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Afrique: Pourquoi l’industrialisation est devenue un passage obligé pour aller au développement

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Nous l’évoquions dans un précédent article. Le président de la Banque africaine de développement (BAD) Akinwuni Adesina a plaidé le 17 janvier dernier à Abidjan pour une accélération de l’industrialisation du continent. Cette question a été largement développée par la Commission économique des nations unies pour l’Afrique (CEA) dans un de ses rapports en 2017 intitulé “L’Industrialisation et l’Urbanisation au service de la transformation de l’Afrique”.

Dans ce rapport de 190 pages, l’on note que la proportion des citadins africains qui ne représentait en 1990 que le tiers (31%) de la population totale de l’Afrique, pourrait frôler la barre des 50% (49%) dès 2035. Ce qui, de l’avis des auteurs du rapport, “créera une demande considérable d’emplois, de services et d’infrastructures, mais présentera également des avantages pour la croissance économique” du continent.

Urbanisation africaine, potentiel moteur de l’industrialisation du continent

Selon le rapport, l’urbanisation galopante que connaît l’Afrique, représente un potentiel moteur de son industrialisation et partant, de son développement.

“La demande de biens manufactures et transformés augmente avec la hausse de la consommation de la classe moyenne et de la population urbaine africaine et l’évolution des modes de consommation, offrant ainsi une importante possibilité d’industrialisation”.

Le rapport met par exemple en évidence  l’industrie automobile, où l’on voit comment, grâce à des politiques industrielles appropriées, les pays africains peuvent choisir les secteurs à forte croissance.

La nécessité des infrastructures, le rôle des pouvoirs publics

En outre, du rapport, il ressort clairement que les villes performantes sur le plan économiques exigent des investissements stratégiques, notamment dans l’énergie, les transports et d’autres infrastructures.

Les villes socialement équitables exigent également des pouvoirs publics pour aider les ménages à faible revenue à trouver un logement décent et un emploi. Les villes écologiquement durables nécessitent des politiques appropriées pour corriger les défaillances du marché causées par des externalités négatives.

“L’activité industrielle est particulièrement sensible à l’incapacité des gouvernements à intervenir dans l’urbanisme et l’aménagement du territoire, et ce pour trois raisons :

-les entreprises industrielles ont des exigences d’emplacement, exigences qui peuvent inclure l’accès à la main d’oeuvre, aux marches et aux ports, aux intrants, aux connaissances et aux idées,

-Certaines industries nécessitent   des parcelles  surdimensionnées pour éviter des utilisations conflictuelles ;

-la productivité et la compétitivité industrielles sont sensibles à l’existence d’infrastructures, en particulier l’électricité et les transports”.

Grégoire B. Bazié

Burkina Demain

Source : Rapport économique sur l’Afrique 2017 de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique

Etats-unis d’Amérique : Déjà un an que Donald Trump est président !

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Le président Donald Trump à sa prestation de serment le 20 janvier 2017

20 janvier 2017 -20 janvier 2018. Demain cela fera exactement un an, jour pour jour, que le Républicain Donald Trump, a prêté serment comme 45e président des Etats-Unis d’Amérique, à la suite du Démocrate Barack Hussein Obama. Que retenir de ces 12 premiers mois de la présidence Trump ?

Le président Donald Trump à sa prestation de serment le 20 janvier 2017

Le moins que l’on puisse, c’est que le président Donald Trump s’est évertué au cours de ces 12 premiers mois à la Maison Blanche de tenir ses engagements de campagne. A son investiture, il avait donné le ton en indiquant qu’il allait privilégier avant tout les intérêts de son pays :«L’Amérique d’abord ».

Et cela a été une constance dans son action au cours de cette première année de présidence. Ainsi, à peine une semaine à la Maison Blanche, il prend un décret controversé interdisant ou limitant l’entrée aux États-Unis des ressortissants de pays pour la plupart musulmans.

A l’ONU, les Etats Unis affichent rapidement leurs intentions de réduire leur contribution au budget de fonctionnement ou des opérations de maintien de la paix de l’organisation. Les porteurs de la force G5 Sahel en savent quelque chose. Dans sa stratégie de défendre les intérêts de son pays, Trump va annoncer le retrait des Etats-unis de l’Accord de Paris sur le climat.

L’autre moment fort de l’An I de la présidence Trump a été la reconnaissance de Jérusalem comme la capitale d’Israël au grand dam des Palestiniens et de leurs soutiens.

En Syrie, les autorités et leur allié russe sont loin d’avoir oublié les frappes américaines du 6 avril 2017 qui ont fait des morts dans les rangs de l’armée du pays.

En Afrique, les propos «pays de merde » de Donald Trump reste encore vivaces dans les esprits. Mais, vu d’Afrique, tout n’est pas peindre en noir sous ces 12 premiers mois de Trump. Power Africa, ce programme d’électrification de l’Afrique est maintenu, tout comme les programmes MCA, en Burkina Faso, en Côte d’Ivoire ou Bénin, pour ne citer que ces pays. Il y a aussi la loi AGOA et les autres programmes gouvernementaux qui restent des acquis.

Victor Bassolé /New York

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Industrialisation de l’Afrique : Cheval de bataille de la BAD en 2018

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Afin de mobiliser les fonds pour le développement des infrastructures sur le continent, la Banque africaine de développement (BAD) organisera les 7 et 8 novembre 2018 à Johannesburg, en Afrique du Sud, le forum de l’investissement, avec un accès particulier sur l’industrialisation.

Le président de la BAD, Akinwuni Adesina

’Les projets d’infrastructures peuvent sensiblement contribuer à stimuler et à soutenir la croissance économique d’un pays. Les infrastructures, quand elles sont bien gérées, fournissent les ressources financières pour faire tout le reste’’

Foi du président de la Banque africaine de développement (BAD) Akinwuni Adesina qui s’exprimait le 17 janvier dernier à Abidjan au lancement de l’édition 2018 de la publication Perspectives économiques en Afrique.

Le président de la BAD a plaidé pour une accélération de l’industrialisation de l’Afrique, afin de créer des emplois, réduire la pauvreté et d’encourager une croissance économique inclusive.

Car, selon le rapport de perspectives économiques 2018 ; croissance économique ne signifie pas toujours création d’emplois, surtout pour les jeunes.

Le thème retenu pour cette édition:« Perspectives économiques en Afrique : financements innovants pour le développement de l’infrastructure ».

Par ailleurs, le rapport qui note que « l’augmentation de la part de l’industrie dans le PIB africain (ainsi que dans d’autres pays moins avancés) pourrait stimuler les investissements dans le G20 d’environ 485 milliards de dollars et dans la consommation des ménages d’environ 1 400 milliards de dollars. »

La BAD prévoit une reprise des économies africaines en 2018 après l’effondrement observé ces dernières années suite à la chute des cours des matières premières. La croissance du PIB en 2018 pourrait ainsi attendre un taux de croissance de 4,1% en 2018.

Jacques Kouadio/Abidjan

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UPC : L’année 2018 placée sous le signe de la réorganisation des structures

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Les responsables de l'UPC dont Zéphirin Diabré au milieu, au cours de la cérémonie

L’heure était ce vendredi 18 janvier à la présentation de vœux à l’Union pour le changement et le progrès (UPC). Occasion pour le président du parti, Zéphirin Diabré, par ailleurs chef de file de l’opposition politique, d’annoncer l’organisation des structures en 2018.

Les responsables de l’UPC dont Zéphirin Diabré au milieu, au cours de la cérémonie

A l’Union pour le changement et le progrès (UPC), l’on s’est présenté les meilleurs vœux pour 2018. C’était également l’occasion pour les responsables du parti dont le président Zéphirin Diabré de faire d’importantes annonces pour cette année 2018. Ainsi, le parti va procéder à une réorganisation de ses structures au cours de cette année. Dans cette optique, se tiendra en juin le deuxième congrès ordinaire du parti.

Abordant la question des 13 députés du parti qui ont créé le groupe UPC RD, Zéphirin Diabré les a encore invités à se ressaisir en prenant une option claire : Soit revenir dans le parti et ils seront accueillis à bras ouverts, soit ils prennent leur courage à deux mains et démissionner en bonne et due forme.  Ils ne peuvent pas continuer, à l’entendre, à avoir un pied dedans et un pied dehors.

Bonne nouvelle pour le parti : le ralliement du chef coutumier,  le Samandin Naaba.

Mathias Lompo

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La 6e édition des 12PCA auralieu le 26 janvier 2018

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La 6e édition des 12 PCA (Personnalités Culturelles de l’Année) se tiendront le 26 janvier 2018 à la salle Canal Olympia Yennenga de Ouaga 2000. A moins d’une dizaine de jours de l’évènement, ces organisateurs ont rencontré les hommes de media cet après midi du 17 janvier pour faire le point de l’avancée des préparatifs.

Le présidium de la conférence de la presse, David Honla (2e à partir de la gauche) et les membres du comité d’organisation autour de lui, s’activent pour la tenue de l’évènement

David Honla, accompagné du comité d’organisation de cette 6e édition ont exprimé tout leur engagement quant à la réussite de cet évènement. Pour eux, il faut faire de ce rendez-vous « des moments inoubliables pour nos artistes ».

A entendre le promoteur des 12PCA David Honla, le terme personnalité va avoir tout son sens dans la distinction des nominés. Il  s’agit de faire de cette cérémonie un « évènement grand qui magnifie nos artistes à l’image des grandes cérémonies de distinctions internationales » annonce le promoteur David Honla.

Pour le comité d’organisation, les préparatifs vont bon train et le rendez-vous sera respecté. Et à 9 jours de l’évènement, le président du comité Mahamadi Ouédraogo alias Mdi rassure que « tout est en train d’être mis en œuvre afin que l’évènement se déroule à la mesure des standards internationaux de distinction d’artiste ».

Les 12 catégories choisies cette années sont, le prix Doris Dabiré du mannequin de l’année, du manager, de l’artiste musicien, du scénographe, du présentateur ou animateur, du journaliste culturel, du styliste,de la plate forme culturelle, du spectacle, du réalisateur cinéma, du peintre, et en fin du guide de tourisme de l’année.

La cérémonie sera parrainée par le ministre de la culture. L’entrée est gratuite, mais sur invitation. Notons que l’évènement sera ponctué par des prestations d’artistes venus du Burkina et d’ailleurs, de défilé de mode et d’humour. Elle se déroulera à la salle Canal Olympia de Ouaga 2000 à 20h.

La difficulté de ces PCA de 2018, ce sont les sponsors qui se font attendre. « Nous n’avons reçu pour l’instant rien d’un sponsor » a déclaré le promoteur. Toutefois il dit garder espoir pour les quelques jours qui restent.

Joachim Batao

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Nuit des trophées de l’eau : la 2ème édition le 2 février 2018

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Photo de famille lors de la première édition des trophées de l'eau le 2 décembre 2016 à Laico

Après la première édition tenue en décembre 2016 sous le haut patronage de l’ancien et feu président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo ; le Partenariat national de l’eau du Burkina Faso (PNE-BF) en collaboration avec le Ministère de l’eau et de l’assainissement (MEA) organisera le 2 février 2018 la deuxième édition de la nuit des trophées de l’Eau et l’Assainissement au Burkina Faso.

Photo de famille lors de la première édition des trophées de l’eau le 2 décembre 2016 à Laico

La deuxième édition de la nuit des trophées de l’Eau et l’Assainissement au Burkina Faso aura lieu le 2 février 2018 à Ouagadougou. Organisée le Partenariat national de l’eau du Burkina Faso (PNE-BF) en collaboration avec le Ministère de l’eau et de l’assainissement (MEA), l’initiative vise à reconnaître, valoriser, et promouvoir les initiatives et les actions locales à  la base développées par les communautés rurales et dans le partage et l’accès équitable aux ressources en eau au Burkina Faso.

Elle se veut une vitrine pour la reconnaissance et valorisation des initiatives et des savoir-faire des acteurs du secteur eau et assainissement au sein des provinces, communes, villages du Burkina.

Compétition ouverte à toute personne morale ou physique résidente au Burkina

Ouverte à toute personne morale ou physique résident au Burkina Faso, cette compétition vise à identifier valoriser et récompenser des actions pertinentes dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, afin de reconnaitre et d’honorer les efforts consentis par les personnes physiques et morales qui sont soit à la base ou ont contribué à la réalisation de ces actions.

Il s’agit de proposer des candidats ou de postuler (acteurs du secteur de l’Eau et de l’Assainissement). Ces prix sont basés sur la conviction que les efforts de ces hommes et femmes ont besoin d’être reconnus et honorés à la fois par les professionnels du secteur, et la nation entière afin de stimuler d’autres actions pour le développement global de notre pays.

Des trophées dans 6 catégories

Des trophées seront décernés dans 6  Catégories que sont :

Catégorie 1 : Valorisation des savoirs- faire ancestraux ;

Catégorie 2 : Innovation locale ;

Catégorie 3 : Promotion de l’assainissement et des bonnes pratiques d’hygiènes au Burkina Faso ;

Catégorie 4 : Recherche ;

Catégorie 5 : Valorisation des ressources en eau ;

Catégorie 6 : Presse.

22 janvier, date limite pour le dépôt des candidatures

Les propositions numériques sont recevables aux adresses suivantes :

« pne@pneburkina.bfavec copie obligatoire à : sylvianyam@yahoo.fr ; wendhi8@gmail.com

Pour de plus amples informations visitez notre site web : www.pneburkina.bf    dans la rubrique «Avis de recrutement » ou appelez au 25 34 23 27

NB : les propositions physiques sont recevables au siège du PNE-BF sis à l’ONEA Gounghin+ face au stade du 4 Août jusqu’au 22 Janvier2018. Date limite de dépôt des dossiers : 22 Janvier 2018 à 16h.

Grégoire B. Bazié

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Compte rendu du Conseil des ministres du 17 janvier 2018

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A une session du conseil des ministres burkinabè

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou,  le mercredi 17 janvier 2018, en séance ordinaire, de  09 H 00 mn à 12 H 00 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE,  Président du Faso, Président du Conseil des ministres.

A une session du conseil des ministres burkinabè

Le Conseil a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu une communication orale, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

 I .DELIBERATIONS

I.1. AU TITRE DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE QUATRE (04) RAPPORTS.

I.1.1. Pour le compte du ministère de la Justice, des droits humains et de la promotion civique :

  • un rapport relatif à l’élaboration du rapport national pour le troisième passage du Burkina Faso à l’Examen périodique universel (EPU).

L’Examen périodique universel est un mécanisme qui permet au Conseil des droits de l’homme d’examiner la situation des droits de l’homme dans l’ensemble des Etats membres de l’Organisation des nations unies (ONU).

Dans le cadre du 3ème cycle de l’examen périodique universel, prévu à la 30ème session du Groupe de travail de l’EPU qui se déroulera en avril et mai 2018 à Genève, en Suisse, le Burkina Faso présentera un rapport sur la situation actuelle des droits de l’homme ainsi que les mesures prises pour la mise en œuvre des recommandations acceptées lors du deuxième passage en avril 2013 à l’EPU.

Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre les dispositions idoines pour permettre à notre pays de faire la situation des droits humains sur le plan national, et d’honorer ses engagements      vis-à-vis de la communauté internationale.

  • un rapport relatif à l’élaboration du deuxième rapport périodique du Burkina Faso dû au titre de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Ce rapport qui couvre la période 2013-2017 a été élaboré conformément à l’article 19 de ladite Convention qui dispose que chaque Etat partie doit présenter au Comité contre la torture, des rapports sur les mesures prises pour donner effet à ses obligations vis-à-vis de la Convention.

L’adoption de ce rapport permet à notre pays d’honorer ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale.

I.1.2. Pour le compte du ministère de l’Economie, des finances et du développement :

  • un rapport relatif au Rapport statistique national (RSN) 2016 et au Programme statistique national (PSN) 2018.

Le Rapport statistique national et le Programme statistique national constituent des instruments de coordination des activités statistiques des structures publiques et contribuent au suivi des politiques nationales en matière de développement, notamment le suivi statistique du Plan national de développement économique et social (PNDES) et des Objectifs du développement durable (ODD).

Il ressort du RSN des progrès et des acquis réalisés pour l’année 2016, notamment la mise en place du Fonds de développement de la statistique, la tenue régulière des sessions du Conseil national de la statistique et de ses commissions spécialisées ainsi que l’intensification et la diversification de la production statistique.

Le Programme statistique national prévoit des enquêtes et des recensements à réaliser en 2018 dans divers domaines, au nombre desquels le 5ème recensement général de la population et de l’habitation, le 2ème recensement général de l’agriculture (RGA), l’enquête nutritionnelle et l’enquête nationale sur le cheptel.

Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre les dispositions idoines pour la mobilisation des ressources nécessaires en vue de l’exécution réussie du Programme statistique national 2018.

  • un décret portant Règlementation générale des projets et programmes de développement exécutés au Burkina Faso.

Ce décret vise entre autres à aligner l’organisation et la gestion des projets et programmes de développement à l’approche budget programme, à rationaliser leurs unités de gestion, à réduire significativement leurs charges de fonctionnement tout en augmentant la part accordée aux investissements et à assurer une plus grande transparence dans la gestion des ressources publiques.

L’adoption de ce décret permet une meilleure gouvernance des projets et programmes de développement dans le cadre de la  mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES) pour plus d’efficacité et d’efficience.

II. COMMUNICATION ORALE

II.Le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation a fait au Conseil une communication relative aux manifestations diverses à travers le pays avec pour corollaire la fermeture des classes et le blocage du trafic routier.

Le gouvernement déplore les cas de blessures constatées, notamment lors du blocage par des manifestants à Boussé (province du Kourweogo, région du Plateau-Central), du détachement militaire en partance pour Banh (province du Loroum, région du Nord) pour y relever nos vaillantes forces de défense engagées dans la lutte contre le terrorisme.

Le gouvernement souhaite un prompt rétablissement aux blessés déjà pris en charge par le ministère de la Santé et celui de la Femme, de la solidarité nationale et de la famille.

Il rappelle que les actes d’incivisme, d’incitation à la violence, d’atteinte aux personnes et aux symboles de l’Etat ne sont pas tolérables dans un Etat de droit.

Le gouvernement appelle au strict respect des lois en vigueur dans notre pays.

III. NOMINATIONS

III.2. NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A. AU TITRE DE LA PRESIDENCE DU FASO

  • Monsieur G. Benoit KAMBOU, Mle 0017 958 V, Enseignant chercheur, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès de la République du Tchad ;
  • Monsieur Oumarou MAIGA, Mle 18 559 V, Ministre plénipotentiaire, 1ère classe, 10ème échelon, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès de la République d’Afrique du Sud ;
  • Monsieur Brahima SERE, Mle 130 304 U, Magistrat, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès de la République de Turquie.
  • B. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION
  • Monsieur Abdallah Pathé SANGARE, Mle 229 854 J, Administrateur civil, est nommé Haut-commissaire de la province du Kénédougou, région des Hauts-Bassins ;
  • Monsieur Karim OUEDRAOGO, Mle 105 201 D, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Houet, région des Hauts-Bassins ;
  • Monsieur Idrissa GAMSONRE, Mle 118 961 R, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Kénédougou, région des Hauts-Bassins ;
  • Monsieur Abdoul Karim ZONGO, Mle 54 578 B, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Kourwéogo, région du Plateau-Central ;
  • Monsieur K. Roland GUINGUERE, Mle 118 962 X, Administrateur civil, est nommé Secrétaire général de la province du Namentenga, région du Centre-Nord ;
  • Monsieur Pascal BOUDA, Mle 116 974 B, Secrétaire administratif, est nommé Préfet du département de Siby, province des Balé, région de la Boucle du Mouhoun ;
  • Monsieur Ousmane BARRY, Mle 212 003 L, Secrétaire administratif, est nommé Préfet du département de Douna, province de la Léraba, région des Cascades ;
  • Madame Nizinga Assita PALM/NACRO, Mle 247 531 H, Administrateur civil, est nommée Préfet du département de Banfora, province de la Comoé, région des Cascades ;
  • Monsieur Daouda OUEDRAOGO, Mle 279 333 A, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Korsimoro, province du Sanmatenga, région du Centre-Nord ;
  • Monsieur Xavier BAKO, Mle 238 081 X, Secrétaire administratif, est nommé Préfet du département de Pensa, province du Sanmatenga, région du Centre-Nord ;
  • Monsieur Adama DIALLO, Mle 200 298 N, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Pô, province du Nahouri, région du Centre-Sud ;
  • Monsieur Téwendé Evence BALIMA, Mle 229 956 B, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Samba, province du Passoré, région du Nord ;
  • Monsieur Sanfiénalé SIRIMA, Mle 98 046 R, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Boussé, province du Kourwéogo, région du Plateau-Central ;
  • Monsieur Wapa DAKIO, Mle 30 60, Agent public, est nommé Préfet du département de Baraboulé, province du Soum, région du Sahel ;
  • Monsieur Barnabé SEGDA, Mle 24 647 W, est nommé Préfet du département de Koutougou, province du Soum, région du Sahel ;
  • Monsieur Soyuleymane DRABO, Mle 279 927 Y, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Diébougou, province de la Bougouriba, région du Sud-Ouest ;
  • Monsieur Valentin BADOLO, Mle 117 040 J, Administrateur civil, est nommé Préfet du département de Dissin, province du Ioba, région du Sud-Ouest.
  • C.AU TITRE DU MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE, DU TRAVAIL ET DE LA PROTECTION SOCIALE 

Les personnes dont les noms suivent sont nommées Membres du Haut conseil du dialogue social :

Au titre du Gouvernement, Présidence du Faso

  • Madame Adjaratou NANA, Comptable financier, Membre suppléant de Monsieur Edmond BERE ;
  • Monsieur Souleymane OUEDRAOGO, Gestionnaire des ressources humaines, Membre suppléant de Madame Maïmouna CISSE ;
  • Monsieur Yaya KARAMBIRI, Juriste, Membre suppléant de Monsieur Oumard NABALOUM.

III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

Le Conseil a procédé à la nomination d’un Administrateur au Conseil d’administration de la Caisse automne de retraite des fonctionnaires (CARFO) au titre du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale.  

Cette nomination sera publiée dans le Journal Officiel du Faso.

III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE, DU TRAVAIL ET DE LA PROTECTION SOCIALE

Le Conseil a adopté un décret portant nomination du Monsieur Sibidou Léonard GAMBO, Officier des forces armées nationales, Administrateur représentant l’Etat au titre du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale au Conseil d’administration de la Caisse automne de retraite des fonctionnaires (CARFO)  pour un dernier mandat de trois (03) ans.  

Le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement,

Rémis Fulgance DANDJINOU,  Officier de l’ordre national

La ‘julaïsation’ de L’Ouest du Burkina Faso : état des lieux dans la province de la Léraba

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Résumé : Le présent article examine les conséquences du contact entre le jula véhiculaire et les langues maternelles des populations autochtones de la province de la Léraba (située à l’extrême Ouest du Burkina Faso).Une analyse des toponymes, des patronymes, des prénoms et des pratiques langagières dans ladite province nous permet de mesurer l’ampleur du degré d’influence culturel des Jula sur les populations locales qui y vivent.

La langue jula est en effet omniprésente dans les pratiques langagières de la population.De même, les noms de familles et de lieux, ainsi que les prénoms y sont en majorité d’origine jula.

Introduction

L’Ouest du Burkina Faso se distingue, en termes d’ethnies qui y vivent et de langues qui y sont parlées, parun cosmopolitisme très marquéet une interpénétration impressionnante des groupes de populations.Cette partie du paysne compte que seize des quarante-cinq provinces qui constituent le territoire national burkinabè. Pourtant, les langues qui y sont parlées sont estimées à2/3 de la soixantaine des langues parlées au Burkina Faso, pour une population estimée à 14 017 262habitants (selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitation – RGPH – de 2006). Elle est donc par excellence une zone de langues en contact.

De par son histoire et sa culture, le Grand-Ouest du Burkina Faso est considéré comme la zone mandingue du territoire national. Il est culturellement proche du Mali et du Nord de la Côte d’Ivoire. Du reste, une bonne partie de sa population est constituée de groupes ethniques vivant de part et d’autre des frontières entre leBurkina, le Mali et la Côte d’Ivoire. Dans ces trois pays le jula(qui est une variante du bambara parlé au Mali) a le statut delangue véhiculaire et langue de large communication. Au Burkina Faso, le jula est l’une des trois principales langues nationales du pays. Son envergure dans cette partie ouest du pays est de telle sorte qu’elle est présente dans le quotidien des populations et menace même la survie des langues d’origine des populations locales. C’est d’ailleurs cet état de fait qui justifie l’emploi de plus en plus généralisé de la création lexicale ‘julaïsation’ pour désigner l’envergure sans cesse croissante du changement qu’impliquent la langue et la culture juladans le vécu des populations de l’Ouest du Burkina.C’est la présence permanente et l’influence decette languevéhiculaire dans la vie desdites populations qui ont interpellé notre curiosité et nous ontincitéà examiner l’état de la situation dans la province de la Léraba, qui est lazoneadministrative frontalière avec à la fois les républiques sœurs du Mali et de la Côte d’Ivoire. Notre objectif à travers cet écrit est de relever les faits les plus parlants qui constituent les preuves palpables de cette hégémonie de la langue et de la culture jula dans la province de la Léraba. Les exemples illustrant notre argumentaire dans cet écrit ont été rassemblés tout au long de nos différentes tournées dans la région.

I. Brève histoire du contact entre les Jula et les populations autochtones de la province

Pour comprendre le phénomène sans cesse croissant de ‘julaïsation’ de la province de la Léraba, il faut nécessairement se référer aux premiers contacts entre les Jula et les communautés autochtones qui peuplent ladite province.L’histoire du contact entre les Jula et les populations autochtones de la province de la Léraba se confond en effet, en grande partie, d’une part à celle du pays senufo tout entier, et d’autre part à celle de tous les autres groupes ethniques qui peuplent la région des Cascades en particulier. Par pays senufo il faut entendre ici cet important espace géographique morcelé, par le biais de la colonisation, entre les Etats du Burkina Faso, de la Côte-d’Ivoire et du Mali(et dans une moindre mesure du Ghana) et qui est peuplé d’une multitude de groupes ethniques ayant un fond culturel commun et dont l’écrasante majorité est constituée de Senufo. Si l’on s’en tient en effet à Mills (2003: xi-xii), « le pays sénoufo s’étend du 8° au 13° de latitude Nord et du 3.8° au 7.10° de longitude Ouest. Il est en forme d’une sorte de botte située à cheval sur les frontières du Mali, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire […] Situé dans la région de Bondoukou, à cheval sur la frontière entre le Ghana et la Côte d’Ivoire, il existe aussi un groupe senoufo de locuteurs nafaara[…] ».

Selon l’historien ivoirien T. Ouattara (1986: 12), les premières migrations des Jula en pays senufo, datent de la chute de l’empire du Mali: » Situé entre les savanes soudanaises productrices de sel et les zones pré-forestières de la côte guinéenne, productrice de kola, fréquentées depuis peu par les premiers navigateurs européens, le pays senufo fut envahi aussitôt après la dislocation de l’Empire du Mali par des aventuriers mandingues dont les Bambara, les Malinké et les Jula « .

Bien après, la population de l’actuelle région des Cascades, dont le chef-lieu est la ville de Banfora, a subi au 18e et au 19e siècle l’influence de plusieurs empires jula; et l’une des conséquences directes de cette influence y est la domination sans cesse croissante de la langue jula comme langue véhiculaire et langue de large communication. Cet état de fait est confirmé par Dombrowsky-Hahn(2007: 139), qui note par ailleurs,toujours au sujet de la langue jula, que « l’époque coloniale a également été favorable à son épanouissement car elle servait de moyen de communication dans le cadre militaire et administratif  » (Cf. Dombrowsky-Hahn 2007: 155).

Pour aborder le cas spécifique de la province de la Léraba (l’une des deux provinces de la région des Cascades), il faut noter que la ville de Sindou (qui en est le chef-lieu), fondée au 15e siècle au cœur du pays senufo par les commerçants jula, a constitué l’un des points fondamentaux d’où s’est répandue et enracinée la langue jula dans toute la province de la Léraba et même au-delà. Les autres villages de la province où vivent des communautés jula (dont certaines sont, selon de nombreux témoignages, constituées de familles senufo très anciennement julaïsées) sont: Baguèra, Kangora et Fourkoura. En effet, de par leurs activités économiques, les commerçants jula sillonnaient tous les petits hameaux habités par les populations paysannes locales, pour la vente de leurs articles et l’achat de céréales. Ils en profitèrent pour mener des campagnes d’islamisation dans les villages qu’ils parcouraient. En fins calculateurs, leur style de vie finira par séduire les populations locales qui chercheront du coup à leur ressembler. Leur langue, facilement accessible, s’imposera ainsi petit à petit dans la communication interethnique, dans cette province qui est à la fois l’une des moins peuplées et l’une des plus multilingues du Burkina Faso.

En outre, la province de la Léraba, de par sa situation géographique frontalière avec le Mali et la Côte-d’Ivoire, regorge de grands marchés qui sont des lieux de rencontres par excellence. Il est indéniable que le jula qui y est parlé le soit aussi par le biais des commerçants maliens qui écument tous les grands marchés de la zone.

II. Les traits de l’influence du jula sur les populations autochtones

Les traits caractéristiques de la culture jula, pour un observateur averti, sont facilement perceptibles dès que l’on franchit le seuil de la province de la Léraba. Des noms de lieux aux noms de personnes, en passant par la profusion des emprunts au jula lorsque les populations s’expriment dans leurs propres langues, etc.,les traits de l’influence de la culture jula transparaissent dans presque tous les faits et gestes des populations autochtones de la Léraba.

2.1. L’exemple des langues locales et des pratiques langagières

Pour une population estimée à 124 280 habitants (selon le RGPH 2006), nous avons dénombré au moins une dizaine de langues nationales régulièrement parléesdans la province de la Léraba.Chacune de ces langues est reconnue comme langue maternelle d’une communauté ethnique y vivant. Il s’agit entre autres du: senar, kpeego, samogo, jula, wara, natioro, ble, turka, fulfulde et moore. Certaines de ces langues, à l’image du mooré et du fulfuldé, sont parlées par des communautés non autochtones qui y ont migré de longue date. Les autres langues, en termes de vitalité, connaissent d’années en années un recul qui inquiète de nombreux linguistes (Cf. Prost A., 1968; Sanogo, M. L., 2007). Dans toute la province de la Léraba le jula est utilisé comme langue véhiculaire et langue seconde de la presque totalité de la population. Les enfants utilisant le jula comme langue secondaire sont précocement bilingues. L’une des preuves vivantes de la domination de la langue jula sur les populations autochtones de la province est liée même aux dénominations des langues parlées par ces derniers. Elles sont toutes d’origine jula; du moins les noms officiels et les plus connus dans la région. Les noms d’origine ne sont usités que seulement au sein de chaque communauté. Les noms ci-dessus des langues sont transcrits phonétiquement:

Nom officiel / jula Nom authentique
Ble jalkuna
natioro samakunè
numu kpeego
samogo jowele
          senufo senar
turka tyurama
wara samoe

Dans les habitudes de communication de la population de la Léraba, les langues locales sont usitées presqu’exclusivement dans le cadre familial. Hors du cadre familial, dès lors qu’elles sont en contact avec des personnes qui ne sont pas de leur groupe ethnique, les populations autochtones s’expriment systématiquement en jula. Ainsi, lorsqu’ils ont affaire à un fonctionnaire de l’Etat servant dans leur localité, c’est le jula qui est d’habitude utilisé. De même, nous n’avons connaissance de l’utilisation d’aucune des langues locales comme langue d’alphabétisation dans la province. C’est en jula que les nombreux paysans alphabétisés sont initiés à la lecture, à l’écriture et au calcul. Par ailleurs, nous avons remarqué que tous les débats qui sortent du cadre des sujets de discussions traditionnels du domaine familial ou clanique, se tiennent en priorité en jula. C’est notamment le cas des campagnes politiques d’envergure, des activités des religions révélées (Islam, Christianisme) et des débats sur l’éducation. Même dans le cadre familial, nous avons remarqué que le jula est la langue dominante lors de certaines réjouissances et certaines pratiques coutumières dont l’origine jula semble bien probable, etc.

Dans les principales villes de l’Ouest du Burkina Faso, surtout dans les établissements d’enseignement secondaire, les traits frappants des langues locales qui transparaissent dans les interventions de leurs locuteurs lorsque ceux-ci s’expriment en jula, font très souvent l’objet de railleries de la part de certaines personnes. Ainsi, les personnes vivant momentanément ou permanemment dans ces localités se démènent, à travers des exercices d’auto-entraînement,  pour effacer de leur pratique du jula l’essentiel des traits qui font l’objet de moqueries acerbes.

2.2. L’exemple des patronymes et des prénoms

Dans la province de la Léraba, à l’exception des populations turka, les patronymes authentiques ont été totalement supplantés par les noms de famille mandingues importés par les commerçants musulmans jula. Les patronymes senufo, wara,natioro, blé, samogo et numu ont totalement disparu depuis belle lurette, à telle enseigne que de nombreuses personnes âgées de ces communautés que nous avons interrogées sur la question ne semblaient plus s’en souvenir. Certains nous ont tout simplement signifié que les patronymes qu’ils portent aujourd’hui sont ceux de leurs ancêtres. Par le jeu des éponymes,ces populations ont établi des équivalences entre leurs patronymes d’origine et ceux des Jula qu’ils ont vite adoptés, sûrement par complexe ou par peur de représailles de la part des Jula qui servaient d’interprètes et d’auxiliaires à l’administration coloniale. Selon certaines sources, le principe de changement de nom a été suggéré ou imposé par les conseillers occultes et les marabouts jula, dont s’étaient entourés certains grands chefs en quête de puissance accrue. Pour retrouver les patronymes d’origine senufo, il faut se référer aux Senufo ivoiriens qui ont majoritairement conservé leurs patronymes authentiques.

Patronyme mandingue/jula Patronyme authentique senufo
Traoré, Sanogo, Kamara Sékongo
Koné, Konaté Silué
Coulibaly, Keita Soro
Ouattara Yéo
Diarassouba, Dagnogo Tuho / Tuô

En ‘pays’ turka, la situation est tout autre. En dehors de quelques rares familles qui ont adopté les patronymes mandingues, la presque totalité a conservé le leur. Tous respectent cependant la logique des équivalences avec les patronymes jula, à travers les éponymes, et se prêtent au jeu des alliances à plaisanterie tel qu’établi par les Jula, non seulement au sein de leur communauté, mais aussi avec les autres communautés de la région.

Patronyme mandingue/jula Patronyme authentique turka
Traoré Soura
Koné Hié
Coulibaly Son
Ouattara Cara / Kara

Si quelques rares familles turka ont adopté les patronymes jula en remplacement de ceux de leur communauté d’origine, d’autres par contre ont choisi de cumuler les deux, c’est-à-dire le patronyme d’origine turka suivi de son équivalent jula (cf. tableau ci-dessus). Ainsi, il n’est rare de rencontrer par exemple dans certains villages turka de la province de la Léraba des patronymes du genre: Soura Traoré, Soura dit Traoré, Hié Koné, etc.

En ce qui concerne les prénoms, la situation est encore plus homogène que celle des patronymes dans toute la province. Les prénoms authentiques sont de plus en plus abandonnés au profit de ceux importés par les jula et que les populations considèrent comme modernes (prénoms d’origine jula et prénom d’origine arabe communément appelés prénoms musulmans). Certaines personnes portant encore les prénoms authentiques depuis la naissance, ont adopté des prénoms jula (ou musulmans) et éprouvent même une certaine gêne quand on les désigne par leurs prénoms authentiques. Ces prénoms sont de moins en moins donnés aux nouveau-nés comme de par le passé. Qu’ils soient musulmans pratiquants ou non, ou encore féticheurs les parents donnent systématiquement des prénoms musulmans / jula à leurs enfants. Ainsi, certains de ces prénoms, de par leur régularité dans toute la province, méritent qu’on les cite en exemples:

 

Prénoms julales plus fréquents Prénoms musulmans les plus fréquents
Sériba, Sounkalo, Môkadi, Namarmandi, Tchèmadôgô, Allamadôgô, Alasson, Fatchè, Alamantora,Batôgôma, Fatôgôma, Tchèkoura, Tchèmôgô,Fintalabô, Moussokoura, Moussognouma, Yiriba, Fakô, Yèrèsègè,Fadugô, Sériba, Sitigui, Noumoutchè, Noumoumousso, etc. Seydou, Fousséni, Brama (~ Blahima), Worokya, Fanta, Siriki, Madou, Hamadou, Doulaye, Abdoulaye, Lamine, Moussa, Issa, Kassoum, Bakary, Lamoussa, Yacouba, Mamouna, Alima(ta), Fatoumata, Djènèba, Karim, Sétou, Korotoumou, Lassina, Drissa, etc.

Les familles converties au christianisme attribuent également des prénoms chrétiens à leurs enfants.

2.3. L’exemple de la toponymie

Les noms désignant les lieux font partie des signes les plus palpables de la domination de la langue et de la culture jula dans la province de la Léraba. Comme l’a si bien remarqué l’historien Bakary Traoré, (2006: 311), » la plupart des toponymes de la région connus à travers les cartes et utilisés par l’administration ont été attribués par les Jula […]. Ces toponymes jula se sont superposés aux toponymes anciens au point de les cacher « .

Nous n’allons nous intéresser dans le présent écrit qu’aux noms des localités où vivent des communautés autres que les Jula.En la matière le constat est impressionnant. Les villages les plus concernées par cet aspect sont ceux où vivent les Senufoet dans une moindre mesure les Natioro. En pays senufo, les noms des villages sont d’habitude des noms composés dont le premier segment est le nom distinctif de chaque village (nom du fondateur, signe caractéristique du lieu ou du groupe de population qui s’y est installé, etc.) et le second segment le terme kaha qui signifie ‘village’ en senar. Sous l’effet de la culture jula, la situation actuelle des noms officiels de nombreux villages se caractérise par la substitution du terme kaha par ses équivalents jula: dugu ou so. Nous avons même enregistré un cas où le terme kahaa été remplacé par le mot julafaso‘terre des parents’.Très souvent, dans ces nouveaux noms hybrides, le terme senufo comporte des erreurs de transcription sans doute liées à la non-maîtrise des langues locales par les Jula et les colons.

a) Kaha>Dougou

Toponyme traditionnel Toponyme officiel
Fassalakaha           Fassaladougou
Konakaha Konandougou
Naguélékaha Naguenedougou
Nangokaha Nangodougou
Nerfounkaha Nerfoundougou
Zagnekaha Zagnedougou

 b) Kaha>So

Toponyme traditionnel Toponyme officiel
Dionkaha                Dionso
Kodononkaha Koudononso
Kôkaha Kolasso

c) Kaha>Faso

Toponyme traditionnel Toponyme officiel
Woulakaha             Woulafaso

d)Les noms de certains villages sont les traductions en jula des noms authentiques senufo.

Toponymetraditionnel Toponyme officiel Sens des termes
Gnangôhô Kurufin Colline noire
Kafônon Sokura Nouveau village
Kakpôhô Soba Gros village
Kaplékaha              Blesso Village des Blé
Toudounkaha Noumoussoba (gros) village des forgerons

 

e)Dans d’autres cas, on assiste à une substitution totale du patronyme authentique par un termejulade sens totalement différent. C’est par exemple les cas de ces villagesnatioro et senufo:

Toponyme traditionnel Toponyme jula/ officiel
Djokaha  Djondougou
Samtedié Sindoukoroni
Sougolikaha Gnassoumadougou
Tchéwalkaha Tagouassoni
Télikaha Dakôrô
Wotièlèguè Lèra
Yanzankaha Kôbadah

Les nombreuses nouvelles concessions ou les nouveaux hameaux de culture qui se créent de plus en plus dans la province ont pratiquement tous des toponymes jula. Les plus fréquents de ces toponymes sont: Sokura ‘nouvelle concession/village’, Sabaribugu ‘habitat du pardon’, Gnasumabugu ‘habitat de paix’, etc.

Conclusion

L’observation des patronymes, des prénoms, des toponymes et des pratiques langagières dans la province de la Léraba nous révèle une zone profondément marquée par l’influence culturelle jula qui, de surcroît, va crescendo. Caractérisée parle morcellement ethnique et l’interpénétration de ses populations, la province de la Léraba nous présente de plus en plus un visage en voie d’uniformisation; ce qui ne dégrade en rien la richesse culturelle qui l’a toujours caractérisée. Ce qui inquiète cependant, c’est l’influence unidirectionnelle imposée par lejula véhiculaire. Cela constitue un danger pour certaines langues minoritaires qui y sont parlées et dont la situation de longue agonie commence à peine à émouvoir leurs propres locuteurs.Si rien n’est fait dans les années à venir pour sauver ces langues, elles pourraient se compter parmi les nombreuses langues de l’Ouest du Burkina dont la disparition, selon de nombreux observateurs, s’annonce imminente.

 

Références bibliographiques

Dr Daouda Traoré est l’auteur de la présente étude

Dombrowsky-Hahn Klaudia, 2007.« Le kar à Banfora », inLanguages in African Urban Contexts.A Contribution to the Study of Indirect Globalisation.Berlin: LIT Verlag. 189-271.

Mills Richard, 2003.             Dictionnaire sénoufo – français: sénari – parler tyébara (Côte d’Ivoire). Tome I. Köln: RüdigerKöppeVerlag.

Ouattara Tiona, 1986.Quelques aspects de la culture des Sénoufo. Niamey: Centre d’Etudes Linguistiques et Historiques par Tradition Orale, (OUA/CELHTO).

Prost André, 1968. Deux langues voltaïques en voie de disparition: Le wara et le natioro.Publications du Département de Linguistique Générale et Linguistique Africaine de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Dakar.

Sanogo Mamadou Lamine, 2007.« Une dizaine de langues menacées », inCarrefour africain, numéro 1138, mensuel burkinabè de février 2007. 31-32.

Traore Bakary,(2006).« Aperçu sur l’histoire du peuplement de l’Ouest du Burkina à partir de l’analyse de quelques toponymies », inCahier du CERLESHS, n° 24. 308-331.

 

TRAORÉ Daouda

INSS / CNRST

Ouagadougou, Burkina Faso

daodatraore@yahoo.fr

1er match du groupe D du CHAN 2018 : Les Etalons ni vainqueurs, ni vaincus

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Les Etalons n'ont pas su concrétiser les occasions de but au cours de ce premier match

Le premier match du groupe D du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) disputé ce mardi 16 janvier à Agadir, n’a pas donné les résultats escomptés du côté Burkinabè, ni angolais. Etalons  et Palancas Negras se sont neutralisés au terme des 90 mn de jeu.

Les Etalons n’ont pas su concrétiser les occasions de but au cours de ce premier match

Après cette première rencontre qui s’est soldée par un match nul 0-0, Etalons et Palancas Negras peuvent légitimement de regret parce que ce ne sont pas les occasions de but qui ont manqué. L’une et l’autre formation a fait preuve de maladresse à l’approche des buts adverses.

Du coup, elles se mettent inutilement la pression pour leur prochain match. Les Etalons affronteront  les Diables rouges du Congo Brazzaville pour leur deuxième. Ce sera le 20 janvier prochain.

Espérons qu’ils feront mieux au cours de ce deuxième match.

Auguste  Zio

Burkina Demain

CHAN 2018 : Les Etalons ont leur premier rendez-vous avec l’histoire ce mardi !

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Les Etalons n'ont pas su concrétiser les occasions de but au cours de ce premier match

Sur place à Agadir, depuis quelques jours, les Etalons disputeront, leur premier match du cinquième Championnat d’Afrique des Nations (CHAN)ce mardi 16 janvier 2018. Et ce sera face aux Palancas Negras d’Angola.

Les Etalons qui effectuent ce mardi leur entrée dans le CHAN morocain, sont beaucoup attendus

Après une phase préparatoire en Tunisie jugée satisfaisante par leur encadrement technique dirigé Idrissa Traoré alias Saboteur ; les Etalons locaux affrontent ce mardi 16 janvier les Palancas Negras d’Angola.

Le match se jouera dans la soirée au stade Adrar d’Agadir, qui abrite les équipes de la poule D de ce cinquième Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), Maroc 2018. Suivra ensuite l’autre match de la poule D qui opposera le Congo au Cameroun.

Tous les supporters du onze national attendent que Mohamed Sylla, Hermann Nikièma et autres répondent présents à ce premier rendez-vous historique.

Saboteur doit assurer un coaching gagnant

Au-delà du Burkina Faso, c’est toute la sous-région qui est en droit d’attendre des Etalons une bonne prestation, surtout après les premières sorties ratées des Eléphants de Côte d’Ivoire et du Sily National de Guinée.

Saboteur doit assurer un coaching gagnant comme il a su le faire face aux Black Stars lors des éliminatoires.

A cœur vaillant, rien d’impossible. Allez les Etalons et victoire !!!

Auguste  Zio

Burkina Demain