5 candidats pour un poste de président de la Commission de l'UA

La désignation du successeur de Nkosazana Dlamini Zuma à la tête de la commission de l’Union africaine sera l’un des enjeux majeurs du vingt-huitième sommet de l’Union africaine qui s’ouvre ce lundi à Addis Abeba.

5 candidats pour un poste de président de la Commission de l'UA
5 candidats pour un poste de président de la Commission de l’UA

Qui de Amina Mohamed Jibril (55 ans) ; Abdoulaye Bathily (69 ans) ; Pelonomi VensonMoitoi (65 ans) ; Agapito Mba Mokuy (51 ans) et de Moussa Faki Mahamat (56 ans) dirigera la commission de l’Union africaine à l’issue du 28e sommet qui débute ce lundi 30 janvier 2017 à Addis Abeba, en Ethiopie ?

Ces cinq personnalités, trois hommes et deux femmes, issues de quatre zones régionales, respectivement de l’Afrique de l’Est, de l’Afrique l’Ouest, de l’Afrique australe et de l’Afrique centrale veulent prendre la succession de Nkosazana Dlamini Zuma, présidente sortante de la commission.

La confrontation organisée avec ces prétendants en décembre dernier au siège de l’organisation a permis d’en savoir un peu plus sur les ambitions des uns et des autres.

Amina Mohamed Jibril : «Accélérer le commerce intra-africain»

L’industrialisation, la réduction de la pauvreté, l’Agenda 2063, la création d’emploi et le commerce. Ce sont là des projets qu’entend mettre en œuvre Amina Mohamed Jibril (55 ans), ministre kényane des Affaires étrangères et du Commerce international, si elle est élue présidente de la commission de l’Union africaine. Et ce n’est pas tout, elle veut accélérer les capacités des zones de libre-échange existantes pour ramener le commerce intra-africain à 60 % au lieu de 13 % en 2016.

Diplomate chevronnée,Amina Mohamed se propose de mettre son expérience acquise à Genève, où elle occupait le poste d’ambassadrice et de représentante auprès de la mission permanente du Kenya aux Nations unies de 2000 à 2006, au service du continent. Amina Mohamed, qui a été très active ces dernières semaines, pourrait créer la surprise si ses soutiens supposés se confirment lorsdes votes.

Abdoulaye Bathily : «paix et sécurité, développement, et réforme»

Abdoulaye Bathily (69 ans), ancien ministre d’État sénégalais, est le candidat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au poste de  président de la Commission de l’Union africaine. Titulaire d’un doctorat en histoire et en sciences humaines, il a exercé des fonctions politiques de haut rang, dont récemment celle de ministre délégué auprès du président sénégalais, Macky Sall. Il a également participé à plusieurs missions de gestion de crises en Afrique, notamment au Mali, au Liberia, en Sierra Leone, en Guinée-Bissau, au Niger, à Madagascar, en Guinée et en Centrafrique. Abdoulaye Bathily cumule plus de cinquante ans d’expérience sur tout le continent. Fort de cela, il a sollicité l’appui d’au moins quarante-deux pays africains. L’implication de son pays dans le dénouement de la crise gambienne pourrait apporter un plus à la candidature de Bathily dont le programme entend relever trois défis majeurs : la paix et la sécurité, le développement économique, social et culturel ainsi que la réforme structurelle de la Commission.

Pelonomi Venson Moitoi : harmoniser les règles de visa entre pays

Avec le soutien des pays de l’Afrique australe, Pelonomi Venson Moitoi (65 ans), entend transformer l’essai réalisé à Kigali en juillet dernier où elle a raté de peu de réunir les deux tiers des voix lors du dernier tour du vote. Mais, la multiplication des candidatures pourrait lui coûter des voix. Mais, sans complexe, la ministre des Affaires étrangères du Botswana croit toujours en ses chances. Si elle est élue, elle compte concrétiser l’Agenda 2063 de l’Union africaine, placer les réformes éducatives au cœur des priorités, développer les infrastructures et harmoniser les règles de visa entre pays. Députée du parti au pouvoir, Pelonomi Venson Moitoia été plusieurs fois ministre de l’Éducation, de la Communication ou encore du Tourisme et du Transport.

Agapito Mba Mokuy : Inclusion des jeunes dans les décisions

Ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie, Agapito Mba Mokuy (51 ans), entend promouvoir, s’il est élu, une meilleure inclusion des jeunes du continent dans le processus de décision de l’organisation. Eliminé au quatrième tour du scrutin de juillet à Kigali, Mba Mokuy veut faire mieux cette fois. Polyglotte parlant couramment l’espagnol, le français, l’anglais ou le portugais, Agapito Mba Mokuy est un proche du président équato-guinéen Téodoro Obiang Nguema Mbasogo dont il a été le conseiller avant de devenir ministre des Affaires étrangères.

Moussa Faki Mahamat : «Relever les défis sécuritaires»

A la tête de la diplomatie tchadienne depuis 2008, entend mettre l’expérience de son pays, le Tchad, en matière de sécurité pour les relever sécuritaires au niveau continental. Sa candidature aurait le soutien de l’Algérie. Issue de l’Afrique, Moussa Faki Mahamat pourrait aussi bénéficier de soutiens de pays de  la région. Moussa Faki Mahamat a été Premier ministre de 2003 à 2005.

Grégoire B. Bazié

Burkina Demain

 

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