A Ouaga, l’on sait depuis le 25 août dernier que c’est Monsieur Maurice Azonnankpo qui va assurer l’intérim de la coordination du Système des Nations Unies au Burkina Faso, avec le départ précipité de son prédécesseur, Carol Flore-Smereczniak, déclarée quelques jours plus tôt persona non grata dans le pays. Cette mesure à l’encontre de la désormais ex-représentante résidente de l’ONU au Burkina répond, a expliqué le chef de la diplomatie Burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré à l’émissaire du secrétaire général des Nations unies El-Hillo , «à une série de manquements constatés, dont la publication d’un rapport sur la situation des enfants dans le contexte de la crise sécuritaire, élaboré sans concertation préalable avec les autorités nationales». Mais, qui est au juste Maurice Azonnankpo qui est désigné pour l’intérim de la coordination du système onusien au Faso ? A-t-il vraiment le profil de l’emploi ?
Maurice Azonnankpo, spécialiste du droit international et de l’humanitaire, est le nouveau le coordonnateur intérimaire du système des Nations au Burkina Faso
Le présentant le 25 août dernier au ministre burkinabè des Affaires étrangères Karamoko Jean-Marie Traoré, l’émissaire du secrétaire général de l’ONU El-Hillo a parlé d’un homme dont l’expérience et la connaissance du contexte burkinabè constituaient «des atouts indéniables pour assurer une continuité sans interruption de la coopération entre le système des Nations Unies et le Burkina Faso.
En effet, le nouvel intérimaire Maurice Azonnankpo de la coordination du système onusien au Faso, est loin d’être un novice au Burkina, encore moins dans son domaine.
Cela fait maintenant 17 mois, soit plus d’un an et demi qu’il assure la fonction de Représentant Résident du Haut-commissariat aux réfugiés dans le pays. A ce titre, il est un interlocuteur bien connu des autorités Burkinabè, à commencer par le ministre Karamoko Jean-Marie Traoré.
Lettre de créance de Représentant résident du HCR reçue le 25 mars 2024
le chef de la diplomatie Burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré connaissait déjà l’homme
D’ailleurs, c’est au chef de la diplomatie burkinabè qui a reçu 25 mars 2024 lettre de créance de Maurice Azonnankpo en sa qualité de Représentant Résident du HCR au Burkina Faso. Un mois plus tôt, le 21 février 2024, sa nomination par le haut-commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés avait été approuvée par le Gouvernement Burkinabè.
Depuis lors, c’est Maurice Azonnankpo qui gère l’ensemble des actions de l’UNHCR en matière de protection et de recherche de solutions durables en faveur des personnes en situation de déplacements forcés et les communautés hôtes affectées par la crise sécuritaire et humanitaire dans le pays.
Une bonne connaissance des réalités du pays
Cette gestion remarquable des affaires humanitaires par Maurice Azonnankpo traduit sans doute connait sa bonne connaissance des réalités du Burkina Faso, surtout pour y avoir servi dans le passé en qualité de Représentant Résident adjoint, avec notamment à la clé d’excellents rapports avec le Gouvernement, les partenaires bilatéraux et multilatéraux ainsi que les ONG nationales et Internationales.
En outre, il a eu une carrière exemplaire de près de deux décennies dans l’action humanitaire internationale, et il a occupé diverses fonctions dans plusieurs pays africains.
Spécialiste chevronné du droit international humanitaire
Au vu de son parcours, Maurice Azonnankpo dispose de réels atouts pour mener à bien sa nouvelle fonction de coordonnateur intérimaire du système des Nations au Burkina Faso
Fort de son riche expérience et diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Bénin et de la Faculté de droit de l’Université de Nantes en France ; Maurice Azonnankpo fait figure de spécialiste chevronné du droit international et de la protection des réfugiés et autres personnes en situation de déplacement forcé.
Pour toutes ces raisons, Maurice Azonnankpo dispose là des atouts certains pour mener à bien sa nouvelle fonction de coordonnateur intérimaire du système des Nations au Burkina Faso.
En Côte d’Ivoire, au regard du nombre pléthorique des candidatures enregistrées 60 dans le cadre du scrutin du 25 octobre 2025, ce peu de dire qu’il y a manifestement de l’engouement autour du fauteuil présidentiel du palais de Cocody. C’est à se demander si le fauteuil présidentiel était finalement devenu un banc public, sur lequel chacun veut poser ses fesses. Bref, que le meilleur ou le plus fort gagne et que la paix règne pour le bonheur des populations.
Voici la liste de la soixantaine de candidats enregistrées par la Commission électorale indépendante et sur laquelle le Conseil constitutionnel ivoirien aura la haute puisque c’est cette juridiction suprême qui est habilité à publier la liste définitive des postulants au fauteuil présidentiel dudit scrutin :
1 Mohamed Kouakou N’DA
2 Yves Michel Junior DABE
3 René Adoh BROU
4 Henriette LAGOU
5 Mé N’GUESSAN
6 Désiré Kouamé N’GUESSAN
7 Jean-Louis BILLON
8 Dinignanko COULIBALY
9 Olyvier TRA BI KOUETY
10 Norbert Sehi BALLO
11 Jean-François EHOUSSOU KOUASSI
12 Jean Remy ATHACOU
13 Namory TRAORÉ
14 Kouamé Armand KOFFI
15 Landry N’GORAN
16 Evrard Koffi N’GORAN
17 Pascal AFFI N’GUESSAN
18 Justin Roméo AGBOLI BROU
19 Augustin GNONGONE BI DOUA
20 Marcel AKRÉ SONGON
21 Félicité GBAGRE GBEGUEHI
22 Sékou SANGARÉ
23 Olivier VAMY DJÉ BI DJÉ
24 Mamadou SOUMAHORO
25 Appolinaire DOU BI TIÉ
26 Tidjane THIAM
27 Hermann ANKEMAN NIAMKÉ BILÉ
28 Xavier KOUASSI
29 Charles Kader GOORÉ BI ZIH
30 Simone EHIVET GBAGBO
31 Wilfried Amagou ZAHUI
32 Armand YAO KOFFI
33 Guillaume GUEI
34 Cyril Baï Oga WAKALLERT
José Abel GUEDE
36 Soco KOHI
37 Thomas Brice NOBA
38 Michael LOUOBA
39 Laurent GBAGBO
40 Lamoussa DJINKO
41 Kevin FIENI KOFFI
42 Andrée Jocelyne DOUAROU ZOH
43 Ahou DON MELLO
44 Antoine ASSALÉ TIÉMOKO
45 Alassane OUATTARA
46 Vincent TOH BI
47 Koffi Adjoua Pauline épse PAPOIN
48 Minplé Félix TOKPA
49 Loulou YORO
50 Luc Armand BONNAHIN
51 Koffi Sylvie Marie Claire ETTIEN
52 Adissa TOURÉ
53 Abel Naki GOLOU
54 Amadou DIABY
55 Aboubakar SANOGO
56 Amary Denisard Delavalette KOUAMÉ
57 Lassina BAMBA
58 Gnoleba Remy SERI
59 Hermann Essan KOUAMÉ
60 Bladi Dessie Carine Epse DAVISOM.
La liste définitive des candidats est attendue au plus tard le 10 septembre 2025. Quant à la campagne électorale, elle est envisagée sur la période du 5 au 23 octobre 2025.
C’est assez rare ce qui vient de s’est produire ce 22 août à Sya, chef-lieu de la région du Guiriko, où un pachyderme en divagation s’est retrouvé dans le secteur 26 de la capitale économique, semant panique et désolation sur son passage. On se croirait dans un film Holly Wood mais c’était la réalité, sans doute dangereuse. Il a finalement été abattu par les service des eaux et forêt pour le mettre carrément hors d’état de nuire.
««Nous avons tenté par tous les moyens de le faire repartir. Mais l’éléphant, devenu féroce, chargeait la population. La seule solution qui s’imposait, contre notre volonté, a été de l’abattre », explique le Lieutenant-Colonel Hassime Rabo, directeur régional des Eaux et Forêts du Guiriko »», rapporte Lefaso.net, se référant à un reportage de la RTB.
Que ç’a chauffé ! Et heureusement que tout est finalement rentré dans l’ordre.
À l’issue de leur séance de travail tenue ce jeudi 21 août 2025 à Bamako, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo et son homologue malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, se sont rendus au Palais des pionniers. Ce haut lieu de rassemblement accueillait, dans une ambiance conviviale et militante, les jeunes brigadiers réunis à l’occasion de la célébration du deuxième anniversaire de la Brigade citoyenne du Mali.
Les deux Chefs de Gouvernement ont pris part, aux côtés des jeunes brigadiers, à une activité symbolique de fabrication de pavés destinés à l’embellissement de l’espace public. Ce geste a traduit leur volonté commune de soutenir des initiatives citoyennes et concrètes, qui participent à l’amélioration du cadre de vie des populations.
À travers leur présence active, les Premiers ministres ont tenu à encourager ces jeunes qui, par leur engagement, incarnent l’esprit de solidarité, de responsabilité et de dévouement au bien-être collectif. Ils ont salué l’ardeur et la détermination de la Brigade citoyenne, dont l’action s’inscrit dans la dynamique de construction d’un avenir fondé sur le civisme, la cohésion sociale et le patriotisme.
Cette séquence marquante est venue renforcer l’esprit de communion entre les autorités et la jeunesse, confirmant que le Mali et le Burkina Faso placent la mobilisation citoyenne au cœur de leur vision de développement et de transformation sociale.
L’émotion était vive et pleine d’ambiance le mercredi 20 août dernier sur la route de Tangora au carrefour du secteur 3 de Banfora, chef-lieu des Tannounyan. En effet, du matin jusqu’au soir, la population, les acteurs de la veille citoyenne et autres de la société civile, fortement mobilisés à cet endroit, ont accueilli à bras ouverts les vaillants soldats qui ont combattu 6 mois durant au front pour la reconquête de la patrie.
En outre, ce fait marquant est désormais devenu une tradition partout dans le pays des hommes intègres pour leur témoigner de la reconnaissance du peuple envers ses garants de la paix.
Alors, de ce retour du front, les soldats ont également eu droit à des louanges dignes de leurs exploits sur le terrain de l’adversité féroce.
Du moins, des échos qui nous parviennent du front, ce sont nos vaillants soldats FDS et VDP qui jouent royalement sur la carte de la victoire en infligeant de lourdes pertes à l’ennemi.
Les localités libérées et les populations réinstallées
Ainsi, conscients de ces offensives triomphales de l’armée qui monte en puissance, la population et ses acteurs ont fièrement vanté les mérites de ses combattants qui ont bravé nuit et jour les hostilités face à l’ennemi.
Afin de leur rendre un vibrant hommage, c’est une foule immense qui a accompagné la troupe jusqu’à la base sous des acclamations et des encouragements.
En rappel, la quasi-totalité de ces localités frontières et environnantes de Banfora étaient prises en étau bien- avant l’arrivée au pouvoir du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.
Mais de nos jours, elles ont été libérées et les populations réinstallées y vaquent librement à leurs occupations.
«Ce que nous aussi nous pouvons faire pour les soutenir»
Présent sur place, Bassassanou Sirima, est le président communal de la CNVC. Il se confie : «Ce matin, nous sommes effectivement là au carrefour du secteur 3, route de Tangora, pour attendre nos valeureux soldats, les FDS et VDP qui étaient au front. Je pense que l’équipe de relève qui est partie, d’ici peu ils seront là. On n’a pas voulu communiquer l’heure exacte aux gens parce que c’est stratégique. C’est pourquoi nous avons invité toute la population de Banfora, tous les wayiyans, les femmes, les hommes, les jeunes pour qu’ensemble nous venions les accueillir et puis les conduire dans leurs lieux de service à Kiribina. Nous pensons qu’il est nécessaire et très utile parce que c’est à cause de nous qu’ils sont au front. Ils sont en train de faire un travail là-bas. Ils ont abandonné leurs familles, leurs enfants. Nous aussi, c’est ce que nous pouvons faire, chacun est VDP de sa manière. Donc, c’est normal que nous invitions toute la population pour qu’ensemble nous allons effectivement les applaudir, faire leurs louanges pour leur dire que le peuple burkinabè est avec eux. La veille citoyenne et tout le monde est avec eux. Nous remercions vraiment nos papas et nos mamans qui ne peuvent pas sortir venir mais qui nous donnent chaque jour des bénédictions et à nos soldats au front pour qu’ils réussissent leur mission. Vraiment la mobilisation est au top. Et par rapport aux échos qui nous parviennent du front, l’ennemi est déjà paralysé. Aujourd’hui, un burkinabè sait qu’on ne parle plus d’attaque. Ce sont nos FDS et VDP qui attaquent. Mais sachez que le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a décidé de de réorganiser toutes les frontières. C’est la raison pour laquelle il y a des bases qui sont installées. C’est une très bonne stratégie de combat. L’ennemi n’a plus de force et est en perte de vitesse. Et je pense qu’avant la fin de 2025, la guerre va finir au Burkina Faso. La patrie ou la mort, nous vaincrons».
«Là pour leur dire mille fois merci, chanter leurs louanges»
Et Soulama Abdoulaye, un citoyen d’ajouter : «Nous voici réunis aujourd’hui, c’est en pleine joie et de cœur que nous sommes venus parce que nous avons été informés que nos vaillants soldats qui ont tout fait, veillé la nuit, le jour sous la pluie torrentielle pour que nous dormions et vaquions à nos occupations. Maintenant, nous venons les croiser et leur dire mille fois merci, chanter leurs louanges. Comme le Président du Faso Ibrahim Traoré l’a dit: qui sommes-nous pour ne pas chanter leurs louanges ? Ce sont eux qui se battent nuit et jour. Ils méritent largement notre soutien. Encore merci à eux».
Le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a présidé, ce vendredi 22 août, la cérémonie officielle de la Journée de l’excellence scolaire qui met en lumière les meilleurs élèves et enseignants de l’année scolaire écoulée.
Le meilleur enseignant du post primaire Adama Zallé et la meilleure enseignante Mawa Baoula, recevant leurs récompenses des mains du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré
Au cours de cette journée placée sous le thème : « Excellence scolaire, un tremplin pour l’engagement patriotique et le développement endogène du Burkina Faso », le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a adressé un message aux lauréats et à l’ensemble du monde éducatif du Burkina Faso.
«Journée de l’excellence scolaire 2025 : Le Capitaine Ibrahim TRAORÉ appelle à une révolution éducative
(Ouagadougou, 22 août 2025). Le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a présidé, ce vendredi 22 août, la cérémonie officielle de la Journée de l’excellence scolaire qui met en lumière les meilleurs élèves et enseignants de l’année scolaire écoulée.
Au cours de cette journée placée sous le thème : « Excellence scolaire, un tremplin pour l’engagement patriotique et le développement endogène du Burkina Faso », le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a adressé un message aux lauréats et à l’ensemble du monde éducatif du Burkina Faso.
« Nous sommes aujourd’hui en révolution. Mais la révolution ne peut se mener sans ressources humaines valables. Qui dit ressources humaines valables et compétentes, parle d’éducation. Voilà pourquoi nous attachons du prix à l’éducation, mais surtout à l’excellence dans l’éducation », souligne le Président du Faso.
Notre éducation doit se fonder sur l’engagement patriotique et citoyen qu’il faut incorporer dans le quotidien de chacun. Et le Chef de l’État invite les enseignants à réserver un peu de temps «pour enseigner aux enfants l’amour de la Patrie, l’amour du prochain, la solidarité, l’intégrité, le patriotisme et toutes les valeurs que les ancêtres nous ont léguées ».
Selon lui, la lutte contre l’impérialisme et ses manifestations ne peut être gagnée sans une jeunesse éveillée, consciente des enjeux du moment. Pour ce faire, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ appelle à un changement dans l’approche éducative qui suscite l’intérêt pour les sciences, une révolution éducative.
Du reste, le Président du Faso annonce la mise en place d’un incubateur pour valoriser les idées, les inventions, le génie des gens qui en possèdent mais qui n’ont pas été à l’école. « Nous avons un projet de mettre en place une académie particulière pour former beaucoup d’ingénieurs pratiques. Le projet sera lancé très bientôt », précise-t-il.
Le Président du Faso, tout en appelant à l’unité et à la recherche de la connaissance pour que le Burkina Faso et l’Afrique puissent se développer et surmonter les défis. Il exhorte les étudiants à revenir servir leur pays après leurs études à l’étranger.
Direction de la Communication de la Présidence du Faso »
Les réunions préparatoires de la la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD9) ont débuté ce mardi 19 août à Yokohama
Alors qu’ouvre officiellement ce mercredi 20 août 2025 à Yokohama, la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD9), ce sera l’occasion par excellence de revenir sur le bilan du précédent TICAD qui projetait d’investir quelques 30 milliards de dollars US sur le continent en quatre ans.
Des acteurs de la société civile africaine et nippone à Yokohama ce 19 août 2025
En effet, s’il y a de nouvelles annonces à faire au cours de cette 9e TICAD, elles devraient d’abord viser à consolider les acquis du TICAD 8 et ensuite chercher aller de l’avant avec de nouvelles initiatives adaptées aux défis socioéconomiques et politiques d’aujourd’hui et de demain. Alors, quels sont les acquis de la TICAD 8 ?
Avant d’aborder quelques actions concrètes de la TICAD 8, il sied de rappeler l’importance de la coopération de l’Afrique avec le Japon qui figure parmi les quatre premiers partenaires commerciaux du continent avec des échanges commerciaux estimés à 24 milliards de dollars en 2024, contre 16,5 milliards de dollars en 2020. L’on note là une nette reprise des relations commerciales après le ralentissement dû à la pandémie du Covid- 19.
Et la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) dont la huitième couvrait la période 2022 2024 a certainement contribué à cette fulgurante reprise des échanges commerciaux avec l’empire du soleil levant.
Mais, les réalisations de cette TICAD9 vont bien au-delà des aspects commerciaux pour toucher bien de domaines (infrastructures, formation professionnelle, société, paix et stabilité), dans plusieurs pays du continent. Et les bons chiffres commerciaux ne sont en réalité que le reflet d’une bonne dynamique d’ensemble de la mise en œuvre du plan d’action dudit TICAD.
Des investissements dans les zones du Liptako et du Lac Tchad
Une vue des officiels à la troisième session ordinaire du Comité de Pilotage du Mécanisme pour la Stabilisation de la Région du Liptako Gourma, le 20 avril 2023, à Ouagadougou
Pour les investissements dans la zone de l’Alliance des Etats du Sahel, le Japon a fourni environ 6,3 millions USD par l’intermédiaire du PNUD pour stabiliser les zones frontalières du Mali, du Niger et du Burkina Faso (région du Liptako-Gourma) de 2022 à 2023. Le nombre total de bénéficiaires directs et indirects dans les trois pays cibles était respectivement de 8 782 et 121 138.
Côté Burkina Faso par exemple, des investissements de plus de 6 milliards de francs ont été réalisés en 2023 dans le cadre notamment du Mécanisme pour la stabilisation de la Région du Liptako Gourma
En outre, environ 3,1 millions USD ont été fournis toujours par l’intermédiaire du PNUD pour le projet «Renforcer la stabilisation et la sécurité humaine dans le bassin du lac Tchad» de 2023 à 2024, qui vise à soutenir le renouvellement de l’infrastructure des services sociaux, le maintien des moyens de subsistance en renforçant les communautés locales, et le maintien de la cohésion sociale par le dialogue dans certaines zones touchées par le conflit au Cameroun, au Tchad et au Niger.
Des investissements dans la promotion de l’économie verte sur le continent
En Tunisie, 2 projets de centrales solaires situés à Sid Bouzid et à Tozeur d’une puissance cumulée de 100 MWc sont en cours de réalisation grâce à un financement du Ministère japonais de l’Environnement dans le cadre du Mécanisme d’échange de crédits carbone
Dans le cadre de l’engagement de Tokyo à contribuer à la promotion d’une croissance verte sur le continent axée sur une transition structurelle vers la décarbonation, la Banque japonaise pour la coopération internationale a signé des accords de prêt pour soutenir plusieurs projets de «croissance verte» auxquels participent des entreprises japonaises : deux projets de parcs éoliens terrestres en Égypte (281 millions USD et 240 millions USD) ; des projets de lanternes électrifiées et de panneaux solaires photovoltaïques au Bénin (14,5 millions d’euros) et un projet de l’opération d’une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU) au Sénégal (35 millions USD).
Parallèlement, Toyota Tsusho Group, en partenariat avec Scatec ASA, s’est lancée dans le développement de deux centrales solaires d’une capacité totale de 100 MW en Tunisie. Ces projets sont les premiers en Tunisie à être sélectionnés par le Japon pour le programme de financement des projets modèles du Mécanisme de crédit conjoint.
Le Japon a également soutenu l’expansion de la capacité de production d’énergie géothermique à 121 MW, fournissant de l’énergie verte à 6,46 millions de personnes à travers des projets au Kenya.
En ce qui concerne le développement des lignes de distribution et la stabilisation du réseau, des projets de coopération technique et des programmes de formation sont mis en œuvre au Kenya, au Mozambique, au Nigeria, en Ouganda, et en Tanzanie. La coopération technique sur les Pools énergétiques africains débutera bientôt.
Par ailleurs, le Japon a contribué à hauteur de 15 millions USD au fonds fiduciaire de la Banque mondiale pour le développement de l’hydrogène vert, de l’énergie géothermique et du stockage des batteries, et à hauteur de 5 millions USD au fonds fiduciaire de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) pour promouvoir les investissements privés dans les projets d’énergie renouvelable, y compris en Afrique.
Six projets, notamment aux Comores, en Mauritanie et en Sierra Leone, d’une valeur totale d’environ 6,5 millions USD au titre du fonds fiduciaire de la Banque mondiale et trois projets de prêts en Afrique d’une valeur totale d’environ 60 millions USD au titre du fonds fiduciaire de la MIGA sont en cours de réalisation.
La JICA a également mené une enquête de collecte de données sur le développement et de l’utilisation de l’hydrogène vert et de l’ammoniac en Éthiopie, en Namibie et en Afrique du Sud de mai 2023 à avril 2024.
Les capacités de 291 000 professionnels renforcées
Dans le cadre du TICAD8, le Japon s’était engagé à former 300 000 personnes en trois ans dans un large éventail de domaines, et notamment dans l’industrie, la santé et les soins médicaux, l’agriculture, la justice et l’administration publique.
Il y a quelques mois, l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) assurait avoir déjà formé à elle seule 291 000 personnes dans le cadre de divers projets tels que l’initiative d’éducation dans le secteur des affaires en faveur des jeunes Africains (initiative ABE), le programme de master et de stages reposant sur des partenariats entre le public, le privé et le monde universitaire.
Le Japon a aussi soutenu le développement des ressources humaines industrielles de 34 000 personnes en Afrique. Un projet de développement des capacités pour le bon fonctionnement des postes frontières à guichet unique (OSBP) sur le corridor de transport Nord-Sud est mis en œuvre au Botswana, en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe.
En outre, 41 fonctionnaires des douanes ont été formés pour devenir des Maîtres formateurs sur les règles d’origine afin de mettre en œuvre la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
De même, un projet de développement des capacités pour le bon fonctionnement des postes frontières à guichet unique (OSBP) sur le corridor de transport Nord-Sud est mis en œuvre au Botswana, en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe. En outre, 41 fonctionnaires des douanes ont été formés pour devenir des Maîtres formateurs sur les règles d’origine afin de mettre en œuvre la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Le rôle moteur de la JICA dans la promotion de la coopération avec l’Afrique
Pour le Président de la JICA Tanaka Akihiko, cette TICAD9 est l’occasion au Japon et l’Afrique pour co- créer un avenir grâce à la jeunesse, à l’innovation et au partenariat
Depuis le lancement de l’Aide publique au développement (APD) du Japon en 1954, l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) a œuvré dans plus de 190 pays, soutenant le développement à travers les infrastructures, la formation des ressources humaines et la coopération technique. L’APD japonaise, dirigée par la JICA, a longtemps défendu le principe du « développement autochtone ». Cette approche vise à autonomiser les communautés locales afin qu’elles trouvent leurs propres solutions, plutôt que d’imposer des modèles extérieurs.
Les programmes de la JICA en Afrique illustrent cette philosophie. Ainsi, la Coalition pour le développement du riz en Afrique (CARD), lancée lors de la TICAD IV en 2008, a doublé la production de riz sur le continent en une décennie. Aujourd’hui étendue à 32 pays, la CARD vise à doubler à nouveau la production pour atteindre 56 millions de tonnes d’ici 2030, transformant l’Afrique en une région autosuffisante sur le plan alimentaire.
Avec la coopération nipponne; la production de riz sur le continent a doublé en une décennie et pourrait atteindre les 56 millions de tonnes d’ici 2030
D’autres initiatives comme la SHEP (Promotion et autonomisation de l’horticulture des petits exploitants) et le KAIZEN (méthode d’amélioration de la productivité inspirée des pratiques japonaises) ont permis aux agriculteurs et aux travailleurs d’améliorer leurs moyens de subsistance et productivité avec des ressources limitées. Ces programmes sont désormais dirigés par des formateurs africains, diffusant un développement durable à travers le continent.
«La sécurité humaine est le principe fondamental de toutes les actions de la JICA — un principe réaffirmé dans la Charte révisée de la coopération au développement du Japon en 2023. Elle signifie garantir que chaque individu soit libre de la peur et du besoin, et puisse vivre dans la dignité. Dans un monde confronté à des crises imbriquées, ce principe est plus pertinent que jamais», assure le Président de la JICA, Tanaka Akihiko, à l’entame de cette neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD9).
Alino Faso, l'homme dont la parole portait la sagesse des anciens et l’espoir d’un avenir en marche
La dépouille de Christophe Traoré dit Alino Faso est de retour au bercail depuis ce lundi 18 août 202 , relançant les hommages aussi élogieux les uns que les autres à son endroit. «Dans cette terre où le ciel caresse les collines, où chaque goutte de sueur bâtit l’avenir, un homme est né, un homme qui n’a jamais trahi la voix du peuple. Sans faste, sans couronne ni sceptre, mais dont la parole portait la sagesse des anciens et l’espoir d’un avenir en marche», relève pour sa part l’homme de culture burkinabè Yé Lassina Coulibaly. Voici l’intégralité de son hommage à l’illustre défunt.
Alino Faso, l’homme dont la parole portait la sagesse des anciens et l’espoir d’un avenir en marche
«Mesdames, Messieurs, citoyens de toutes parts,
Dans cette terre où le ciel caresse les collines,
où chaque goutte de sueur bâtit l’avenir,
un homme est né, un homme qui n’a jamais trahi la voix du peuple.
Sans faste, sans couronne ni sceptre,
mais dont la parole portait la sagesse des anciens
et l’espoir d’un avenir en marche.
Un homme, certes. Mais en réalité, un témoin, un veilleur, un miroir tendu à la nation.
Il marchait dans Ouagadougou, à Bobo, à Kaya,
et partout, il entendait :
la voix des éleveurs oubliés,
la plainte muette des artisans sans outils,
le chant discret des cultivateurs à l’aube,
le cri des étudiants assoiffés de savoir.
Il n’était ni philosophe de salon, ni penseur enfermé dans sa tour d’ivoire.
Non, il était là, au cœur du réel :
entre la tradition qui nourrit et le progrès qui libère,
entre le passé et l’avenir.
Et que disait-il ?
Il disait :
« Le peuple n’est pas une foule à contenir.
Le peuple, c’est le cœur battant de la nation.
Respectons son travail, et nous tiendrons debout.
Méprisons-le, et nous tomberons dans l’oubli. »
Ah ! S’il avait été roi, il aurait été serviteur.
S’il avait été riche, il aurait donné.
Mais il fut peuple, il fut Burkina.
Et en cela, il fut plus grand que mille rois.
Il ne cherchait ni gloire, ni honneurs, mais la vérité.
Il n’évitait pas l’actualité ; il l’écoutait.
Et dans cette actualité brûlante, il tendait l’oreille aux souffrances cachées :
le travailleur épuisé,
la femme sans voix,
l’enfant privé d’école.
Traoré élevait le travail à la dignité,
le progrès à la responsabilité,
l’humain à la science de l’âme.
Aujourd’hui, alors que les vents du modernisme nous bousculent,
que les écrans brillent sans éclairer,
que les valeurs se bradent au marché,
nous avons besoin, oui, besoin de la mémoire de Traoré,
comme d’un flambeau dans la nuit.
Mais c’est Traoré, oui, Traoré le digne,
Né sous ce ciel d’ocre, là où la terre parle et se souvient,
Là où le baobab, géant aux racines profondes,
Garde la mémoire d’un peuple toujours éveillé.
Il marchait fièrement sur cette terre rouge,
et la poussière, en s’élevant dans l’air,
portait ses rêves aux confins des étoiles,
tissant des ponts entre les rites et la connaissance.
Il entendait – oh oui ! – les voix profondes :
La voix de l’eau, claire et vagabonde,
le chant du feu, ardent comme un secret,
la plainte du vent, la colère muette,
et la Terre enfin, mère et sanctuaire,
qui parlait en silence aux cœurs visionnaires.
Traoré n’était pas qu’un homme de coutume :
Il liait la sagesse ancienne à la science moderne.
Humaniste éclairé, bâtisseur de valeurs,
Il croyait au Travail, en la Dignité, en l’Honneur.
Il œuvrait sans relâche, sans bruit, sans artifice,
Pour que l’Homme grandisse et ne se perde pas
dans les pièges du monde, avide et indolent.
Il honorait l’art, la parole, les tambours,
et portait la culture comme un manteau d’amour.
Du Burkina aux scènes du monde,
Il transformait l’identité en une force fertile.
Respecté des anciens, aimé des compagnons,
Il ne cherchait pas la reconnaissance : il vivait sa mission.
Ses parents, ses enfants, sa femme, ses amis, ses collègues,
Tous le voyaient comme l’arbre, et non la cime aveugle.
Traoré, noble fils de cette terre sacrée,
Toi qui savais rêver, et pourtant, labourer,
Tu nous laisses un sillon, un souffle, une clarté :
Le legs d’un homme debout, profondément enraciné.
La dépouille d’Alain Christophe Traoré est arrivée à Ouagadougou.
Hommage à Alain Christophe Traoré
(Scène imaginaire. Un personnage seul, vêtu de deuil, s’adresse au public.)
Toi, Alain Christophe Traoré, qui as fait de la parole une semence,
Et de l’art un levier pour éveiller les consciences,
Tu quittes aujourd’hui l’écho des rues,
Pour rejoindre ce lieu où le silence scintille.
Toi dont la voix guérissait les blessures du monde,
Tu lançais la parole comme on lance une flèche,
Contre les murs érigés par la peur et l’ignorance,
Tu apportais la lumière dans l’ombre des vies.
Ta présence n’était pas un cri vain,
Mais l’incarnation de la résistance vraie.
Ta poésie portait les espoirs invisibles,
Les luttes des sans-nom, les douleurs inavouables.
Je revois encore ce cercle éclairé,
D’artistes, de penseurs, de femmes et d’hommes solidaires,
Tous cherchant, par la culture, à rendre le monde plus clair.
Mais toi, Alain Christophe Traoré, éclaireur infatigable,
Tu as allumé une flamme universelle.
Ton verbe, étincelle contre l’indifférence,
A réveillé les esprits, éveillé les consciences.
Quand tu parlais, c’était la Terre qui pleurait,
Et l’humanité même, par toi, se levait.
Tu n’étais pas poète pour orner le silence,
Mais pour crier justice, éveiller la conscience.
Oh ! Que ne puis-je, moi, simple messager,
Offrir une parole plus grande, plus vraie ?
Mais c’est avec mes larmes que je sculpte ce chant,
Car ton feu ne s’éteint pas : il vit autrement.
Tu bâtissais, par l’art, des ponts entre les âmes,
Tu défendais l’égalité, tu élevais les femmes.
Ton théâtre était science, ton poème savoir,
Et ta voix, un appel à croire, à espérer.
Tu incarnais ce monde que la raison désire,
Où la science et la poésie marchent ensemble.
Ton engagement était une boussole de clarté,
Dans un siècle assoiffé de vérité.
Repose en paix, Alain Christophe Traoré, âme éclairée,
Ton départ laisse en nous une mémoire sacrée.
Tu as semé la sagesse dans des terres stériles,
Et ton héritage est déjà devenu solide.
Que ton nom flotte dans l’air des libertés,
Et que ton souffle habite l’éternité.
Salut à toi, poète, porteur de dignité,
Tu fus, tu es, et tu restes : humanité.
Sincères condoléances à la famille, aux amis et aux compagnons de lutte d’Alain Christophe Traoré.
Musicothérapie sociétaire de la SACEM, ADAMI, SPEDIDAM, Union des Artistes Burkinabés
Chevalier de l’ordre du mérite, des lettres et de la communication (agrafe musique et danse) du Burkina-Faso. concert, spectacle, pédagogie 00 336 76 03 71 66»
Yacouba Traoré, un souffle au cœur du Faso, s'est éteint dans la nuit du samedi au dimanche
Les hommages aussi élogieux les uns que les autres se succèdent à l’annonce du décès du journaliste, écrivain, homme de culture, Yacouba Traoré, ancien directeur général de la Radiodiffusion Télévision nationale du Burkina. Ainsi, pour l’homme de culture burkinabè, Yé Lassina Coulibaly, auteur-compositeur interprète qui l’a connu lorsqu’il était attaché de presse à l’ambassade du Burkina à Paris, n’était pas un simple homme de médias. Simplement, «il était un souffle au cœur du Faso». Voici l’intégralité de son hommage.
Yacouba Traoré, un souffle au cœur du Faso, s’est éteint dans la nuit du samedi au dimanche
«Yacouba Traoré-Un souffle au cœur du Faso
Hommage de Yé Lassina Coulibaly
Monsieur Yacouba Traoré n’était pas un simple homme de médias.
Il était un souffle.
Un souffle noble, profond, discret.
Un souffle d’espoir et de conscience,
Offert tout entier au peuple du Burkina Faso,
Et, par-delà les frontières, à toute l’Afrique.
Il portait le Faso dans le sanctuaire de son cœur,
La culture pour écharpe, la souveraineté pour compas.
Il croyait en une patrie debout, digne, éclairée par son propre flambeau.
Il luttait avec grâce pour les droits de l’Homme,
Pour la justice sociale,
Et pour que jamais ne s’éteigne la voix des sans-voix.
Ce n’était pas un homme pressé.
C’était un homme présent — véritablement présent.
Présent aux événements familiaux,
Présent dans les larmes comme dans les réjouissances,
Présent pour honorer, soutenir, écouter.
Il ne manquait ni concert, ni spectacle, ni première.
Acteurs de l’ombre ou astres naissants de la scène,
Il leur ouvrait l’oreille et tendait la main,
Prêt à conseiller, encourager, épauler.
Il comprenait l’art comme on comprend une langue sacrée :
Avec ferveur, avec respect, avec passion.
À travers Fadima TV, à travers ses mots, ses silences, ses gestes,
Il fit jaillir un espace d’expression,
Un souffle de liberté pour des voix longtemps muselées.
Yacouba Traoré,
C’était la voix du travail bien fait,
Le pas sûr de celui qui sait d’où il vient,
Et l’esprit généreux de celui qui marche pour tous.
Il croyait aux valeurs familiales,
Quelles qu’en soient les formes.
Il croyait en l’amitié profonde,
En la solidarité tissée de cœurs sincères et d’actes vrais.
Aujourd’hui, ce bâtisseur de mémoire,
Ce serviteur de la vérité,
Ce passeur de culture,
Nous quitte… mais son souffle, lui, demeure.
Il flotte encore dans nos studios,
Sur nos scènes, nos plateaux, nos salles obscures,
Dans chaque mot chargé de sens,
Dans chaque image portée avec dignité.
Yacouba,
Homme d’écoute, d’engagement et de lumière,
Que la terre libre du Faso t’accueille avec tendresse.
Que l’écho de ton œuvre continue d’éclairer les générations.
Ton nom, ton œuvre, ton esprit vivront encore longtemps.
Éloge d’un homme de conviction, bâtisseur d’âmes et passeur de civilisations
Messieurs, qu’on me permette, en ce jour solennel, de tirer le rideau de l’oubli, pour laisser paraître la figure auguste d’un homme rare, dont l’âme, vaste comme la savane de son pays natal, portait en elle les chants anciens de nos ancêtres et les clameurs neuves de l’avenir.
N’était-il pas, ce vaillant homme, tout entier tendu vers la mémoire vivante de nos aïeux ?
Il s’asseyait, le front serein, à la table des villages, là où le vent parle encore la langue des anciens, et prêtait une oreille attentive aux chefs coutumiers, ces sentinelles de la tradition qui gardent les clefs de nos valeurs.
Il ne voyait pas dans ces rites la poussière d’un autre âge, mais bien un terreau fécond, d’où naissent le sens, la dignité et la parole juste.
Chaque artisan, chaque éleveur, chaque cultivateur du Burkina Faso trouvait en lui un miroir fidèle, une oreille compatissante, un cœur prompt à secourir, une main toujours tendue.
Quand le devoir appelait, il répondait sans délai. Jamais il ne se détourna de l’action.
Il portait, gravé dans le marbre de son être, le souci ardent du progrès.
Mais pas un progrès aveugle — non !
Point de modernité qui foule aux pieds nos racines.
Il œuvrait, tel un alchimiste éclairé, à faire jaillir la lumière du futur sans éteindre le feu du passé.
Il avait pour noble dessein de faire rayonner notre civilisation – non par la conquête, mais par l’exemple, par le verbe, par l’art et l’industrie.
L’industrialisation n’était pas, pour lui, un simple projet économique : elle incarnait une vision. Celle d’un peuple qui se dresse, fier, maître de son destin, façonnant lui-même les outils de sa prospérité.
Le numérique, que beaucoup croient domaine froid et sans âme, il le chargeait d’une mission haute : transmettre, relier, éduquer.
Là où d’autres multipliaient les écrans, lui multipliait les ponts entre les esprits.
Et dans la parole, il mettait un soin rare.
Il savait — ô combien il le savait ! — que la parole est semence d’action.
Jamais il ne parlait à tort ni en vain.
Chaque mot lancé dans l’arène publique était mûri, lesté de sens, et portait la promesse d’un monde meilleur.
C’était un homme de conviction — non de ces convictions molles que l’on troque à la première averse, mais de celles qui résistent au tumulte, qui brûlent sans consumer, et qui élèvent sans dominer.
Oui, Mesdames, Messieurs, c’était un bâtisseur.
Un bâtisseur d’avenir, mais aussi un passeur :
— entre le Burkina Faso et l’Europe,
— entre l’Afrique et le monde,
— entre le passé et le futur que nous appelons de nos vœux.
Il tendait la main non pour quémander, mais pour dialoguer, pour offrir la richesse de notre culture au banquet des nations.
Que son nom demeure dans la mémoire des hommes comme un flambeau dans la nuit,
Et que son œuvre inspire ceux qui, demain, prendront la relève.
Des éléments et des hommes – Hommage à Monsieur Traoré Yacouba
Lorsque les quatre éléments — la Terre, l’Eau, le Feu et l’Air — se mirent à danser au rythme de l’innovation,
Lorsque la science osa toucher aux lois secrètes de la nature,
Et que les cultures songèrent à bâtir des ponts entre leurs savoirs anciens et le temps nouveau,
Un homme, parmi tous, se leva.
Oui, Mesdames, Messieurs,
Lorsque le monde semblait vaciller entre modernité effrénée et perte d’âme,
Monsieur Traoré Yacouba fut de ceux qui tinrent la posture droite, l’esprit clair, le cœur ardent.
Là où d’autres voyaient contradiction, il sut voir complémentarité.
Là où certains dénonçaient rupture, il traçait la ligne continue de la transmission.
Partout où la dignité des peuples était en jeu, il se levait.
Lorsqu’un drapeau s’élevait pour l’honneur, il en tenait la hampe avec fierté.
Il portait en lui le souffle du Burkina Faso,
Et, plus encore, celui de toute l’Afrique qui lutte, qui apprend, qui s’élève.
C’est dans l’éducation, la formation, l’enseignement,
Que ce noble bâtisseur plaça les fondations de sa pensée.
Il savait — ô combien il savait ! — que sans esprit nourri, sans jeunesse instruite, sans culture transmise,
Un peuple marche à tâtons, privé de sa lumière intérieure.
Il fit de l’école un sanctuaire,
De la parole un flambeau,
De la connaissance une arme de paix.
Car pour lui, chaque élève était une promesse,
Chaque classe une pépinière de citoyens,
Chaque leçon un pas vers la liberté véritable.
Le temps moderne est venu, comme un fleuve impétueux,
Charriant avec lui technologies, défis numériques et mutations du monde.
Mais lui, au lieu de s’en effrayer, les accueillit comme on accueille la pluie après la sécheresse
Avec prudence, mais avec foi.
Il a su conjuguer —oui, conjuguer !
La tradition au présent,
La science au respect des coutumes,
Le progrès à l’âme des peuples.
Il fut ce lien rare entre le savoir ancien et l’intelligence nouvelle.
Un homme qui ne trahissait pas les siens en regardant l’avenir,
Mais qui honorait les ancêtres en construisant demain.
Habib Dembélé, Guimba National, l’homme à la parole sacrée, est un trésor vivant du Mali à l'international
Dès qu’il entre en scène, le silence devient langage. Sa voix, son corps, son regard, tout en lui porte l’écho de l’Afrique ancestrale et la tension du monde contemporain. Habib Dembélé, dit Guimba National, n’est pas un acteur comme les autres. Il est un créateur d’univers, un inspirateur de conscience, un géant à l’échelle des valeurs humaines. Par sa seule présence, il rappelle ce que peut être un artiste total : à la fois penseur, poète, bâtisseur, résistant…
Habib Dembélé, Guimba National, l’homme à la parole sacrée, est un trésor vivant du Mali à l’international
«Habib Dembélé, Guimba National
L’homme de la parole sacrée, le trésor vivant du Mali, et la conscience éveillée de la scène africaine.
Dès qu’il entre en scène, le silence devient langage. Sa voix, son corps, son regard, tout en lui porte l’écho de l’Afrique ancestrale et la tension du monde contemporain. Habib Dembélé, dit Guimba National, n’est pas un acteur comme les autres. Il est un créateur d’univers, un inspirateur de conscience, un géant à l’échelle des valeurs humaines.
Par sa seule présence, il rappelle ce que peut être un artiste total : à la fois penseur, poète, bâtisseur, résistant. Son œuvre n’est pas un parcours d’artiste parmi d’autres, c’est une quête philosophique, une exploration de l’âme collective africaine, une lutte douce et radicale pour réconcilier l’humanité avec elle-même par la puissance du théâtre.
Une enfance enracinée dans la sagesse et la parole.
Né le 19 avril 1962 à San, dans la région de Ségou, Habib Dembélé grandit dans une madrassa ouverte, inclusive, vivante. Il est élevé dans l’écoute des anciens, le partage du savoir, la dignité du silence, et découvre très tôt que la parole n’est pas un bruit, mais une mission. Cette éducation fondée sur la patience, la rigueur et le respect deviendra la colonne vertébrale de son art.
Issu d’une famille sensible aux valeurs et droits humain, c’est un enfant béni de ses parents, grands-parents et aïeux.
Son passage par l’Institut National des Arts de Bamako est bien plus qu’une formation : c’est un déclencheur, une ouverture, le lieu où l’instinct devient style, où la parole sacrée devient théâtre.
Un acteur habité par le souffle du peuple.
Dès ses premiers pas sur les planches, la scène ne le supporte pas, elle le réclame. Il est élu meilleur acteur du Mali à seulement 22 ans, mais ce n’est pas un titre, c’est une promesse : celle de faire du théâtre un acte d’amour et de résistance.
Son jeu est envoûtant, sa parole incarnée, sa gestuelle chargée de mémoire. Il est ce passeur qui fait danser la douleur et rire la colère, qui transforme le quotidien en légende vivante.
Au Kotéba National, dans Waari, Wangrin ou d’autres fresques populaires, il installe une esthétique du peuple, une noblesse du pauvre, une grandeur des invisibles.
Créateur de formes et éveil des consciences.
Habib Dembélé n’est pas un interprète passif : il est un bâtisseur d’utopies, un penseur en action. Dans les années 1990, il crée successivement plusieurs compagnies, dont la Compagnie Guimba National, un espace libre où il écrit, met en scène, transmet, et met le théâtre au service de la transformation sociale.
Ses pièces – Sacré Kaba, Le Chantier, 52, la Petite Bonne, À vous la nuit – sont des balises dans l’histoire du théâtre africain contemporain. Il y parle de l’oppression, de la condition féminine, de l’oubli, de l’exil. Mais toujours avec poésie, élégance, et une profonde foi en l’humain.
Le cinéma comme autre scène de combat.
Au cinéma, son talent ne fait que s’épanouir. Il joue dans des films devenus références : Guimba le tyran, Sia, Moolaadé, Bamako, La Genèse, Wùlu…
À travers l’image, il porte l’Afrique sans l’exotiser, incarne des destins sans clichés, et offre au monde une vision digne et intelligente du continent. Il fait du cinéma un théâtre de vérité, un outil de réconciliation entre ce que l’on croit voir de l’Afrique, et ce qu’elle est réellement.
Un artiste universel, enraciné et libre
Sa rencontre avec Peter Brook, l’un des maîtres du théâtre mondial, est un tournant. Ensemble, ils montent des œuvres comme Hamlet, Tierno Bokar, Sizwe Banzi is Dead — jouées dans les capitales du monde entier.
Habib Dembélé n’imite jamais : il traduit l’universel dans le souffle africain. Il revisite l’héritage mondial par la sagesse de son peuple, faisant du théâtre un carrefour, un espace sacré de dialogue entre les cultures, les mémoires, les blessures et les rêves.
Le théâtre comme outil de paix et de réinvention nationale.
Convaincu que l’art peut soigner les nations, il initie les Journées Théâtrales Guimba National, un événement placé « au service de la réconciliation ». Là encore, son théâtre devient outil de paix, levier de conscience, rituel de guérison collective.
Son engagement le pousse jusqu’à la scène politique, où il se présente à l’élection présidentielle malienne (2002, 2018), non pas pour obtenir le pouvoir, mais pour rappeler la nécessité d’un regard artistique dans la gouvernance, d’un imaginaire neuf pour penser le pays autrement.
L’artiste-racine, le veilleur du continent.
Habib Dembélé, c’est la voix des silences oubliés, le reflet d’une Afrique digne, lucide, rêveuse et debout. Son théâtre est une école de l’attention, une éthique de la parole, un manifeste contre l’indifférence.
Il n’est pas un acteur qu’on regarde jouer : il est un homme qui vous regarde au fond de l’âme, et vous interroge.
«Le théâtre, dit-il, c’est la voix du peuple quand il ne peut plus crier»
Conclusion : une légende vivante, un phare dans la nuit du monde.
Habib Dembélé n’est pas une étoile filante. Il est une étoile fixe.
Une présence artistique dont la profondeur touche l’Afrique, l’Europe, le monde.
Il est à la fois l’enfant du Sahel, le poète du collectif, le chantre de la paix, le bâtisseur de sens, le semeur de lumière.
Son œuvre est une offrande, un héritage, un appel.
Il ne joue pas pour briller, il crée pour élever.
Il ne joue pas pour être vu, mais pour rappeler ce que signifie être humain.
Habib Dembélé, Guimba National
Le grand penseur de la scène africaine et mondiale.
Il ne se contente pas de jouer. Il pense l’art comme une science, une prière, une arme douce, un outil de transformation. Habib Dembélé, dit Guimba National, est plus qu’un acteur : il est un architecte de conscience, un écrivain de l’oralité, un maître de scène, et un stratège culturel à l’échelle de tout un continent.
À travers le cinéma, le théâtre, la littérature, la parole sacrée, il incarne une conviction forte :
“La culture n’est pas un luxe. Elle est une nécessité vitale pour la dignité humaine et pour le développement durable.”
Une connaissance profonde du théâtre et du cinéma.
Guimba National maîtrise la scène comme un chef maîtrise le silence avant l’explosion d’un orchestre. Il comprend les rythmes invisibles du public, les tensions internes du texte, l’alchimie entre corps, voix et mémoire.
Dans ses pièces comme dans ses films, il marie l’intime et le politique, l’universel et le local, le mythe et l’actualité. Des œuvres comme Sia, le rêve du python, Moolaadé, Bamako, ou encore ses textes Le Chantier, Sacré Kaba, À vous la nuit, sont des chocs esthétiques et des gestes de résistance poétique.
Il fait du théâtre une philosophie vécue, du cinéma un miroir actif, et de chaque mot une goutte de vérité.
L’invention du texte sacré et la scène comme sanctuaire.
Chez Habib Dembélé, chaque texte est sacré, non par dogme, mais par l’intensité de l’engagement. L’écriture devient rite de soin, de dénonciation, de guérison. Il réinvente des formes : entre conte, performance, théâtre traditionnel, écriture contemporaine.
La scène, pour lui, n’est pas un lieu de spectacle. C’est un sanctuaire pour l’âme collective, un espace où l’Afrique pense, pleure, rit, rêve, se relève.
Une diffusion mondiale, sur les cinq continents.
Habib Dembélé est l’un des rares artistes maliens dont la parole a résonné sur les 5 continents.
De Bamako à Paris, ses spectacles traversent les langues et les frontières. Son style unique – entre maîtrise classique et inventivité africaine – est étudié, célébré, et respecté sur la scène internationale.
En collaboration avec des metteurs en scène comme Peter Brook, il fait entrer la parole malienne dans le cœur du théâtre mondial, non comme folklore, mais comme pensée vivante et universelle.
La culture au service de l’humain.
Toute l’œuvre de Guimba National repose sur une idée forte :
“L’art doit servir à élever l’homme, pas à le divertir sans mémoire.”
Il milite pour une culture citoyenne, accessible, transformatrice. À travers les Journées Théâtrales Guimba National, il offre au Mali un espace de dialogue, de paix, de création.
Il voit en l’art un levier pour la cohésion sociale, la réconciliation nationale, l’éducation populaire.
Vers une politique culturelle ambitieuse pour le Mali et l’Afrique.
Son parcours est aussi un projet politique au sens noble : repenser les structures de promotion des artistes, créer des scènes locales viables, des centres de formation autonomes, des réseaux de diffusion modernes.
Habib Dembélé incarne la nécessité d’une véritable politique culturelle au Mali – qui reconnaît la valeur de ses artistes, les soutient, les protège, les rend visibles dans le monde.
Il a deux fois porté cette vision jusqu’aux urnes présidentielles, rappelant que l’artiste est aussi un constructeur de nation.
L’art contemporain et le numérique comme leviers de demain.
Lucide sur les défis de son temps, il milite pour l’intégration du numérique dans les pratiques artistiques. Il appelle à une modernisation intelligente de l’art africain, sans rupture avec les traditions.
Pour lui, l’avenir de l’artiste africain repose sur :
La création numérique (vidéo, podcast, théâtre digital),
La formation technologique des jeunes artistes,
La circulation numérique des œuvres africaines dans le monde,
L’utilisation des plateformes numériques comme levier de visibilité, d’autonomie et de développement.
Habib Dembélé s’inscrit dans la grande lignée des penseurs-artistes africains. Il incarne la même vision de l’art comme moteur de transformation, la même foi dans la parole comme matière première de l’Afrique.
Mais à sa manière unique, il est à la fois héritier et innovateur, gardien des racines et créateur d’un art profondément contemporain, où le geste ancestral rencontre la lumière des écrans, où le mot d’hier nourrit le rêve de demain.
Conclusion : un phare africain dans l’archipel du monde.
Habib Dembélé est plus qu’un artiste.
Il est une institution vivante, un passeur de temps, un architecte de paix par la beauté, un stratège culturel pour les générations futures.
Son nom est inscrit parmi ceux qui ont compris que l’art, bien plus que le pouvoir ou l’argent, est ce qui sauve un peuple du silence, de la peur, et de l’oubli.
“Créer, pour moi, c’est ne pas mourir. C’est faire grandir ce qui nous reste d’humain.” — Habib Dembélé
En tant que auteur compositeur, directeur artistique de l’Ensemble Yan Kadi Faso, je partage totalement cette approche visionnaire et humaine des multiples fonctions de l’art comme vecteur de valorisation de la richesse de la culture africaine et comme porteur d’espoir et d’émancipation pour les peuples
Yé Lassina COULIBALY
« Les Voix de la Terre – Chant du Théâtre d’Afrique »
Depuis l’aube des tambours,
Bien avant que les rideaux ne tombent,
Avant même que le mot « théâtre » n’atteigne nos langues,
L’Afrique déjà jouait.
L’Afrique déjà contait.
L’Afrique déjà incarnait.
Au Mali, sur les parvis de Djenné, les artistes contemporains, tissaient les fils de la civilisation et de l’épopée,
Le Burkina Faso, dans le souffle de la savane, portait les masques de la parole,
Au Sénégal, la scène battait dans le cœur de l’oralité sereer et wolof, au sein des valeurs sociétales,
Et en Côte d’Ivoire, les ancêtres parlaient à travers les gestes des vivants.
En Guinée Conakry, le mot devenait rythme de vie,
Le Cameroun, forge de traditions multiples, dansait sous les palmiers l’acte sacré de sauvegarde de la civilisation africaine.
Le Togo, le Bénin, berceaux du vaudou et des rituels incarnés,
Élevaient le théâtre en offrande, en feu de mémoire.
La Gambie, petite par la terre, vaste par ses voix,
Chantait des scènes où le monde entier pouvait se reconnaître.
En Afrique du Sud, dans l’ombre de l’apartheid,
Le théâtre fut résistance, feu, lumière et libération.
Au Botswana et au Kenya, le jeu était vérité,
Une vérité transmise, transfigurée, transcendée.
Le Nigeria, fécond de langues et de mythes,
Offrit au monde Wole Soyinka, et tant d’autres souffles.
Au Maroc, aux portes du désert,
La scène se dressait, porteuse d’humanité entre les minarets et les montagnes.
En Algérie, le théâtre fut flamme de mémoire et cri d’espoir.
Et l’Égypte, vieille mère de la dramaturgie pharaonique,
Offrit ses temples et ses papyrus à l’imaginaire du monde.
L’Art Est Un Peuple
Le théâtre en Afrique n’est pas né dans les murs,
Il est né dans les corps, dans les voix, dans les regards.
Il est né sous l’arbre à palabres, dans la ronde des enfants,
Dans les pleurs de la mère, dans la fureur du guerrier,
Dans le rire du fou, dans la sagesse du vieillard.
Il est le reflet de l’homme face à lui-même,
Le miroir tendu à l’intelligence commune.
Il est mémoire des douleurs, promesse des renaissances.
Il est progrès lorsqu’il éclaire,
Humanité lorsqu’il rassemble.
Ce Théâtre Est Sacré
Sacré, parce qu’il nous lie.
Sacré, parce qu’il nous relève.
Sacré, parce qu’il nous rend plus vastes que nos peurs,
Plus forts que nos guerres,
Plus doux que nos blessures.
Le théâtre africain n’a pas attendu d’être nommé pour exister.
Il est en marche depuis l’éternité.
Et dans chaque acteur, chaque metteur en scène, chaque spectateur d’aujourd’hui,
Vit la mémoire d’un continent
Qui a su faire de la parole un pont,
De la scène un monde,
Et de l’art une intelligence vivante.
« Sous l’arbre de l’âme »
(Poème-philosophie de l’enfant et de la transmission humaine)
L’enfant,
n’est pas un simple fruit du ventre.
Il est le germe du futur porté dans les bras du présent
et enraciné dans la mémoire du passé.
Dans chaque couple, dans chaque famille,
il est un accord sacré entre le feu de l’homme et la source de la femme,
un souffle confié à la terre pour grandir,
sous le regard des ancêtres et la bénédiction des étoiles.
L’éducation comme tissage du vivant
Éduquer n’est pas dresser.
Éduquer, c’est éveiller.
C’est faire de la vie un chant,
de chaque pas une danse vers soi-même.
On ne plante pas un enfant comme un poteau,
on l’arrose comme une graine.
On l’entoure comme un feu.
On lui transmet non seulement des mots,
mais des repères :
Le baobab, pour l’enracinement.
L’océan, pour la profondeur.
Le monde minéral, pour l’endurance.
La terre, pour la patience et la fécondité.
La diversité culturelle, pour le respect et l’ouverture.
Le rôle des parents et des anciens : des passeurs de lumière
Dans la maison africaine, le père n’est pas le maître,
la mère n’est pas la servante.
Ils sont gardien·ne·s du feu :
le feu du langage, le feu des interdits, le feu des possibles.
Ils parlent aux enfants dans la langue du cœur,
la langue du clan, la langue du terroir,
parce qu’en chaque langue dort une manière de voir le monde.
L’enfant apprend en observant, en écoutant, en imitant.
Et chaque geste du quotidien est une leçon silencieuse.
Le textile, l’artisanat et les métiers comme école de la vie
Le tisserand apprend la patience et l’harmonie.
Le forgeron enseigne la maîtrise du feu et de soi.
Le berger cultive l’attention, la solitude féconde.
Le cultivateur transmet l’humilité et la foi en l’invisible.
L’herboriste connaît les secrets du corps et de l’âme.
Le guérisseur traditionnel relie les vivants et les esprits.
Ce sont là des pédagogies ancestrales, où chaque métier est un livre ouvert.
Des savoir-faire, mais aussi des savoir-être.
L’école moderne doit s’asseoir au pied du baobab
Tant que l’école ignore les racines,
elle plantera des enfants sans ombre.
Mais si elle apprend à marcher avec les anciens,
à écouter les artistes contemporains, à valoriser l’art, la parole, les symboles,
alors elle deviendra un sanctuaire de croissance.
Les arts musique, théâtre, peinture, chant —ne sont pas des loisirs.
Ils sont des clés de construction intérieure.
La création est un miroir où l’enfant se reconnaît,
et un pont vers les autres.
Et sur la scène du monde…
L’Afrique ne vient pas pour imiter,
elle vient offrir ce qu’elle a de plus précieux :
sa poésie du quotidien,
sa sagesse enracinée,
ses langues pleines de souffle,
ses mains créatrices,
son humanité patiente.
Conclusion : l’enfant est un monde à bâtir, pas à formater
Qu’on lui donne des racines et des ailes.
Des outils et des rêves.
Qu’on lui parle dans la langue de ses grands-parents
et qu’on lui apprenne à lire le monde.
Qu’on lui ouvre le cœur, pas seulement la tête.
Car chaque enfant est une étoile qui attend qu’on la nomme,
une source qui cherche son lit,
un feu sacré que le monde doit apprendre à garder allumé.
«L’Éternelle Danse : Chant sacré de l’Amour Ancestral »
Scène unique, parole haute et sacrée.
Une Voix venue du Feu Ancien s’élève, traversant les âges, entre ciel et poussière d’étoiles.
LA VOIX VENUE DU FEU ANCIEN
Ouvrez, gardiens du Souffle, vos oreilles cosmiques !
Entendez, enfants de la Lune, du Fleuve, de la Forêt !
Voici la Parole que nul temps ne corrompt,
Le Savoir gravé dans les tambours du monde.
Là-bas, au pied de l’Abydos éternel,
Lorsque les étoiles se penchaient sur les temples,
L’Homme et la Femme n’étaient qu’un seul chant,
Deux souffles enlacés dans le souffle du vivant.
Sur les hauteurs de Lafala, le Berceau du Vent,
Ils marchaient unis, sans chaînes, sans rang.
Il sculptait la route, elle en faisait un berceau,
Et leur amour traçait le sentier des oiseaux.
Au cœur de Ifè-la-Sacrée, quand les Esprits veillaient,
La Femme était la mémoire, l’Homme la clef.
Elle versait la lumière dans sa coupe d’ombre,
Et leur amour faisait trembler le monde.
Sous les roches de Nzulezo, cité sur l’eau,
Les Ancêtres murmurent encore à demi-mot :
« L’union n’est pas lien, mais reflet d’harmonie,
Deux flammes qui dansent dans une seule vie. »
Dans le silence de Kouroukan Fouga, parole gravée,
L’Amour n’était point serment mais vérité.
Elle, la Source. Lui, la forme.
Et de leur union naissait le monde en ordre.
Sur les rives secrètes de Ouidah l’Invisible,
Le Couple était cercle, l’un dans l’autre lisible.
Elle guidait les vents, il tenait les voiles,
Et leurs âmes ensemble défiaient les étoiles.
Au sommet du Mont Nkolodom, trône des songes,
Il est dit : « Sans Elle, nul fruit ne prolonge. »
Elle était la Terre, il était le temps,
Et leur danse donnait naissance aux vivants.
Plus loin, là où résonne encore la Voix de Mapungubwe,
Le Couple marchait non devant, non derrière mais l’un à côté.
L’un était justice, l’autre vision,
Et l’Amour devenait transmission.
LA VOIX VENUE DU FEU ANCIEN (s’élevant au ciel)
Mais voici que grondent les tambours du doute,
Que l’éclat des écrans remplace l’écoute.
On oublie que l’Amour est science ancienne,
Et que le Couple est la porte vers l’arène.
Jeunesse égarée, toi qui confonds force et cri,
Souviens-toi : l’Amour n’est pas guerre, mais harmonie.
Respecte l’autre comme ton propre souffle,
Car sans respect, le cœur s’essouffle.
Filles du Continent aux bras solaires,
Fils des Ancêtres aux pieds de lumière,
Relevez la danse, renouez le lien,
Car c’est ensemble qu’on trace le chemin.
LA VOIX VENUE DU FEU ANCIEN (s’inclinant vers la Terre)