Photo de famille lors de la première édition des trophées de l'eau le 2 décembre 2016 à Laico
Après la première édition tenue en décembre 2016 sous le haut patronage de l’ancien et feu président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo ; le Partenariat national de l’eau du Burkina Faso (PNE-BF) en collaboration avec le Ministère de l’eau et de l’assainissement (MEA) organisera le 2 février 2018 la deuxième édition de la nuit des trophées de l’Eau et l’Assainissement au Burkina Faso.
Photo de famille lors de la première édition des trophées de l’eau le 2 décembre 2016 à Laico
La deuxième édition de la nuit des trophées de l’Eau et l’Assainissement au Burkina Faso aura lieu le 2 février 2018 à Ouagadougou. Organisée le Partenariat national de l’eau du Burkina Faso (PNE-BF) en collaboration avec le Ministère de l’eau et de l’assainissement (MEA), l’initiative vise à reconnaître, valoriser, et promouvoir les initiatives et les actions locales à la base développées par les communautés rurales et dans le partage et l’accès équitable aux ressources en eau au Burkina Faso.
Elle se veut une vitrine pour la reconnaissance et valorisation des initiatives et des savoir-faire des acteurs du secteur eau et assainissement au sein des provinces, communes, villages du Burkina.
Compétition ouverte à toute personne morale ou physique résidente au Burkina
Ouverte à toute personne morale ou physique résident au Burkina Faso, cette compétition vise à identifier valoriser et récompenser des actions pertinentes dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, afin de reconnaitre et d’honorer les efforts consentis par les personnes physiques et morales qui sont soit à la base ou ont contribué à la réalisation de ces actions.
Il s’agit de proposer des candidats ou de postuler (acteurs du secteur de l’Eau et de l’Assainissement). Ces prix sont basés sur la conviction que les efforts de ces hommes et femmes ont besoin d’être reconnus et honorés à la fois par les professionnels du secteur, et la nation entière afin de stimuler d’autres actions pour le développement global de notre pays.
Des trophées dans 6 catégories
Des trophées seront décernés dans 6 Catégories que sont :
–Catégorie 1 : Valorisation des savoirs- faire ancestraux ;
–Catégorie 2 : Innovation locale ;
–Catégorie 3 : Promotion de l’assainissement et des bonnes pratiques d’hygiènes au Burkina Faso ;
–Catégorie 4 : Recherche ;
–Catégorie 5 : Valorisation des ressources en eau ;
–Catégorie 6 : Presse.
22 janvier, date limite pour le dépôt des candidatures
Les propositions numériques sont recevables aux adresses suivantes :
« pne@pneburkina.bfavec copie obligatoire à : sylvianyam@yahoo.fr ; wendhi8@gmail.com
Pour de plus amples informations visitez notre site web : www.pneburkina.bf dans la rubrique «Avis de recrutement » ou appelez au 25 34 23 27
NB : les propositions physiques sont recevables au siège du PNE-BF sis à l’ONEA Gounghin+ face au stade du 4 Août jusqu’au 22 Janvier2018. Date limite de dépôt des dossiers : 22 Janvier 2018 à 16h.
Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 17 janvier 2018, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 12 H 00 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres.
A une session du conseil des ministres burkinabè
Le Conseil a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu une communication orale, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.
I .DELIBERATIONS
I.1. AU TITRE DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE QUATRE (04) RAPPORTS.
I.1.1. Pour le compte du ministère de la Justice, des droits humains et de la promotion civique :
un rapport relatif à l’élaboration du rapport national pour le troisième passage du Burkina Faso à l’Examen périodique universel (EPU).
L’Examen périodique universel est un mécanisme qui permet au Conseil des droits de l’homme d’examiner la situation des droits de l’homme dans l’ensemble des Etats membres de l’Organisation des nations unies (ONU).
Dans le cadre du 3ème cycle de l’examen périodique universel, prévu à la 30ème session du Groupe de travail de l’EPU qui se déroulera en avril et mai 2018 à Genève, en Suisse, le Burkina Faso présentera un rapport sur la situation actuelle des droits de l’homme ainsi que les mesures prises pour la mise en œuvre des recommandations acceptées lors du deuxième passage en avril 2013 à l’EPU.
Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre les dispositions idoines pour permettre à notre pays de faire la situation des droits humains sur le plan national, et d’honorer ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale.
unrapport relatif à l’élaboration du deuxième rapport périodique du Burkina Faso dû au titre de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Ce rapport qui couvre la période 2013-2017 a été élaboré conformément à l’article 19 de ladite Convention qui dispose que chaque Etat partie doit présenter au Comité contre la torture, des rapports sur les mesures prises pour donner effet à ses obligations vis-à-vis de la Convention.
L’adoption de ce rapport permet à notre pays d’honorer ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale.
I.1.2. Pour le compte du ministère de l’Economie, des finances et du développement :
un rapport relatif au Rapport statistique national (RSN) 2016 et au Programme statistique national (PSN) 2018.
Le Rapport statistique national et le Programme statistique national constituent des instruments de coordination des activités statistiques des structures publiques et contribuent au suivi des politiques nationales en matière de développement, notamment le suivi statistique du Plan national de développement économique et social (PNDES) et des Objectifs du développement durable (ODD).
Il ressort du RSN des progrès et des acquis réalisés pour l’année 2016, notamment la mise en place du Fonds de développement de la statistique, la tenue régulière des sessions du Conseil national de la statistique et de ses commissions spécialisées ainsi que l’intensification et la diversification de la production statistique.
Le Programme statistique national prévoit des enquêtes et des recensements à réaliser en 2018 dans divers domaines, au nombre desquels le 5ème recensement général de la population et de l’habitation, le 2ème recensement général de l’agriculture (RGA), l’enquête nutritionnelle et l’enquête nationale sur le cheptel.
Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre les dispositions idoines pour la mobilisation des ressources nécessaires en vue de l’exécution réussie du Programme statistique national 2018.
un décret portant Règlementation générale des projets et programmes de développement exécutés au Burkina Faso.
Ce décret vise entre autres à aligner l’organisation et la gestion des projets et programmes de développement à l’approche budget programme, à rationaliser leurs unités de gestion, à réduire significativement leurs charges de fonctionnement tout en augmentant la part accordée aux investissements et à assurer une plus grande transparence dans la gestion des ressources publiques.
L’adoption de ce décret permet une meilleure gouvernance des projets et programmes de développement dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES) pour plus d’efficacité et d’efficience.
II. COMMUNICATION ORALE
II.Le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation a fait au Conseil une communication relative aux manifestations diverses à travers le pays avec pour corollaire la fermeture des classes et le blocage du trafic routier.
Le gouvernement déplore les cas de blessures constatées, notamment lors du blocage par des manifestants à Boussé (province du Kourweogo, région du Plateau-Central), du détachement militaire en partance pour Banh (province du Loroum, région du Nord) pour y relever nos vaillantes forces de défense engagées dans la lutte contre le terrorisme.
Le gouvernement souhaite un prompt rétablissement aux blessés déjà pris en charge par le ministère de la Santé et celui de la Femme, de la solidarité nationale et de la famille.
Il rappelle que les actes d’incivisme, d’incitation à la violence, d’atteinte aux personnes et aux symboles de l’Etat ne sont pas tolérables dans un Etat de droit.
Le gouvernement appelle au strict respect des lois en vigueur dans notre pays.
III. NOMINATIONS
III.2. NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES
A. AU TITRE DE LA PRESIDENCE DU FASO
Monsieur G. Benoit KAMBOU, Mle 0017 958 V, Enseignant chercheur, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès de la République du Tchad ;
Monsieur Oumarou MAIGA, Mle 18 559 V, Ministre plénipotentiaire, 1ère classe, 10ème échelon, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès de la République d’Afrique du Sud ;
Monsieur Brahima SERE, Mle 130 304 U, Magistrat, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès de la République de Turquie.
B. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION
Monsieur Abdallah Pathé SANGARE, Mle 229 854 J, Administrateur civil, est nommé Haut-commissaire de la province du Kénédougou, région des Hauts-Bassins ;
Monsieur Karim OUEDRAOGO, Mle 105 201 D, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Houet, région des Hauts-Bassins ;
Monsieur Idrissa GAMSONRE, Mle 118 961 R, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Kénédougou, région des Hauts-Bassins ;
Monsieur Abdoul Karim ZONGO, Mle 54 578 B, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Kourwéogo, région du Plateau-Central ;
Monsieur K. Roland GUINGUERE, Mle 118 962 X, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Namentenga, région du Centre-Nord ;
Monsieur Pascal BOUDA, Mle 116 974 B, Secrétaire administratif, est nommé Préfet du département de Siby, province des Balé, région de la Boucle du Mouhoun ;
Monsieur Ousmane BARRY, Mle 212 003 L, Secrétaire administratif, est nommé Préfet du département de Douna, province de la Léraba, région des Cascades ;
Madame Nizinga Assita PALM/NACRO, Mle 247 531 H, Administrateur civil, est nommée Préfet du département de Banfora, province de la Comoé, région des Cascades ;
Monsieur Daouda OUEDRAOGO, Mle 279 333 A, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Korsimoro, province du Sanmatenga, région du Centre-Nord ;
Monsieur Xavier BAKO, Mle 238 081 X, Secrétaire administratif, est nommé Préfet du département de Pensa, province du Sanmatenga, région du Centre-Nord ;
Monsieur Adama DIALLO, Mle 200 298 N, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Pô, province du Nahouri, région du Centre-Sud ;
Monsieur Téwendé Evence BALIMA, Mle 229 956 B, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Samba, province du Passoré, région du Nord ;
Monsieur Sanfiénalé SIRIMA, Mle 98 046 R, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Boussé, province du Kourwéogo, région du Plateau-Central ;
Monsieur Wapa DAKIO, Mle 30 60, Agent public, est nommé Préfet du département de Baraboulé, province du Soum, région du Sahel ;
Monsieur Barnabé SEGDA, Mle 24 647 W, est nommé Préfet du département de Koutougou, province du Soum, région du Sahel ;
Monsieur Soyuleymane DRABO, Mle 279 927 Y, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Diébougou, province de la Bougouriba, région du Sud-Ouest ;
Monsieur Valentin BADOLO, Mle 117 040 J, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Dissin, province du Ioba, région du Sud-Ouest.
C.AU TITRE DU MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE, DU TRAVAIL ET DE LA PROTECTION SOCIALE
Les personnes dont les noms suivent sont nommées Membres du Haut conseil du dialogue social :
Au titre du Gouvernement, Présidence du Faso
Madame Adjaratou NANA, Comptable financier, Membre suppléant de Monsieur Edmond BERE ;
Monsieur Souleymane OUEDRAOGO, Gestionnaire des ressources humaines, Membre suppléant de Madame Maïmouna CISSE ;
Monsieur Yaya KARAMBIRI, Juriste, Membre suppléant de Monsieur Oumard NABALOUM.
III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION
Le Conseil a procédé à la nomination d’un Administrateur au Conseil d’administration de la Caisse automne de retraite des fonctionnaires (CARFO) au titre du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale.
Cette nomination sera publiée dans le Journal Officiel du Faso.
III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION
MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE, DU TRAVAIL ET DE LA PROTECTION SOCIALE
Le Conseil a adopté un décret portant nomination du Monsieur Sibidou Léonard GAMBO, Officier des forces armées nationales, Administrateur représentant l’Etat au titre du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale au Conseil d’administration de la Caisse automne de retraite des fonctionnaires (CARFO) pour un dernier mandat de trois (03) ans.
Le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement,
Rémis Fulgance DANDJINOU, Officier de l’ordre national
Résumé : Le présent article examine les conséquences du contact entre le jula véhiculaire et les langues maternelles des populations autochtones de la province de la Léraba (située à l’extrême Ouest du Burkina Faso).Une analyse des toponymes, des patronymes, des prénoms et des pratiques langagières dans ladite province nous permet de mesurer l’ampleur du degré d’influence culturel des Jula sur les populations locales qui y vivent.
La langue jula est en effet omniprésente dans les pratiques langagières de la population.De même, les noms de familles et de lieux, ainsi que les prénoms y sont en majorité d’origine jula.
Introduction
L’Ouest du Burkina Faso se distingue, en termes d’ethnies qui y vivent et de langues qui y sont parlées, parun cosmopolitisme très marquéet une interpénétration impressionnante des groupes de populations.Cette partie du paysne compte que seize des quarante-cinq provinces qui constituent le territoire national burkinabè. Pourtant, les langues qui y sont parlées sont estimées à2/3 de la soixantaine des langues parlées au Burkina Faso, pour une population estimée à 14 017 262habitants (selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitation – RGPH – de 2006). Elle est donc par excellence une zone de langues en contact.
De par son histoire et sa culture, le Grand-Ouest du Burkina Faso est considéré comme la zone mandingue du territoire national. Il est culturellement proche du Mali et du Nord de la Côte d’Ivoire. Du reste, une bonne partie de sa population est constituée de groupes ethniques vivant de part et d’autre des frontières entre leBurkina, le Mali et la Côte d’Ivoire. Dans ces trois pays le jula(qui est une variante du bambara parlé au Mali) a le statut delangue véhiculaire et langue de large communication. Au Burkina Faso, le jula est l’une des trois principales langues nationales du pays. Son envergure dans cette partie ouest du pays est de telle sorte qu’elle est présente dans le quotidien des populations et menace même la survie des langues d’origine des populations locales. C’est d’ailleurs cet état de fait qui justifie l’emploi de plus en plus généralisé de la création lexicale ‘julaïsation’ pour désigner l’envergure sans cesse croissante du changement qu’impliquent la langue et la culture juladans le vécu des populations de l’Ouest du Burkina.C’est la présence permanente et l’influence decette languevéhiculaire dans la vie desdites populations qui ont interpellé notre curiosité et nous ontincitéà examiner l’état de la situation dans la province de la Léraba, qui est lazoneadministrative frontalière avec à la fois les républiques sœurs du Mali et de la Côte d’Ivoire. Notre objectif à travers cet écrit est de relever les faits les plus parlants qui constituent les preuves palpables de cette hégémonie de la langue et de la culture jula dans la province de la Léraba. Les exemples illustrant notre argumentaire dans cet écrit ont été rassemblés tout au long de nos différentes tournées dans la région.
I. Brève histoire du contact entre les Jula et les populations autochtones de la province
Pour comprendre le phénomène sans cesse croissant de ‘julaïsation’ de la province de la Léraba, il faut nécessairement se référer aux premiers contacts entre les Jula et les communautés autochtones qui peuplent ladite province.L’histoire du contact entre les Jula et les populations autochtones de la province de la Léraba se confond en effet, en grande partie, d’une part à celle du pays senufo tout entier, et d’autre part à celle de tous les autres groupes ethniques qui peuplent la région des Cascades en particulier. Par pays senufo il faut entendre ici cet important espace géographique morcelé, par le biais de la colonisation, entre les Etats du Burkina Faso, de la Côte-d’Ivoire et du Mali(et dans une moindre mesure du Ghana) et qui est peuplé d’une multitude de groupes ethniques ayant un fond culturel commun et dont l’écrasante majorité est constituée de Senufo. Si l’on s’en tient en effet à Mills (2003: xi-xii), « le pays sénoufo s’étend du 8° au 13° de latitude Nord et du 3.8° au 7.10° de longitude Ouest. Il est en forme d’une sorte de botte située à cheval sur les frontières du Mali, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire […] Situé dans la région de Bondoukou, à cheval sur la frontière entre le Ghana et la Côte d’Ivoire, il existe aussi un groupe senoufo de locuteurs nafaara[…] ».
Selon l’historien ivoirien T. Ouattara (1986: 12), les premières migrations des Jula en pays senufo, datent de la chute de l’empire du Mali: » Situé entre les savanes soudanaises productrices de sel et les zones pré-forestières de la côte guinéenne, productrice de kola, fréquentées depuis peu par les premiers navigateurs européens, le pays senufo fut envahi aussitôt après la dislocation de l’Empire du Mali par des aventuriers mandingues dont les Bambara, les Malinké et les Jula « .
Bien après, la population de l’actuelle région des Cascades, dont le chef-lieu est la ville de Banfora, a subi au 18e et au 19e siècle l’influence de plusieurs empires jula; et l’une des conséquences directes de cette influence y est la domination sans cesse croissante de la langue jula comme langue véhiculaire et langue de large communication. Cet état de fait est confirmé par Dombrowsky-Hahn(2007: 139), qui note par ailleurs,toujours au sujet de la langue jula, que « l’époque coloniale a également été favorable à son épanouissement car elle servait de moyen de communication dans le cadre militaire et administratif » (Cf. Dombrowsky-Hahn 2007: 155).
Pour aborder le cas spécifique de la province de la Léraba (l’une des deux provinces de la région des Cascades), il faut noter que la ville de Sindou (qui en est le chef-lieu), fondée au 15e siècle au cœur du pays senufo par les commerçants jula, a constitué l’un des points fondamentaux d’où s’est répandue et enracinée la langue jula dans toute la province de la Léraba et même au-delà. Les autres villages de la province où vivent des communautés jula (dont certaines sont, selon de nombreux témoignages, constituées de familles senufo très anciennement julaïsées) sont: Baguèra, Kangora et Fourkoura. En effet, de par leurs activités économiques, les commerçants jula sillonnaient tous les petits hameaux habités par les populations paysannes locales, pour la vente de leurs articles et l’achat de céréales. Ils en profitèrent pour mener des campagnes d’islamisation dans les villages qu’ils parcouraient. En fins calculateurs, leur style de vie finira par séduire les populations locales qui chercheront du coup à leur ressembler. Leur langue, facilement accessible, s’imposera ainsi petit à petit dans la communication interethnique, dans cette province qui est à la fois l’une des moins peuplées et l’une des plus multilingues du Burkina Faso.
En outre, la province de la Léraba, de par sa situation géographique frontalière avec le Mali et la Côte-d’Ivoire, regorge de grands marchés qui sont des lieux de rencontres par excellence. Il est indéniable que le jula qui y est parlé le soit aussi par le biais des commerçants maliens qui écument tous les grands marchés de la zone.
II. Les traits de l’influence du jula sur les populations autochtones
Les traits caractéristiques de la culture jula, pour un observateur averti, sont facilement perceptibles dès que l’on franchit le seuil de la province de la Léraba. Des noms de lieux aux noms de personnes, en passant par la profusion des emprunts au jula lorsque les populations s’expriment dans leurs propres langues, etc.,les traits de l’influence de la culture jula transparaissent dans presque tous les faits et gestes des populations autochtones de la Léraba.
2.1. L’exemple des langues locales et des pratiques langagières
Pour une population estimée à 124 280 habitants (selon le RGPH 2006), nous avons dénombré au moins une dizaine de langues nationales régulièrement parléesdans la province de la Léraba.Chacune de ces langues est reconnue comme langue maternelle d’une communauté ethnique y vivant. Il s’agit entre autres du: senar, kpeego, samogo, jula, wara, natioro, ble, turka, fulfulde et moore. Certaines de ces langues, à l’image du mooré et du fulfuldé, sont parlées par des communautés non autochtones qui y ont migré de longue date. Les autres langues, en termes de vitalité, connaissent d’années en années un recul qui inquiète de nombreux linguistes (Cf. Prost A., 1968; Sanogo, M. L., 2007). Dans toute la province de la Léraba le jula est utilisé comme langue véhiculaire et langue seconde de la presque totalité de la population. Les enfants utilisant le jula comme langue secondaire sont précocement bilingues. L’une des preuves vivantes de la domination de la langue jula sur les populations autochtones de la province est liée même aux dénominations des langues parlées par ces derniers. Elles sont toutes d’origine jula; du moins les noms officiels et les plus connus dans la région. Les noms d’origine ne sont usités que seulement au sein de chaque communauté. Les noms ci-dessus des langues sont transcrits phonétiquement:
Nom officiel / jula
Nom authentique
Ble
jalkuna
natioro
samakunè
numu
kpeego
samogo
jowele
senufo
senar
turka
tyurama
wara
samoe
Dans les habitudes de communication de la population de la Léraba, les langues locales sont usitées presqu’exclusivement dans le cadre familial. Hors du cadre familial, dès lors qu’elles sont en contact avec des personnes qui ne sont pas de leur groupe ethnique, les populations autochtones s’expriment systématiquement en jula. Ainsi, lorsqu’ils ont affaire à un fonctionnaire de l’Etat servant dans leur localité, c’est le jula qui est d’habitude utilisé. De même, nous n’avons connaissance de l’utilisation d’aucune des langues locales comme langue d’alphabétisation dans la province. C’est en jula que les nombreux paysans alphabétisés sont initiés à la lecture, à l’écriture et au calcul. Par ailleurs, nous avons remarqué que tous les débats qui sortent du cadre des sujets de discussions traditionnels du domaine familial ou clanique, se tiennent en priorité en jula. C’est notamment le cas des campagnes politiques d’envergure, des activités des religions révélées (Islam, Christianisme) et des débats sur l’éducation. Même dans le cadre familial, nous avons remarqué que le jula est la langue dominante lors de certaines réjouissances et certaines pratiques coutumières dont l’origine jula semble bien probable, etc.
Dans les principales villes de l’Ouest du Burkina Faso, surtout dans les établissements d’enseignement secondaire, les traits frappants des langues locales qui transparaissent dans les interventions de leurs locuteurs lorsque ceux-ci s’expriment en jula, font très souvent l’objet de railleries de la part de certaines personnes. Ainsi, les personnes vivant momentanément ou permanemment dans ces localités se démènent, à travers des exercices d’auto-entraînement, pour effacer de leur pratique du jula l’essentiel des traits qui font l’objet de moqueries acerbes.
2.2. L’exemple des patronymes et des prénoms
Dans la province de la Léraba, à l’exception des populations turka, les patronymes authentiques ont été totalement supplantés par les noms de famille mandingues importés par les commerçants musulmans jula. Les patronymes senufo, wara,natioro, blé, samogo et numu ont totalement disparu depuis belle lurette, à telle enseigne que de nombreuses personnes âgées de ces communautés que nous avons interrogées sur la question ne semblaient plus s’en souvenir. Certains nous ont tout simplement signifié que les patronymes qu’ils portent aujourd’hui sont ceux de leurs ancêtres. Par le jeu des éponymes,ces populations ont établi des équivalences entre leurs patronymes d’origine et ceux des Jula qu’ils ont vite adoptés, sûrement par complexe ou par peur de représailles de la part des Jula qui servaient d’interprètes et d’auxiliaires à l’administration coloniale. Selon certaines sources, le principe de changement de nom a été suggéré ou imposé par les conseillers occultes et les marabouts jula, dont s’étaient entourés certains grands chefs en quête de puissance accrue. Pour retrouver les patronymes d’origine senufo, il faut se référer aux Senufo ivoiriens qui ont majoritairement conservé leurs patronymes authentiques.
Patronyme mandingue/jula
Patronyme authentique senufo
Traoré, Sanogo, Kamara
Sékongo
Koné, Konaté
Silué
Coulibaly, Keita
Soro
Ouattara
Yéo
Diarassouba, Dagnogo
Tuho / Tuô
En ‘pays’ turka, la situation est tout autre. En dehors de quelques rares familles qui ont adopté les patronymes mandingues, la presque totalité a conservé le leur. Tous respectent cependant la logique des équivalences avec les patronymes jula, à travers les éponymes, et se prêtent au jeu des alliances à plaisanterie tel qu’établi par les Jula, non seulement au sein de leur communauté, mais aussi avec les autres communautés de la région.
Patronyme mandingue/jula
Patronyme authentique turka
Traoré
Soura
Koné
Hié
Coulibaly
Son
Ouattara
Cara / Kara
Si quelques rares familles turka ont adopté les patronymes jula en remplacement de ceux de leur communauté d’origine, d’autres par contre ont choisi de cumuler les deux, c’est-à-dire le patronyme d’origine turka suivi de son équivalent jula (cf. tableau ci-dessus). Ainsi, il n’est rare de rencontrer par exemple dans certains villages turka de la province de la Léraba des patronymes du genre: Soura Traoré, Soura dit Traoré, Hié Koné, etc.
En ce qui concerne les prénoms, la situation est encore plus homogène que celle des patronymes dans toute la province. Les prénoms authentiques sont de plus en plus abandonnés au profit de ceux importés par les jula et que les populations considèrent comme modernes (prénoms d’origine jula et prénom d’origine arabe communément appelés prénoms musulmans). Certaines personnes portant encore les prénoms authentiques depuis la naissance, ont adopté des prénoms jula (ou musulmans) et éprouvent même une certaine gêne quand on les désigne par leurs prénoms authentiques. Ces prénoms sont de moins en moins donnés aux nouveau-nés comme de par le passé. Qu’ils soient musulmans pratiquants ou non, ou encore féticheurs les parents donnent systématiquement des prénoms musulmans / jula à leurs enfants. Ainsi, certains de ces prénoms, de par leur régularité dans toute la province, méritent qu’on les cite en exemples:
Les familles converties au christianisme attribuent également des prénoms chrétiens à leurs enfants.
2.3. L’exemple de la toponymie
Les noms désignant les lieux font partie des signes les plus palpables de la domination de la langue et de la culture jula dans la province de la Léraba. Comme l’a si bien remarqué l’historien Bakary Traoré, (2006: 311), » la plupart des toponymes de la région connus à travers les cartes et utilisés par l’administration ont été attribués par les Jula […]. Ces toponymes jula se sont superposés aux toponymes anciens au point de les cacher « .
Nous n’allons nous intéresser dans le présent écrit qu’aux noms des localités où vivent des communautés autres que les Jula.En la matière le constat est impressionnant. Les villages les plus concernées par cet aspect sont ceux où vivent les Senufoet dans une moindre mesure les Natioro. En pays senufo, les noms des villages sont d’habitude des noms composés dont le premier segment est le nom distinctif de chaque village (nom du fondateur, signe caractéristique du lieu ou du groupe de population qui s’y est installé, etc.) et le second segment le terme kaha qui signifie ‘village’ en senar. Sous l’effet de la culture jula, la situation actuelle des noms officiels de nombreux villages se caractérise par la substitution du terme kaha par ses équivalents jula: dugu ou so. Nous avons même enregistré un cas où le terme kahaa été remplacé par le mot julafaso‘terre des parents’.Très souvent, dans ces nouveaux noms hybrides, le terme senufo comporte des erreurs de transcription sans doute liées à la non-maîtrise des langues locales par les Jula et les colons.
a) Kaha>Dougou
Toponyme traditionnel
Toponyme officiel
Fassalakaha
Fassaladougou
Konakaha
Konandougou
Naguélékaha
Naguenedougou
Nangokaha
Nangodougou
Nerfounkaha
Nerfoundougou
Zagnekaha
Zagnedougou
b) Kaha>So
Toponyme traditionnel
Toponyme officiel
Dionkaha
Dionso
Kodononkaha
Koudononso
Kôkaha
Kolasso
c) Kaha>Faso
Toponyme traditionnel
Toponyme officiel
Woulakaha
Woulafaso
d)Les noms de certains villages sont les traductions en jula des noms authentiques senufo.
Toponymetraditionnel
Toponyme officiel
Sens des termes
Gnangôhô
Kurufin
Colline noire
Kafônon
Sokura
Nouveau village
Kakpôhô
Soba
Gros village
Kaplékaha
Blesso
Village des Blé
Toudounkaha
Noumoussoba
(gros) village des forgerons
e)Dans d’autres cas, on assiste à une substitution totale du patronyme authentique par un termejulade sens totalement différent. C’est par exemple les cas de ces villagesnatioro et senufo:
Toponyme traditionnel
Toponyme jula/ officiel
Djokaha
Djondougou
Samtedié
Sindoukoroni
Sougolikaha
Gnassoumadougou
Tchéwalkaha
Tagouassoni
Télikaha
Dakôrô
Wotièlèguè
Lèra
Yanzankaha
Kôbadah
Les nombreuses nouvelles concessions ou les nouveaux hameaux de culture qui se créent de plus en plus dans la province ont pratiquement tous des toponymes jula. Les plus fréquents de ces toponymes sont: Sokura ‘nouvelle concession/village’, Sabaribugu ‘habitat du pardon’, Gnasumabugu ‘habitat de paix’, etc.
Conclusion
L’observation des patronymes, des prénoms, des toponymes et des pratiques langagières dans la province de la Léraba nous révèle une zone profondément marquée par l’influence culturelle jula qui, de surcroît, va crescendo. Caractérisée parle morcellement ethnique et l’interpénétration de ses populations, la province de la Léraba nous présente de plus en plus un visage en voie d’uniformisation; ce qui ne dégrade en rien la richesse culturelle qui l’a toujours caractérisée. Ce qui inquiète cependant, c’est l’influence unidirectionnelle imposée par lejula véhiculaire. Cela constitue un danger pour certaines langues minoritaires qui y sont parlées et dont la situation de longue agonie commence à peine à émouvoir leurs propres locuteurs.Si rien n’est fait dans les années à venir pour sauver ces langues, elles pourraient se compter parmi les nombreuses langues de l’Ouest du Burkina dont la disparition, selon de nombreux observateurs, s’annonce imminente.
Références bibliographiques
Dr Daouda Traoré est l’auteur de la présente étude
Dombrowsky-Hahn Klaudia, 2007.« Le kar à Banfora », inLanguages in African Urban Contexts.A Contribution to the Study of Indirect Globalisation.Berlin: LIT Verlag. 189-271.
Mills Richard, 2003.Dictionnaire sénoufo – français: sénari – parler tyébara (Côte d’Ivoire). Tome I. Köln: RüdigerKöppeVerlag.
Ouattara Tiona, 1986.Quelques aspects de la culture des Sénoufo. Niamey: Centre d’Etudes Linguistiques et Historiques par Tradition Orale, (OUA/CELHTO).
Prost André, 1968. Deux langues voltaïques en voie de disparition: Le wara et le natioro.Publications du Département de Linguistique Générale et Linguistique Africaine de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Dakar.
Sanogo Mamadou Lamine, 2007.« Une dizaine de langues menacées », inCarrefour africain, numéro 1138, mensuel burkinabè de février 2007. 31-32.
Traore Bakary,(2006).« Aperçu sur l’histoire du peuplement de l’Ouest du Burkina à partir de l’analyse de quelques toponymies », inCahier du CERLESHS, n° 24. 308-331.
Les Etalons n'ont pas su concrétiser les occasions de but au cours de ce premier match
Le premier match du groupe D du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) disputé ce mardi 16 janvier à Agadir, n’a pas donné les résultats escomptés du côté Burkinabè, ni angolais. Etalons et Palancas Negras se sont neutralisés au terme des 90 mn de jeu.
Les Etalons n’ont pas su concrétiser les occasions de but au cours de ce premier match
Après cette première rencontre qui s’est soldée par un match nul 0-0, Etalons et Palancas Negras peuvent légitimement de regret parce que ce ne sont pas les occasions de but qui ont manqué. L’une et l’autre formation a fait preuve de maladresse à l’approche des buts adverses.
Du coup, elles se mettent inutilement la pression pour leur prochain match. Les Etalons affronteront les Diables rouges du Congo Brazzaville pour leur deuxième. Ce sera le 20 janvier prochain.
Espérons qu’ils feront mieux au cours de ce deuxième match.
Les Etalons n'ont pas su concrétiser les occasions de but au cours de ce premier match
Sur place à Agadir, depuis quelques jours, les Etalons disputeront, leur premier match du cinquième Championnat d’Afrique des Nations (CHAN)ce mardi 16 janvier 2018. Et ce sera face aux Palancas Negras d’Angola.
Les Etalons qui effectuent ce mardi leur entrée dans le CHAN morocain, sont beaucoup attendus
Après une phase préparatoire en Tunisie jugée satisfaisante par leur encadrement technique dirigé Idrissa Traoré alias Saboteur ; les Etalons locaux affrontent ce mardi 16 janvier les Palancas Negras d’Angola.
Le match se jouera dans la soirée au stade Adrar d’Agadir, qui abrite les équipes de la poule D de ce cinquième Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), Maroc 2018. Suivra ensuite l’autre match de la poule D qui opposera le Congo au Cameroun.
Tous les supporters du onze national attendent que Mohamed Sylla, Hermann Nikièma et autres répondent présents à ce premier rendez-vous historique.
Saboteur doit assurer un coaching gagnant
Au-delà du Burkina Faso, c’est toute la sous-région qui est en droit d’attendre des Etalons une bonne prestation, surtout après les premières sorties ratées des Eléphants de Côte d’Ivoire et du Sily National de Guinée.
Saboteur doit assurer un coaching gagnant comme il a su le faire face aux Black Stars lors des éliminatoires.
A cœur vaillant, rien d’impossible. Allez les Etalons et victoire !!!
IFC, membre du Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec la Société Générale et BNP Paribas, financent la campagne cotonnière au Burkina Faso.
Paris, France, 15 janvier 2018 – IFC, un membre du Groupe de la Banque mondiale, a annoncé la signature, le vendredi 12 janvier 2018, d’une convention de financement de la campagne cotonnière 2017-2018 au Burkina Faso. Le montant de la convention est de 65 millions d’Euros. IFC contribue 28,5 millions d’Euros au financement, tandis que la Société Générale et BNP Paribas contribuent respectivement 28,5 millions d’Euros et 10 millions d’Euros.
Le financement permettra à la SOFITEX d’assurer l’achat du coton aux producteurs, puis son égrenage et son acheminement vers les ports d’Abidjan, de Cotonou et de Lomé pour exportation vers les marchés internationaux.
Cette facilité permet également de financer le stockage plus efficace du coton, ce qui contribue à réduire le niveau de pertes après les récoltes. L’amélioration de la productivité agricole et la réduction des pertes après les récoltes sont des points essentiels dans la stratégie de l’IFC en matière d’agriculture favorable au climat.
«IFC croit en la SOFITEX et au Burkina Faso » a déclaré Mr. Samuel Dzotefe, Manager de IFC pour l’Agro-Industrie en Afrique Sub-Saharienne. « Nous nous réjouissons de la qualité de notre partenariat avec la SOFITEX, la Société Générale et BNP Paribas. Quand on sait que le coton fait vivre plus de trois millions de Burkinabè et représente la seconde source de devises pour le pays, l’IFC est particulièrement heureuse de contribuer, à travers diverses initiatives, à préserver un secteur vital pour la croissance économique du pays ».
IFC finance depuis 2015
IFC finance la SOFITEX depuis 2015. Cette année-là, en partenariat avec la Société Générale, l’IFC a contribué à une facilité de crédit de 70 million d’Euros pour la campagne cotonnière. Ce financement a été renouvelé une troisième fois en 2017 pour un montant de 90 million d’Euros, avec la participation de la BNP Paribas.
Depuis novembre 2016, IFC, la Banque Mondiale et la SOFITEX collaborent pour la mise en œuvre du Projet sur la gestion de l’eau et l’irrigation pour les petits producteurs. Le projet accompagne les producteurs de la SOFITEX dans une meilleure gestion de l’eau et des sols grâce notamment à des aménagements antiérosifs et à l’utilisation des eaux pluviales pour une irrigation d’appoint. A terme, il permettra aux producteurs d’augmenter le rendement de leur coton et ainsi leurs revenus.
Les investissements et les services conseils au Burkina Faso font partie des efforts d’IFC pour encourager le développement d’une agriculture favorable au climat dans la région du sahel. Ils font également partie des engagements du Groupe de la Banque mondiale pour soutenir le Programme National de Développement Economique et Social du Burkina Faso.
La délégation était conduite par Issa Dominique Konaté, vice-président du Bureau exécutif national du MPP
Une mission du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), conduite par Issa Dominique Konaté, vice-président du Bureau exécutif national dudit parti, accompagné d’une forte délégation, a échangé avec les militants MPP de la province du Tuy, ce vendredi 12 janvier 2018 à Houndé.
La délégation était conduite par Issa Dominique Konaté (micro), vice-président du Bureau exécutif national du MPP
La délégation conduite par Issa Dominique Konaté comprenait par des membres du Bureau exécutif national du MPP ressortissant de la région des Hauts Bassins, des membres du gouvernement et députés ressortissants de la région. Cette prise de contact entre dans le cadre des tournées du bureau politique MPP dans les 13 régions du pays.
La délégation avait pour mission de faire le point depuis la rentrée politique du parti, d’aborder la question de la réorganisation de ses structures, d’expliquer notamment la directive prise par le parti pour les renouvellements de ces structures, de faire le bilan des réalisations du programme du parti MPP et du gouvernement.
Exercice de redevabilité vis-à-vis de la base
Issa Dominique Konaté et ses camarades ont eu donc l’occasion amplement de donner à leurs militants des détails sur ce qui a pu être fait dans la région des Hauts Bassins et particulièrement dans la province du Tuy. Cela participe de redevabilité du bureau national du parti vis-à-vis de leur base afin de rendre compte de ce qui se fait. « Car le manque d’information ou la mauvaise circulation de l’information fait que par fois l’intoxication prend le pas sur la vérité ».
Pour la mise en place des structures, M. Konaté rappelle à tous que le parti MPP est démocratique et qu’il y a des critères pour être éligible ou occuper un certain nombre de responsabilités. Ces critères, dit-il, sont très clairs et il faut sensibiliser les militants à la base pour plus de transparence.
Abordant la question du bilan, il dira que «pleines de choses sont faites dans la région, malheureusement la communication n’est pas assez ». La présente rencontre a été l’occasion pour les participants locaux de s’exprimer, d’exprimer leurs attentes.
«Tout le monde en ressort comblé et très satisfait »
Les habitants des zones non loties de la ville de Houndé ont exprimé leurs besoins et ont eu des réponses claires qui sont entre autres la canalisation d’eau et l’électrification.
«Houndé est appelée à devenir un véritable pôle de développement à côté de Bobo Dioulasso et sa croissance urbaine mérite d’être planifiée, il faut de la patience pour faire de Houndé une référence de développement », a confié M. Konaté.
Pour les responsables de la présente mission du MPP à Tuy, tout le monde en ressort comblé et très satisfait.
Par ailleurs, une rencontre extraordinaire a été convoquée par le 1er vice-président, ce dimanche 14 Janvier 2018, sur instruction du Bureau national, pour résoudre un certain nombre de préoccupations et rassurer les uns et les autres.
Dans la cadre de la réorganisation de l’UPC dans la province de la Kossi, le député Adama SOSSO, Secrétaire général national du parti et Correspondant de ladite province, a tenu une séance de travail avec les cadres de la localité. C’était le samedi 13 janvier 2018 à Nouna.
Au présidium, le député Adama Sosso au milieu
Pour planter le décor, l’honorable SOSSO a présenté ses vœux du nouvel an aux cadres et personnes ressources de l’UPC/Kossi. Il a notamment souhaité paix, cohésion, santé et succès à ses camarades de la province.
Adama SOSSO a également transmis les salutations militantes du Président du parti, Zéphirin DIABRE, aux cadres et personnes ressources.
Le premier sujet à l’ordre du jour avait trait à la vie de l’UPC. Le Secrétaire général national a retracé le contexte de naissance du parti, les succès et les limites de l’organisation, ainsi que l’origine de la crise au sein du groupe parlementaire UPC. M. SOSSO a rassuré les cadres de la Kossi, que le parti avance malgré cette dernière épreuve.
Les cadres ont posé des questions pour plus d’éclaircissements sur certains points évoqués. Ils ont aussi réaffirmé, à l’unanimité, leur appartenance à l’UPC, et salué l’engagement et le leadership du Président Zéphirin DIABRE.
Le second sujet était relatif à la réorganisation de l’UPC/Kossi. Toutes les structures du parti dans la province ayant été dissoutes, le député Adama SOSSO avait été nommé Correspondant pour superviser la mise en place rapide d’autres structures plus solides.
Dans ce sens, Adama SOSSO a informé les cadres que d’autres réunions seront convoquées en vue de désigner de nouveaux correspondants communaux et les responsables des unions communales et provinciales (femmes, anciens, marchés et yaars, secteurs structurés).
D’ici la date du congrès, les participants à la séance de travail comptent terminer la mise en place de nouvelles structures prêtes à relever les défis de l’UPC dans la Kossi.
Avant de quitter Nouna, le député SOSSO et une délégation de cadres sont allés rendre une visite de courtoisie au Chef de canton.
Le Secrétariat national à l’Information et à la Communication de l’UPC
Wole Soyinka, une véritable force morale vivante du continent
«Un vieux assis voit plus loin qu’un jeune débout», dit-on. S’il y a quelqu’un qui incarne aujourd’hui mieux ce dicton africain, en ce moment face à la vague d’indignation suscitée par les propos «pays de merde» de Donald Trump, c’est bien le prix Nobel de littérature, Wole Soyinka (84 ans), force morale vivante du continent, lui qui n’a pas hésité à déserter les Etats-unis avec l’avènement de Donald Trump à la Maison Blanche.
Wole Soyinka, une véritable force morale vivante du continent
Dans nombre de milieux africains ou afro-africains, on s’agite, condamne, proteste ou appelle à des excuses publiques suite à l’annonce des propos du président américain Donald Trump qui a qualifié jeudi dernier, les pays d’immigration vers les Etats-unis dont Haïti et des Etats africains, de «pays de merde».
Tout se passe comme si toutes ces personnes qui crient aujourd’hui leur indignation étaient surprises des propos de Donald Trump qui n’a jamais caché dès le départ, ses intentions de privilégier à n’importe quel prix les intérêts des Etats-unis. Il l’a toujours répété «L’Amérique d’abord».
Et peut-être même, à y voir de près, parmi ceux qui se plaignent aujourd’hui de Trump, sont ceux-là mêmes qui l’applaudissaient hier pour ses virulents diatribes. Et maintenant que le venin trumpiste s’est dirigé sur leur pays, voilà qu’ils le traitent de tous les noms d’oiseau.
Soyinka voyait venir le risque
Face cette attitude ambivalente des Africains et Afro-africains d’ici et d’ailleurs, l’on ne peut s’empêcher de penser à ce digne fils de l’Afrique, une incontestable force morale vivante, un «trésor humain vivant» comme on dirait chez nous. Il s’agit du prix Nobel africain, le célèbre écrivain et dramaturge nigérian, Wole Soyinka. A 84 ans, Soyinka incarne bien cet adage africain «un vieux assis, voit plus loin qu’un jeune débout».
Ainsi, voyant d’un mauvais œil, pendant la dernière campagne présidentielle américaine, une éventuelle élection de Donald Trump à la Maison Blanche, le prix Nobel de littérature 1986, n’avait pas hésité à exprimer ses inquiétudes et à alerter les Américains et l’opinion internationale sur le danger que cela représentait. «Je suis contre l’érection de murs, particulièrement dans les esprits des gens», soutenait-il.
Sur ce coup, Soyinka jouait parfaitement son rôle d’éveilleur de conscience et c’était aux électeurs américains de choisir leur président en dernier ressort. Et ils l’ont fait au grand dam de l’écrivain : Donald Trump. A l’annonce de la victoire de Donald Trump, le Soyinka avait deux options de vie à faire : rester aux Etats-unis et vivre ce qu’il craignait de voir, entendre ou quitter les Etats-unis afin de ne pas assister à ce qui adviendrait.
Il a opté de quitter les USA à temps
Wole Soyinka choisira la dernière option qui n’était pas la plus facile. Il fera même dans le spectacle en annonçant le 1er décembre 2016 avoir déchiré sa « carte verte » qui lui a permis de travailler toutes ces années (près de 20 ans) aux États-Unis, notamment au département des Affaires afro-américaines de l’université de New-York où il était attaché. Dans la foulée, Wole Soyinka annonçait qu’il retournerait dans son pays, le Nigéria. Finalement, cinq mois plus tard, en avril 2017, le grand homme de lettres va s’installer en Afrique du Sud où un poste de professeur lui a été confié à l’université de Johannesbourg.
Avec ce qui se passe aujourd’hui, notamment les propos choquants de «pays de merde» prononcés par le locataire de la Maison Blanche ; ces paroles de Wole Soyinka, «ça me faisait horreur de penser à ce qui allait se passer avec Trump», sonnent comme une prémonition. Et c’est cela aussi la sagesse africaine merveilleusement incarnée par le Prix Nobel.
Jean Baptiste Natama a condamné les ces écarts de langage du président Trump
Jean Baptiste Natama, ancien candidat à l’élection présidentielle burkinabè de 2015 et ex-directeur de cabinet de l’ancienne présidente de la Commission de l’Union africaine ; a réagi sur sa page Facebook aux propos « pays de merde » du président américain. Sa réaction.
Jean Baptiste Natama a condamné ces écarts de langage du président Trump
«Au nom de quels droit et principe un chef d’état, en l’occurrence, le président des États Unis d’Amérique, se permet-il un écart de langage aussi discourtois que méprisant, en traitant d’autres pays, notamment africains, de « merde »?
Qu’on ne s’y méprenne car nous connaissons ceux qui, foutent la merde à travers le monde, au nom d’une certaine hégémonie qui a été bâtie sur l’exploitation des ressources économiques et sociales de l’Afrique grâce à la traite négrière et au pillage de nos matières premières.
Faits qui, face à la conscience humaine, représentent des crimes ignominieux et abominables contre l’humanité qui ont été commis sous le voile d’une prétendue œuvre de civilisation et d’une morale douteuse et qui ne leur donnent pas le droit de continuer de jouer aux objecteurs de conscience vis-à-vis des autres peuples au nom d’une morale dite universelle totalement aux antipodes de la leur.
Ces écarts de langage que je condamne fermement sont de nature à porter préjudice au devoir de promotion de la paix universelle et de la cohabitation pacifique entre tous les peuples du monde qui, incombe à toutes les nations sensées et responsables, dans l’intérêt de l’humanité.
Je salue les concitoyens de ce dirigeant qui se sont démarqués de lui et condamné avec fermeté ses déclarations, tout en les rassurant du sens de discernement que nous avons, en tant qu’africains, quant à l’appréciation que nous faisons desdites déclarations. Je les exhorte à demeurer dans le camp de ceux qui, œuvrent inlassablement pour l’avènement d’un monde meilleur, indépendamment des conjonctures et contingences qui rythment notre existence quotidienne d’humains.
Je me félicite de la réaction du gouvernement du Botswana qui, en tant que premier pays africain, a émis une vive protestation par voie diplomatique et invité la SADC, l’Union africaine ainsi que tous les pays progressistes du monde à condamner sans réserve les propos hautement irresponsables, répréhensibles et racistes de ce dirigeant et à exiger des excuses de sa part.
Il importe, par ailleurs, de lui rappeler qu’en tant que dirigeant de cette grande et noble nation qu’est la nation américaine, il a le devoir d’appliquer et de faire appliquer ce principe de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme selon lequel « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »
Vive l’amitié entre les peuples!
Vive la cohabitation pacifique entre les peuples!
Vive l’égalité des races et des peuples!
Vive le respect entre les races et les peuples!
Vive la paix universelle! »