En cette matinée de ce lundi 27 novembre 2017, s’il y a une place à Ouaga, qui semblait prête pour accueillir le président français Emmanuel Macron, attendu dans la capitale sous le coup de 22 h, c’est bien l’Université. «Bienvenue-NeyWaongo-Aw dansè-Fofo», pouvait-on lire dès 6 h sur une banderole à l’entrée du temple du savoir burkinabè.
A l’université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo, si le décor ce lundi 27 novembre indiquait clairement que l’on était prêt à accueillir le président français Emmanuel Macron, les esprits et les préoccupations étaient ailleurs.
«Je ne suis courant qu’il vient à l’université mais je ne serai pas pour l’accueillir», confie une employée d’une entreprise située à l’université de Ouagadougou, l’UO, comme on dit. Mais, pourquoi n’alliez-vous pas l’accueillir ? «Rien», assuret-elle. Rien ? «Rien seulement».
Un étudiant, Séni Sawadogo, qui sortait de l’UO a eu la même attitude. La preuve certainement que les esprits et les préoccupations sont ailleurs.
Par exemple ce professeur de l’Institut burkinabè des arts et médias (IBAM), Désiré Ouédraogo, pour ne pas le citer, était plus préoccupé par son document de doctorat. Pour autant, assure-t-il, il n’est pas contre cette visite de Macron. Mieux, il invite les uns et les autres à lui réserver un accueil chaleureux. «Mais, cela ne doit pas empêcher qu’on lui dise dans la courtoisie et le respect certaines vérités si c’est nécessaire».
C’est aux environs de 11-12 h que le président Emmanuel Macron s’adressera à la jeunesse du Burkina et de l’Afrique depuis l’UO
En rappel, c’est à l’université de Ouagadougou qu’Emmanuel Macron livrera son discours sur la nouvelle politique africaine de la France.
Discours beaucoup attendu au regard des attentes placées en cette visite de Macron par les uns et les autres. C’est aux environs de 11-12 h que le président Emmanuel Macron s’adressera à la jeunesse burkinabè et africaine.
Le parti de l’Alliance pour la Renaissance, la Démocratie et l’Intégration (ARDI) a clôturé les travaux de son 2ème congrès ordinaire ce samedi 25 novembre 2017. Le congrès s’est achevé avec le discours de clôture du président du parti Ousmane Danfodio Diallo. Ce fut l’occasion pour les militants de traduire leur engagement à travers des résolutions, des recommandations mais aussi par des motions de dénonciation, de condamnation et de soutien.
C’est sous le thème « le communisme libéral : notre voie » que s’est déroulé ces deux jours de congrès ordinaire du parti ARDI. Son président, a dans son discours encouragé et félicité les militants pour leur mobilisation à la cause du parti.
Le communisme libéral serait la voie pour le développement du Burkina Faso à en croire le parti ARDI. Pour son président, Ousmane Diallo, « toutes les idéologies ont connu des échecs cuisants et successifs dans notre pays ». C’est pourquoi il propose comme solutions aux préoccupations du peuple burkinabè, le communisme libéral.
Ce qui convient le mieux aujourd’hui pour les burkinabè, c’est une alternance alternative qui « n’est rien d’autre que le communisme libéral » a déclaré le président.
Sur la situation nationale, Ousmane Diallo a attiré l’attention des dirigeants sur ce qu’il a appelé « la persistance des pratiques de l’ancien régime », puisque dit-il « leur façon de faire la politique n’a pas changé ».
Les travaux du congrès de ces deux jours ont permis aux militants d’aboutir à des motions, à des résolutions, de faire des recommandations et des condamnations. Lesquelles motions ont porté sur la question sécuritaire, celle de l’emploi, du chômage, des travailleurs, de la situation universitaire et de l’autorité de l’Etat.
Le président de ARDI, Ousmane Danfodio Diallo
Sur la résolution portant sur la situation universitaire, Solange Poda, la représentante des étudiantes a exprimé leur regret au regard des chevauchements des années universitaires, des difficultés de l’application de système LMD etc. Pour tout cela, ses camarades et elle, ont pris engagement de saisir les autorités universitaires et gouvernementales afin de les exhorter à trouver des solutions rapides aux problèmes qui minent les universités.
Les militants ont par une motion dénoncé les pratiques esclavagistes en Lybie. Ils ont invité l’Union Africaine à diligenter une enquête afin de situer les responsabilités, puis de la suspension de la Lybie à l’Union et à l’ONU.
Ils disent apporter tout leur soutien aux forces de défense et de sécurité pour la lutte contre le terrorisme.
L'exercice du président Emmanuel Macron s'annonce difficile
C’est ce lundi, sous le coup de 22 h que le président français Emmanuel Macron est attendu à Ouagadougou. Il est surtout attendu ce mardi 28 novembre à l’université Ouaga I Joseph Ki-Zerbo , pour son discours sur la nouvelle politique africaine de la France. Vraisemblablement, la tradition devrait être respectée dans cet exercice qui s’annonce quand même compliqué au regard du contexte, ce qui obligera Macron à faire à la fois du Sarkozy et du Hollande, voire du De Gaulle qui dès la conférence de Brazzaville de janvier 1944, affirmait la nécessité d’engager les ex-colonies «sur la route des temps nouveaux», pour parler d’émancipation. Depuis chaque leader français qui arrive, a son vocabulaire pour évoquer la situation des relations franco-africaines.
L’exercice du président Emmanuel Macron s’annonce difficile
Dans son discours de Dakar du 12 octobre 2012, François Hollande avait bien campé le décor pour son pays. «L’Afrique subsaharienne est la première priorité de la politique de la France». Le reste a été une question de discours politique franco-africain, tant Chez Hollande que chez son prédécesseur Nicolas Sarkozy qui dans son discours de 2007, toujours à Dakar, indiquait ceci :
«L’Afrique ne veut pas de la charité. L’Afrique ne veut pas d’aide. L’Afrique ne veut pas de passe-droits. Ce que veut l’Afrique et ce qu’il faut lui donner, c’est la solidarité, la compréhension et le respect. Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on prenne son avenir en main, ce n’est pas que l’on pense à sa place, ce n’est pas que l’on décide à sa place».
Paraphrasant Senghor, Hollande dira que c’est épaule contre épaule que la France et l’Afrique avanceront ensemble.
Quelle marge de manœuvre pour Macron ?
Au regard de ce qui a déjà été dit par ses prédécesseurs pour convaincre les Africains que quelque chose avait changé dans leurs relations avec la France, Macron n’aura plus à réinventer la roue. Il aura par exemple du mal à ne s’inspirer de cette recette de Hollande : «Le respect, c’est la franchise. Elle doit être réciproque. Je ne céderai pas à la tentation de la complaisance, et je n’en attends pas non plus en retour. Nous devons tout nous dire. Cette sincérité vaut en particulier pour le respect des valeurs fondamentales : la liberté des médias, l’indépendance de la justice, la protection des minorités. Car, sans État de droit, il ne peut y avoir de fonctionnement normal de l’État, ni d’investissement durable des entreprises, ni de société en paix. Nous devons enfin être particulièrement engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes.»
Ce qu’avait dit Nicolas Sarkozy pourrait valoir aussi son pesant d’or pour Macron : «Ce que veut la jeunesse africaine, c’est pouvoir faire des études, c’est pouvoir travailler, c’est pouvoir vivre décemment. C’est, au fond, ce que veut toute l’Afrique. L’Afrique ne veut pas de la charité. L’Afrique ne veut pas d’aide. L’Afrique ne veut pas de passe-droits. Ce que veut l’Afrique et ce qu’il faut lui donner, c’est la solidarité, la compréhension et le respect. Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on prenne son avenir en main, ce n’est pas que l’on pense à sa place, ce n’est pas que l’on décide à sa place».
Bref, à quelques degrés près, Emmanuel Macron devrait faire du Sarkozy et du Hollande, sans être l’un et l’autre.
En tous les cas, en affirmant en juillet dernier que le «défi de l’Afrique est civilisationnel», Emmanuel Macron reprenait à sa façon, «L’Afrique n’est pas assez entrée dans l’histoire» de Nicolas Sarkozy.
Pour savoir où l’on va, il est recommandé de savoir d’où l’on vient. Alors que l’on attend de savoir le discours que le président français Emmanuel Macron prononcera, ce mardi à l’Université Ouaga I Joseph Ki-Zerbo, sur les relations franco-africaines ; nous vous proposons le discours prononcé à Dakar le 26 juillet 2007 à l’université Cheikh Anta Diop par l’un de ses prédécesseurs, en l’occurrence Nicolas Sarkozy.
Le président Nicolas Sarkozy
« Mesdames et Messieurs,
Je veux, ce soir, m’adresser à tous les Africains, qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue, qui n’ont pas la même religion, qui n’ont pas les mêmes coutumes, qui n’ont pas la même culture, qui n’ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l’Afrique. […]
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour m’apitoyer sur votre sort parce que votre sort est d’abord entre vos mains. Que feriez-vous, fière jeunesse africaine, de ma pitié ?
Je ne suis pas venu effacer le passé, car le passé ne s’efface pas.
Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes, car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.
Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, ce fut un crime contre l’humanité tout entière. […]
Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.
Jeunes d’Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance. Je suis venu vous dire que je ressens la traite et l’esclavage comme des crimes envers l’humanité. Je suis venu vous dire que votre déchirure et votre souffrance sont les nôtres et sont donc les miennes.
Je suis venu vous proposer de regarder ensemble, Africains et Français, au-delà de cette déchirure et au-delà de cette souffrance. […]
Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble l’avenir. […]
L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. On s’est entre-tué en Afrique au moins autant qu’en Europe. Mais il est vrai que jadis les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de vos pères. Ils ont dit à vos pères ce qu’ils devaient penser, ce qu’ils devaient croire, ce qu’ils devaient faire. Ils ont coupé vos pères de leur passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines. Ils ont désenchanté l’Afrique.
Ils ont eu tort. […]
Ils ont voulu convertir l’homme africain, ils ont voulu le façonner à leur image, ils ont cru qu’ils avaient tous les droits, ils ont cru qu’ils étaient tout-puissants, plus puissants que les dieux de l’Afrique, plus puissants que l’âme africaine, plus puissants que les liens sacrés que les hommes avaient tissés patiemment pendant des millénaires avec le ciel et la terre d’Afrique, plus puissants que les mystères qui venaient du fond des âges.
Ils ont eu tort.
Ils ont abîmé un art de vivre. Ils ont abîmé un imaginaire merveilleux. Ils ont abîmé une sagesse ancestrale.
Ils ont eu tort. […]
Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.
Il a pris, mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs. […]
La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution.
Mais la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant. […]
La colonisation fut une grande faute, mais de cette grande faute est né l’embryon d’une destinée commune. Et cette idée me tient particulièrement à cœur.
La colonisation fut une faute qui a changé le destin de l’Europe et le destin de l’Afrique et qui les a mêlés. Et ce destin commun a été scellé par le sang des Africains qui sont venus mourir dans les guerres européennes.
Et la France n’oublie pas ce sang africain versé pour sa liberté. […]
Je veux vous dire, jeunes d’Afrique, que le drame de l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art, de sa pensée, de sa culture. Car, pour ce qui est de l’art, de la pensée et de la culture, c’est l’Occident qui s’est mis à l’école de l’Afrique. […]
Je veux donc dire à la jeunesse d’Afrique que le drame de l’Afrique ne vient pas de ce que l’âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l’homme africain est aussi logique et raisonnable que l’homme européen. […]
Mais je suis aussi venu vous dire qu’il y a en vous, jeunes d’Afrique, deux héritages, deux sagesses, deux traditions qui se sont longtemps combattues : celle de l’Afrique et celle de l’Europe.
Je suis venu vous dire que cette part africaine et cette part européenne de vous-mêmes forment votre identité déchirée.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, vous donner des leçons. […]
Mais je suis venu vous dire que la part d’Europe qui est en vous est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’Occident mais que cette part d’Europe en vous n’est pas indigne. […]
Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. Le paysan africain qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. […]
Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.
Le problème de l’Afrique, et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’Histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire.
Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé. […]
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à regarder son accession à l’universel non comme un reniement de ce qu’elle est mais comme un accomplissement.
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à se sentir l’héritière de tout ce qu’il y a d’universel dans toutes les civilisations humaines. […]
Le défi de l’Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s’enfermer parce qu’ils savent que l’enfermement est mortel.
Les civilisations sont grandes, à la mesure de leur participation au grand métissage de l’esprit humain.
La faiblesse de l’Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage. Elle a payé cher, l’Afrique, ce désengagement du monde qui l’a rendue si vulnérable. Mais, de ses malheurs, l’Afrique a tiré une force nouvelle en se métissant à son tour. Ce métissage, quelles que fussent les conditions douloureuses de son avènement, est la vraie force et la vraie chance de l’Afrique au moment où émerge la première civilisation mondiale. […]
Ne vous laissez pas, jeunes d’Afrique, voler votre avenir par ceux qui veulent vous exproprier d’une histoire qui vous appartient aussi parce qu’elle fut l’histoire douloureuse de vos parents, de vos grands-parents et de vos aïeux.
N’écoutez pas, jeunes d’Afrique, ceux qui veulent faire sortir l’Afrique de l’Histoire au nom de la tradition parce qu’une Afrique ou plus rien ne changerait serait de nouveau condamnée à la servitude. […]
Écoutez plutôt, jeunes d’Afrique, la grande voix du président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l’Histoire avaient placé l’Afrique. […]
Ouvrez les yeux, jeunes d’Afrique, et ne regardez plus, comme l’ont fait trop souvent vos aînés, la civilisation mondiale comme une menace pour votre identité mais la civilisation mondiale comme quelque chose qui vous appartient aussi.
Dès lors que vous reconnaîtrez dans la sagesse universelle une part de la sagesse que vous tenez de vos pères et que vous aurez la volonté de la faire fructifier, alors commencera ce que j’appelle de mes vœux, la Renaissance africaine. […]
Dès lors que vous regarderez bien en face la réalité de l’Afrique et que vous la prendrez à bras-le-corps, alors commencera la Renaissance africaine. Car le problème de l’Afrique, c’est qu’elle est devenue un mythe que chacun reconstruit pour les besoins de sa cause. […]
La Renaissance dont l’Afrique a besoin, vous seuls, jeunes d’Afrique, vous pouvez l’accomplir parce que vous seuls en aurez la force. […]
La Renaissance de l’Afrique commencera en apprenant à la jeunesse africaine à vivre avec le monde, non à le refuser. […]
Alors, je sais bien que la jeunesse africaine ne doit pas être la seule jeunesse du monde assignée à résidence. Elle ne peut pas être la seule jeunesse du monde qui n’a le choix qu’entre la clandestinité et le repliement sur soi.
Elle doit pouvoir acquérir hors d’Afrique la compétence et le savoir qu’elle ne trouverait pas chez elle.
Mais elle doit aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents qu’elle aura développés. Il faut revenir bâtir l’Afrique ; il faut lui apporter le savoir, la compétence, le dynamisme de ses cadres. Il faut mettre un terme au pillage des élites africaines dont l’Afrique a besoin pour se développer. […]
Ce que veut la jeunesse d’Afrique, c’est que sa dignité soit préservée.
C’est pouvoir faire des études, c’est pouvoir travailler, c’est pouvoir vivre décemment. C’est, au fond, ce que veut toute l’Afrique. L’Afrique ne veut pas de la charité. L’Afrique ne veut pas d’aide. L’Afrique ne veut pas de passe-droits.
Ce que veut l’Afrique et ce qu’il faut lui donner, c’est la solidarité, la compréhension et le respect.
Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on prenne son avenir en main, ce n’est pas que l’on pense à sa place, ce n’est pas que l’on décide à sa place».
Pour savoir où l’on va, il est recommandé de savoir d’où l’on vient. Alors que l’on attend de savoir le discours que prononcera le président français Emmanuel Macron prononcera, ce mardi à l’Université Ouaga I Joseph Ki-Zerbo, sur les relations franco-africaines ; il n’est pas inopportun de revisiter le discours de son prédécesseur François Hollande. Discours prononcé le 12 octobre 2012 à Dakar.
Le président François Hollande
«Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs,
Je mesure l’honneur que vous me faites en m’invitant à m’exprimer au sein de votre Assemblée. J’y vois un double symbole, celui de la vitalité de votre démocratie et celui de la force du lien qui unit nos deux pays.
J’effectue ici, à Dakar, mon premier déplacement en Afrique depuis l’élection qui m’a porté à la présidence de la République française. Ce choix est celui de l’amitié. Il est aussi et surtout celui de l’avenir.
Note amitié est fondée sur notre histoire. Une histoire belle, cruelle, rebelle.
Une histoire qui nous lègue une langue en partage, mais aussi une culture politique en commun.
Je pense en cet instant à Blaise Diagne, et à ses successeurs, qui ont activement participé aux travaux du parlement français après la guerre. Je pense à Léopold Sédar Senghor qui fit partie du comité chargé d’élaborer la Constitution de la Ve République.
L’histoire d’une fraternité, aussi. Celle de combats menés ensemble.
La France se souvient qu’en 1914 et en 1940, elle a pu compter sur le concours de nombreux Sénégalais enrôlés de gré ou de force sous le drapeau tricolore et dont le courage a permis à la France d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Par deux fois au cours du siècle dernier, le sang africain a été versé pour la liberté du monde. Nous ne l’oublierons jamais.
Cette histoire a aussi sa part d’ombre. Comme toute nation, la France se grandit lorsqu’elle porte un regard lucide sur son passé.
Je serai cet après-midi sur l’île de Gorée pour rendre hommage à la mémoire des victimes de l’esclavage et de la traite, en présence d’élus des outre-mer français dont j’ai souhaité la présence à mes côtés. L’histoire de l’esclavage, nous devons la connaître, l’enseigner et en tirer toutes les leçons, parce que l’exploitation des êtres humains continue de souiller l’idée même d’humanité. Il nous revient de poursuivre le combat contre ceux qui exploitent la misère et la détresse de jeunes filles, d’enfants, de réfugiés, de migrants. À la Maison des esclaves, qui fait face à l’océan Atlantique, je ne m’inclinerai pas seulement devant l’histoire, je m’engagerai pour la défense de la dignité humaine.
La part d’ombre de notre histoire, c’est aussi la répression sanglante qui, en 1944, au camp de Thiaroye provoqua la mort de 35 soldats africains qui s’étaient battus pour la France. J’ai décidé de donner au Sénégal toutes les archives dont la France dispose sur ce drame afin qu’il puisse les exposer au mémorial sur Thiaroye.
***
Mais la meilleure raison de ma présence ici est que je veux vous parler de l’avenir et d’une valeur universelle que nous défendons ensemble : la démocratie.
Le Sénégal est un exemple pour l’Afrique.
Les trois premiers présidents sénégalais ont su, dans leur diversité, transmettre, tous, le flambeau à leur successeur, permettant à votre pays de réussir des alternances sans déchirement.
Votre Assemblée nationale, devant laquelle je m’exprime, est l’une des seules du continent à avoir exercé la totalité de ses droits, sans interruption, depuis l’indépendance.
Et quand je vois le nombre de femmes, ici, du peuple sénégalais – un nombre qui a doublé par rapport aux dernières élections -, cela m’inspire, au regard de la situation pourtant récemment améliorée en France, une nécessaire modestie…
Voilà ce que nous portons ensemble.
Le respect des droits de l’homme, l’égalité devant la loi, la garantie de l’alternance, les droits des minorités, la liberté religieuse : autant de valeurs universelles ancrées chez vous et qui doivent s’épanouir dans toute l’Afrique.
Je ne suis pas venu en Afrique pour imposer un exemple, ni pour délivrer des leçons de morale. Je considère les Africains comme des partenaires et des amis. L’amitié crée des devoirs : le premier d’entre eux est la sincérité. Nous devons nous parler librement. Nous devons tout nous dire, sans ingérence, mais avec exigence.
La démocratie vaut pour elle-même. Mais elle vaut aussi pour ce qu’elle permet. Il n’y a pas de vrai développement économique ni de vrai progrès social sans pluralisme.
J’ai une conviction profonde : si l’Afrique, berceau de l’humanité, parvient à faire vivre pleinement la démocratie, partout et pour tous, si elle réussit à surmonter les démons de la division, alors, elle sera le continent où se jouera l’avenir de la planète.
L’Afrique est portée par une dynamique démographique sans précédent : la population au sud du Sahara doublera en l’espace de quarante ans – pour atteindre près de 2 milliards de femmes et d’hommes en 2050. Le nombre d’habitants aura été multiplié par dix en un siècle : c’est un changement sans équivalent dans l’histoire humaine. L’Afrique est la jeunesse du monde.
Elle est aussi une terre d’avenir pour l’économie mondiale. Sa croissance, ces dix dernières années, a été supérieure à celle de beaucoup d’autres régions émergentes. Les besoins d’infrastructure sont énormes. La qualité de son agriculture, ses ressources naturelles, ses richesses minières recèlent des possibilités immenses et encore largement inexploitées. Ses paysans, ses artisans, ses étudiants, ses entrepreneurs, ses savants constituent une ressource humaine exceptionnelle.
Les grands pays émergents se tournent vers vous et investissent massivement. Vous n’avez pas à avoir peur de cet intérêt nouveau, à la condition expresse que vous sachiez, grâce à vos institutions et vos pratiques, guider et orienter cet afflux d’hommes et de capitaux, et écarter les prédateurs.
Votre défi, c’est de renforcer la place de votre continent dans la mondialisation. De lui donner une finalité plus humaine, d’y prendre la place qui doit être la vôtre, d’assumer une nouvelle responsabilité. Aucun enjeu planétaire ne pourra être traité sans l’Afrique. Toutes les réponses essentielles passent déjà par votre continent : l’économie, les matières premières, l’environnement, l’énergie, la gouvernance mondiale. Dans toutes les négociations internationales sur ces sujets, la France – et au-delà l’Union européenne, et l’Afrique partagent la même vision de l’avenir. Dans ces négociations, vous êtes notre premier partenaire. Nous sommes votre premier allié. Et notre devoir, c’est de vous accompagner dans les domaines d’avenir : l’agroalimentaire, les télécommunications, les services financiers…
***
C’est vers cette Afrique de demain que je regarde en venant ici au Sénégal.
Le changement viendra d’abord et avant tout des peuples. Les Africains ont pris leur destin en main et ce mouvement ne s’arrêtera pas.
Chaque pays connaît sa propre dynamique et parfois ses rechutes. Chaque pays adapte ses institutions à son histoire ou à ses réalités. Chaque pays est chahuté par des mouvements qui contestent les frontières issues de la colonisation. Mais j’ai confiance, l’Afrique est en marche et les principes sur lesquels elle peut fonder son développement sont ceux que vous portez.
La transparence, vous avez raison de l’exiger de toutes les entreprises qui viennent investir chez vous ou occuper des positions, et notamment dans le secteur minier et forestier.
La bonne gouvernance, car c’est une condition de la stabilité, de la sécurité et de la probité. C’est pourquoi je salue l’initiative du président Sall de lancer une opération de récupération des biens mal acquis. La lutte contre la corruption, les abus financiers et contre l’impunité est l’affaire de tous. Nous devons être intraitables face à ceux qui pourraient se croire autorisés à voler les deniers de leur propre pays ou face à ceux qui viennent chercher des contrats en ne négligeant aucun moyen de pression ou d’influence.
L’égalité, car, si l’Afrique se développe, le nombre de pauvres ne cesse de progresser. Près de la moitié des pays du continent sont en passe d’atteindre les Objectifs du millénaire. Mais trop nombreux sont ceux qui restent au bord du chemin. La question des inégalités est, pour vous comme pour nous, au coeur du message que nos peuples attendent de nous.
Et notamment les femmes, qui, en Afrique, constituent une formidable force de changement et de transformation. Elles sont de plus en plus nombreuses à s’impliquer dans la vie économique et sociale. Elles jouent un rôle majeur auprès de la jeunesse africaine qui représente les deux tiers de la population du continent.
Mais je n’ignore pas les menaces auxquelles vous faites face et les périls que vous affrontez : les crises alimentaires, les changements climatiques, les trafics de toutes sortes, les conflits, les fondamentalistes.
Car nous sommes confrontés au même combat, celui de la dérive identitaire, celui du terrorisme.
Je pense particulièrement au Mali, victime de groupes extrémistes qui font régner la terreur dans le Nord. C’est votre sécurité qui est en jeu, c’est aussi la nôtre, celle de l’Europe qui connaît la valeur inestimable de la paix pour laquelle elle a obtenu aujourd’hui l’illustre récompense du prix Nobel.
Le futur de l’Afrique se bâtira par le renforcement de la capacité des Africains à gérer eux-mêmes les crises africaines.
Les organisations telles que la Cedeao et l’Union africaine se sont imposées dans le traitement des situations de crise en Afrique. C’est encourageant. L’engagement des armées africaines dans le maintien de la paix, au sein des Casques bleus, en est la preuve, je pense au courage des Burundais, Djiboutiens, Éthiopiens, Kényans et Ougandais qui payent un lourd tribut pour libérer la Somalie. Je salue aussi ici les soldats sénégalais engagés dans des opérations de maintien de la paix difficiles, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, en RDC ou au Soudan.
Aujourd’hui, c’est la crise que connaît le nord du Mali, occupé et violenté, qui doit nous fédérer. On en connaît les causes, elles sont multiples. Les pratiques mafieuses de groupes terroristes, les erreurs qui ont marqué la fin de l’intervention en Libye, et notamment le manque de contrôle des armes. Le trafic de drogue qui a corrompu l’économie malienne, mais qui menace aussi, chacun en est conscient, toute l’Afrique d’ouest en est. L’insuffisance du développement économique et social du Sahel, qui a nourri le désespoir. L’absence de mise en œuvre effective des accords passés qui auraient dû conduire à une coexistence harmonieuse de toutes les communautés maliennes.
Mais au-delà de l’analyse de ces causes, nous devons prendre nos responsabilités. Les horreurs actuelles ne peuvent plus se poursuivre. Comment accepter ces mausolées profanés, ces mains coupées, ces femmes violées ? Comment tolérer que des enfants soient enrôlés de force dans des milices, que des terroristes viennent dans cette région pour y semer la terreur ? La France aussi, à travers ses ressortissants dans la région, a été attaquée.
Le Mali a fait appel à la communauté internationale et demande un soutien. Nous devons le lui apporter, avec la Cedeao, avec l’Union africaine, avec l’Union européenne, avec les Nations unies, car la responsabilité première reviendra aux Africains. La France apportera un appui logistique. Mais à sa place. C’est dans cet esprit que je conçois la résolution de la crise malienne.
***
Chers amis,
Je veux ici dire ma volonté de renouveler la relation entre la France et l’Afrique.
Le temps de la Françafrique est révolu. Il y a la France et il y a l’Afrique. Il y a le partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité.
La clarté, c’est la simplicité dans nos rapports d’État à État.
Les émissaires, les intermédiaires et les officines trouvent désormais porte close à la présidence de la République française comme dans les Ministères.
La clarté, c’est dans la constitution du gouvernement d’avoir remplacé le ministère de la Coopération par celui du Développement auprès du Quai d’Orsay, indiquant ma conviction que nous devons affronter ensemble les grands défis de l’humanité, changements climatiques, pandémies et autres crises.
Le respect, c’est la franchise. Elle doit être réciproque. Je ne céderai pas à la tentation de la complaisance, et je n’en attends pas non plus en retour. Nous devons tout nous dire.
Cette sincérité vaut en particulier pour le respect des valeurs fondamentales : la liberté des médias, l’indépendance de la justice, la protection des minorités. Car, sans État de droit, il ne peut y avoir de fonctionnement normal de l’État, ni d’investissement durable des entreprises, ni de société en paix. Nous devons enfin être particulièrement engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
Le respect, c’est une définition parfaitement claire de la présence militaire française en Afrique. Celle-ci ne pourra se poursuivre que dans un cadre légal et dans la transparence. Ainsi, l’accord de défense entre la France et le Sénégal a récemment été revu. Il sera rapidement ratifié dans nos deux pays. Il en sera de même partout, et ces accords ne contiendront plus de clauses secrètes. J’irai au bout de cette démarche. Je tire les enseignements des crises que nous avons à affronter : un dispositif ne doit pas être figé, il doit s’adapter, et privilégier la réactivité plutôt qu’une présence statique. C’est dans cet esprit que sera définie la nouvelle politique de défense de la France.
La solidarité, c’est le développement.
L’Afrique subsaharienne est la première priorité de la politique de la France, puisqu’elle concentre plus de la moitié de notre effort budgétaire. Mon pays est particulièrement actif pour défendre les intérêts de l’Afrique dans les institutions multilatérales. Mais le partenariat franco-africain ne se réduit pas à l’action des États. Il associe et associera aussi des entreprises de nombreuses collectivités territoriales françaises, des ONG, des associations de migrants, et tout le tissu vivant de nos sociétés civiles
La solidarité, c’est l’introduction des financements innovants pour trouver de nouvelles ressources. Au niveau européen, une taxe sur les transactions financières sera bientôt en place avec onze pays. Pour la France, 10 pour cent au moins de son produit ira au développement et à la lutte contre les pandémies qui meurtrissent votre continent : le paludisme, la tuberculose, le sida. La part de l’aide française allant aux ONG sera par ailleurs doublée.
La solidarité, c’est le co-développement, qui ne peut être réduite à la seule question migratoire. J’entends mettre fin à ce paradoxe absurde, qui fait que la France dans un passé récent a trop souvent fermé la porte à ceux-là mêmes qui voulaient y créer des emplois, y développer les échanges, participer à l’effort de recherche ou de création artistique ! Je souhaite que les procédures administratives soient simplifiées pour les étudiants, dès lors qu’ils sont motivés, talentueux, capables de subvenir à leurs besoins, mais aussi pour les artistes et les créateurs. Votre ministre de la Culture, Youssou N’Dour m’a alerté. J’ai entendu son appel.
La solidarité, c’est, enfin, la consolidation de la zone franc. Que l’on me comprenne bien, les monnaies communes à l’Afrique de l’Ouest et à l’Afrique centrale constituent un véritable atout, notamment en matière d’intégration régionale, et la stabilité monétaire est un avantage économique précieux. Mais je suis convaincu que les pays de la zone franc doivent pouvoir assurer de manière active la gestion de leurs monnaies et mobiliser davantage leurs réserves pour la croissance et l’emploi.
Pour amplifier encore la croissance africaine, je veux aussi établir entre l’Europe et l’Afrique des relations commerciales plus équitables. Je considère que la position des pays africains dans la négociation des accords de partenariat économique n’a pas été assez prise en compte. Cette discussion s’est enlisée. Je suis favorable à ce que nous la relancions sur de nouvelles bases, avec des conditions de calendrier et de contenu plus favorables pour les pays africains.
Nous voulons permettre aux États africains de négocier de meilleurs contrats avec les multinationales étrangères, par exemple dans le secteur minier. C’est pourquoi la France mettra en place, avec la Banque mondiale, une facilité financière pour renforcer l’assistance juridique aux pays africains dans la négociation de leurs contrats. Il s’agit de permettre aux pays africains de percevoir un juste prix pour leurs ressources.
Nous soutiendrons donc un renforcement de la réglementation européenne en faveur de la transparence des comptes des entreprises extractives. Une transparence réelle, avec des comptes publiés pays par pays, et projet par projet.
Ici, au Sénégal, ces principes se traduisent par la volonté de la France d’être toujours à vos côtés.
C’est la raison pour laquelle la France a accordé en juillet dernier à votre pays une aide budgétaire exceptionnelle de 130 millions d’euros, répondre aux urgences.
Je sais aussi l’importance que vous accordez à la jeunesse. Je partage pleinement cette priorité. Avec le président Sall, nous visiterons, cet après-midi, l’un des trois centres de formation professionnelle que l’Agence française de développement a récemment financés à Dakar. La France soutiendra aussi la construction et la rénovation de collèges publics dans l’académie de Dakar. C’est par l’éducation, de l’école primaire à la formation professionnelle, que les jeunes Africains pourront, à leur tour, imaginer et construire l’Afrique de demain. Ce faisant, nous construisons aussi la Francophonie de demain. Communauté de langue, d’initiatives et de valeurs promises à un grand avenir.
Cet investissement humain devra être complété d’un investissement dans les infrastructures, dont l’état actuel constitue un frein au développement durable du continent africain.
Votre croissance est d’abord celle de vos villes. Mais je suis conscient que votre pays a l’ambition, comme beaucoup d’autres, d’assurer un développement inclusif, qui ne laisse pas de côté ses campagnes. Il existe dans le domaine agricole de grandes marges de productivité. Partout en Afrique, et évidemment ici aussi au Sénégal, nous serons avec vous pour réduire la dépendance aux importations de produits alimentaires, afin que les Africains puissent nourrir les Africains.
***
Mesdames et messieurs, chers amis,
Je remercie le Sénégal pour la chaleur de son accueil. Il me touche et m’encourage à penser que nous avons encore tant à faire ensemble. Pour nos pays et pour l’Afrique.
Une grande histoire commune nous lie. Il nous revient maintenant d’écrire un nouveau récit, celui de notre avenir. C’est « épaule contre épaule », pour reprendre les mots donnés par Senghor à votre hymne national que la France et l’Afrique avanceront ensemble.
Les conférenciers de l'APMP face aux journalistes ce 25 novembre au siège du MPP
Au cours d’une conférence de presse animée ce samedi 25 novembre, les responsables de l’Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP) ont dit tout le bien qu’ils pensent de la visite controversée du président français, Emmanuel Macron au Burkina Faso.
Les conférenciers de l’APMP face aux journalistes ce 25 novembre au siège du MPP
Attendu ce lundi 27 novembre 2017 à Ouagadougou pour une première visite, Emmanuel Macron est ces derniers jours au cœur des activités politiques et même de la société civile, chaque partie y allant de sa position. Ainsi il y a les anti dont certains prévoient même de manifester et les pro qui y voient une opportunité de renforcement de la coopération franco-burkinabè.
L’Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP) est à ranger dans cette dernière catégorie. Ses responsables ont exprimé ce samedi 25 novembre 2017, au cours d’une conférence de presse, tout le bien qu’ils pensent de cette visite du nouveau locataire de l’Elysée.
Maitre Bénéwendé Sankaria de l’Unir/Ps, Philippe Ouédraogo du PDS/Metba, Vincent Dabilgou du NTD, Mme Ilboudo Elise du MPP et Aly Badra Ouédraogo du RPR sont les principaux acteurs étaient les animateurs de cette conférence de presse.
Dans sa déclaration liminaire, le président de Unir/Ps dira que les associations et syndicats qui expriment leur opposition à cette arrivée de Macron sont « des populistes des temps modernes » qui « confondent les lieux et les époques ».
C’est pourquoi, assure- t-il, la majorité présidentielle élève sa voix pour protester et condamner « tous ces agissements moyenâgeux qui discréditent notre pays et infantilisent notre peuple ».
Les anti-Macron invités à ne pas s’exciter
Pour la majorité, cette venue de Macron est une « opportunité politique pour poser avec acuité et clairvoyance nos préoccupations aux autorités françaises ». Aux nombres des préoccupations Bénéwendé citera l’extradition de François Compaoré, la levée du secret défense dans l’affaire Thomas Sankara, le financement du PNDES, le problème libyen etc.
Selon Vincent Dabilgou, la France est un passage obligatoire pour la recherche de financement. Il invite donc les anti-Macron à ne pas « s’exciter comme des gens qui sont pas mûrs ». « Nous avons besoin de cette visite », a-t-il conclu. Et parlant de ceux qui ne souhaitent pas cette venue, Aly Badra d’ajouter qu’il y a « d’autres qui font comme s’ils sont plus révolutionnaires que tous ».
Les établissements fermés pour raison de sécurité
Les travaux effectués dans la ville de Ouagadougou et la venue de Macron ne sont pas liés, affirme Philippe Ouédraogo du PDS/Metba. Puis d’ajouter que si telle était le cas « c’est même une bonne chose ».
La décision du ministre de l’éducation de suspendre les cours durant cette venue de Macron est pour des questions de « sécurité », parce que les élèves sont facilement manipulables, expliquera Philippe Ouédraogo.
La Coalition Ditanyè est parmi les organisations de la société civile burkinabè qui attendent ou du moins, espèrent que la visite du président Emmanuel Macron contribue effectivement à une nouvelle ère dans les relations franco-africaines gangrenées par ce que l’on a appelé la «françafrique».«Nous osons espérer que votre passage à la tête de la France marquera aussi une nouvelle étape dans la politique française vis-à-vis de l’Afrique en général et du Burkina Faso en particulier», lance la Coalition dans une adresse au président Macron et dont voici l’intégralité.
«Monsieur le Président, le peuple français a choisi de vous hisser à la magistrature suprême en mai 2017. Six mois après, vous avez décidé de fouler le sol de Ouagadougou, la capitale du pays des « hommes intègres ». Comment ne pas saluer et remercier tous ceux qui viennent au Burkina Faso pour entendre, voir et surtout témoigner des vertus de notre peuple mais aussi de tout peuple qui décide de prendre son destin en main ? Ici, sur la terre libre du Burkina Faso, le peuple a décidé de ne plus subir son destin, mais de l’assumer et de le chérir à jamais. L’historique insurrection populaire d’Octobre 2014 a constitué pour notre peuple une étape qualitative nouvelle dans sa marche en avant pour la liberté et la dignité.
Monsieur le Président, la France a une histoire commune avec l’Afrique, vieille de plusieurs siècles. Il est temps de solder le passif afin de permettre à nos deux peuples des relations saines et dépassionnées. En effet, de nombreux africains de l’espace francophone ont le sentiment que des faits historiques comme la colonisation, le néocolonialisme avec son corollaire la françafrique expliquent la condition actuelle de leurs Etats qui est faite de souffrances des peuples au niveau socio-économique et d’une gouvernance politique loin d’être au service des citoyens. Les relations de nos Etats avec la France ou plus précisément les relations des dirigeants de nos Etats et des dirigeants français ont longtemps permis à des individus de s’éterniser au pouvoir, de faire de la prédation des ressources publiques et la patrimonialisation du pouvoir des modes de gestion de l’Etat. Tout cela, bien souvent avec la bénédiction des réseaux de la françafrique. Cette réalité a constitué et constitue encore un frein à la démocratisation réelle de nos pays. Dire cela n’est pas renier la part de responsabilité des Africains dans la marche de leur histoire. Mais c’est mettre en lumière une vérité historique qui doit être assumée avec courage, de sorte que l’on ouvre une nouvelle ère des relations entre nos pays et la France. Relations fondées sur le respect mutuel et un partenariat où aucune des parties n’est lésée, voire humiliée. Voilà pourquoi, au moment où nos peuples élèvent la voix contre les régimes autocratiques au Togo, au Burundi, au Tchad, au Congo Brazzaville, en République démocratique du Congo, au Cameroun, au Gabon, à Djibouti, … il est du devoir de ceux qui, comme la France, prétendent être nos alliés historiques, de se démarquer de ces régimes qui ont fini de prouver qu’ils ne sont pas là pour le bien-être des peuples. Nous voulons la fin du paternalisme qui étouffe les efforts de certains peuples pour se débarrasser des dictatures.
Monsieur le Président, la lutte contre l’impunité a constitué un des moteurs de l’insurrection populaire d’Octobre 2014 au Burkina Faso. Trois ans après cette victoire du peuple sur la dictature Compaoré, le peuple attend que justice lui soit rendue. A ce sujet, il est urgent que l’on se parle un langage de vérité, car de cela dépend l’harmonie de nos relations futures. Nous pensons ici à certains dossiers de justice parmi tant d’autres et dont le traitement est cher à notre peuple. Un des dossiers judiciaires qui constitue une tâche dans les relations entre le Burkina Faso et la France est le dossier Thomas Sankara.
Des informations collectées, il ressort des faisceaux d’indices sur une probable responsabilité de la France dans l’assassinat du Président Thomas Sankara. Pour lever tout doute, le juge en charge du dossier a demandé une commission rogatoire à la justice française et l’ouverture des archives sur la période Sankara. Le temps passe et la France se mure dans un silence assourdissant. Devons-nous comprendre que la France « si belle et si propre », pays des droits de l’Homme, a quelque chose à se reprocher dans cet horrible assassinat ? Une fois de plus, le peuple burkinabè s’impatiente de voir une franche collaboration des autorités politiques et judiciaires françaises pour permettre d’élucider l’un des crimes politiques les plus effroyables du siècle passé. Monsieur le Président, à l’instar de la Belgique sur le dossier Lumumba, il est nécessaire que la France ouvre enfin ses archives sur celui de Thomas Sankara ; afin que la vérité et la justice triomphent pour les générations présentes et futures. Cette France -là n’en sortira que grandie, l’amitié et le partenariat s’accommodant mal de la suspicion.
Monsieur le Président, ce sentiment que la France constitue un frein à la justice est le même qui nous anime en ce qui concerne Monsieur François Compaoré. En tant que suspect sérieux dans l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, nous avons été tristes de constater que François Compaoré pouvait aller et venir en toute quiétude sur le territoire français. Il trouve d’ailleurs encore gîte et couvert en France. Il n’était aucunement inquiété jusqu’à une période très récente où il fut mis aux arrêts par la police des frontières françaises avant d’être remis en liberté conditionnelle. L’extradition de monsieur François COMPAORE est pour nous une composante nécessaire à la bonne marche des relations franco-burkinabè. Nul n’ignore que pendant les évènements d’Octobre 2014, c’est l’armée française qui a exfiltré Blaise Compaoré et son frère cadet François Compaoré alors qu’ils avaient des comptes à rendre aux Burkinabè après 27 ans de gestion du pouvoir ponctuée par des crimes économiques et de sang. Les démocrates burkinabè souhaitent qu’il soit remis aux autorités judiciaires burkinabè afin qu’il puisse aider à élucider le dossier de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et de ses trois compagnons d’infortune.
Toute manœuvre tendant à empêcher le triomphe de la vérité et la justice sur les dossiers sus-cités ne sera purement et simplement qu’une caution à l’impunité et l’histoire s’en rappellera.
Monsieur le président, vous avez un rôle historique à jouer ici. Un rôle qui est décisif et qui mettra les relations franco-burkinabè sur de possibles nouveaux rails.
Monsieur le Président, à propos de notre monnaie, le Franc CFA, vous savez bien qu’il est le legs d’une histoire coloniale. Elle a survécu à la décolonisation et même à la création d’une monnaie unique européenne. Aujourd’hui, une bonne partie des réserves des États africains de l’espace CFA est déposée dans la Banque de France. Vous avez des compatriotes dans les conseils d’administration de nos deux banques centrales. Monsieur le Président, cette situation soulève toute l’incongruité du discours politique qui veut sonner la fin de la françafrique. La monnaie étant un signe d’indépendance, nous souhaitons enfin assumer notre indépendance. À quand la fin de cette domination monétaire ?
Monsieur le Président, la présence militaire française s’est renforcée ces dernières années avec la montée de l’extrémisme violent dans certaines régions du continent dont le sahel burkinabè. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, votre pays appuie les forces de défense et de sécurité burkinabè dans le cadre de la mise en place du G5 sahel. Nous sommes conscients que le terrorisme et le crime organisé constituent des menaces réelles pour nos Etats déjà fragiles. Ils constituent aussi une menace pour la paix internationale. Voilà pourquoi, toute aide d’où qu’elle vienne, tant qu’elle est dépouillée de toute intention néo impérialiste est la bienvenue. Mais au-delà des efforts déployés pour la mise en place du G5 sahel, censé freiner la montée en puissance du terrorisme dans le sahel, ce G5 sahel en lui-même suscite des interrogations légitimes au niveau des opinions publiques dans nos pays ; et ces interrogations méritent d’être clarifiées. Cela d’autant plus que les instances régionales comme la CEDEAO étaient à pied d’œuvre pour travailler à endiguer le phénomène du terrorisme. Le G5 sahel, en ne tenant pas compte de l’ensemble des pays de la CEDEAO, ne fragilise-t-il pas les efforts régionaux de lutte contre le terrorisme ? Les dynamiques continentales et régionales en cours en vue de consolider les Etats particuliers de la sous-région ne sont-elles pas là face à une concurrence qui risque de faire piétiner davantage l’intégration régionale, gage d’une paix durable dans la région ? Ces questions doivent être résolues et la dynamique du G5 sahel doit en tenir compte afin de ne pas constituer une solution éphémère pour les Etats du sahel et pour la sous-région ouest-africaine en général.
Monsieur le président, vu de l’Afrique et plus particulièrement de l’Afrique francophone, votre élection apparait comme le signe d’une nouvelle ère politique dans la vie du peuple français. Nous osons espérer que votre passage à la tête de la France marquera aussi une nouvelle étape dans la politique française vis-à-vis de l’Afrique en général et du Burkina Faso en particulier.
Vive l’amitié entre les peuples !
Gloire éternelle aux peuples en lutte pour leur dignité !
La patrie ou la mort, nous vaincrons !
Pour la Coalition
Le Balai Citoyen, le Repère, la Génération Cheikh Anta Diop, la Génération Joseph Ki-Zerbo, Cadre deux Heures pour nous, deux Heure pour Kamita, le Mouvement des Sans Voix Burkina, la Ligue panafricaniste.
L’Association professionnelle des jeunes entrepreneurs du Faso (APJEF) veut trouver des solutions aux problèmes de financement des projets de jeunes. C’est pour cela qu’elle organise ce 02 décembre 2017, la Foire du financement de l’entreprenariat jeunesse (FOFIJEUNE). L’information a été donnée à la presse ce matin 25 novembre 2017, au cours d’une conférence de presse. L’activité est placée sous le parrainage du ministre de l’industrie, du commerce et de l’artisanat Stéphane Sanou.
A une semaine de l’activité, les organisateurs de Fofijeune ont convié les hommes de média afin de livrer les ambitions de tenir cette foire qui est à sa 1re édition. Cette foire qui va s’ouvrir le 02 décembre, se déroulera ici à Ouagadougou, précisément dans l’enceinte de l’université Aube Nouvelle, ex ISIG.
Les ambitions de la foire Fofijeunes 2017
Placée, sous le thème « Le jeune entrepreneur face aux contraintes du système de financement », cette foire ambitionne « lever les contraintes liées au financement des projets innovants dans le financement des projets des jeunes burkinabè », dira Limaba Lompo, secrétaire exécutif de l’APJEF. Pour y arriver, les organisateurs pensent avoir trouvé la solution : il faut mettre face à face les jeunes promoteurs d’entreprises et les institutions spécialisées dans le financement des projets.
Pour Mahamady Zango, l’un des organisateurs, il s’agit de faire en sorte que cette foire soit « un carrefour de financement des projets de jeunes » et un cadre où les jeunes pourront établir un contact direct avec des partenaires financiers.
Tenir, malgré les difficultés
Cette 1re édition de Fofijeune se tient dans une situation économique assez difficile. Ce qui fait que « notre budget prévu à 16 million n’a pas été bouclé a expliqué Limaba Lompo. Du coup, « nous avons pas pu inviter certains pays pour prendre part à l’activité. Nous avons aussi choisir de tenir l’activité en une journée au regard de notre budget » a-t-il ajouté.
Au cours de cette foire, plusieurs activités sont au programme. Il s’agit entre autre des rencontres B to B, des panels, des témoignages de jeunes entrepreneurs qui ont réussi dans leur domaine d’activité etc.
L’association des Journalistes et communicateurs pour les Energies et le développement Durable (JED), a organisé une conférence de presse le vendredi 24 novembre 2017 à Ouagadougou. Les responsables de la structure ont fait le point des différentes activités réalisées depuis 2013 et précisé qu’ils vont intensifier les actions pour un meilleur accès aux énergies renouvelables.
La conférence a abordé des questions relatives aux énergies renouvelables et à la situation énergétique du pays
« Gagner le combat pour l’accès des populations aux services énergétiques de qualité nécessite l’engagement de tous les acteurs». Cela a toujours été la conviction de l’association des Journalistes et communicateurs pour les Energies et le développement Durable (JED). Pour jouer sa partition, la JED mise, depuis sa création en 2013, sur l’information et la communication. «Nous n’avons jamais cessé d’œuvrer via l’information et la communication pour l’accès des populations aux énergies propres », a soutenu Grégoire Bazié, président de la JED.
En plus de l’information, des activités sont souvent organisées par la JED pour contribuer à la réflexion sur les problématiques du secteur de l’énergie en général et des énergies renouvelables en particulier. C’est le cas par exemple, des Journées des acteurs de la communication sur les énergies (JACE).
Contribution à une prise de conscience sur la question énergétique
Les hommes de média ont été invités à s’impliquer davantage…
Après avoir contribué au cours de ces trois dernières années à une prise de conscience sur la question énergétique, la JED n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Elle entend maintenir le cap de la mobilisation, de la sensibilisation, de l’interpellation et du plaidoyer en vue contribuer davantage aux côtés des autres organisations de la société civile à la lutte pour l’accès des populations aux services énergétiques de qualité.
Dans cette dynamique, la JED se prépare à organiser la 4e édition des Journées des acteurs de la communication sur les énergies. « Au cours de cette édition prévue pour les 27 et 28 décembre 2017, nous allons mener la réflexion sur le rôle que peuvent jouer les acteurs de la société civile pour un meilleur accès des populations aux services énergétiques de qualité », a expliqué Grégoire Bazié.
Une coalition des organisations de la société civile pour la promotion des énergies renouvelables
… sur la question de l’accès des populations aux énergies renouvelables de qualité
La JED est par ailleurs membre d’une coalition des organisations des OSC pour la promotion des énergies renouvelables et l’accès à l’énergie durable au Burkina Faso (CNPDER-BF) qui a été mise place en août dernier avec le parrainage du ministre de l’énergie, le Pr Alfa Oumar Dissa. Cette Coalition comprend 19 OSC dont CEAS Burkina, SNV, SPONG, OCADES Dedougou, AGEREF/CL.
L’engagement de la JED, à en croire son président, tient au fait que le taux d’accès des Burkinabè aux énergies propres reste encore très faible. « Notre pays n’est pas indépendant sur le plan énergétique. Le taux d’électrification est de 19%. Il est de 3% en milieu rural. Seuls 2% des Burkinabè ont accès à l’électricité pendant que 82% restent dépendants de la biomasse avec toutes les conséquences néfastes » a rappelé M. Bazié.
Dans leur combat pour un Burkina Faso énergétiquement viable, les responsables de la JED ne perdent pas de vue le rôle que peut jouer un environnement institutionnel et juridique favorable. « Nous espérons que la constitution de la cinquième République qui va être adoptée avant la fin de cette année a bien pris en compte la question de l’accès aux énergies propres et de la protection de l’environnement dans notre pays », a laissé entendre le président de la JED.
«Pour un renforcement de la coopération énergétique avec la visite du président Macron»
Le président de la JED, Grégoire B. Bazié, se prêtant aux questions de ses confrères
Etienne Mouni Kaboré, membre fondateur de la JED, s’est félicité de cet engagement constant de la JED et l’a encouragé à poursuivre sur cette lancée, au regard de l’importance, dit-il, de cette question de l’accès des populations aux services énergétiques durables et de qualité, sans lesquels il ne saurait y avoir de développement durable.
Réagissant à une question relative à la visite, en début de semaine prochaine au Burkina Faso, du président Emmanuel Macron, Grégoire Bazié a souhaité que cela contribue au renforcement de la coopération énergétique entre le Burkina Faso et la France dans le domaine des énergies renouvelables. Selon le programme officiel, le président Macron inauguera aux côtés de son homologue burkinabè la centrale solaire de Zagtouli, construite avec le soutien technique et financier de la France.
« Cette inauguration de la centrale de Zagtouli par les deux chefs d’Etat montre aussi toute la place qu’occupent aujourd’hui les énergies renouvelables dans les relations internationales. Et cette place est même appelée à grandir dans les années à venir dans le contexte de lutte pour la réduction du réchauffement climatique qui passe forcément par les énergies renouvelables», a conclu Grégoire Bazié
Le nouveau Emmerson Mnangagwa au cours de sa prestation ce vendredi à Harare
C’est fait. Quelques jours après son retour d’exil, l’ex-vice-président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa a pris officiellement la direction du pays. Le ‘’Crocodile’’ comme on l’appelle dans certains milieux, a en effet prêté serment ce vendredi 24 novembre 2017 dans un stade plein à Harare, promettant un nouveau départ à ses compatriotes.
Emmerson Mnangagwa au cours de sa prestation de serment ce vendredi à Harare
Jusqu’à la présidentielle du 2018, c’est désormais Emmerson Mnangagwa qui dirigera le Zimbabwe, en remplacement de Robert Mugabe, démissionnaire. L’ancien vice-président a prêté serment ce vendredi 24 novembre dans un stade d’Harare, la capitale.
Après des hommages à son prédécesseur Robert Mugabe, le président nouvellement investi, s’engage à mener des réformes économiques pour sortir le pays de ses difficultés.
Emmerson Mnangagwa a promis d’être le « serviteur du peuple ». Des promesses qui sont loin d’assurer tous les Zimbabwéens. Les leaders de l’opposition, à l’image de Morgan Tsvangirai, attendent de voir et espèrent qu’il tiendra ses promesses. « J’espère que le président Mnangagwa va démontrer que la nation a changé de direction, qu’il évitera de tomber dans la tentation de garder seul le pouvoir », a indiqué l’ancien candidat à la présidentielle.