologie ; le chiffre d’affaire pour ces entreprises est estimé à 900 450 000 F CFA pour les ECB et 896 848 200 FCFA pour les Fournisseurs d’accessoires

– le recours de plus en plus important au compost du biodigesteur. Des enquêtes de satisfaction menées en 2017 et 2018, il ressort que les utilisateurs de biodigesteurs ont réduit de 40 % leurs besoins en engrais chimiques grâce à la technologie ;

– l’enregistrement en 2014, du programme au Mécanisme de Développement Propre (MDP) qui a permis la mise sur le marché des Unités de Réduction Certifiées d’Emissions (URCE) qui ont généré plus de 300 000 000F CFA sur les trois enquêtes carbones réalisées en 2017, 2018 et 2019. Ces ressources contribuent depuis 2020 au fonctionnement du programme.

– la prise en compte de la technologie du biodigesteur dans la Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des Forêts (REDD+)

– le développement d’une   expertise nationale qui est sollicitée par la plupart des pays de la sous- région ouest africaine ;

-le développement d’une gamme d’emplois verts décents : Maçon technico-commercial, d’Agent d’Appui Conseil aux Ménages, d’Opérateur Conseiller aux ménages et de Force de vente ;

-la mise en place de l’Alliance pour le Biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre (AB/AOC) sous le leadership de SEM Président du Faso avec Ouagadougou comme siège de l’organisation.

Comme vous pouvez le constater, le programme a véritablement travaillé pour faire de la technologie un outil de transformation du système de production familial. Bien entendu, de nombreux défis restent à relever pour accroitre l’accès de la technologie au plus grand nombre de burkinabè.

Le président Kaboré avait promis réaliser 40 000 biodigesteurs au cours de son mandat passé. Techniquement, qu’est-ce qui explique qu’on n’ait pas pu réaliser cette ambition ?

Parce qu’il en faut plus que le techniquement ! Sur les 40 000 biodigesteurs nous avons pu atteindre un taux de réalisation d’environ 25%. Parmi les raisons qui ont limité l’atteinte de cet objectif, c’est surtout la question financière. Le programme a manqué de ressource pour accompagner l’action des Entreprises de Construction de Biodigesteurs à accroitre leur production. Ce n’est pas pour défendre le Gouvernement mais à décharge, les réaménagements budgétaires liés à l’insécurité ont joué d’une façon générale sur l’ensemble des budgets.

Cependant, cet engagement est toujours d’actualité et le Président dans son nouveau pacte social avec le peuple du Burkina le précise bien. Nous avons bien l’intention d’en faire bénéficier aux 30 000 autres ménages.

 

N’y-a-t-il pas aujourd’hui un désintérêt des Burkinabè vis-à-vis du biodigesteur avec l’engouement pour l’énergie photovoltaique ?

Ce n’est pas ce que j’ai constaté. Je pense surtout qu’il y a un besoin complémentaire parce qu’au plan technologie, l’une ne peut pas se substituer à l’autre. En tant que Programme nous travaillons à un mix énergétique pour apporter des réponses les plus complètes et à moindre coût aux besoins des ménages.

Comment faut-il s’y prendre pour avoir un biodigesteur ?

Rien de plus facile. Il faut prendre attache avec les entreprises de construction de biodigesteurs qui interviennent dans les 13 régions du Burkina Faso.

Au niveau du programme nous pouvons faciliter la mise en lien à travers notre Centre d’Appel Client : +226 63 23 23 44 ou +226 64 11 88 88.

Quels sont les avantages du biodigesteur ?

Les avantages de la technologie du biodigesteur sont si nombreux. Ce sont nos clients/bénéficiaires qui en parlent le mieux. Un de nos clients nous disait que les avantages du biodigesteur sont comparables aux tâches du plumage d’une pintade. C’est-à-dire innombrable.

C’est une technologie qui permet d’avoir accès à une énergie propre pour la cuisson et l’éclairage, d’avoir sa propre « usine de fabrication « d’engrais », d’améliorer le cadre de vie, de réduire les risques liés aux maladies respiratoire et oculaires dues à la fumée, d’accroitre ses revenus grâce à une meilleure productivité et à la vente du compost, etc

Mais surtout, ce bijou technologique est fait pour soulager les femmes et ça, je voudrais insister sur ce point. Je voudrais alors inviter les hommes à offrir des biodigesteurs aux femmes en milieu rural à l’occasion de la Fête du 8 mars.

Il y a quelques années, c’est la Boucle du Mouhoun « grenier du Burkina » qui disposait du plus grand nombre de biodigesteurs installés, suivi du Centre-Ouest et d’autres régions. Quelle est la situation aujourd’hui ?

La Boucle du Mouhoun détient toujours le plus grand parc de biodigesteurs au Burkina avec plus de 2700 installations. Elle est suivie du Sahel avec 2300 et du Centre-Ouest avec 2 250 biodigesteurs à son parc.

Quel a été l’impact du Covid-19 dans la mise en œuvre des activités du Programme National de Biodigesteurs ?

Les conséquences de pandémie se sont fait ressentir d’abord au niveau opérationnel dans un premier temps en limitant les activités des ECB. Puis il a fallu s’adapter pour les accompagner au respect des mesures barrières. Nous avons une activité pour laquelle nous devons être en contact avec les populations alors c’est à nous de prendre des mesures pour que ce contact se fasse dans des conditions qui n’affectent aucune des parties.

Au niveau institutionnel, les signatures de partenariats surtout avec les partenaires extérieurs ont accusés des retards avec des conséquences bien entendu sur les performances du Programme et des entreprises.  

Qu’en est-il du problème sécuritaire avec les attaques terroristes ?

La question sécuritaire est un problème qui affecte humainement tout burkinabè et c’est très pénible comme vécu.

Au niveau de notre secteur d’activité nous avons des clients, des collègues maçons qui ont perdu la vie au cours de ces évènements. Je leur rends hommage et m’incline sur leurs mémoires et sur celles de toutes les victimes de ces attaques.

Des entreprises se sont délocalisées et nous avons également enregistré des abandons au niveau de l’activité. En conséquence, les chiffres d’affaires de certaines ECB ont baissé de plus des 2/3.

La coopération néerlandaise soutient-elle toujours le Programme à travers la SNV ?

Oui. Le Royaume des Pays-Bas poursuit son soutien au PNB-BF à travers l’assistance technique qu’apporte la SNV et nous espérons très bientôt à travers un nouveau programme régional qui couvrira le Burkina Faso, le Mali et le Niger.  Notre pays servira de modèle pour aux deux pays cités qui s’engagent nouvellement à faire la promotion de la technologie du biodigesteur à travers des programmes nationaux.

L’Alliance pour le Biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre dont la 1ère réunion du Conseil des Ministres vient de se tenir le 18 décembre 2020 est également est centre d’intérêt pour les Pays-Bas.

Le Burkina Faso et la communauté internationale célèbrent cette semaine la Journée internationale de la femme. Comme thème, l’on parle d’inclusion numérique de l’autre moitié du ciel en vue de favoriser son inclusion financière. Qu’en pensez-vous ?

Je pense que c’est une thématique très importante pas seulement pour la rhétorique mais en ce qu’elle contribue à transformer la vie des femmes et à lever certaines barrières sociales qui nous enferment entant que femme. Le numérique offre un peu plus d’espace, un peu de mou à l’intérieur de tous ces nœuds physiques, psychologiques, sociaux, etc… le numérique facilite le partage et l’accès à l’information, à des marchés, à des produits ; donne de la visibilité…. Et cela parfois juste à travers un petit objet d’à peine 200 g que l’on tient dans nos mains. Je veux parler du téléphone portable. Vous vous imaginez le nombre de ventes en ligne que font des femmes, la connaissance et surtout la possibilité de partager nos vécus avec d’autres femmes partout dans le monde. Maintenant c’est aussi travailler à rendre accessible ces espaces, à les sécuriser et à s’adapter à leur fonctionnement pour transmettre et valoriser les compétences.

Au niveau du Programme nous avons digitalisé un nombre important d’outils que nous utilisons justement pour permettre de toucher des personnes auxquelles nous n’avons pas accès autrement et notamment les femmes. C’est sûr que sur le numérique on n’a pas encore fini d’en parler.

Ne faut-il pas parler aussi d’inclusion énergétique pour parvenir à cette inclusion financière ?

Complètement ! L’énergie, c’est le moteur. Et pour que tout cela soit productif nous devons l’inscrire dans une vision de durabilité. C’est ce que nous essayons de faire à travers la promotion de la technologie du biodigesteur.  

Combien de femmes possèdent-elles aujourd’hui leurs biodigesteurs qui participent aussi à l’accès aux services énergétiques en milieu rural ?

Au moins 15 000 femmes ont été formées à l’entretien et à l’utilisation du biodigesteur depuis la création du Programme.

Les femmes chef de ménage qui disposent de biodigesteur ne sont pas nombreuses au niveau de notre base de données.

Parmi les responsables d’ECB nous avons une femme battante à la tête d’une des entreprises coopératives dans la région du Centre-Ouest. Il s’agit de l’entreprise Nuna Biogaz. Depuis onze ans elle travaille dans le secteur de la technologie et c’est un modèle dont devrait s’inspirer les jeunes promoteurs.

L’inclusion énergétique des femmes burkinabè et africaine ne passe-t-elle pas par un grand engagement des femmes leaders comme vous dans le secteur ?

C’est sûr que s’engager permet de faire avancer les choses. La « méthode colibri », c’est la clé. Que chacune, chacun à son niveau fasse sa part. Et c’est ma philosophie. Faire ma part et bien le faire. Après, c’est aussi avec les actions des autres que l’on parvient au résultat. Beaucoup de choses restent à faire pour parvenir à l’inclusion énergétique des femmes au Burkina et en Afrique. La technologie du biodigesteur permet de contribuer à cet objectif et avec l’équipe nous travaillons à ce que les femmes puissent également bénéficier des avantages qu’offre cette technologie.

Personnellement, qu’attendez-vous faire en tant que femme leader dans le secteur pour favoriser l’accès des femmes aux services énergétiques ?

La première chose, c’est de veiller à ce que mon niveau de connaissance des besoins des femmes soit en accord avec leurs besoins effectifs pour ensuite pouvoir défendre leur point de vue et l’accorder aux décisions qui sont prises en leur nom et pour elles. C’est un exercice difficile qui consiste à éviter de se retrouver déconnectée de cette réalité. C’est pourquoi au niveau du programme nous accordons de l’importance à entretenir une relation avec les ménages et aux retours d’expériences.

L’option du Burkina en faveur de la promotion des énergies renouvelables dont fait partie le biodigesteur est-elle un atout sur cette question de la lutte pour l’accès des femmes à l’énergie ?

Absolument. Si le politique ne soutient pas l’action des techniciens en favorisant la création d’un environnement favorable c’est difficile de parvenir à des résultats et vice versa. Au niveau du PNB-BF le Gouvernement s’est toujours montré favorable à nous soutenir même si beaucoup de choses restent encore à faire.

Aucune femme n’a encore été portée à la tête du département de l’énergie, des mines et des carrières depuis sa création il y a maintenant plusieurs décennies. Avez-vous espoir qu’une femme puisse l’occuper un jour ?

Il n’y a pas que le ministère des Mines et des Carrières où il n’y pas eu de femmes à la tête, je pense !

Je suis convaincu qu’une femme peut être tout ce dont elle rêve. Occuper n’importe lequel des postes ministériels, présidentiel et n’importe quel autre poste de direction. Malheureusement, ma seule conviction ne suffit pas……

Alors, oui je rêve qu’il y ait plus de femmes aux postes de direction à des hauts niveaux et qu’elles servent de modèle. Qu’elles inspirent les femmes mais surtout les hommes. Je rêve que des journalistes n’aient plus à poser cette question parce que l’accès aux postes serait basé sur les compétences, quel que soit le genre.

Entretien réalisé par Martin Philippe

Burkina Demain

8 mars : «Partie si tôt maman, encore besoin de toi !», Badosa

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Badosa dédie ce poème à sa défunte maman «partie si tôt» ainsi qu’à toutes les mamans qui se sacrifient pour la réussite de leurs enfants

A l’occasion de la célébration du 8 mars, Journée internationale de la femme, Badosa, dédie depuis le Canada où il réside, ce poème à sa défunte mère «partie si tôt», ainsi qu’à toutes les mamans qui se sacrifient pour la réussite de leurs enfants. Lisez plutôt ! 

Badosa dédie ce poème à sa défunte maman «partie si tôt» ainsi qu’à toutes les mamans qui se sacrifient pour la réussite de leurs enfants

«Partie si tôt maman, encore besoin de toi !

 A l’occasion, du 8 mars, je dédie ce texte poétique à toutes les mamans qui se sacrifient pour la réussite de leurs enfants. Malheureusement, certaines sont parties très tôt sans jamais goûter aux petits succès de leurs enfants.

 

Maman, je suis allé chercher mon premier salaire

J’ai pensé à tous nos efforts et notre galère

Et là m’est revenue ma promesse d’antan :

Mon premier salaire sera à toi Maman!

 

Je pleure à l’idée que tu es partie

Sans voir combien ton fils a bien grandi

Je pleure ton départ si tôt à l’hiver, quelle galère!

Pour ne jamais goûter à l’automne, mon salaire!

 

Mes souvenirs s’inondent de toi, oh mère

Et me tombe des yeux toute une mer

Ton absence et le vide sont très amers

Oui, je n’ai pas pu te remplacer chère mère

 

 

Je pense à toi partie pour toujours

Maman à moi, je te cherche partout

Je te rêve si près de moi

J’ai encore besoin de toi plus près de moi

 

Je pense à toi, Maman de moi!

Depuis que tu es partie si loin

Je ne fais que te chercher dans tous les coins

En tout temps, je veux compter sur toi

 

Reviens maman, Maman à moi!

Au prix de mes sueurs et de tes conseils,

On pourra manger à notre faim grâce à mes paies

On pourra se permettre de vivre sous un bon toit

 

J’ai encore besoin de toi : reste dans ma vie!

Depuis ton départ, la vie m’a joué des tours

Et souvent, j’ai pris de grands coups

Tes conseils et ces épreuves m’ont aguerri!

 

Depuis que tu es vraiment partie

J’ai aussi fait beaucoup de paris

Et j’ai gagné certains de nos vœux

Restent pourtant des défis nombreux

 

Après que tu es partie physiquement

J’ai pu m’offrir d’autres vêtements

En vérité, je les trouve moins beaux

Quand comparés à tes sacrifices et cadeaux!

 

Oh ce plus beau cadeau de toi : m’inscrire à l’école!

Tu sais, j’apprends encore des choses à leur école

Mais, j’ai encore besoin de tes mots pour m’équilibrer la tête

Encore, graver en tête ces mots : sois sage et te prends pas la tête !

 

La vie n’est plus la même

Où cela nous mène?

Moins de pain et trop de peine à travers le monde

Que de gros maux qui affectent notre petit monde

 

 

Il me manque souvent un peu de pain

Comme appris de toi, jamais je ne me plains

Où que j’aille, l’on me rend ta générosité, en fait!

Et je garde aussi ton goût pour le travail bien fait.

 

Merci pour tout, Maman à moi!

 

Par BADOSA»

8 mars : Quand Yé Lassina Coulibaly décrypte les relations femme-homme

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Yé Lassina Coulibaly rêve qu'un jour notre pays, le Burkina Faso soit dirigé par une femme

Pour Yé Lassina Coulibaly, monument de la culture burkinabè et africaine, la célébration de la Journée nationale de la femme, le 8 mars de chaque année, est une occasion de réflexion sur la vision de l’évolution des relations femme-homme, aussi vieilles que le monde. Décryptage, dans la pure tradition africaine.

Yé Lassina Coulibaly rêve qu’un jour notre pays, le Burkina Faso soit dirigé par une femme

«Cœur  de Faso

La question des rapports entre la femme et l’homme, c’est vieux comme le monde… Dans ma famille, mes parents Yée et Sékou Coulibaly m’ont sensibilisé très tôt au principe d’égalité entre les filles et les garçons, les tâches étaient partagées indifféremment entre nous. J’ai d’ailleurs tenu à écrire un texte de chanson « Daga », sur ce thème.

La célébration de la Journée nationale de la femme, le 8 mars de chaque année, est une occasion de réflexion sur la vision de l’évolution de ces relations.

Se rappeler les valeurs ancestrales, socle de la famille et de la société

Avant de parler de civilisations matriarcales et patriarcales il faut se rappeler les valeurs ancestrales sur lesquelles se fonde la solidité du socle de la famille et de la société.

Personne n’a jamais contesté l’importance de la femme au sein de la famille.

La femme savait de quelle famille elle venait, à quelle culture elle appartenait, de quelles valeurs humaines elle était porteuse.

Quand la femme décidait d’épouser l’homme de son choix, elle était fière et consciente de la décision qu’elle avait prise de vivre avec cet homme, elle avait déjà observé son comportement, repéré ses qualités de travailleur et son courage, apprécié ses qualités humaines et sa capacité à tenir ses engagements.

Ces critères prévalaient chez la femme, au-delà de l’aspect physique de son homme

Au-delà de l’aspect physique, ce sont ces critères qui prévalaient car il fallait que l’homme puisse assurer la protection des enfants qui allaient naître de cette union et qu’elle puisse en être fière… Qu’il soit cultivateur, éleveur, commerçant, artisan ou fonctionnaire, il était important pour l’homme d’exercer un métier.

L’homme était aussi fier de sa femme. C’est sur elle que reposait, au moins dans les premières années de l’enfant, l’éducation, la transmission des valeurs… Donc leur lutte pour construire ensemble une famille digne des valeurs qui leurs avaient été transmises était commune, leur coopération allait de soi. Quand ça se passe bien l’amour conjugal est une force.

Longévité du couple, une fierté pour l’homme et la femme

La longévité d’une vie de couple était une fierté pour l’homme et la femme. Passé le stade de la séduction, cela signifiait qu’ils avaient su conjuguer leurs valeurs pour le bien de leur famille, et acquérir la sagesse.

De nos jours, surtout dans les villes, le divorce est de plus en plus fréquent. Le désir de se réaliser en tant que personne, l’individualisme à outrance prévalent souvent sur les responsabilités familiales… Sans parler des dégâts causés par l’addiction aux réseaux sociaux qui subliment l’égocentrisme et érigent le mensonge en vérité, les méfaits de la société de consommation, l’emprise des marques, l’envie de ce qu’on n’a pas… Tout cela est destructeur, crée des tensions, des frustrations et conduit souvent à l’endettement, toutes choses qui, indépendamment des sentiments, menacent le couple.

Ces comportements qui appauvrissent la société

Je n’ignore pas les pratiques des mariages arrangés ou opportunistes, c’est autre chose…

Ce sont souvent aussi les hommes qui soumettent la femme qui, de son côté cherche parfois à dominer. Ces comportements appauvrissent la société et ça n’est pas le temps fort de la journée de la femme qui suffira à changer cela… Il ne faut pas qu’elle serve d’alibi à la société pour se donner bonne conscience vis à vis des femmes.

En revanche, cette journée du 8 mars devrait célébrer la complémentarité, la solidarité et  la coopération entre les femmes et les hommes, quelle que soit leur condition de vie, mariage ou célibat.

Compromis femme-homme pour que la coopération aille loin

S’il n’y a pas de compromis entre la femme et l’homme, la coopération ne peut pas aller loin, il faut souvent résister à la facilité et à la bêtise… C’est à chacun de trouver le bon équilibre, quel que ce soit le projet, sans craindre de perdre ses prérogatives, sans renoncer à sa différence, en acceptant le partage et l’aide mutuelle..

Le souhait d’émancipation de la femme est légitime et s’inscrit dans des contextes où les questions de coutume, de territoire et de religion ont leur importance, on ne peut donc généraliser mais il serait dommageable pour la société de réduire cette aspiration à un problème de pouvoir et de rapport de force.

L’éducation permettra d’atteindre la parité femme-homme

C’est l’éducation qui compte et qui permettra d’atteindre la parité femme-homme, en s’appuyant sur le même enseignement, dans un principe d’égalité. La femme moderne est de plus en plus diplômée et c’est formidable qu’elle puisse, au même titre que les hommes apporter sa pierre à l’édifice.

C’est l’accès à l’instruction et à la culture qui favorisera l’équilibre nécessaire entre les compétences des hommes et des femmes et leur fera prendre conscience que c’est ensemble qu’ils bâtiront une Afrique fière de ses valeurs et respectée pour son courage et sa combativité.

Place importante donnée à la femme africaine

Une place importante doit être donnée à la femme africaine dans les institutions et les projets de développement durable, ce qui passe par l’instruction et la formation professionnelle des femmes, parce que sans leur implication l’Afrique ne pourra pas se libérer.

Je rêve qu’un jour notre pays, le Burkina Faso soit dirigé par une femme ! Néanmoins, dans l’organisation de la société africaine, la femme a toujours eu un très grand rôle, notamment chez les animistes. Au temps des Empires et de la conquête des territoires, chez nous, de grandes femmes ont combattu avec les hommes sur le front, on les appelait « les amazones ».

8 mars, temps fort d’une réflexion permanente et vivante

Je tiens à saluer les femmes fières et courageuses qui se battent encore, de nos jours, pour le respect de leur dignité et de leur culture africaine et contre les violences faites aux femmes, contre l’excision, la pédophilie, l’injustice…

Avant tout, la journée du 8 mars se doit d’être le temps fort d’une réflexion permanente et vivante, qui salue tout ce que l’on doit aux femmes, qui les reconnaisse et les respecte dans leur diversité, dans leur liberté et dans leur choix de vie.

Et c’est quotidiennement que ces valeurs doivent être enseignées et vécues au travers de l’éducation et de l’exemplarité.

J’ai confiance dans la force des femmes pour valoriser leurs talents…

Yé Lassina Coulibaly»

Burkina Demain

Covid-19 au Burkina : 30 nouveaux cas confirmés, 256 cas actifs

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A quelques jours du premier anniversaire de l’apparition de la maladie à coronavirus au Burkina Faso ; le nombre de cas confirmés (30) ne cesse de progresser, ainsi que le nombre de guérisons (32).

  

Sur un échantillon de 263 cas analysés ce 5 mars 2021, le Centre des opérations des urgences sanitaires (CORUS) a relevé 30 nouveaux cas confirmés, tous à transmissions communautaires (07 à Ouagadougou, 20 à Bobo-Dioulasso, 02 à Houndé et 01 à Yako) et 32 nouvelles guérisons. Ce qui le nombre total des cas confirmés et des guérisons depuis le 9 mars 2020 à respectivement 12 153 et 11 754.

 

Aucun nouveau décès n’ayant été enregistré à cette date, le nombre total depuis le 9 mars 2020 reste 143.

 

 

Burkina Demain

CAN U20 : Le Ghana vainqueur devant l’Ouganda 2-0

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Les Black Stars sont de nouveaux champions d’Afrique des Nations des moins de 20 ans

Le Ghana a remporté ce samedi soir la Coupe d’Afrique des nations des moins de 20 ans (CAN U20) devant l’Ouganda, battu 2 buts à zéro.

Les Black Stars sont de nouveaux champions d’Afrique des Nations des moins de 20 ans

 

Les Black Stars sont de nouveaux champions d’Afrique des Nations des moins de 20 ans (CAN U20) de football. Ils viennent de battre ce samedi les Cranes juniors d’Ouganda battu par 2 buts à zéro.

Les deux buts ghanéens ont été l’œuvre de l’excellent Daniel Barnieh qui s’est illustré dès la 22e mn de la première mi-temps avant de récidiver à la 51e mn.

Le Ghana remporte ainsi son quatrième trophée dans cette compétition de la Coupe d’Afrique des nations des moins de 20 ans (CAN U20).

Christian Tas

Burkina Demain

Congo-Présidentielle : Denis Sassou-N’Guesso a lancé sa campagne à Pointe-Noire  

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Le présidentDenis Sassou-N’Guesso a lancé sa campagne à Pointe-Noire, la capitale économique du pays

La place de la République, ex rond-point Lumumba, dans la ville océane était noire de monde, le 05 mars 2021. Les populations de la ville de Pointe-Noire venues par millier n’ont pas été effrayées par le soleil caniculaire qui illuminait leur cité ce vendredi. Elles voulaient écouter Denis Sassou-N’Guesso, candidat à l’élection présidentielle du 21 mars 2021, à l’occasion du meeting de lancement de sa campagne.   

Le présidentDenis Sassou-N’Guesso a lancé sa campagne à Pointe-Noire, la capitale économique du pays
C’est une foule immense qui a assisté au lancement de campagne du président-candidat

La campagne électorale pour la présidentielle du 21 mars 2021, s’est ouverte ce vendredi 05 mars. Candidat à sa propre succession à la tête du Congo, Denis Sassou-N’Guesso a lancé sa campagne électorale au bord de l’océan comme il l’avait promis. Une marée humaine l’a accompagné depuis l’aéroport, jusqu’au site retenu pour le méga meeting, déjà pris d’assaut par une autre foule compacte. Les deux se sont fondues à l’instar d’un fleuve qui déverse ses eaux dans la mer.

En effet, cette foule immense venue de l’aéroport s’est mêlée à celle qui, depuis des heures, était massée avec allégresse à la place de la République. Le méga meeting de lancement de la campagne du candidat de la majorité présidentielle a ainsi mobilisé plusieurs couches sociales de la capitale économique du Congo. Plusieurs messages ont été délivrés, tous assurant le candidat du soutien de toutes les forces vives composant la population de Pointe-Noire.

Du message de la jeunesse à celui du directeur national de campagne du candidat, en passant par ceux des femmes et des personnes vivant avec handicap, il s’est dégagé deux constances : la reconnaissance par les couches sociales de la ville océane de la détermination le président candidat à développer son pays et l’engagement de ces différentes couches sociales à accorder leurs suffrages au candidat Denis Sassou-N’Guesso.

La foule enthousiaste avait déjà soif d’écouter le président candidat. Celui-ci a, sans texte, livré un message d’espoir. Denis Sassou-N’Guesso a, en effet, assuré ses concitoyens qu’il incarne la stabilité et l’expérience au sommet de l’Etat. « Dans le contexte actuel de la crise, nous avons levé l’option de mettre notre expérience à la disponibilité de la jeunesse, pour conserver la paix et poursuivre le cap fixé vers le développement », a clamé le candidat.

Il a présenté son nouveau projet de société, intitulé « Ensemble, poursuivons la marche » : il est le prolongement du programme du mandat qui s’achève, a-t-il expliqué, avant d’en commenter le contexte. Le nouveau projet de société, a commenté le Candidat Sassou-N’Guesso, s’articule en neuf points en énumérant quelques-uns, à l’instar de ce qu’il a appelé le vaste programme de « développement soutenu de l’agriculture au sens large ».

Pour lui, l’agriculture est le plus sûr moyen, à notre portée, de lutter efficacement à la fois contre le chômage, la pauvreté, l’urbanisation non maîtrisée, la désarticulation du territoire national, l’insécurité alimentaire et le déficit du commerce extérieur ». Il s’agira, pour l’Etat de mécaniser l’agriculture et d’aider les exploitants agricoles. A propos de la mécanisation, le candidat de la majorité présidentielle a illustré cette volonté par l’implantation dans la zone industrielle de Maloikou [non loin de Brazzaville] d’une unité de montage des tracteurs destinés à la modernisation de l’agriculture. L’objectif est de poursuivre le développement, afin d’assurer l’indépendance alimentaire du pays, mais aussi de diversifier l’économie nationale en la sortant de sa dépendance au pétrole, a-t-il martelé.

Denis Sassou-N’Guesso a en outre pris l’engagement de construire, une fois réélu, pendant son prochain mandat, une université à Pointe-Noire avec vocation de former des cadres en adéquation avec le marché de l’emploi. Avant de clore son propos, le candidat Denis Sassou-N’Guesso a invité ses électeurs à transformer leur mobilisation et engagement de ce jour en bulletins de vote dans l’urne, le 21 mars 2021, pour une victoire dès le premier tour.

Le soleil de plomb qui brillait sur la ville de Pointe-Noire ce 5 mars 2021 n’avait pas réussi à calciner la détermination des milliers et des milliers de pontenégrines et pontenégrins à prouver leur attachement au «champions», Denis Sassou-N’Guesso. Heureux de constater cette ferveur populaire, à l’occasion du méga meeting de lancement de sa campagne, le candidat s’est demandé et demandé à ses électeurs si le doute est permis, le 21 mars 2021, au regard de la mobilisation du jour. « Avec une telle mobilisation, y aurait-il de doute, le 21 mars ? ». Non, a répondu en chœur, la foule avec laquelle il a communié au terme de son meeting, à travers un bain de foule historique.

Wilfrid LAWILLA/ Brazzaville

Burkina Demain

Réconciliation  : Quand Dr Diabré livre son diagnostic et prescrit…

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Zéphirin Diabré, ministre d’Etat, chargé de la Réconciliation nationale et de la cohésion sociale, a fait un diagnostic sans complaisance de la situation nationale

L’on en sait un peu plus sur la santé du Burkina Faso. Après plusieurs semaines d’entretiens et d’examens en laboratoire, le Docteur Zéphirin Diabré, ministre d’Etat, chargé de la Réconciliation nationale et de la cohésion sociale, a livré à la presse, ce jeudi, les résultats assortis d’une ordonnance, en bonne et due forme.

Zéphirin Diabré, ministre d’Etat, chargé de la Réconciliation nationale et de la cohésion sociale, a fait un diagnostic sans complaisance de la situation nationale

 Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est loin d’être flatteur, le diagnostic sur la situation nationale livré ce jeudi à la presse par Zéphirin Diabré, ministre d’Etat, chargé de la Réconciliation nationale et de la cohésion sociale.

«145 dossiers de crimes de sang ; 1671 conflits fonciers, 169 conflits communautaires, 33 conflits interreligieux, etc. », peut-on lire sur dans les résultats des examens menés par Docteur Zéphirin Diabré.

Si le pronostic vital du pays n’est pas encore engagé, l’heure est quand même grave devant un tableau aussi explosif, une poudrière sociopolitique.

Et Docteur Diabré de prescrire «un nouveau pacte  républicain» pour que le Burkina Faso s’en sorte.

Tout le monde devrait à présent être édifié de la réalité sur le front de la réconciliation nationale. Pour ceux qui en doutaient encore, il y a vraiment matière à réconciliation dans ce pays.

Vivement que la Réconciliation soit pour que le Burkina Faso reparte véritablement de bon pied !

Le diagnostic et le contenu de l’ordonnance étant maintenant connus, restent maintenant à savoir quelles stratégies et plans développer pour honorer cette volonté politique affichée au plus haut niveau de l’Etat de réconcilier les Burkinabè.  

Affaire à suivre…  

Martin Philippe

Burkina Demain