C’est fini pour le cinquième sommet Union africaine –Union européenne. La fin des travaux est intervenue ce jeudi à Abidjan par l’annonce d’un certain nombre de décisions, relativement à la préoccupante question de la traite des noirs en Libye et dont les principales sont :
– Mise en place d’une commission dirigée par la commission des droits de l’homme de l’Union Africaine aidée par l’Union Européenne ;
-Evacuation des réfugiés ;
-Poursuite des trafiquants d’êtres humains et ensuite les différents pays doivent mettre en place des forces spéciales chargées spécialement de lutter contre le trafic d’êtres humains ;
-Mise en place de mécanismes en vue de la saisie des comptes des trafiquants en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient.
«Nous avons donc pris note des cris du cœur des représentants de la jeunesse Africaine et Européenne et avons la responsabilité de leur garantir un avenir meilleur», a soutenu à la clôture le président de l’Union africaine, Alpha Condé ; se félicitant de la franchise et de la responsabilité qui ont caractérisé les débats de ce sommet.
Le sommet a porté, faut-il le rappeler, sur le thème «Investir dans la jeunesse pour un avenir meilleur».
Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le jeudi 30 novembre 2017, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 12 H 00 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Paul Kaba THIEBA,Premier ministre, Chef du gouvernement.
Une session du conseil des ministres burkinabè
Le Conseil a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu une communication orale, et autorisé des missions à l’étranger.
I DELIBERATIONS
I.1. AU TITRE DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE DEUX (02) RAPPORTS.
I.1.1. Pour le compte du ministère de l’Economie, des finances et du développement :
un rapport relatif à la situation d’exécution du budget et de la gestion de la trésorerie de l’Etat, exercice 2017 au 30 septembre 2017.
A cette date, le niveau de mobilisation des ressources de l’Etat s’établit à 1 097,72 milliards de FCFA pour les prévisions corrigées de 1 804,08 milliards de FCFA, soit un niveau de réalisation de 60,85%.
L’exécution des dépenses s’élève à 1 481,05 milliards de FCFA pour une dotation corrigée annuelle, base crédits de paiement, de 2 455,19milliards de FCFA, soit un taux d’exécution de 60,32%.
L’analyse des principaux soldes, au 30 septembre 2017, fait ressortir un solde budgétaire global déficitaire de 383,32 milliards FCFA.
Le Conseil a instruit les ministres de prendre les dispositions idoines pour une meilleure exécution du budget en cours.
I.1.2. Pour le compte du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale :
un décret relatif à l’adoption de la Stratégie nationale de promotion de la bonne gouvernance 2018-2027 et son plan d’actions 2018-2020.
Cette Stratégie vise à créer les conditions favorables à l’expression du droit, à promouvoir la transparence et la responsabilité, à renforcer la participation et l’équité, à lutter contre la corruption et à promouvoir une culture d’efficacité et d’efficience dans la gestion des affaires publiques.
I.2. AU TITRE DU DEVELOPPEMENT DU CAPITAL HUMAIN, LE CONSEIL A ADOPTE
un rapport relatif aux résultats de la sélection de partenaires pour la réalisation de huit (08) centrales solaires photovoltaïques dans sept (07) régions du Burkina Faso en Build Own Operate and Transfert (BOOT) Pour le compte du ministère de l’Energie.
Il s’agit de la région de la Boucle du Mouhoun (Dédougou, 15 MWc), des Cascades (Banfora, 10 MWc), du Centre (Ouagadougou, 20 MWc et 10 MWc), de l’Est (Fada N’Gourma, 10 MWc), des Hauts-Bassins (Orodara, 10 MWc), du Nord (Ouahigouya, 10 MWc) et du Sahel (Dori, 15 MWc).
Le Conseil a marqué son accord pour la poursuite des négociations en vue de la conclusion des contrats en Partenariat Public Privé (PPP) et en contrat d’achat d’électricité par la procédure d’entente directe, avec les entreprises qualifiées
II COMMUNICATION ORALE
II.1. Le ministre des Infrastructures a fait au Conseil une communication relative à l’approbation par le Conseil d’administration du groupe de la Banque africaine de développement, du Projet de renforcement et de bitumage de la route Gounghin – Fada N’Gourma – Piega – Frontière du Niger. Cette route longue de 218 Kilomètres sera exécutée en trois (03) lots :
– Lot 1 : Gounghin – sortie Fada N’Gourma ;
– Lot 2 : sortie Fada N’Gourma – Matiakoali ;
– Lot 3 : Matiakoali – Frontière Niger.
D’importants travaux connexes sont prévus :
– 36 forages ;
– 18 000 mètres de mur de clôture ;
– 9 000 m2 de parking ;
– 30 Km de pistes rurales ;
– 3,9 Km de voiries en pavé ;
– Equipement en matériel de production et de transformation au profit de 50 groupements féminins ;
– Construction et équipement d’une station de pesage.
Le montant total du financement de cent vingt-six milliards (126 000 000 000) FCFA est assuré par la Banque africaine de développement (BAD), la Coopération japonaise (JICA), l’Union européenne (UE), la Commission de l’UEMOA et l’Etat Burkinabè.
La procédure de sélection des entreprises débutera dès la première semaine du mois de décembre 2017.
Le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement,
Les président Macron et Kaboré procédant à l'inauguration officielle de la centrale solaire de Zagtouli
Les présidents Roch Marc Christian Kaboré et Emmanuel Macron ont inauguré, ce mercredi 29 novembre 2017, la centrale solaire de Zagtouli, la plus grande de l’Afrique de l’Ouest, d’une capacité de 33 MWc. La centrale de Zagtouli produira, selon François de salle Ouédraogo, directeur général de la Société nationale d’électricité (SONABEL), 56 GWh par an, soit 5% de la consommation énergétique du pays.
Les président Macron et Kaboré procédant à l’inauguration officielle de la centrale solaire de Zagtouli
C’est à présent fait. La centrale solaire de Zagtouli, située à une quinzaine de kilomètres à l’Ouest de Ouagadougou, est fonctionnelle. Elle a été inaugurée ce mercredi 29 novembre 2017 par les présidents Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso et Emmanuel Macron de la France dont c’était la dernière grande étape de sa visite officielle au pays des Hommes intègres.
La centrale de Zagtouli produira, selon François de salle Ouédraogo, directeur général de la Société nationale d’électricité (SONABEL), 56 GWh par an, soit 5% de la consommation énergétique du pays.
Pour le président Kaboré, la réalisation de cette centrale de 33 MWc, la plus importante de l’Afrique de l’Ouest, participe de la stratégie du gouvernement de réduire la dépendance énergétique en valorisant le potentiel solaire du pays. Et d’annoncer un nouveau programme dénommé ‘’Yeleen’’ (lumière en langue mooré) qui sera réalisé en 2018 et qui devra permettre d’électrifier plusieurs localités du pays.
«Il n’y a pas de fatalité mais une responsabilité à prendre »
Signature du livre d’or par les deux chefs d’Etat
Pour le président français Emmanel dont le pays a particié à hauteur de 22 millions d’euros au financement du projet, Zagtouli est la preuve qu’ «il n’y a pas de fatalité sur la route du développement ». «Il ya seulement une responsabilité à prendre» que les autorités burkinabè, à l’entendre, ont prise en réalisant la centrale dans un délai impressionnant.
La Zagtouli, à écouter, est l’exemple parfait de c e qui faisable entre l’Afrique et la France ou l’Union européenne. Ainsi, pour la réalisation de ce projet, la France a assuré outre une partie financement, l’ingénierie. Les équipements sont venus de pays européens comme l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal. Côté burkinabè, il y a eu l’apport du savoir-faire de la SONABEL et d’autres entreprises locales impliquées dans la réalisation de la centrale.
. Electricité 3 fois moins chère avec Zagtouli
L’électricité produite coûtera 3 fois moins chère que celle produite dans les centrales thermiques. Zagtouli permettra également de réduire les rejets de carbone de 26.000 tonnes par an. En ce sens, elle est un élément important du dispositif du Burkina Faso dans la lutte contre le rechauffement climatique.
Financée à hauteur de 47,5 millions d’euros dont un don de 25 millions de l’Union européenne, la centrale photovoltaïque de Zagtouli a été construite par Cegelec, filiale du groupe français Vinci.
Pendant 1 h 40 le président Emmanuel Macron a décliné sa politique africaine de rupture
A l’issue de son intervention d’une heure quarante minutes ce mardi 28 novembre 2017 devant les étudiants burkinabè, Emmanuel Macron a donné assez d’information sur sa vision, sa politique des relations entre la France et l’Afrique sous son mandat. C’est apparemment un discours de rupture qu’il a livré, appelant la partie africaine à s’assumer. Reste maintenant à vérifier cela sur le terrain.
Pendant 1 h 40 le président Emmanuel Macron a décliné sa politique africaine de rupture
Il faudra des jours, des semaines, voire des mois pour décrypter tout le sens du discours livré ce mardi 28 novembre à l’université de Ouagadougou par le président Emmanuel Macron au cours de sa première tournée africaine. Il a voulu ainsi s’adresser à la jeunesse africaine à travers celle du Burkina Faso. «Le Burkina Faso est l’emblème de l’aspiration démocratique de la jeunesse africaine», a-t-il soutenu. A l’écouter, la jeunesse africaine est une chance pour l’Afrique. Et il entend s’appuyer sur elle, l’invitant aussi à jouer sa part de responsabilité et jouant la carte de proximité. «Je suis comme vous un jeune qui n’a jamais connu l’Afrique comme un continent colonisé».
Une maison de la jeunesse africaine à Ouaga
La marque indélébile de cet engagement d’Emmanuel Macron en faveur de la jeunesse africaine sera la construction de la maison de la jeunesse africaine à Ouagadougou. «Vous pourrez inaugurer cette maison de la jeunesse avant le 14 juillet».
Toujours de le sens de l’intérêt des jeunes africains, il annoncé des mésures destinées à offrir de plus de bourses aux étudiants africains. Sur la question de l’esclavage en Libye, il a aussi fait cas d’une initiative euro-africaine qu’il va proposer au sommet Union africaine –Union européenne d’Abidjan où il se rendra après l’étape de Ouagadougou.
Finie la FrançAfrique ?
Au début de son discours, le président français a indiqué qu’il n’était pas venu pour dire ce qu’allait être la politique africaine de la France parce qu’il n’y a plus, dit-il, de «politique africaine de la France». En le disant, Macron faisait certainement à la fameuse FrançAfrique, cette nébuleuse franco-africaine.
Doit-on en conclure que la fameuse FrançAfrique est finie ? D’ailleurs, Macron s’est gardé tout au long de son discours de prononcer le mot «FrançAfrique». Pourtant, avant cette visite, des organisations de la civile comme le Balai citoyen, avaient appelé Macron à mettre fin à cette FrançAfrique. Le fait de ne pas le nommer signifie-t-il pour lui que le phénomène n’existe plus ? Wait and see.
Les jeunes béninois, burkinabè et togolais engagés dans le projet
Dans le cadre du projet «#TONFUTURTONCLIMAT», sont réunis depuis ce mardi à Ouagadougou pour s’accorder avec les partenaires et sur les actions à mettre en œuvre. C’est Dam Mogbante, secrétaire exécutif du Partenariat régional de l’eau de l’Afrique de l’Ouest (GWP-AO), qui a souhaité la bienvenue aux jeunes acquis à la cause de l’environnement.
Le présidium à l’ouverture de la rencontre, de gauche à droite, Laurie Fourneaux, Dam Mogbante et Sarah Dousse
Informer les partenaires et les jeunes de la sous-région sur les objectifs et les résultats attendus du projet «#TONFUTURTONCLIMAT» afin de favoriser son appropriation et sa mise en œuvre.
C’est l’objectif de la rencontre de deux jours qui réunit depuis ce mardi 28 novembre à Ouagadougou des jeunes béninois, burkinabè et togolais.
Jeunes leaders des milieux ruraux
«De façon générale, tonfuturclimat qui a reçu une réponse positive, cherche à développer des projets modèles durables, économiques viables, ayant un impact tangible pour les populations et dont les jeunes leaders des milieux ruraux et péri-urbains seront au cœur de la conception, de la planification et de la mise en œuvre», explique Sarah Dousse du Secrétariat international de l’eau (SIE).
Et Laurie Fourneaux, coordonnatrice des programme jeunesse du SIE, de préciser que le projet sera mis en œuvre sur deux ans dans chacun des trois pays que sont le Burkina Faso, le Bénin et le Togo.
#Tonfuturtonclimat est une intiative du Secrétariat international de l’eau et du Partenariat régional de l’eau de l’Afrique de l’ouest (GWP-AO). Ces deux structures se sont associées pour soumettre le projet, suite à l’appel de novembre 2016 du programme climatique international (PCCI) financé par le Fonds vert.
«Baliser les voies et détailler les actions à mener»
Les jeunes béninois, burkinabè et togolais engagés dans le projet
«Nous attendons de vous un engagement ferme à prendre en charge votre avenir, dans un contexte de changement climatique, pour promouvoir, pour promouvoir, dans la transparence et l’équité,dans la gouvernance de l’eau et de l’environnement pour contribuer à optimiser les actions du développement dans le sens de la durabilité pour un avenir meilleur.
Je ne doute pas de la qualité des résultats qui vont sortir de cette rencontre qui devra baliser les voies, et détailler les actions à mener pour réussir la mise en œuvre du projet, à la satisfaction des bailleurs qui vous soutiennent et des associations de jeunesse bénéficiaires du projet, et plus généralement aux populations concernées», a indiqué Dam Mogbante, secrétaire exécutif du GWP-AO dans son mot de bienvenue.
Chaque participant à la rencontre a exprimé les raisons de son engagement. «Je m’engage parce que c’est une question de responsabilité sociale vis-à-vis de mes enfants et vis-à-vis des enfants de mes enfants», a confié l’un d’entre eux.
#Tonfuturtonclimat est mis en œuvre avec des structures intervenant dans le secteur de l’eau comme Eau Vive, les partenariats nationaux de l’eau et bien d’autres associations dans les trois pays. Il est financé par le gouvernement du Québec à hauteur de 337 000$.
Emmanuel Macron accueilli à sa descente d'avion par son homologue burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré
Film de l’accueil d’Emmanuel Macron à l’aéroport international de Ouagadougou ce 27 novembre 2017. 21 h 00 : Tous les journalistes étaient déjà sur la piste d’attente. Question sécuritaire oblige, seule une poignée de journalistes nationaux sont autorités à filmer et à faire des photos à la descente du président Emmanuel Macron. Les autres doivent patienter un peu plus loin.
Emmanuel Macron accueilli à sa descente d’avion par son homologue burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré
22h30 : le dispositif d’accueil est installé, composé des membres du gouvernement.
22h47 : l’atterrissage de l’avion présidentiel français.
23 h00 : le Président Roch Kaboré sort de la loge présidentielle, se rend au pied de l’avion pour accueillir son homologue français. Poignée de main entre les deux chefs d’Etat, puis suivi de la délégation burkinabè.
Après cette première partie qui retrace le film de la soirée de l’arrivée, Macron et Roch se retire quelque instant dans la loge présidentielle. Par la suite, les deux hommes reviennent devant les journalistes.
Seul Macron prononcera un bref discours devant la presse. Il commencera par remercier le président du Faso et le peuple burkinabè pour cet accueil. « Merci pour votre accueil cher ami, cher président » dira t-il. Pour Macron le choix du Burkina pour sa première visite africaine répond au fait que le Burkina est « un emblème de l’aspiration démocratique de la jeunesse africaine et nul ne peut ignorer ce qui s’est passé ici il y a quelques années».
Le patron de l’Elysée a déclaré que lui et son ami vont « traiter de nombreux sujets d’intérêts communs ». Il ajoutera que « nous avons un magnifique programme en perspective ».
Il a passé en revu le programme de son séjour ici au pays des hommes intègres. Il a rappelé qu’il sera à l’université pour prononcer son discours. Lequel discours, à l’entendre va « marquer une nouvelle étape » dans la coopération des deux pays, et comment il entend refonder les relations entre les deux pays.
A la fin de son bref speech de 3 minutes, il a annoncé qu’après le Burkina Faso, il se rendra à Abidjan, en Côte d’Ivoire et à Accra au Ghana.
En cette matinée de ce lundi 27 novembre 2017, s’il y a une place à Ouaga, qui semblait prête pour accueillir le président français Emmanuel Macron, attendu dans la capitale sous le coup de 22 h, c’est bien l’Université. «Bienvenue-NeyWaongo-Aw dansè-Fofo», pouvait-on lire dès 6 h sur une banderole à l’entrée du temple du savoir burkinabè.
A l’université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo, si le décor ce lundi 27 novembre indiquait clairement que l’on était prêt à accueillir le président français Emmanuel Macron, les esprits et les préoccupations étaient ailleurs.
«Je ne suis courant qu’il vient à l’université mais je ne serai pas pour l’accueillir», confie une employée d’une entreprise située à l’université de Ouagadougou, l’UO, comme on dit. Mais, pourquoi n’alliez-vous pas l’accueillir ? «Rien», assuret-elle. Rien ? «Rien seulement».
Un étudiant, Séni Sawadogo, qui sortait de l’UO a eu la même attitude. La preuve certainement que les esprits et les préoccupations sont ailleurs.
Par exemple ce professeur de l’Institut burkinabè des arts et médias (IBAM), Désiré Ouédraogo, pour ne pas le citer, était plus préoccupé par son document de doctorat. Pour autant, assure-t-il, il n’est pas contre cette visite de Macron. Mieux, il invite les uns et les autres à lui réserver un accueil chaleureux. «Mais, cela ne doit pas empêcher qu’on lui dise dans la courtoisie et le respect certaines vérités si c’est nécessaire».
C’est aux environs de 11-12 h que le président Emmanuel Macron s’adressera à la jeunesse du Burkina et de l’Afrique depuis l’UO
En rappel, c’est à l’université de Ouagadougou qu’Emmanuel Macron livrera son discours sur la nouvelle politique africaine de la France.
Discours beaucoup attendu au regard des attentes placées en cette visite de Macron par les uns et les autres. C’est aux environs de 11-12 h que le président Emmanuel Macron s’adressera à la jeunesse burkinabè et africaine.
Le parti de l’Alliance pour la Renaissance, la Démocratie et l’Intégration (ARDI) a clôturé les travaux de son 2ème congrès ordinaire ce samedi 25 novembre 2017. Le congrès s’est achevé avec le discours de clôture du président du parti Ousmane Danfodio Diallo. Ce fut l’occasion pour les militants de traduire leur engagement à travers des résolutions, des recommandations mais aussi par des motions de dénonciation, de condamnation et de soutien.
C’est sous le thème « le communisme libéral : notre voie » que s’est déroulé ces deux jours de congrès ordinaire du parti ARDI. Son président, a dans son discours encouragé et félicité les militants pour leur mobilisation à la cause du parti.
Le communisme libéral serait la voie pour le développement du Burkina Faso à en croire le parti ARDI. Pour son président, Ousmane Diallo, « toutes les idéologies ont connu des échecs cuisants et successifs dans notre pays ». C’est pourquoi il propose comme solutions aux préoccupations du peuple burkinabè, le communisme libéral.
Ce qui convient le mieux aujourd’hui pour les burkinabè, c’est une alternance alternative qui « n’est rien d’autre que le communisme libéral » a déclaré le président.
Sur la situation nationale, Ousmane Diallo a attiré l’attention des dirigeants sur ce qu’il a appelé « la persistance des pratiques de l’ancien régime », puisque dit-il « leur façon de faire la politique n’a pas changé ».
Les travaux du congrès de ces deux jours ont permis aux militants d’aboutir à des motions, à des résolutions, de faire des recommandations et des condamnations. Lesquelles motions ont porté sur la question sécuritaire, celle de l’emploi, du chômage, des travailleurs, de la situation universitaire et de l’autorité de l’Etat.
Le président de ARDI, Ousmane Danfodio Diallo
Sur la résolution portant sur la situation universitaire, Solange Poda, la représentante des étudiantes a exprimé leur regret au regard des chevauchements des années universitaires, des difficultés de l’application de système LMD etc. Pour tout cela, ses camarades et elle, ont pris engagement de saisir les autorités universitaires et gouvernementales afin de les exhorter à trouver des solutions rapides aux problèmes qui minent les universités.
Les militants ont par une motion dénoncé les pratiques esclavagistes en Lybie. Ils ont invité l’Union Africaine à diligenter une enquête afin de situer les responsabilités, puis de la suspension de la Lybie à l’Union et à l’ONU.
Ils disent apporter tout leur soutien aux forces de défense et de sécurité pour la lutte contre le terrorisme.
L'exercice du président Emmanuel Macron s'annonce difficile
C’est ce lundi, sous le coup de 22 h que le président français Emmanuel Macron est attendu à Ouagadougou. Il est surtout attendu ce mardi 28 novembre à l’université Ouaga I Joseph Ki-Zerbo , pour son discours sur la nouvelle politique africaine de la France. Vraisemblablement, la tradition devrait être respectée dans cet exercice qui s’annonce quand même compliqué au regard du contexte, ce qui obligera Macron à faire à la fois du Sarkozy et du Hollande, voire du De Gaulle qui dès la conférence de Brazzaville de janvier 1944, affirmait la nécessité d’engager les ex-colonies «sur la route des temps nouveaux», pour parler d’émancipation. Depuis chaque leader français qui arrive, a son vocabulaire pour évoquer la situation des relations franco-africaines.
L’exercice du président Emmanuel Macron s’annonce difficile
Dans son discours de Dakar du 12 octobre 2012, François Hollande avait bien campé le décor pour son pays. «L’Afrique subsaharienne est la première priorité de la politique de la France». Le reste a été une question de discours politique franco-africain, tant Chez Hollande que chez son prédécesseur Nicolas Sarkozy qui dans son discours de 2007, toujours à Dakar, indiquait ceci :
«L’Afrique ne veut pas de la charité. L’Afrique ne veut pas d’aide. L’Afrique ne veut pas de passe-droits. Ce que veut l’Afrique et ce qu’il faut lui donner, c’est la solidarité, la compréhension et le respect. Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on prenne son avenir en main, ce n’est pas que l’on pense à sa place, ce n’est pas que l’on décide à sa place».
Paraphrasant Senghor, Hollande dira que c’est épaule contre épaule que la France et l’Afrique avanceront ensemble.
Quelle marge de manœuvre pour Macron ?
Au regard de ce qui a déjà été dit par ses prédécesseurs pour convaincre les Africains que quelque chose avait changé dans leurs relations avec la France, Macron n’aura plus à réinventer la roue. Il aura par exemple du mal à ne s’inspirer de cette recette de Hollande : «Le respect, c’est la franchise. Elle doit être réciproque. Je ne céderai pas à la tentation de la complaisance, et je n’en attends pas non plus en retour. Nous devons tout nous dire. Cette sincérité vaut en particulier pour le respect des valeurs fondamentales : la liberté des médias, l’indépendance de la justice, la protection des minorités. Car, sans État de droit, il ne peut y avoir de fonctionnement normal de l’État, ni d’investissement durable des entreprises, ni de société en paix. Nous devons enfin être particulièrement engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes.»
Ce qu’avait dit Nicolas Sarkozy pourrait valoir aussi son pesant d’or pour Macron : «Ce que veut la jeunesse africaine, c’est pouvoir faire des études, c’est pouvoir travailler, c’est pouvoir vivre décemment. C’est, au fond, ce que veut toute l’Afrique. L’Afrique ne veut pas de la charité. L’Afrique ne veut pas d’aide. L’Afrique ne veut pas de passe-droits. Ce que veut l’Afrique et ce qu’il faut lui donner, c’est la solidarité, la compréhension et le respect. Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on prenne son avenir en main, ce n’est pas que l’on pense à sa place, ce n’est pas que l’on décide à sa place».
Bref, à quelques degrés près, Emmanuel Macron devrait faire du Sarkozy et du Hollande, sans être l’un et l’autre.
En tous les cas, en affirmant en juillet dernier que le «défi de l’Afrique est civilisationnel», Emmanuel Macron reprenait à sa façon, «L’Afrique n’est pas assez entrée dans l’histoire» de Nicolas Sarkozy.
Pour savoir où l’on va, il est recommandé de savoir d’où l’on vient. Alors que l’on attend de savoir le discours que le président français Emmanuel Macron prononcera, ce mardi à l’Université Ouaga I Joseph Ki-Zerbo, sur les relations franco-africaines ; nous vous proposons le discours prononcé à Dakar le 26 juillet 2007 à l’université Cheikh Anta Diop par l’un de ses prédécesseurs, en l’occurrence Nicolas Sarkozy.
Le président Nicolas Sarkozy
« Mesdames et Messieurs,
Je veux, ce soir, m’adresser à tous les Africains, qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue, qui n’ont pas la même religion, qui n’ont pas les mêmes coutumes, qui n’ont pas la même culture, qui n’ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l’Afrique. […]
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour m’apitoyer sur votre sort parce que votre sort est d’abord entre vos mains. Que feriez-vous, fière jeunesse africaine, de ma pitié ?
Je ne suis pas venu effacer le passé, car le passé ne s’efface pas.
Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes, car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.
Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, ce fut un crime contre l’humanité tout entière. […]
Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.
Jeunes d’Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance. Je suis venu vous dire que je ressens la traite et l’esclavage comme des crimes envers l’humanité. Je suis venu vous dire que votre déchirure et votre souffrance sont les nôtres et sont donc les miennes.
Je suis venu vous proposer de regarder ensemble, Africains et Français, au-delà de cette déchirure et au-delà de cette souffrance. […]
Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble l’avenir. […]
L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. On s’est entre-tué en Afrique au moins autant qu’en Europe. Mais il est vrai que jadis les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de vos pères. Ils ont dit à vos pères ce qu’ils devaient penser, ce qu’ils devaient croire, ce qu’ils devaient faire. Ils ont coupé vos pères de leur passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines. Ils ont désenchanté l’Afrique.
Ils ont eu tort. […]
Ils ont voulu convertir l’homme africain, ils ont voulu le façonner à leur image, ils ont cru qu’ils avaient tous les droits, ils ont cru qu’ils étaient tout-puissants, plus puissants que les dieux de l’Afrique, plus puissants que l’âme africaine, plus puissants que les liens sacrés que les hommes avaient tissés patiemment pendant des millénaires avec le ciel et la terre d’Afrique, plus puissants que les mystères qui venaient du fond des âges.
Ils ont eu tort.
Ils ont abîmé un art de vivre. Ils ont abîmé un imaginaire merveilleux. Ils ont abîmé une sagesse ancestrale.
Ils ont eu tort. […]
Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.
Il a pris, mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs. […]
La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution.
Mais la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant. […]
La colonisation fut une grande faute, mais de cette grande faute est né l’embryon d’une destinée commune. Et cette idée me tient particulièrement à cœur.
La colonisation fut une faute qui a changé le destin de l’Europe et le destin de l’Afrique et qui les a mêlés. Et ce destin commun a été scellé par le sang des Africains qui sont venus mourir dans les guerres européennes.
Et la France n’oublie pas ce sang africain versé pour sa liberté. […]
Je veux vous dire, jeunes d’Afrique, que le drame de l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art, de sa pensée, de sa culture. Car, pour ce qui est de l’art, de la pensée et de la culture, c’est l’Occident qui s’est mis à l’école de l’Afrique. […]
Je veux donc dire à la jeunesse d’Afrique que le drame de l’Afrique ne vient pas de ce que l’âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l’homme africain est aussi logique et raisonnable que l’homme européen. […]
Mais je suis aussi venu vous dire qu’il y a en vous, jeunes d’Afrique, deux héritages, deux sagesses, deux traditions qui se sont longtemps combattues : celle de l’Afrique et celle de l’Europe.
Je suis venu vous dire que cette part africaine et cette part européenne de vous-mêmes forment votre identité déchirée.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, vous donner des leçons. […]
Mais je suis venu vous dire que la part d’Europe qui est en vous est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’Occident mais que cette part d’Europe en vous n’est pas indigne. […]
Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. Le paysan africain qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. […]
Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.
Le problème de l’Afrique, et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’Histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire.
Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé. […]
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à regarder son accession à l’universel non comme un reniement de ce qu’elle est mais comme un accomplissement.
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à se sentir l’héritière de tout ce qu’il y a d’universel dans toutes les civilisations humaines. […]
Le défi de l’Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s’enfermer parce qu’ils savent que l’enfermement est mortel.
Les civilisations sont grandes, à la mesure de leur participation au grand métissage de l’esprit humain.
La faiblesse de l’Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage. Elle a payé cher, l’Afrique, ce désengagement du monde qui l’a rendue si vulnérable. Mais, de ses malheurs, l’Afrique a tiré une force nouvelle en se métissant à son tour. Ce métissage, quelles que fussent les conditions douloureuses de son avènement, est la vraie force et la vraie chance de l’Afrique au moment où émerge la première civilisation mondiale. […]
Ne vous laissez pas, jeunes d’Afrique, voler votre avenir par ceux qui veulent vous exproprier d’une histoire qui vous appartient aussi parce qu’elle fut l’histoire douloureuse de vos parents, de vos grands-parents et de vos aïeux.
N’écoutez pas, jeunes d’Afrique, ceux qui veulent faire sortir l’Afrique de l’Histoire au nom de la tradition parce qu’une Afrique ou plus rien ne changerait serait de nouveau condamnée à la servitude. […]
Écoutez plutôt, jeunes d’Afrique, la grande voix du président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l’Histoire avaient placé l’Afrique. […]
Ouvrez les yeux, jeunes d’Afrique, et ne regardez plus, comme l’ont fait trop souvent vos aînés, la civilisation mondiale comme une menace pour votre identité mais la civilisation mondiale comme quelque chose qui vous appartient aussi.
Dès lors que vous reconnaîtrez dans la sagesse universelle une part de la sagesse que vous tenez de vos pères et que vous aurez la volonté de la faire fructifier, alors commencera ce que j’appelle de mes vœux, la Renaissance africaine. […]
Dès lors que vous regarderez bien en face la réalité de l’Afrique et que vous la prendrez à bras-le-corps, alors commencera la Renaissance africaine. Car le problème de l’Afrique, c’est qu’elle est devenue un mythe que chacun reconstruit pour les besoins de sa cause. […]
La Renaissance dont l’Afrique a besoin, vous seuls, jeunes d’Afrique, vous pouvez l’accomplir parce que vous seuls en aurez la force. […]
La Renaissance de l’Afrique commencera en apprenant à la jeunesse africaine à vivre avec le monde, non à le refuser. […]
Alors, je sais bien que la jeunesse africaine ne doit pas être la seule jeunesse du monde assignée à résidence. Elle ne peut pas être la seule jeunesse du monde qui n’a le choix qu’entre la clandestinité et le repliement sur soi.
Elle doit pouvoir acquérir hors d’Afrique la compétence et le savoir qu’elle ne trouverait pas chez elle.
Mais elle doit aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents qu’elle aura développés. Il faut revenir bâtir l’Afrique ; il faut lui apporter le savoir, la compétence, le dynamisme de ses cadres. Il faut mettre un terme au pillage des élites africaines dont l’Afrique a besoin pour se développer. […]
Ce que veut la jeunesse d’Afrique, c’est que sa dignité soit préservée.
C’est pouvoir faire des études, c’est pouvoir travailler, c’est pouvoir vivre décemment. C’est, au fond, ce que veut toute l’Afrique. L’Afrique ne veut pas de la charité. L’Afrique ne veut pas d’aide. L’Afrique ne veut pas de passe-droits.
Ce que veut l’Afrique et ce qu’il faut lui donner, c’est la solidarité, la compréhension et le respect.
Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on prenne son avenir en main, ce n’est pas que l’on pense à sa place, ce n’est pas que l’on décide à sa place».