Ceci est une déclaration du Réseau National des Consommateurs du Faso (RENCOF), suite à la récente augmentation des prix du carburant à la pompe. Lisez plutôt !

«Réseau National des Consommateurs du Faso

Le lundi 21 octobre dernier, le gouvernement rendait public un arrêté conjoint 2019-008 /MCIA / MINEFID portant fixation des prix de vente en détails des hydrocarbures aux consommateurs. Désormais, les stations-services affichent une hausse de treize (13) francs CFA sur le super 91 et neuf ( 9) francs CFA sur le prix du gasoil. Le litre du super 91 passe ainsi de passe de 657 francs CFA à 670 francs CFA et le litre de gasoil de 571 F francs CFA à 580 francs CFA.

Cette énième augmentation, non encore expliquée, est pour le moins intenable et insupportable pour le consommateur, d’autant plus qu’elle est consécutive à une récente pilule indigeste portant augmentation de 75 francs CFA le prix des hydrocarbures. Du 8 novembre 2018 au 21 octobre 2019, on enregistre au total une hausse globale de 88 francs CFA sur le litre du super 91. Trop et excessif !

L’on se souvient que la population, prise de court, n’avait pas hésité, le 29 nombre 2018, à battre le macadam dans la ville de Ouagadougou et celles de l’intérieur du pays, en vue d’interpeller les autorités gouvernementales, dans le but qu’elles reviennent au prix initial qui, en date de 2016, avait fait l’objet de deux phases de diminution cumulée de 135 francs CFA, pour être fixé à 582 francs CFA.

Le gouvernement, comme s’il en avait cure de la réaction des consommateurs, est allé, dans une démarche solitaire, avec une batterie de mesures fiscales sur les véhicules, les boissons non alcoolisées, les billets d’avion, la parfumerie, les armes à feu, le café, le thé et bien d’autres produits.

Au sujet des véhicules, il faut débourser la coquette somme de dix (10 000) francs CFA pour un engin de neuf à quinze chevaux, vingt mille (20 000) francs CFA pour les engins de seize à vingt chevaux et trente mille (30 000) francs CFA pour ceux de plus de vingt. Sans compter qu’il faut débourser, dans le délai de trois ans, la somme de huit mille cinq cent (8 500) francs CFA pour renouveler son ancien permis de conduire, en vue de se conformer à une nouvelle loi portant fixation des règles à l’établissement, la délivrance et la validité de ce titre. Aussi, il faut débourser la somme de dix mille (10 000) francs CFA pour renouveler la plaque d’immatriculation des engins à deux roues et vingt-deux mille (22 000) francs CFA pour les plaques d’immatriculation des véhicules, dans un délai de cinq ans.

A penser qu’il faudra payer plus, au titre des hydrocarbures, pour faire fonctionner ces engins, on se demande bien où l’usager va trouver les moyens, dans un contexte de marasme national, gangréné par l’érosion corrosive du pouvoir d’achat ?

Notre inquiétude est d’autant plus légitime que l’on craint une poussée inflationniste dans le dernier trimestre de l’année, avec la hausse des prix du transport, des denrées alimentaires de première nécessité, des produits manufacturés, avec des retentissements dans le panier de la ménagère. Ce d’autant plus qu’on se rappelle que, l’an dernier, furent laborieuses les négociations entre le gouvernement et les organisations des transporteurs pour endiguer une éventuelle hausse des prix du transport.

Cette hypothèse, tant redoutée, si elle venait à se matérialiser, paupériserait davantage les consommateurs du Burkina Faso. C’est pour cela que nous, le Réseau national des consommateurs du Faso (RENCOF), dénonçons avec force, cette nième mesure. Ainsi donc, nous invitons le gouvernement à placer l’homme au centre de sa politique, avec des mesures apaisante et rassurante, comme :

L’annulation pure et simple de la nième augmentation des prix des hydrocarbures à la pompe ;

Le plafonnement des prix des hydrocarbures, au seuil du supportable, sur la base du prix référentiel de 582 francs CFA, en vigueur jusqu’en novembre 2018 ;

La révision de l’interprétation des nouvelles lois, en vue de les appliquer aux candidats aux permis de conduire et aux véhicules entrés en circulation, à compter des dates d’adoption desdites lois ;

L’engagement de larges concertations avec les partenaires sociaux.

Tout en fondant espoir que notre appel inspirera autant qu’il orientera l’action gouvernementale, nous voudrions reconnaître et saluer le travail des organisations de défense des intérêts des consommateurs du Burkina Faso. Par la même occasion, nous voudrions leur exprimer notre ferme engagement à œuvrer à leur côté pour l’épanouissement et le bonheur de nos concitoyens.

Le président

Adama BAYALA»

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