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Le Soleil d’Avenir prend acte de la prise du pouvoir du MPSR

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‘’ Le SOLEIL D’AVENIR contribuera à mobiliser toutes les ressources humaines et techniques nécessaires pour travailler à sauvegarder et restaurer la primauté de l’intérêt général de notre Nation’’. Ceci est un extrait de la déclaration du parti le Soleil d’Avenir qui dit prendre acte de la prise du pouvoir d’Etat par les militaires du MPSR.

‘’DECLARATION DU SOLEIL D’AVENIR

Après réunion et consultation de ses instances dirigeantes par la procédure extraordinaire d’urgence, le SOLEIL D’AVENIR prend acte de la démission de Rock Marc Christian KABORE de ses fonctions de Président du Faso ;

Le SOLEIL D’AVENIR prend acte de la prise du pouvoir d’Etat par des militaires au sein du MPSR ;

Le SOLEIL D’AVENIR est convaincu que les acteurs n’auraient pas préféré aboutir à un changement anticonstitutionnel de gouvernement dans la gestion démocratique de l’Etat ;

Dès lors :

Le SOLEIL D’AVENIR appelle les nouvelles autorités à n’avoir pour boussole de travail que l’intérêt suprême de la Nation dans le retour à l’ordre constitutionnel et démocratique normal.

Le SOLEIL D’AVENIR appelle la classe politique, les OSC, les FDS, toutes les forces vives de la Nation à manifester une hauteur de vue dans les consultations prochaines avec les nouvelles autorités pour saisir cette situation comme une opportunité de sauvegarde, de restauration et de fondation des bases d’un avenir collectif meilleur de notre peuple.

Le SOLEIL D’AVENIR contribuera à mobiliser toutes les ressources humaines et techniques nécessaires pour travailler à sauvegarder et restaurer la primauté de l’intérêt général de notre Nation.

Vive le Burkina Faso.

 

Ouagadougou, le 26 janvier 2022

 Le Président du SOLEIL D’AVENIR 

Pr. Abdoulaye SOMA 

Agrégé des facultés de droit

Professeur des universités

Officier de l’ordre international des palmes académiques’’

Burkina : La fermeture des établissements prolongée jusqu’au 29 janvier

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Ce COMMUNIQUE du secrétaire général du MENAPLN est relatif à la prolongation de la fermeture des établissements scolaires qui court maintenant jusqu’au 29 janvier 2022.

2ème édition du Prix GIRE en Journalisme :  Les œuvres reçues du 24 janvier au 18 février

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Après l’édition 2021, le Secrétariat permanent pour la gestion intégrée des ressources en eau (SP/GIRE), informe les médias du lancement de la 2ème édition du Prix GIRE en Journalisme destiné à encourager les médias et à stimuler les productions sur la GIRE. Plus de détails dans ce COMMUNIQUE.

«COMMUNIQUE

LANCEMENT DE LA 2e EDITION   DU  PRIX-GIRE EN JOURNALISME

Le Secrétariat Permanent pour la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (SP/GIRE), informe les médias du lancement de la 2ème édition du «PRIX-GIRE».

Ce prix vise à encourager les médias et à stimuler les productions sur la GIRE. La participation au PRIX-GIRE est ouverte aux journalistes professionnels exerçant dans un média (presse écrite, en ligne, audiovisuelle) de droit burkinabè. Les journalistiques retenus pour le PRIX-GIRE sont : l’enquête, le grand reportage, le magazine et le documentaire. Les œuvres doivent produites en langue française. Les deux meilleures œuvres (1ère et 2e) de chaque genre journalistique seront primées. Les prix seront respectivement de 1 000 000 F CFA et 750 000 F CFA. Les œuvres recevables sont celles qui ont été publiées ou diffusées entre le 1er avril 2021 et le 17 février 2022.

Les œuvres sont reçues du 24 janvier au 18 février 2022 tous les jours ouvrables de 9 heures à 16 heures au secrétariat du SP/GIRE, sis côté Ouest du Building Lamizana. Le règlement intérieur du Prix est disponible au secrétariat du SP/GIRE.

Pour plus d’information, contactez le service communication au 78 47 66 59/ 76 54 26 16

                                     Le Secrétaire Permanent

                                         Moustapha CONGO»

 

 

Burkina : Réouverture des frontières aériennes

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Ce communiqué du MPSR est relatif à la réouverture des frontières aériennes du Burkina Faso à compter de ce mardi 25 janvier 2022.

Burkina : Le MPSR au pouvoir !

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Les membres du MPSR à la TNB pour livrer leur message

Le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) a annoncé ce lundi avoir pris le pouvoir et mis fin ce lundi au pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré.

Les membres du MPSR à la TNB pour livrer leur message

Dans leur message lu à la Télévision nationale du Burkina en fin d’après-midi, les militaires ont annoncé également la suspension la suspension de la Constitution, la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale, la fermeture des frontières terrestres et aériennes et un couvre-feu de 21 h  à 5 h du matin sur toute l’étendue du territoire national.

En outre, ils ont indiqué que l’opération de prise de pouvoir s’est faite sans effusion de sang.

Burkina Demain

MPSR : A la découverte du président Paul-Henri Sandaogo Damiba !

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Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est le président du MPSR Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR)

Officier supérieur d’infanterie des Forces armées burkinabè âgé de 41 ans et diplômé de l’école militaire de Paris, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est le président du MPSR Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) qui a annoncé avoir pris le pouvoir.

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est le président du MPSR Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR)

Titulaire d’un Master 2 en sciences criminelles du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) de Paris et d’une certification d’expert de la Défense en management, commandement et stratégie ; il est un élément de l’ex- Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dissout en 2015. Depuis lors, Paul Henri S. Damiba a servi par la suite dans d’autres    unités : à Dori comme commandant du 11e Régiment d’Infanterie Commando (RIC), à Ouahigouya comme commandant du 2e RIC ; Chef de corps du 30ème Régiment de commandement d’appui et de soutien (RCAS) basé au camp Gal Baba Sy à Ouagadougou. Après le drame d’Inata, il a été nommé Commandant de la 3e Région militaire.

Burkina Demain

NAB sur la situation nationale : ‘’ Il nous faut ensemble exorciser le signe indien de notre pouvoir suprême’’

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NAB invite à exorciser le signe indien de notre pouvoir suprême

‘’ Sans présager de ce qui va suivre, il nous faut ensemble exorciser le signe indien de notre pouvoir suprême. Depuis Ouezzin Coulibaly, il y a comme une malédiction attachée à la haute fonction de l’Etat. Aucun de nos présidents n’a tranquillement conduit son mandat à son terme’’. Ceci est un extrait de la réaction de  Ahmed Newton Barry sur la situation nationale.

NAB invite à exorciser le signe indien de notre pouvoir suprême

‘’Diriger les Burkinabè est sans doute une des tâches les plus éreintantes et les plus ingrates aussi.

Il a fait ce qu’il a pu, avec l’intelligence qui était la sienne. Il aurait dû, comme il le présentait lui-même, démissionner depuis Solhan. Il n’a pas su où pu s’affranchir des carcans intéressés qui l’emmuraient. L’aurait-il fait qu’il aurait permis que le régime s’oxygène (le MPP était neuf par sa création, mais vieux par ses gènes clonés depuis l’ODP/MT) et préserver à la fois nos institutions et notre démocratie chèrement acquise au prix du sang.

Sans présager de ce qui va suivre, il nous faut ensemble exorciser le signe indien de notre pouvoir suprême. Depuis Ouezzin Coulibaly, il y a comme une malédiction attachée à la haute fonction de l’Etat. Aucun de nos présidents n’a tranquillement conduit son mandat à son terme.

En attendant le compte n’est pas reluisant. Roch était le dixième président, en comptant à partir de Ouezzin. Lui aussi ne finira pas son mandat. Il ne passera pas le témoin au terme d’un mandat démocratique à un successeur normalement élu par les Burkinabè.

On peut, dans notre colère-frustration légitime l’accabler. Il faudra cependant, s’interroger sur ce qui ne va pas ? Pourquoi nous n’y arrivons pas ? Dix présidents, sur 60 ans environ, avec zéro réussite à passer démocratiquement le témoin, ça doit nous interroger? Il est impossible d’imaginer qu’aucun des dix n’était bon? C’est d’ailleurs le contraire, puisque deux d’entre-eux, au moins, sont élevés au panthéon de l’estime national ; Lamizana et Sankara.

Il arrive un moment, où nous devons accepter nous regarder dans la glace.

La page de Roch est sans doute tournée. Ce n’est plus pour lui que nous disposons. Les actuels et ceux à venir ont du souci à se faire, si la « malédiction » n’est pas exorcisée.

Évitons surtout de nous river sur le rétroviseur. La première déclaration du MPSR a eu l’élégance de ne pas faire dans l’insulte et l’accablement du président qui est par terre. Faut-il y voir un signe ?

Dieu aide, ceux qui s’aident!

NAB Ahmed Newton Barry’’

Burkina : Démission actée du président Kaboré !

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Le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré s'est démis de ses fonctions

La démission du président Roch Marc Christian Kaboré a-t-elle précédé la déclaration de prise de pouvoir du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) de ce lundi 24 janvier 2022 ?  En tous les cas, le document de la démission du Président Faso n’a pas tardé à circuler.

Le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré s’est démis de ses fonctions

Si la démission du président Kaboré est actée, des  zones d’ombre demeurent encore sur les lieux de détention du président déchu et des autres personnes arrêtées. « Elles sont en lieux sûrs », ont indiqué les membres du MPSR dans leur déclaration de prise de pouvoir.

Burkina Demain

 

 

Afrique de l’Ouest : ‘’L’extrême pauvreté a augmenté de près de 3 % en 2021’’

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L’extrême pauvreté en d’Afrique de l’Ouest a augmenté de près de 3 % en 2021. C’est la donnée d’une étude de suivi de l’impact socio-économique de la COVID-19 dans la région et dont les résultats ont été publiés ce jeudi à Abuja par Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Plus de précisions dans ce Communiqué de presse conjoint CEDEAO CEA PAM.

‘’Communiqué de presse conjoint CEDEAO/CEA/PAM

20 janvier 2022

L’EXTREME PAUVRETE AUGMENTE EN AFRIQUE DE L’OUEST A CAUSE DE LA PANDEMIE DE COVID-19

Abuja (Nigeria) – L’extrême pauvreté dans la région d’Afrique de l’Ouest a augmenté de près de 3 pourcents en 2021 selon le rapport de suivi de l’impact socio-économique de la COVID-19 en Afrique de l’Ouest rendu public, ce matin, par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Le rapport, qui a été élaboré en partenariat avec le Bureau sous régional pour l’Afrique de l’Ouest de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM), précise que la proportion de personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour est en hausse passant de 2,3 % en 2020 à 2,9 % en 2021. L’endettement des pays de la région a aussi augmenté dans un contexte marqué par une reprise économique lente, un rétrécissement de l’espace fiscal et une faible mobilisation des ressources.

Réalisée en 2021, cette étude sur l’impact socioéconomique de la COVID19 fait ressortir les effets des mesures barrières contre la pandémie, notamment la fermeture des frontières, les restrictions de mouvements, la perturbation des chaînes d’approvisionnement.  L’ensemble de ces mesures a eu un impact négatif sur les activités génératrices de revenus, et entrainé la hausse des prix des denrées sur les marchés. Les personnes les plus touchées sont celles qui dépendent de sources de revenus instables comme les petits commerçants, les vendeurs de rue et les travailleurs occasionnels.

Cette détérioration de la situation économique a eu un impact négatif sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle des femmes, hommes et enfants. Plus de 25 millions de personnes en Afrique de l’Ouest ne sont pas en mesure de répondre à leurs besoins alimentaires de base dans la région, soit une hausse de 34% par rapport à 2020.  La situation est plus grave dans les zones touchées par les conflits comme le bassin du Lac Tchad, le Liptako-Gourma et le Sahel, poussant les ménages à vendre leurs biens et moyens d’existence pour satisfaire leurs besoins alimentaires.

« La crise sanitaire à coronavirus a particulièrement annihilé les acquis en matière de lutte contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition engrangés par la CEDEAO et ses Etats membres » a déclaré Sekou SANGARE, Commissaire en charge de l’Agriculture, de l’Environnement et des Ressources en Eau à la Commission de la CEDEAO. « S’il faut se féliciter de la réaction des gouvernements à travers leurs actions de mitigations prises, il faut néanmoins s’inquiéter des effets résiduels de la crise sanito-économique qui risquent de continuer à perturber, pendant longtemps, les systèmes alimentaires et de compromettre l’accès des populations à la nourriture en raison des multiples dynamiques » a-t-il poursuivi.

La publication de ce rapport intervient dans un contexte marqué par une économie régionale toujours fragile et insuffisamment dynamique pour permettre aux familles de retrouver leur situation de bien-être social et économique d’avant la crise.  Ces résultats fournissent donc des éléments d’appréciation, permettant aux acteurs publics et privés, d’apporter des réponses idoines et résolues aux conséquences néfastes de la pandémie de COVID-19 sur la vie des populations d’Afrique de l’Ouest.

« Les conséquences socioéconomiques de la COVID-19 appellent à des actions immédiates et concertées ciblant les causes profondes de la vulnérabilité des populations.  Le coût de l’inaction sera plus élevé pour une population déjà confrontée à de nombreuses crises dans la région » a déclaré, Chris Nikoi, Directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’ouest.

La Directrice du bureau sous régional pour l’Afrique de l’Ouest de la CEA, Ngone DIOP, a souligné que l’un des points forts du partenariat CEDEAO-PAM-CEA a été de « réaliser une enquête en ligne, qui sur les deux éditions a mobilisé près de 8 000 répondants ».

Madame Diop, a aussi indiqué que « baser nos analyses sur des données primaires, de première main, émanant des ménages directement impactés par la crise sanitaire permet d’offrir aux décideurs aux niveaux régional et national des options de politique pertinentes et mieux ciblées. »

Depuis le début de la pandémie en 2020, la CEDEAO et ses partenaires ont mis en œuvre diverses mesures économiques et financières pour répondre à l’augmentation des besoins induits par la COVID-19 dans la région. En étroite collaboration avec l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), la CEDEAO a mobilisé près de 38 millions de dollars au cours du premier semestre 2021 pour répondre aux besoins des populations.

Les États membres de la CEDEAO, notamment avec l’appui de leurs partenaires techniques dont le PAM, ont mis en place une expansion sans précédent de programmes de protection sociale, ainsi que des distributions alimentaires, pour les communautés les plus vulnérables. Au Mali et au Niger, par exemple, le PAM, en partenariat avec l’UNICEF et avec le financement de la coopération allemande, soutient 1.4 million de personnes et contribue au renforcement des systèmes nationaux de protection sociale en vue de les rendre plus réactifs aux chocs, et plus sensibles à la nutrition. 

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Pour plus d’informations, veuillez contacter :  

–              Monka Sandra OULATE, Directrice de la Communication de la CEDEAO ; Tél : +234 8102507938 – Email : soulate@ecowas.int    

–              Tahirou GOURO, Charge de communication, CEA-BSR/AO ; Email : gouro2@un.org   

–              Djaounsede MADJIANGAR, Responsable régional de la Communication PAM/Dakar : Tel. +221 77 639 42 71 ; Email : djaounsede.madjiangar@wfp.org  

Suivez-nous sur: Twitter: @wfp_media; @WFP_WAfrica et @WFP_FR et @ecowas_cedeao et  @ECA_OFFICIAL

Facebook: Ecowas-Cedeao; www.facebook.com/wfp.westafrica et Uneca Srowa’’

Violations des droits numériques au Burkina : 10 OSC déplorent et dénoncent la récurrence

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Ceci est une Déclaration commune des OSC-Organisations de la société civile- sur les   violations récurrentes des droits numériques au Burkina Faso.

‘’ DÉCLARATION COMMUNE DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE

LES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE DEPLORENT ET DENONCENT LA RECURRENCE DES VIOLATIONS DES DROITS NUMERIQUES AU BURKINA FASO

Depuis quelques temps, nous constatons avec grande déception que le Burkina Faso s’est inscrit malheureusement dans la liste des pays qui font de la violation des droits numériques, un moyen d’interdire les contestations, parfois légitimes, des populations.

En effet, du 20 au 28 novembre 2021 soit pendant 192 heures, les populations vivant au Burkina Faso ont subi une coupure de l’accès à l’internet mobile sans information préalable du public. Cette suspension fut par la suite revendiquée par le gouvernement à travers un communiqué du Ministre en charge de la communication et porte-parole du gouvernement, le 22 novembre 2021 soit 72 heures après l’interruption de l’internet mobile. Dans ledit communiqué, le gouvernement a soutenu que cette mesure était fondée sur les articles 44 à 46 de la loi N°061-2008 du 27 novembre 2008 portant réglementation générale des réseaux et services de communications électroniques au Burkina Faso. Toutefois, cette justification demeure contestable car ces dispositions sont relatives aux opérateurs de réseaux de télécommunications et donc sans pertinence évidente pour les consommateurs.

Depuis le lundi 10 janvier 2022, nous avons encore constaté des restrictions à l’accès à certaines plateformes via l’internet mobile. Il s’agit essentiellement de WhatsApp et de Facebook. Si WhatsApp est désormais accessible, l’accès à Facebook demeure difficile sans que ni le gouvernement, ni les opérateurs de téléphonie, ni l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) ne daignent donner des explications sur les motivations de telles restrictions.

Cette récurrence dans la suspension inopinée de l’internet mobile porte indéniablement atteinte aux droits des populations à l’information, à la liberté d’expression, voire aux libertés d’association et de manifestation, droits pourtant garantis par notre constitution et par les instruments internationaux et régionaux ratifiés par le Burkina Faso.

Il convient de rappeler au gouvernement que dans une résolution adoptée en 2016 portant sur la promotion, la protection et l’exercice des droits de l’homme sur Internet (A/HRC/32/L.20), le Conseil des droits de l’homme des Nations unies affirme que : « Les mêmes droits dont les personnes disposent hors ligne doivent être aussi protégés en ligne, en particulier la liberté d’expression, qui est applicable indépendamment des frontières et quel que soit le média que l’on choisisse, conformément aux articles 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ». Ainsi donc, le droit d’accès à internet est un droit de l’homme et mérite d’être respecté. Sur le fondement du principe de l’interdépendance des droits, nous rappelons que porter atteinte à l’accès à internet impacte aussi bien les droits civils et politiques que les droits économiques sociaux et culturels dans un contexte de forte tension et de crise. En effet, ces restrictions ont un impact négatif et représentent également un manque à gagner indéniable pour les acteurs de l’économie numérique du secteur privé, du secteur informel et du secteur public alors que ces entreprises numériques doivent continuer à :

–              Payer leur personnel ;

–              Payer les impôts ;

–              Gérer les charges fixes de leurs entreprises.

La viabilité de ces entreprises est menacée et les conséquences impacteront évidemment l’employabilité des jeunes et des femmes.

Bon nombre des activités de ces entreprises du secteur numérique n’existent en effet que par le canal des médias sociaux, et derrière ces activités commerciales, existe parfois toute une chaine d’approvisionnement et de transformation de produits locaux organisée par des petits producteurs notamment des femmes et des jeunes dont les activités peuvent parfois manquer de visibilité.

Loin de faire baisser la tension sociale, de telles restrictions pourraient créer le lit d’une explosion sociale et favoriser une expression violente du rejet de toute oppression.

Investies dans le monitoring des atteintes à l’espace démocratique, notamment de l’information en ligne et le signalement des discours de haine, nos organisations reconnaissent que nombre de personnes font des réseaux sociaux un usage non éthique et inapproprié avec la diffusion de fausses nouvelles, de messages qui s’apparentent à la haine et de contenus susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale.  Toutefois, nous rappelons au gouvernement que l’action de quelques individus ne sauraient constituer un motif pour restreindre l’accès de tous à l’internet mobile ou aux plateformes numériques. Conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, les restrictions des droits humains doivent respecter certaines exigences minimales et suivre une procédure particulière. En effet l’Article 4 dudit Pacte prescrit que : « 1. Dans le cas où un danger public exceptionnel menace l’existence de la nation et est proclamé par un acte officiel, les Etats parties au présent Pacte peuvent prendre, dans la stricte mesure où la situation l’exige, des mesures dérogeant aux obligations prévues dans le présent Pacte, sous réserve que ces mesures ne soient pas incompatibles avec les autres obligations que leur impose le droit international et qu’elles n’entraînent pas une discrimination fondée uniquement sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion ou l’origine sociale.

2 La disposition précédente n’autorise aucune dérogation aux articles 6, 7, 8 (par. 1 et 2), 11, 15, 16 et 18.

3 Les Etats parties au présent Pacte qui usent du droit de dérogation doivent, par l’entremise du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, signaler aussitôt aux autres Etats parties les dispositions auxquelles ils ont dérogé ainsi que les motifs qui ont provoqué cette dérogation. Une nouvelle communication sera faite par la même entremise, à la date à laquelle ils ont mis fin à ces dérogations. »

Il en découle que les restrictions aux droits humains liés à internet devraient cumulativement :

-poursuivre un objectif ou un but légitime ;

-être expressément fixées par une loi ;

-être nécessaires au respect des droits ou de la réputation d’autrui, à la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publiques ;

-être proportionnées dans une société démocratique ;

-être conformes aux normes internationales en matière de droits humains.

Au regard de la situation et le manque d’informations précises sur les motifs des restrictions en vigueur, nous avons des raisons objectives de croire que ces restrictions au droit d’accès à internet passées et celles en vigueur sont abusives et constitutives de violation des droits des populations auxquelles le gouvernement doit mettre un terme.

Dans l’optique de la sauvegarde des droits numériques, nous recommandons :

Au gouvernement de :

1 rétablir immédiatement l’accès total à internet pour toutes et tous sans aucune restriction et assurer la protection de l’expression des libertés sur internet ;

2 respecter les principes de légalité, de légitimité et de proportionnalité en cas de restrictions et de s’abstenir de toute restriction ultérieure injustifiée aux droits numériques des populations ;

3 renforcer la collaboration avec les plateformes sociales (Facebook, WhatsApp, Instagram, Messenger, Signal, Telegram, etc.) pour une prise en charge rapide des contenus véritablement nuisibles et dangereux ;

4 engager immédiatement une vaste campagne d’éducation à l’utilisation éthique et responsable de l’internet et en particulier des réseaux sociaux ;

5 réviser les curricula scolaires afin d’y rajouter un module sur le comportement responsable sur Internet.

Aux plateformes sociales numériques de :

1 mener ou soutenir des campagnes de sensibilisation et d’éducation aux comportements responsables sur leurs plateformes ;

2 améliorer la détection et la prise en charge rapide des contenus véritablement nuisibles sur leurs plateformes, notamment les discours de haine, les fausses nouvelles et les contenus susceptibles de porter gravement atteinte à la sécurité et à la défense nationale ;

3 mettre en place des mécanismes de détection proactive des images utilisées hors contexte ;

4 mettre en place des équipes qui comprennent les langues locales pour une prise en charge adéquate des contenus indésirables ou nuisibles diffusés en langues nationales ;

5 réduire sensiblement le temps d’attente pour la prise en charge des contenus nuisibles après signalement ;

6 collaborer avec la société civile pour la conduite d’actions de sensibilisation sur l’utilisation éthique et responsable des réseaux sociaux, et sur le monitoring et le signalement des contenus nuisibles ;

7 développer des collaborations avec les vérificateurs de faits locaux ; cela doit comprendre l’organisation à leur profit de sessions de renforcement de capacités, etc.

Aux organisations de la société civile et aux populations de :

1 renforcer les campagnes d’éducation aux médias sociaux, notamment l’information et la sensibilisation sur l’utilisation éthique et responsable des réseaux sociaux, et sur le monitoring et le signalement des contenus nuisibles ;

2 s’investir dans la régulation des usages inappropriés de l’internet et des réseaux sociaux par le signalement des contenus nuisibles aux plateformes en vue d’une prise en charge adéquate ;

3 développer la collaboration avec les plateformes sociales et les institutions publiques afin de mener la sensibilisation et la lutte contre les fausses nouvelles et les contenus nuisibles ;

4 s’abstenir de transférer des informations qui ne sont pas de sources fiables et de ne pas se rendre complices de toute atteinte à la sécurité et à la défense nationale.

Fait à Ouagadougou le 20 janvier 2022

Ont signé :

1 Centre d’Information et de Formation en matière de Droits Humains en Afrique (CIFDHA) ;

2 Mys’tic Burkina

3 Centre pour la Qualité du Droit et la Justice (CQDJ)

4 Association des Blogueurs du Burkina (ABB)

5 Mouvement Burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP)

6 Internet sans frontières (ISF) Afrique

7 Centre pour la gouvernance démocratique (CGD)

6 Centre d’information et de documentation citoyennes (CIDOC)

7 Amnesty International Burkina Faso (AIBF)

8 Open Burkina

9 Association Semfilms

10 Association des éditeurs de presse et médias en ligne (AEPML)