100 jours après sa nomination à la direction générale du bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA), Walid Bara fait le bilan de son et en particulier de la journée du droit d’auteur.
bara

Quel bilan faites-vous des 100 jours à direction du BBDA et des journées du droit d’auteur ?

C’est un bilan satisfaisant, parce qu’on recueillait dans la journée un millier de personnes, qui venaient au niveau du BBDA ici parce que les services étaient sur le terrain. Les uns et les autres venaient voir c’est quoi la documentation, c’est quoi le service de répartition, c’est quoi le service d’exploitation et de la perception, c’est quoi le service juridique, de la coopération internationale et des contentieux, c’est quoi le service financier et administratif. Les gens ont visité pendant trois jours cette cour. Ça permis géographiquement pour certains de localiser le BBDA; beaucoup de gens ne savent même pas où se trouve le service BBDA.

Tous les meilleurs titulaires de droit d’auteur ont été récompensés à l’occasion de cette nuit. Et notamment les meilleurs utilisateurs d’œuvres de l’esprit qui payent. Une chose est d’utiliser et une chose est de payer aussi les différents artistes. Ils ont été payés à la hauteur de ce qu’ils ont fait dans l’optique de susciter des vocations. Pour que les uns et les autres suivent l’exemple.

Et enfin, nous avons fait une levée de fonds pour les artistes âgés de plus de 55 ans. Pour nous, ces artistes ont porté haut le flambeau de la musique ou de la littérature ou du cinéma ou des arts plastiques à un moment de leur jeunesse dans la sous-région ou à l’international. Et aujourd’hui, ces artistes-là végètent un peu et nous ne pouvons pas rester insensibles. Donc, nous avons appelé à la générosité des burkinabè. Nous avons pu recueillir 18 millions de francs CFA. Je pense que ça aussi c’est déjà assez important. Et un comité scientifique est mis en place pour élaborer des textes. Et inchalah, on pourra chaque trimestre payer ces créateurs-là. Voici ce qu’on peut dire succinctement du bilan des 100 jours.

Mais aussi, j’avais oublié, lorsque nous avons pris la tête du département, la direction, il y avait un plaidoyer pour la hausse des redevances de l’Etat. J’insiste sur les redevances de l’Etat parce que longtemps, on a utilisé le vocabulaire ‘‘subvention’’, ce n’est pas une subvention. L’Etat avec ses démembrements, donc tous les ministères, la télé et tout utilisent les œuvres. C’est le plus gros utilisateur des œuvres. Et pendant la transition, il y a 37.5 millions qui avaient été mis pour l’utilisation de toutes ces œuvres. Alors qu’il faut comprendre que le BBDA gère en plus du répertoire des créateurs burkinabè le répertoire de certains créateurs qui sont dans le monde, qui ont confié leur gestion au bureau burkinabè du droit d’auteur. Donc ils sont près de 7300 et il nous appartient donc de veiller à la conformité avec des conventions que nous avons signées, notamment avec l’OMPI, la CISA, l’OAPI. Et veiller au respect donc du droit de ces créateurs.
Et c’est avec l’appui du ministre de la culture, des arts et du tourisme, qui nous a soutenu constamment dans ce plaidoyer et la compréhension aussi du ministre de l’économie et des finances madame Rosine Coulibaly que nous avons pu obtenir 50 millions supplémentaires. Et c’est historique aussi d’en parler parce que ça a permis d’augmenter à 87 millions de francs CFA.
J’ajoute aussi qu’on a travaillé à élargir le cercle de concertation. Vous êtes venus, vous avez vu. Les vieux viennent, les jeunes viennent. La porte du DG est très ouverte, parce qu’on a l’envie de prendre l’avis de tout le monde. On est dans une démarche participative. Nous, on veut se faire un mode de gouvernance qui requiert l’imputabilité et la redevabilité auprès de nos créateurs.
Quel était le budget prévisionnel ?
Alors, pour organiser la nuit du droit d’auteur; on avait un budget prévisionnel d’une trentaine de millions. Mais un budget prévisionnel et puis ce qu’on obtient réellement, c’est autre chose. On a pu mobiliser avec les annonceurs par ci par là une dizaine de millions. Et c’est cette dizaine de millions qui nous a permis de réaliser l’évènement. On a réalisé avec peu de moyens, mais c’est le résultat qui importe.
Quels sont vos perspectives ?

Alors, la perspective comme je vous l’ai dit, c’est de réussir à mettre en place cette assemblée générale le 16 novembre. Donc, l’appel que j’ai à lancer, c’est vraiment auprès de tous les créateurs, de faire fi des voix discordantes et de s’unir pour qu’on ait une assemblée représentative des 13 régions du Burkina. Il faut mettre les gens qu’il faut à la place qu’il faut parce que ce sont des gens qui seront habilités à voir plus clair et à nous accompagner dans le nouveau mode de gouvernance qu’on veut, qui exige donc la redevabilité et l’imputabilité. Donc, il faut qu’ils envoient des gens qui savent analyser les projets, qui savent analyser et auditer des comptes annuels, qui savent valider des projets d’action pour que nous soyons dans cette démarche participative. Ça va être leur maison, on la gère ensemble. Ce n’est pas une décision qui est prise par le DG et qui est validée par la présidence de l’association, c’est la dernière instance qui décide et nous, on ne fait qu’exécuter.

Deuxièmement, nous allons travailler à réorganiser notre organigramme en mettant en place deux cellules importantes. La cellule de pool ‘‘contrôle qualité’’ qui va aviser donc à un niveau de réduction des erreurs au niveau de la documentation. La documentation, c’est des humains qui travaillent là-bas et il arrive qu’il y ait des failles soit parce que l’artiste n’a pas bien déclaré ou soit l’agent du BBDA n’a pas suivi la nomenclature de la déclaration. Et ça peut échapper à la base de données. Mais, ce niveau de contrôle pool contrôle qualité visera à rattraper ces paramètres.

Ce pool contrôle qualité veillera aussi à la géolocalisation de tous les utilisateurs d’œuvres de l’esprit. Où qu’ils soient, il faut qu’on puisse les identifier, il faut qu’on puisse les sensibiliser et il faut qu’on puisse faire la distinction. Et ce pool de contrôle qualité travaillera aussi avec la répartition pour cette répartition puisse se faire de la façon la plus équitable possible, la façon la plus juste selon les critères donc de demande de répartition. Et évidemment, ce pool contrôle qualité travaillera aussi sur les manuels des procédures au niveau de la direction des affaires administrations et financières.

Et enfin, la cellule ‘‘stratégie de développement’’ qui est une stratégie qui s’inscrit dans la vision prospective du BBDA, qu’est le futur que nous voulons du BBDA en 3 ans, 5 ans. Quel BBDA nous voulons ? Et cette cellule-là sera chargée de travailler sur cela.

Mathias Lompo
Burkina Demain

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