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Déclaration de politique générale de  Apollinaire Joachim  Kyelem de Tambèla

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Le Premier ministre Kyelem de Tambèla face aux députés pour sa déclaration de politique générale

Le Premier ministre Apollinaire Joachim Kyelem de Tambèla a décliné, ce samedi matin aux députés de la Transition, sa Déclaration de politique générale, comme l’exige la Constitution. Aux députés, le PM Kyelem de Tambèla les grandes orientations de la politique gouvernementale, focalisant, en autres, son intervention sur le recouvrement de l’intégrité territoriale et la sécurisation des populations   ;  le bien-être des Burkinabè,  l’agriculture ; les infrastructures routières et ferroviaires. Bref, voici l’intégralité de sa Déclaration de politique générale.

Le Premier ministre Kyelem de Tambèla face aux députés pour sa déclaration de politique générale

 

«Excellence ! Mesdames et messieurs les députés.

1 Il a plu au chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, de porter son choix sur ma personne pour assumer la fonction de Premier ministre de la Transition. Je voudrais ici lui témoigner ma reconnaissance pour cette marque de confiance. Permettez-moi, en son nom, au mien propre, et au nom de l’ensemble du Gouvernement, d’adresser à chacun de vous, nos vives félicitations pour son élection à l’auguste Assemblée.

Les circonstances qui ont conduit à la rectification de la Transition font de vous nécessairement des députés de mission et non de gestion. Nous avons une mission commune, rendre le Burkina Faso aux Burkinabè. Essayer de le mettre sur les rails afin que sa destinée soit non seulement plus sécurisée, mais aussi plus radieuse. C’est ce à quoi s’attèle le chef de l’État et le Gouvernement.

2   Je ne suis pas venu faire un discours protocolaire pour complaire à des formalités. La situation du pays ne le permet pas et impose une autre façon de faire. Je ne suis pas venu pour un long discours. La qualité d’un discours n’est pas nécessairement fonction de sa longueur. Je ne suis pas venu égrener un chapelet de promesses de réalisations.

3 Je suis venu vous demander, tout au long de votre mandat, de donner au Gouvernement les moyens d’action pour répondre aux aspirations du peuple burkinabè. Ces aspirations sont connues : ce sont la restauration de l’intégrité territoriale du pays et la sécurisation des personnes et des biens (I), le bien-être des Burkinabè (II) et la refondation de la société par une gouvernance vertueuse et visionnaire (III). Pendant le temps de la Transition, le Gouvernement s’attèlera à la réalisation de ces objectifs.

  I Du recouvrement de l’intégrité territoriale et de la sécurisation des populations

4 Le chef de l’État en a fait son cheval de bataille. Le recouvrement de l’intégrité territoriale est, avec la sécurisation des populations, la priorité des priorités. Le Président du Faso, chef suprême des armées, est en train de procéder à une profonde réorganisation de l’armée pour la rendre plus opérationnelle et plus efficace. L’essentiel des moyens sera orienté vers la sécurisation du territoire et des populations. Moyens matériels, et financiers, aussi bien qu’humains, culturels et spirituels. Car, si le vivre ensemble est aujourd’hui mis à mal, c’est aussi parce que, culturellement et spirituellement, la société a failli quelque part.

Nous refusons parfois d’être nous-mêmes, pour nous réfugier confortablement dans la culture et la spiritualité des autres, conçues à des moments donnés de l’Histoire, pour des civilisations données, et qui sont parfois loin de nos réalités actuelles. Aucune morale de nos ancêtres, aucune spiritualité de nos ancêtres ne disent de s’en prendre aveuglément à des populations innocentes, de brûler leurs récoltes, de piller leurs biens et leur bétail, ou encore de s’en prendre à celui qui n’a pas la même culture ou la même spiritualité que soi.

5 Bien avant la pénétration coloniale, nos ancêtres vivaient dans la cohésion sociale, malgré bien sûr quelques difficultés ponctuelles et des conflits sporadiques de moindres envergures. Nous devons donc nous ressaisir, pour transmettre nos vraies valeurs à la société. De tout temps, il a toujours existé partout des délinquants, des bandits, des hors-la-loi.

Néanmoins, si nous respectons nos valeurs, les éléments égarés seront facilement repérés, isolés, ciblés et traités comme il se doit. Il nous faut accepter d’engager une transformation de nos mentalités.

6 Le terrorisme qui nous a été imposé, et dont les failles de notre société a permis l’extension, a conduit beaucoup de nos frères et sœurs à abandonner leur terre, leur histoire, leur culture, leur famille pour se retrouver, dans le meilleur des cas, dans des centres d’accueil où ils survivent dans une situation de précarité extrême, dépendant des œuvres de charité. Le Burkina Faso compte actuellement environ deux millions de déplacés internes. Le Gouvernement veillera à la mise en place d’un plan de réponse et de soutien aux personnes vulnérables à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition. Il est d’un coût d’environ 240 milliards de F CFA, au profit de plus de trois millions de personnes.

Les personnes déplacées se trouvant dans des zones d’accès difficile seront ravitaillées par des opérations spéciales terrestres et aériennes, dans la collaboration entre civils et militaires.

7 En outre, le 9 novembre dernier, un Plan opérationnel d’appui à la campagne agricole de saison sèche 2022-2023 a été adopté. Il est d’un montant global d’environ 11 milliards F CFA pour 60 000 tonnes de céréales et 20 000 tonnes de produits maraîchers attendues. Des intrants et des équipements seront accordés aux producteurs en général, et aux personnes déplacées internes en particulier. Aussi, l’Académie Nationale des Sciences, des Arts et des Lettres du Burkina Faso (ANSAL-BF) a mené une étude sur un projet de sécurité alimentaire à court, moyen et long terme. A court terme, ce projet prend en compte le volet production de céréales et de protéines animales. D’un cout initial de 11 milliards, il devrait permettre de couvrir les besoins en céréales de 110 000 tonnes des personnes déplacés internes selon l’étude, sur la période des 6 mois à venir.

Aussi, des projets de redressement de la filière avicole fortement touchée par la grippe aviaire et le terrorisme sont en cours d’élaboration.

8 L’insécurité n’est pas seulement celle causée par le terrorisme. Elle existe aussi dans nos cités, dans les rues, dans les familles. Elle provient aussi d’un mauvais encadrement ou d’un manque d’encadrement des individus et de la société. Combien d’accidents de la route auraient pu être évités, des mutilations épargnées, et des vies sauvées si chacun respectait simplement le code de la route ? Le Gouvernement veillera à une meilleure appropriation du code de la route par les citoyens et à une application rigoureuse des différents textes encadrant la circulation routière.

9 La délinquance juvénile dans les cités a pris de l’ampleur ces dernières années. Paraître irrespectueux, est devenu la norme dans certains milieux. De tels comportements, s’ils ne sont pas jugulés, peuvent finir par nourrir le grand banditisme et le terrorisme, car ils favorisent les infractions aux normes sociales.

L’État ne peut pas intervenir dans chaque famille, mais l’État peut veiller à éradiquer l’incivisme dans les cités et les espaces publics. Le Gouvernement y veillera à travers une gouvernance axée sur l’exemplarité mais aussi sur les récompenses et sanctions.

10 Pour la restauration de la paix et de la cohésion sociale, je vous demande donc de réfléchir sur les textes que vous serez amenés à proposer ou à adopter, afin qu’ils soient conformes aux aspirations de paix et de stabilité morale et spirituelle de notre peuple. Je vous demande de ne pas tarir d’initiatives et d’imagination quant aux propositions pertinentes allant dans ce sens.

 II  Du bien-être des Burkinabè

11 La paix sans le développement est une paix fragile. Elle pourrait être perturbée par n’importe quel évènement, si insignifiant soit-il. La cohésion sociale sans le bien-être est également fragile. Une société ne peut être en harmonie que si chaque élément de la société s’y épanouit en fonction de ses aspirations. Le bien-être est donc au cœur de la vie sociale.

Le Gouvernement veillera donc sur ce point par des mesures concrètes, incitatives et d’orientation. Nous ne pouvons pas assurer le bien-être de la majorité si nous fermons les yeux à nos réalités, tout en les gardant grand-ouverts sur celles des autres. C’est dans la prise en compte de nos potentialités que nous serons à même de construire une société harmonieuse avec la participation de tous. Le Gouvernement encouragera par conséquent la production nationale et la consommation des produits locaux. Ce qui ouvrira des perspectives plus heureuses à nos producteurs, nos ingénieurs, nos artisans, nos restaurateurs, tout en stimulant leur ingéniosité et leur créativité.

A  L’agriculture

12  Le coton que nous produisons en abondance est pour l’essentiel destiné à l’exportation sans une réelle valeur ajoutée. Pendant ce temps, les vêtements que nous portons proviennent essentiellement de l’étranger, quand bien même ils n’ont pas toujours autant de qualité que ceux que nous livrent nos couturiers avec la cotonnade locale. Pour paraphraser le Président Thomas Sankara, je dirai que les vêtements que je porte ici sont le fruit de nos producteurs de coton, de nos tisserands et de nos couturiers. Pas un fil n’est venu de l’étranger. Je ne suis pas venu pour un défilé de mode. Je veux simplement montrer de quoi peuvent être capables nos populations, pour peu qu’on leur donne l’occasion de se réaliser. Nous pouvons ainsi donner du travail et des perspectives à nos producteurs et à nos créateurs. Le Gouvernement encouragera donc le port généralisé du faso dan fani et son adoption dans les uniformes scolaires, militaires et hôteliers, de même que dans les agences de tourisme et pour les guides touristiques.

13  Le Burkina Faso produit des fruits et des céréales qui, faute de moyens adéquats de conservation, périssent pendant la période des récoltes, ou sont bradés à des spéculateurs sans scrupule qui, pour les céréales, les revendent à prix d’or pendant la période de soudure.

Il s’agira donc, dans un premier temps d’innover dans la recherche de moyens de conservation, et dans un deuxième temps de mettre en place des ateliers ou des unités de transformation des produits agricoles et maraîchers. Des instructions ont déjà été données dans ce sens.

B   L’élevage

14 Le Burkina Faso est l’un des grands pourvoyeurs de bétail dans la sous-région. Est-il raisonnable que les pays côtiers achètent le bétail du Burkina Faso, alors même que la viande y est vendue pratiquement au même prix qu’au Burkina, et de surcroît de meilleure qualité ? Décidément, quelque chose doit être fait dans ce domaine. Il nous faudra penser à limiter la sortie du territoire du bétail sur pieds.

Ce qui mettra à la disposition de nos populations de la viande de meilleure qualité pour l’alimentation, tout en mettant à la disposition des artisans et des ateliers de tannage, de la peau de qualité en abondance pour l’artisanat et l’industrie du cuir.

15 La sortie massive du bétail sur pieds ne favorise pas une articulation heureuse entre l’agriculture et l’élevage. C’est cette articulation qui, en Mésopotamie, a été à l’origine de la civilisation actuelle il y a près de dix mille ans. Après l’avènement de l’agriculture, la domestication des animaux de trait a permis l’invention de la charrue, de la roue, de la charrette, et plus tard du carrosse et de la voiture automobile. L’amélioration de la production agricole par l’usage de la charrue a permis l’accumulation qui allait donner naissance aux premiers ateliers de transformation.

16            Ici au Burkina, nous importons des tricycles pour le petit transport, alors même que nous ne produisons ni ne raffinons du pétrole. Sans parler des pièces de rechange qui sont toutes importées.

C’est autant d’argent transféré à l’étranger, pour aller contribuer à construire d’autres pays au détriment du nôtre. Pour réduire cette extraversion économique, nous devrons urgemment stimuler l’innovation et la recherche afin de mettre les bases d’un développement industriel créateur de valeur ajoutée et d’emplois. N’ayons pas peur d’oser. Bien au contraire, selon les termes du Président Thomas Sankara, osons inventer l’avenir.

17             L’abondance du lait suscitera nécessairement la consommation locale, et poussera à la mise en place d’unités de conservation et de transformation. Si le yaourt et le fromage ne sont pas dans les habitudes alimentaires des Burkinabè, c’est parce qu’ils ne sont pas produits en quantité suffisante et à prix abordables. Qui aurait su, en 1980, que le haricot vert et la pomme de terre feraient maintenant partie des habitudes alimentaires des Burkinabè, du moins des citadins ? Pour cela, il a fallu la politique volontariste du Conseil national de la Révolution sous le leadership du Président Thomas Sankara. Les dés de notre avenir sont entre nos mains, à nous de savoir jouer. Dans la mesure des moyens de l’État, tout sera proposé, rien ne sera imposé. Il s’agira de favoriser l’éclosion des opportunités pour ceux qui veulent se battre.

18            Le conflit russo-ukrainien a mis en exergue la dépendance de l’Afrique dans l’approvisionnement en engrais et sur certains produits alimentaires de grande consommation tels que le blé. Il est donc temps d’explorer nos potentialités locales pour sécuriser, dans la mesure du possible, nos besoins en intrants agricoles mais aussi de remettre la question de l’autosuffisance alimentaire dans les objectifs de court terme à atteindre dans le cadre de nos politiques agricoles.

    C Les infrastructures routières et ferroviaires

19            La route du développement passe par le développement de la route. Dans l’histoire de l’humanité, ce sont les voies de communication qui ont été à la base de l’essor des civilisations. Dans la Haute Antiquité, la maîtrise de la mer a permis aux Phéniciens de dominer la Méditerranée. Si Christophe Colomb a pu aller jusqu’en Amérique, c’est à l’aide de bateaux puissants et d’une certaine maîtrise de la navigation. À l’inverse, si l’Afrique noire est restée longtemps isolée, en marge de l’évolution, c’est surtout par manque de routes et de moyens de communication. Avant la pénétration coloniale, en dehors des pistes qui s’évanouissaient parfois pendant les saisons pluvieuses, il n’existait aucune route digne de ce nom. De sorte que très souvent, les sociétés africaines elles-mêmes, en dehors du voisinage immédiat, s’ignoraient et ne pouvaient bénéficier des expériences des unes et des autres. À cent kilomètres près, c’était parfois l’inconnu.

20            Les Romains qui avaient compris l’importance des routes, avaient fait des voies de communication leur priorité. L’ancien empire romain est ainsi parsemé de route qui, plus de deux mille ans après, ont su résister au temps. La route permet d’aller chercher l’eau, la nourriture, l’instruction, la santé, la sagesse. Elle a aussi malheureusement permis les conquêtes et les dominations. C’est donc dire que plus que l’éducation et la santé, elle est fondamentale dans l’évolution des sociétés. Francisco Pizarro, le conquérant espagnol qui a donné le coup d’envoi de la conquête des Amériques, ne savait ni lire ni écrire. Il avait simplement la maîtrise des mers.

21            C’est donc naturellement qu’une importance particulière sera accordée aux voies de communication. Il sera question de réanimer le projet de construction du chemin de fer Accra-Ouagadougou. Nous essayerons aussi d’entreprendre, en partenariat avec le Mali, des études de faisabilité d’une ligne de chemin de fer Bobo-Dioulasso-Sikasso-Bamako.

Dans le domaine routier, la priorité sera donnée à la construction de routes logistiques importantes dans les zones sous pression terroriste notamment au Nord, dans la Boucle du Mouhoun et à l’Est du pays pour permettre aux forces combattantes de traquer facilement l’ennemi tout en renforçant le désenclavement de ces zones. Si les ressources le permettent, une importance particulière sera donnée à l’entretien routier, au bitumage de routes interurbaines et à l’amélioration des routes urbaines, principalement à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.

                                                D La santé

22            Dans le domaine de la santé, il sera question, dans un premier temps de limiter autant que possible les évacuations sanitaires au frais de l’État, en espérant les supprimer dans un deuxième temps. Si notre système de santé n’évolue pas significativement, c’est en partie parce que les dirigeants de ce pays n’en sont pas dépendants. Au moindre mal, ils savent qu’ils peuvent bénéficier d’une évacuation sanitaire. Ce qui crée un système de santé publique à double vitesse. L’un pour les pontifes de l’État, l’autre pour la plèbe.

Quand tout le monde sera soumis au même système de santé, sans doute que des voies et moyens seront davantage explorés pour construire un système de santé performant pour tous.

E   L’éducation

23            L’enseignement devra faire place à l’éducation. Le système actuel est un système désincarné, un système d’enseignement sans éducation. L’enseignant se contente de transmettre froidement des connaissances à l’élève sans se soucier ni du contenu de l’enseignement, ni de la personnalité de l’élève, ni de ce qu’il pourrait faire de l’enseignement reçu. Nous devrons veiller à ce que les écoles de formation des enseignants innovent de manière à ce que ceux qui en sortent soient dotés des prérequis nécessaires, non seulement pour l’enseignement, mais surtout pour la formation du citoyen de demain, utile pour la société et pour la nation.

24            Pour adapter l’enseignement à la réalité de l’emploi, il convient d’introduire, à partir du cours moyen, une initiation à l’agriculture, à l’élevage, au tissage et à la cuisine. Et à partir de la classe de quatrième une initiation à la mécanique, à l’informatique, à la maçonnerie, à la menuiserie, à la couture, à la peinture, au théâtre, à la musique. De sorte que l’élève qui quitte les bancs au CM2 puisse facilement s’insérer et réussir dans le milieu rural. Et celui qui quitte la classe de 3ème, s’il ne veut pas ou ne peut pas continuer au second cycle de l’enseignement général, puisse s’orienter dans la formation technique ou professionnelle de son choix, ou s’insérer avec succès dans la vie active.

                                   F             La culture

25            Qui ne sait pas d’où il vient, ne saura aller nulle part. Si aujourd’hui des jeunes sont prêts à braver tous les périls pour espérer une vie meilleure en Europe, au risque de périr dans le désert ou dans la mer, ce n’est pas toujours pour des raisons politiques, sécuritaires ou même économiques.

C’est parfois en partie parce qu’ils n’ont plus de repère, ils ne sont plus fiers de ce qu’ils sont, alors ils regardent ailleurs. Ils ont le mal de l’âme, résultat d’un défaut d’ancrage culturel et spirituel. Sans tomber dans le chauvinisme, le Gouvernement veillera à encourager l’éclosion et l’émancipation des cultures locales et l’appropriation de leur propre culture par les citoyens. Chaque Burkinabè devra se sentir fier de sa culture et fier d’être Burkinabè. La courte durée de la période de Transition cumulée à la lutte contre le terrorisme ne permet pas d’engager de grands chantiers qui auraient consisté à retrouver la vraie signification des noms de famille et des noms des villes et des villages qui sont de vrais socles culturels qui nous rattachent à notre histoire. Mais cela devra nécessairement faire l’objet des combats futurs.

G             Le sport

26            Le contexte actuel est favorable au développement du sport. Les jeunes qui vont se faire enrôler comme volontaires pour la défense de la patrie (V.D.P.) y trouveront l’occasion de donner un plein épanouissement à leur corps et à leur volonté de dépassement de soi. En outre, le Gouvernement entend encourager les activités culturelles et sportives dans les quartiers et les villages.

H            De l’organisation sociale

27            Pour un meilleur encadrement de la société, il sera fait appel aux citoyens de mettre en place des comités locaux de veille et de développement (C.L.V.D.) qui leur permettront de prendre en main leur destin à la base. Chacun devra se sentir concerné à la fois par le sort de sa localité et par celui de la nation, et être solidaire de son voisin. L’État ne peut pas grand-chose sans la participation des citoyens.

Les comités locaux seront le creuset dans lequel les citoyens, dans un cadre de proximité, débattront de leurs préoccupations et définiront les orientations à suivre.

III        De la refondation de la société

Il ne saurait y avoir de cohésion sociale dans une société gangrénée par la corruption (A), une spéculation foncière non encadrée (B) et une gouvernance inadaptée (C).

A           La lutte contre la corruption

28            La corruption détruit le tissu social. Elle crée des inégalités qui ne trouvent pas leurs justifications dans l’application des lois. La corruption permet l’enrichissement facile des uns et suscite la frustration des autres. Les intrigues et l’arrogance des corrupteurs sont une menace pour la cohésion sociale. C’est donc avec vigueur que le Gouvernement s’attaquera à ce phénomène.

La digitalisation des procédures sera un moyen efficace de lutte contre la corruption. Des instructions seront données pour que les tiroirs soient vidés des dossiers litigieux et pour que justice se fasse. Toute personne ayant connaissance d’un fait de corruption établi est invitée à le porter à la connaissance des autorités compétentes. Des dispositions seront prises pour dynamiser davantage les pôles judiciaires spécialisées dans la lutte contre les crimes économiques et contre le terrorisme.

B   La lutte contre la spéculation foncière

29            Ces dernières années la spéculation foncière a pris une ampleur considérable en milieu urbain, et surtout en milieu rural. Sans un encadrement dans ce domaine, la société court le risque d’une violente implosion. C’est pourquoi un recensement sera fait afin d’y mettre de l’ordre. Dans ce domaine également, les premières actions porteront sur l’accélération de la digitalisation du foncier afin d’y apporter la transparence et cela permettra un recensement plus précis des parcelles, et la détection des éventuelles anomalies, tant dans les attributions que dans les acquisitions. En outre la digitalisation permettra d’avoir une transparence sur le cadastre fiscal et l’application de la fiscalité sur les propriétés bâties et non bâties sera un début de solution contre la spéculation foncière et immobilière.

Une étude sera également engagée pour étudier l’éventualité de fixer un prix plafond pour les parcelles à usage d’habitation. Cela jouera non seulement sur le prix d’achat des parcelles, mais aussi, par ricochet, sur le coût des loyers à usage d’habitation. Ce qui permettra de soulager les petits revenus qui peinent à trouver un logement décent dans les centres urbains.

C De la gouvernance

30            Outre l’éducation à la citoyenneté et la lutte contre la corruption, il nous faut repenser notre système politique. Si nos ancêtres ont connu des siècles de stabilité politique, c’est bien parce que leur système politique était conforme à leur histoire, à leur culture, à leurs aspirations. Les sociétés occidentales, après des hésitations, des remises en cause, des interrogations, sont enfin parvenues à construire des systèmes politiques adaptés à leurs contextes. Pourquoi voulons-nous appliquer littéralement chez nous un système politique conçu pour les sociétés occidentales et espérer avoir une stabilité politique ? Notre société a-t-elle la même histoire que les sociétés occidentales ? A-t-elle la même culture et les mêmes aspirations ?

31            C’est le lieu de relever la paresse et l’arrogance de nos intellectuels qui, non seulement n’ont pas été en mesure de remettre en question un tel état de choses, mais poussent parfois le ridicule jusqu’à se targuer d’être des spécialistes d’un système sans aucun rapport avec la société dans laquelle ils vivent. Que valent la Constitution et le droit constitutionnel français pour au moins quatre-vingt pour cent (80%) des Burkinabè ? Nous devons nous ressaisir. Si nous refusons de concevoir un système politique adapté à nos réalités, dont la stabilité sera garantie par la population qui s’y reconnaîtra, il nous faudra alors nous résoudre à accepter de tourner en rond pour longtemps encore.

32            Mon Gouvernement, si le temps le permet, essayera de mettre en chantier l’élaboration d’une Constitution innovante fondée sur nos réalités historiques, culturelles et sociales. On vous dira que c’est difficile, mais tout est difficile pour celui qui refuse d’agir. On vous dira même que c’est impossible dans un pays qui compte une soixantaine d’ethnies. Mais, nous sommes des combattants de l’impossible. Quand les ancêtres des Mōse sont arrivés sur ce territoire il y a de cela plusieurs siècles, ils ont su concevoir un système politique qui leur a permis de vivre en harmonie avec les diverses populations autochtones et limitrophes. Pourquoi ne le pourrions-nous pas maintenant ? Osons inventer l’avenir.

33            Nous demeurons convaincus qu’une décentralisation effective fera davantage prendre conscience aux citoyens que leur destin leur appartient. La gouvernance de proximité est un puissant stimulant pour le développement local.

34-Sans une décentralisation effective, la vie sera impossible à Ouagadougou qui, vu l’accroissement continu de la ville, connaîtra de sérieux problèmes d’approvisionnement en eau, mais aussi de voirie, d’électricité, d’assainissement et de sécurité publique.

35            En attendant, mon Gouvernement est déjà engagé dans la réduction du train de vie de l’État. La rémunération des hautes personnalités de l’État a été revue à la baisse. Pour le mois de novembre, les ministres ont décidé de céder la moitié de leur salaire pour soutenir les personnes déplacées et dans le besoin. Le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, renonce à tous les avantages financiers liés à sa fonction pour ne conserver que son salaire de capitaine de l’armée. Il sera fait appel, à travers des fonds qui seront mis en place, à la contribution de toutes les âmes de bonne volonté qui voudront contribuer à soulager la souffrance des démunis, et à la construction de la patrie.

36            Des études sont en cours pour une meilleure gestion du parc automobile de l’État, y compris celui des membres du Gouvernement. Si le temps le permet, mon Gouvernement engagera les démarches nécessaires pour une rémunération plus équitable des agents de l’État, et pour une meilleure redistribution des ressources du pays. D’ores et déjà, le Gouvernement travaille à la maîtrise de l’inflation et de l’évolution de la dette publique, et à l’amélioration du recouvrement fiscal. Un projet de loi sur la neutralité de l’Administration est en préparation pour être soumis à votre appréciation. Cela donnera une base légale à l’avènement d’une Administration débarrassée des considérations politiques et partisanes. Mon Gouvernement s’attèlera à l’organisation d’élections libres et transparentes pour qu’à l’issue de la période de transition, ceux que le peuple aura désignés reprennent le flambeau de la construction de la patrie avec la pleine confiance de leurs compatriotes.

D        La politique étrangère

37            Le Burkina Faso reste un pays ami pour tous les pays qui acceptent son amitié. Notre ambition est de renforcer les liens d’amitié avec tous les pays pour le bonheur des peuples qui ne cherchent qu’à mieux se connaître. Nous attendons cependant de chacun de nos partenaires qu’il soit loyal avec nous. Nous souhaitons donc une coopération sincère et franche. Nous pensons, peut-être à tort, que certains partenaires n’ont pas toujours été loyaux. Comment comprendre que le terrorisme gangrène notre pays depuis 2015, dans l’indifférence, si ce n’est avec la complicité de certains de nos prétendus partenaires. Où trouvent-ils les armes, les munitions, le carburant, l’argent qu’ils ont à profusion ? Comment des pays qui ont le contrôle de l’espace, avec des moyens modernes de détection, ne peuvent-ils pas, s’ils sont nos vrais amis, nous donner les renseignements nécessaires sur les agissements et les mouvements de ces terroristes ?

38            C’est alors que la question se pose. N’avons-nous pas été jusque-là trop naïfs dans nos relations avec nos partenaires ? Sans doute. Une introspection s’impose. Nous essayerons, autant que possible, de diversifier nos relations de partenariat jusqu’à trouver la bonne formule pour les intérêts du Burkina Faso. Mais, il ne sera pas question de nous laisser dominer par un partenaire, qui qu’il soit. Dans la lutte contre le terrorisme, il revient aux Burkinabè, et à eux seuls, de défendre leur patrie en danger. Avec bien sûr le soutien bienveillant de tous ceux qui voudront nous accompagner. C’est pourquoi il a été lancé le recrutement de cinquante mille volontaires pour la défense de la patrie (V.D.P.)

39            La réorganisation de l’armée est en cours. Elle sera opérée en profondeur et des audits ont déjà été ordonnés et seront menés sur la gestion de l’armée au cours de ces dernières années. Des acquisitions de moyens de combat terrestres et aériens ont déjà eu lieu et d’autres sont en cours.

C’est le lieu de dire merci à des partenaires voisins qui ont facilités ces acquisitions et qui continuent de nous soutenir. La coopération avec les pays limitrophes va se renforcer et la lutte contre le terrorisme sera au cœur de cette coopération. D’autres mesures complémentaires et d’accompagnement suivront. Nous restons convaincus que les Burkinabè sont en mesure de défendre leur pays, pour peu qu’ils aient l’encadrement et les moyens nécessaires.

40            La situation actuelle révèle la fragilité de nos États pris isolément. Nous sommes donc convaincus qu’il nous faut encore et toujours oser inventer l’avenir. Certains de nos prédécesseurs, comme Kwamé Nkrumah notamment, ont souhaité la mise en place des États-Unis d’Afrique. D’autres, comme Léopold Sédar Senghor, ont voulu commencer par un regroupement des anciens pays de l’Afrique occidentale française (A.O.F.). Cela a donné naissance à l’éphémère Fédération du Mali. Les mentalités peut-être n’étaient pas préparées.

Peut-être faut-il aussi questionner les méthodes. Ces échecs ne doivent pas être pour nous un motif de découragement. Avant de bien marcher, l’enfant tombe plusieurs fois. Nous pensons que notre jeunesse est plus instruite et mieux formée pour comprendre les enjeux actuels. Nous esquisserons donc à l’endroit de nos voisins immédiats, des rapprochements en vue de jeter les bases de l’avènement d’un État fédéral en Afrique de l’Ouest incluant le Burkina Faso. Nous ne sommes pas sûrs de réussir, nous aurons au moins essayé. Osons inventer l’avenir.

                                                       Conclusions

Excellence ! Mesdames et messieurs les députés,

41            Les chantiers sont immenses et urgents. Ce que le temps de la Transition ne nous aura pas permis de réaliser, nous osons croire que l’équipe qui viendra après s’inscrira dans la même dynamique pour parachever la construction du Burkina Faso nouveau.

42            Mettre fin au terrorisme au Burkina Faso, recouvrer l’intégrité territoriale du Burkina Faso, améliorer la qualité de vie des Burkinabè, refonder la société burkinabè, redonner la fierté et la dignité aux Burkinabè est un combat pour lequel, le Président Ibrahim Traoré en tout premier lieu, et moi-même, sommes engagés pour la victoire ou la mort. Martin Luther King Jr disait qu’une personne qui n’a pas trouvé un idéal pour lequel il veuille bien mourir, a perdu le sens de sa vie. Notre idéal est ainsi défini. Nous pensons que nous pouvons y arriver dans un mouvement d’ensemble, dans la paix et la fraternité.

La Patrie ou la mort nous Vaincrons.

Je vous remercie pour votre attention».

Secteur minier burkinabè : Des chiffres qui font froid dans le dos

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La conférence publique a permis d'exposé les problèmes sécuritaires auxquels font face le secteur minier burkinabè

L’on en sait un peu plus sur la situation actuelle du secteur minier du Burkina Faso à l’issue de la conférence publique organisée ce vendredi 18 novembre 2022 à Ouagadougou par le Conseil burkinabè des mines, de la géologie et des carrières (CBMGC), en partenariat avec le site d’information Mine Burkina Actu. «Le secteur minier face aux défis sécuritaires : Etat des lieux et perspectives», c’est le thème de cette conférence publique animée par le commissaire de police Harouna Bambara et le journaliste Elie Kaboré, directeur du site Mine Burkina Actu.

La conférence a été animée par le commissaire de police Harouna Bambara (à gauche) et le journaliste Elie Kaboré (micro)

Ils font froid dans le dos, les chiffres relevés par Elie Kaboré citant des données 2020 de l’ITIE concernant la situation actuelle du secteur minier burkinabè miné par l’insécurité. 6 projets miniers industriels à arrêt du fait des attaques terroristes occasionnant la perte de 2 257 emplois ; manque à gagner dans les recettes du budget de l’Etat de près de 25 milliards de francs CFA. La situation s’est même empirée en cette années 2022 avec d’autres sites miniers industriels touchés. A écouter Elie Kaboré, c’est une neuvaine de mines qui sont aujourd’hui à l’arrêt et cela a des conséquences en termes de détérioration des conditions de vie des populations.

Le commissaire de police Harouna Bambara a axé sa communication sur les problèmes d’insécurité autour des exploitations minières

Pour sa part, le commissaire de police Harouna Bambara a axé sa communication sur les problèmes d’insécurité autour des exploitations minières. Une situation qui favorise le développement de fléaux comme la consommation de stupéfiants, les éboulements meurtriers, la prostitution surtout au niveau des exploitations artisanales. Et cela malgré la création de l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) qui n’est pas encore pleinement opérationnel, faute de décrets d’application des articles l’instituant.

Recommandations au Gouvernement

Le commissaire Bambara a terminé sa communication en recommandant la prise de décret d’opérationnalisation de l’ONASSIM, convaincu que l’exploitation minière est à la fois pourvoyeuse de richesse mais aussi dangereuse sans sécurité.

Elie Kaboré s’est lui aussi appesanti sur des recommandations devant permettre, si elles sont suivies par le gouvernement, au secteur minier burkinabè de sortir de sa situation actuelle. Surtout qu’il y a toujours de bonnes nouvelles sur le marché international de l’or : le cours de l’or reste encore élevé soit 1 729,9 dollars au troisième trimestre 2022.

A écouter Richard Tiéné, représentant du président du CBMGC, la présence conférence publique aura tenu toutes ses promesses en ce sens qu’elle a permis, dit-il, de mener une réflexion sans complaisance sur la situation actuelle du secteur minier et d’examiner des pistes de solutions. Il a salué la mobilisation des participants durant les échanges.

Martin Philippe

Burkina Demain

Compte rendu du Conseil des ministres du 16 novembre 2022

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Le conseil des ministres s'est tenu ce mercredi 16 novembre 2022

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 16 novembre 2022, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 14 H 10 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président de la Transition, Président du Conseil des ministres, Compte rendu.

Le conseil des ministres s’est tenu ce mercredi 16 novembre 2022

 Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

I DELIBERATIONS

I 1  AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS

COMBATTANTS

Le Conseil a adopté deux (02) décrets portant respectivement statut du Volontaire pour la défense de la Patrie et création d’une Brigade des Volontaires pour la défense de la Patrie.

Ces deux décrets sont une relecture du décret n°2022- 0368/PRES/TRANS/PM/MDAC/MATDS/MEFP du 22 juin 2022 portant statut du Volontaire pour la défense de la Patrie et du décret n°2022-0369/PRES/TRANS/PM/MDAC/MATDS du 22 juin 2022 portant création d’une Brigade des Volontaires et de défense patriotique. Ils permettent de prendre désormais en compte les Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) nationaux et précisent le rattachement institutionnel de ladite Brigade au Chef d’Etat-Major général des armées.

L’adoption de ces décrets vise une meilleure organisation de l’ensemble des forces combattantes.

I 2 AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DE LA PROSPECTIVE

Le Conseil a adopté un décret portant rémunération du Président du Faso, du Premier ministre, des Présidents d’institution et des Membres du Gouvernement.

Ce décret abroge le décret n°2022-045/PRES-TRANS/PM/MEFP/SGG-CM du 15 avril 2022 portant modalités de rémunération du Président du Faso et le décret n°2022-0046/PRES-TRANS/PM/MEFP/SGG-CM du 15 avril 2022 portant modalités de rémunération du Premier ministre, des Présidents d’institution et des Membres du Gouvernement.

L’adoption de ce décret consacre le retour aux dispositions du décret n°2008-891/PRES/PM/MEF du 31 décembre 2008 portant rémunération du Premier ministre, des Présidents d’institution et des Membres du Gouvernement.

Nonobstant l’adoption de ce décret, le Président de la Transition, Chef de l’Etat a décidé de renoncer aux émoluments liés à sa fonction et de conserver son salaire de Capitaine des Forces armées nationales.

Les membres du Gouvernement ont aussi décidé de céder 50% de leur salaire de ce mois de novembre 2022 pour soutenir l’action humanitaire dans le cadre du «Mois de solidarité » institué en novembre de chaque année.

I 3  AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DE L’HYGIENE PUBLIQUE

Le Conseil a adopté deux (02) rapports.

Le premier rapport est relatif à l’approbation des résultats de l’appel d’offres international ouvert n°2022-0006/MSHPBE/SG/DMP/AMPC/PAASS-ME pour les travaux de construction de deux (02) hôpitaux de district et de maintenance des bâtiments sur une durée de cinq (05) ans à Karangasso Vigué et à Lena dans la région des Hauts-Bassins.

Le Conseil a marqué son accord pour l’attribution des marchés aux entreprises suivantes :

Lot 1 : Groupement SOL CONFORT ET DECOR (SCD SA)-COGEBINTERNATIONAL SA, pour un montant de deux milliards sept cent soixante millions deux cent dix-sept mille huit cent cinquante-sept (2 760 217 857) F CFA HTVA, avec un délai d’exécution des travaux de dix (10) mois maximum et un délai de maintenance des bâtiments de cinq (05) ans à compter de la date de réception définitive ;

Lot 2 : Groupement ECODI SARL/ICM COSTRUZIONI SRL, pour un montant de deux milliards quatre cent seize millions cinq cent soixante-onze mille vingt (2 416 571 020) F CFA HTVA, avec un délai d’exécution des travaux de dix (10) mois maximum et un délai de maintenance des bâtiments de cinq (05) ans à compter de la date de réception définitive.

Le montant total des attributions s’élève à cinq milliards cent soixante-seize millions sept cent quatre-vingt-huit mille huit cent soixante-dix-sept (5 176 788 877) F CFA HTHD.

Le financement est assuré par le 11ème FED ACP-UE (50%) et le programme ORIO, Pays-Bas (50%).

Le second rapport est relatif à un décret portant approbation des statuts particuliers de l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé (ANSSEAT).

L’Agence nationale pour la sécurité sanitaire de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé, ex-Laboratoire national de santé publique (LNSP) a été créée par le décret n°2021- 0932/PRES/MINEFID/MS du 17 septembre 2021.

L’adoption de ce décret permet de doter l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé, de nouveaux statuts juridiques en vue d’accomplir ses missions de structure de référence pour les contrôles de qualité et de se conformer aux dispositions du décret n°2014-615/PRES/PM/MEF du 24 juillet 2014 portant statut général des Etablissements publics de santé.

II COMMUNICATIONS ORALES

II 1 Le ministre de l’Agriculture, des ressources animales et halieutiques a fait au Conseil une communication relative à la commémoration de la 42ème Journée mondiale de l’alimentation (JMA) au Burkina Faso, le 17 novembre 2022 à Ouagadougou.

Placée sous le thème : « Ne laisser personne de côté. Améliorer la production, la nutrition, l’environnement et les conditions de vie », cette commémoration a pour objectif d’appeler à une solidarité mondiale pour aider les plus vulnérables à se remettre des crises, et rendre les systèmes alimentaires plus résilients.

II 2 Le ministre de la Solidarité, de l’action humanitaire, de la réconciliation nationale, du genre et de la famille a fait au Conseil une communication relative à la commémoration de la 25ème Journée internationale de la femme rurale.

Placée sous le thème « Femme rurale et production en contexte sécuritaire complexe », cette commémoration se tiendra le 17 novembre 2022 à Kaya dans la région du Centre-Nord.

L’objectif est de contribuer à la résilience des femmes rurales déplacées ou non, et de célébrer le mérite de ces femmes rurales comme actrices de changement et de progrès.

II 3 Le ministre de l’Energie, des mines et des carrières a fait au Conseil une communication relative à la destruction de véhicules d’un sous-traitant de la société Nantou mining SA, en l’occurrence la société Byrnetcut SARL sur la mine industrielle de Perkoa.

Suite à la destruction de véhicules sur la mine industrielle de Perkoa, le Gouvernement a dépêché une délégation le 13 novembre 2022 dans la province du Sanguié, région du Centre-Ouest pour échanger avec les responsables de la mine. Il ressort que six (06) véhicules ont été effectivement détruits suivant la politique de la société en matière de gestion des véhicules hors d’usage selon les responsables de la mine.

Le Conseil a instruit le ministre chargé du dossier de diligenter des investigations sur la situation fiscale de ces véhicules en vue de situer les responsabilités conformément à la règlementation en vigueur.

II 4  Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation a fait au Conseil une communication relative à l’organisation d’un atelier national sur «la formation des jeunes chercheurs et étudiants sur les sciences spatiales ». Cette formation permettra le développement des compétences du Burkina Faso dans les domaines des technologies satellitaires. Elle se tient en prélude au montage du satellite CANSAT et à son lancement du 19 au 25 décembre 2022 à Koudougou, région du Centre-Ouest.

III 1 NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS

– Monsieur Ollo Alain PALE, Officier, est nommé Directeur de Cabinet ;

– Monsieur Abdou DIALLO, Officier, est nommé Secrétaire général.

B  AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES, DE LA COOPERATION REGIONALE ET DES BURKINABE DE L’EXTERIEUR

– Monsieur Séini KOANDA, Mle 58 793 R, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Trésorier auprès de l’Ambassade du Burkina Faso à Nairobi (Kenya).

C AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DE LA PROSPECTIVE

– Monsieur Ibrahim Ben Harouna ZARANI, Mle 39 667 B, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 10ème échelon, est nommé Directeur général de la Loterie nationale du Burkina (LONAB) ;

– Monsieur Mathias KADIOGO, Mle 49 373 S, Inspecteur des Douanes, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur général des Douanes ;

– Monsieur Lin HIEN, Mle 41 576 D, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 16ème échelon, est nommé Secrétaire technique pour la promotion de l’inclusion financière ;

– Monsieur Sié Philippe Aimé PALENFO, Mle 59 646 K, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 11ème échelon, est nommé Coordonnateur national de l’unité de partenariat public privé ;

– Monsieur Alain SIRI, Mle 56 696, Economiste, est nommé Secrétaire exécutif national de la Politique nationale de développement ;

– Monsieur Léon Hermann BAKOLO, Mle 98 283 T, Conseiller en sciences et techniques de l’information et de la communication, 1ère classe, 8ème échelon, est nommé Directeur de la communication et des relations

presse.

D AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION

– Madame Aissaioulè Pauline MILLOGO/DAH, Mle 253 528 L, Chercheur, catégorie P3, 1ère classe, 1er échelon, est nommée Directrice du développement institutionnel et de l’innovation.

E  AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT, DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT

– Monsieur Thomas YAMPA, Mle 220 666 G, Administrateur civil,

1ère classe, 7ème échelon, est nommé Directeur de Cabinet ;

– Monsieur Bouraïma KOUANDA, Mle 216 309 H, Ingénieur du génie rural, 1ère classe, 8ème échelon, est nommé Secrétaire général ;

– Madame Josephine SIMPORE/COMPAORE, Mle 208 116 D, Conseiller en gestion des ressources humaines, 1ère classe, 5ème échelon, est nommée Directrice des ressources humaines.

F  AU TITRE DU MINISTERE DE LA COMMUNICATION, DE LA CULTURE, DES ARTS ET DU TOURISME

– Monsieur Atéridar Galip SOME, Mle 98 281 Y, Conseiller en sciences et techniques de l’information et de la communication, 1ère classe, 8ème échelon, est nommé Directeur de Cabinet ;

– Monsieur Bétamou Fidèle Aymar TAMINI, Mle 88 796 S, Ingénieur du cinéma et de l’audiovisuel, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Secrétaire général.

III 2 NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES, DE LA COOPERATION REGIONALE ET DES BURKINABE DE L’EXTERIEUR

Le Conseil a adopté trois (03) décrets.

Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de l’Institut des hautes études internationales (INHEI) pour un premier mandat de trois (03) ans.

ADMINISTRATEURS REPRESENTANT L’ETAT

Au titre du ministère de la Défense et des anciens combattants :

– Monsieur Souleymane OUEDRAOGO, Officier.

Au titre du ministère des Affaires étrangères, de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur :

– Monsieur Saïdou ZONGO, Mle 49 036 H, Conseiller des affaires étrangères ;

– Monsieur Moustapha Fafing Nicolas DIABATE, Mle 105 215 G, Conseiller des ressources humaines.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LE PERSONNEL ENSEIGNANT DE L’INHEI

– Monsieur Samson Arzouma III OUEDRAOGO, Mle 118 846 N, Conseiller des affaires étrangères.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LES STAGIAIRES DE L’INHEI

– Monsieur Geoffroy OUEDRAOGO, Elève conseiller des affaires étrangères, pour la durée de son mandat de délégué général.

ADMINISTRATEUR REPRESENTANT LE PERSONNEL ADMINISTRATIF, TECHNIQUE ET DE SOUTIEN DE L’INHEI

– Monsieur Karim LINGANI, Agent financier.

Le deuxième décret renouvelle le mandat des personnes ci-après, Administrateurs représentant l’Etat au Conseil d’administration de l’Institut des hautes études internationales (INHEI) pour une dernière période de trois (03) ans.

Au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation :

– Monsieur Ludovic Ouhonyioué KIBORA, Mle 52 124 J, Maître de recherche ;

– Monsieur Florent SONG-NABA, Mle 231 946 P, Maître de conférences.

Le troisième décret nomme Monsieur Saïdou ZONGO, Mle 49 036 H, Conseiller des affaires étrangères, Président du Conseil d’administration de l’Institut des hautes études internationales (INHEI) pour un premier mandat de trois (03) ans.

Le Porte-Parole du Gouvernement

Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO

COP27 : Forum africain sur les énergies renouvelables

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Une vue des panélistes de ce premier forum africain sur les énergies renouvelables dans une COP

En Afrique, les efforts d’atténuation et d’adapter aux impacts du changement climatique doivent aller de pair avec ceux concourant à la transition énergétique. «Nous devons intensifier nos initiatives, assurer une transition énergétique juste et une finance durable qui permettront à l’Afrique d’atténuer et de s’adapter aux impacts du changement climatique tout en accélérant son ambition de développement», souligne, ce 15 novembre à Charm-el-Sheikh, Amadou Hott, ancien ministre sénégalais de l’économie, de la planification et de la coopération internationale, lors du premier Forum africain sur les énergies renouvelables organisé en marge de la COP27.

Une vue des panélistes de ce premier forum africain sur les énergies renouvelables dans une COP

«L’Afrique est un acteur essentiel en ce qui concerne l’action climatique et nous avons maintenant la possibilité de propulser le développement vert sur le continent », a déclaré Ahunna Eziakonwa, sous-secrétaire générale des Nations unies et directrice du bureau régional du PNUD pour l’Afrique, au cours du premier Forum africain sur les énergies renouvelables organisé ce 15 novembre 2022 à Charm-el-Sheikh en marge de la COP27.

«Nous devons intensifier nos initiatives, assurer une transition énergétique juste et une finance durable qui permettront à l’Afrique d’atténuer et de s’adapter aux impacts du changement climatique tout en accélérant son ambition de développement», a soutenu pour sa part, Amadou Hott, ancien ministre sénégalais de l’économie, de la planification et de la coopération internationale

568 millions de Subsahariens n’ont pas accès à l’électricité

L’Afrique subsaharienne est la région où le déficit d’accès à l’énergie est le plus élevé au monde. On estime que 568 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité en Afrique subsaharienne. Cela représente les trois quarts de la population mondiale sans électricité.

Et Ahunna Eziakonwa de souligner l’engagement du PNUD à garantir que 500 millions de personnes – dans le monde – aient accès à l’électricité renouvelable. Ce programme qui sera déployé dans le cadre du programme Africa Minigrids, lancé lors de la COP27 le 15 novembre, «jouera un rôle important dans l’amélioration des moyens de subsistance et la lutte contre la pauvreté».

Et ce n’est pas tout, environ 80 % des habitants de l’Afrique subsaharienne n’ont pas accès à des combustibles et à des technologies propres et sûrs pour cuisiner, ce qui représente 40 % de la population mondiale qui n’a pas accès à une cuisine propre.

Ce déficit énergétique substantiel enferme dans la pauvreté certaines des communautés les plus vulnérables du monde, la plupart d’entre elles vivant en Afrique.

Grégoire B. Bazié

Burkina Demain

Négociations à la COP27 : Des amazones francophones bien présentes

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Elles sont des centaines de négociatrices francophones qui participent à la COP27

Elles sont des centaines de négociatrices sur les questions de climat issues du monde francophone qui ont régulièrement participé aux conférences des Nations-Unies sur le climat (COP) grâce au soutien de la Francophonie. Elles sont encore plus nombreuses à la COP27 qui se tient depuis le 6 novembre à Charm-el-Sheikh, en Egypte.

Elles sont des centaines de négociatrices francophones qui participent à la COP27

Alors que la COP27 s’acheminait vers une phase décisive avec notamment la question de la finance climat qui devrait être abordée le lendemain, les négociatrices francophones étaient en répétition générale le 12 novembre dernier dans le stand de la Francophonie pris d’assaut à cette occasion.

Parole aux officiels

Les officiels pendant la rencontre d’échanges avec  les négociatrices francophones à Charm-el-Sheikh

Du côté des officiels, l’on notait la présence de l’administrateur de la Francophonie Geoffroi Montpetit ; de la secrétaire d’État française chargée du développement, de la Francophonie et des partenariats internationaux auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Chrysoula Zacharopoulou ; du ministre d’Etat de la Principauté de Monaco Pierre Dartout ; du président du Groupe Afrique des Négociateurs Ephraim Shitima et du président de l’Organe subsidiaire du Conseil scientifique et technique (SBSTA) Tosi Mpanu Mpanu.

Ils ont tour à tour pris la parole pour saluer l’initiative de la Francophonie de favoriser la pleine participation des négociatrices francophones aux COP et pour encourager les bénéficiaires à faire bon usage de ces opportunités à elles offertes pour mieux défendre leurs préoccupations climatiques, celles de leurs pays.

200 négociatrices francophones outillées pour la COP27

Les femmes bénéficiaires de l’appui de la Francophonie sont formées par les experts de l’IFDD en vue de leur participation active à la COP

Comme les précédentes conférences, l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), organe subsidiaire de l’Organisation internationale de la Francophonie (IFDD), en partenariat avec le Groupe Afrique des Négociateurs (AGN), a renforcé les capacités d’un certain nombre de négociatrices de francophones en prélude à cette COP27 de Charm-el-Sheikh. Selon Issa Bado, un des formateurs, ce sont au total 200 négociatrices francophones qui ont vu leurs capacités renforcées. En outre, une quarantaine d’entre elles ont vu les frais de participation à la COP27 pris en charge. L’objectif visé à travers ces appuis, c’est de permettre à ces représentantes des pays francophones d’Afrique d’y participer activement et de défendre leurs priorités nationales aux négociations sur le climat. Et l’initiative a été réalisée grâce à l’appui financier d’Environnement et Changement climatique Canada, du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de France (MEAE) et de la Principauté de Monaco.

Témoignages et expressions de gratitude des bénéficiaires

Kadiatou Dalein Dallio, directrice générale du Bureau des stratégies et de développement

Des bénéficiaires espèrent pouvoir tirer leur épingle du jeu au cours de cette COP27. C’est le cas de Kadiatou Dalein Dallio, directrice générale du Bureau des stratégies et de développement du Ministère de l’environnement et de développement durable en Guinée Conakry. Mme Dalein Diallo est à sa première COP mais elle entend jouer pleinement sa partition.

«On est venu avec un catalogue de projets, surtout d’adaptation et d’atténuation. Nous sommes à la recherche d’institutions ou partenaires financiers potentiels pour financer nos projets. Pour le moment, nous ne sommes qu’au début mais, quand même, nous comptons aller jusqu’au bout», nous confie-t-elle .

Et d’ajouter : «Les femmes et les enfants sont la couche la plus vulnérable. Dans mon pays, on est en train de voir comment élaborer une stratégie genre et changement climatique. C’est-à-dire comment impliquer les femmes, les jeunes et les personnes handicapées dans le processus de changement climatique pour que chaque couche sache son rôle et jusqu’où peut aller ce rôle».

 »Très reconnaissante envers l’IFDD »

Prisca Jimaja Ablet, cheffe de service adaptation au ministère béninois de l’environnement

Prisca Jimaja Ablet, cheffe de service adaptation au ministère béninois de l’environnement, est pour sa part une habituée du soutien de la Francophonie. Et elle ne tarit pas d’éloges sur les bienfaits de l’institut de développement durable, en termes notamment de de renforcement des capacités sur les questions climatiques.

«Je suis en train d’implémenter le plan national d’adaptation de mon pays, j’ai pu obtenir des financements pour élaborer le plan national d’action genre et changement climatique.  Je suis vraiment très reconnaissante envers l’IFDD parce que, partout où je passe, je porte la voix de mon pays, le Bénin, pour parler de changement climatique», se félicite-t-elle.

Et de confier : «La formation de l’IFDD m’a permis d’avoir d’abord confiance à moi-même. Je suis à ma cinquième COP.  Il y a peut-être quelques années de cela, si vous approchiez votre caméra, votre micro de moi, j’allais vous dire que je ne peux pas. Mais, aujourd’hui, je n’ai plus cette peur de prendre la parole devant n’importe quelle assemblée pour parler de mes expériences.  Cette formation de l’IFDD m’a permis non seulement de rentrer dans les négociations, de savoir les groupes et les enjeux des négociations à chaque COP».

Philippe Martin

Burkina Demain

Gestion des crises sécuritaire et humanitaire : L’Union européenne apporte son soutien à la Transition

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Le Premier ministre, Me Appolinaire Kyelem de Tambela, s’est entretenu ce jeudi 10 novembre 2022, dans la soirée, avec le Commissaire européen à la gestion des crises, Janez Lenarcic. Celui-ci a rassuré du soutien de l’Union européenne à la Transition burkinabè.

« Nous sommes conscients de la situation difficile et des crises multiples auxquelles le Burkina Faso fait face. Mon message est simple : nous serons là, aux côtés du peuple burkinabè, avec l’aide humanitaire, mais aussi dans d’autres domaines », a déclaré le Commissaire européen à la gestion des crises.

Janez Lenarcic a souhaité que les autorités de notre pays puissent mener à bon port la période de la Transition parce que, a-t-il dit, « c’est une priorité, et sans le retour à l’ordre constitutionnel, il ne peut pas y avoir de paix durable ».

Il a estimé par ailleurs, qu’il faut parallèlement s’attaquer au problème sécuritaire qui secoue notre pays depuis plusieurs années.

Dans ce domaine également, a-t-il souligné, l’Union européenne est prête à accompagner les autorités burkinabè.

DCRP/Primature

COP27 : 4 expériences du Burkina vantées à Charm-El Sheikh

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Le Burkina est présent à la COP27 à Charm-el Sheikh en Egypte

Si la vingt-septième Conférence des Nations-Unies sur le climat (COP27) est placée sous le signe de l’action, face notamment à l’urgence climatique ; elle est avant tout un rendez-vous du donner et du recevoir. Présent à Charm-El Sheikh, ville hôte de cette 27e COP avec une délégation d’une cinquantaine de personnes ; le Burkina Faso a saisi l’occasion ce mardi 8 novembre pour partager 4 expériences en matière d’adaptation et de lutte contre le réchauffement climatique.

L’ambassadeur du Burkina en Egypte Alassane Moné a participé à la présentation des 4 expériences du Burkina

Des émissions CO2 au niveau net zéro en 2045, 140 à 190 000 emplois verts crées par an, une croissance de PIB de 5,62% avec un besoin de financement global de plus de 15 000 milliards de francs CFA. Ce sont, entre autres, ce que l’on peut retenir de la vision 2050 de développent à faible émission de carbone et résilient au climat du Burkina Faso. Cette Stratégie bas carbone à long terme (LT LED) a été présentée ce mardi 8 novembre 2022 à Charm-El Sheikh dans le cadre de la COP27 par Boudassida Rouamba, point focal LT LED au Secrétariat permanent du Conseil national de développement durable.

193 millions de tonnes de carbone séquestrés en 2031

Le secrétaire exécutif Mourima Mai Moussa a fait un exposé sur l’expérience de l’Alliance pour le biodigesteur en Afrique de l’ouest et du centre

La deuxième expérience du Burkina Faso présentée à la COP27 est l’initiative REDD+ qui vise, faut-il le rappeler, à encourager les pays en développement à contribuer aux efforts d’atténuation du changement climatique par la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et l’élimination croissante des GES de l’atmosphère de la Terre par la conservation, la gestion et l’expansion des forêts.

Dans la présentation de la stratégie REDD+ du Burkina Faso assurée par Pamoussa Ouédraogo, directeur général de l’économie verte et du changement climatique ; l’on attend un accroissement de la capacité de séquestration de carbone des écosystèmes forestiers et humides, devant passer notamment de 5,2 millions de tonnes en 2021 à 20, 193 millions de tonnes en 2031. Ce qui devrait avoir une incidence sur la réduction de la pauvreté en milieu rural, de 44,6% en 2018 à moins de  35% en 2031.

Le secrétaire exécutif Mourima Mai Moussa a fait un exposé sur l’expérience de l’Alliance pour le biodigesteur en Afrique de l’ouest et du centre qui contribue à l’atteinte des objectifs de la Stratégie bas carbone à long terme du Burkina Faso. Il a indiqué que notre pays compte à ce jour plus de 15 000 biodigesteurs.

Processus inclusifs, participatifs

Enfin, la quatrième expérience du Burkina Faso a concerné l’inclusion, la solidarité sur cette question à travers le projet BENKADI qui a permis une prise en compte des personnes vulnérables, notamment les femmes, les jeunes et les personnes handicapées dans les actions de lutte contre les changements climatiques au Burkina Faso. L’experte genre et inclusion Clarisse Tiemtoré/Tougma qui a fait la communication, a parlé d’initiative portée par un consortium d’organisations de la société civile dont SPONG et mise en œuvre dans plusieurs pays dont le Mali et le Burkina.

Dans les 4 expériences du Burkina Faso vantées ce mardi à Charm-el Sheikh, il ressort que l’inclusion, la participation a prévalu à tous les niveaux. Ce qui assure-t-on, est gage de la bonne exécution de ces différentes initiatives.

Initiative saluée à sa juste valeur

Le coordonnateur du CESAO-AI, Dr Dramane Coulibaly, et le président de la CNPDER-BF, Dr Charles Didace Konseibo, à l’issue des présentations

L’ambassadeur du Burkina Faso en Egypte Alassane Moné a salué l’initiative de ce partage des expériences du Burkina Faso à cette COP27 et souhaité que cela contribue au succès de cette conférence et que l’on aille résolument vers l’action au regard de la crise climatique.

Pour le secrétaire permanent du CNDD Somanegré Nana, ce qui a été présenté n’est qu’une partie de ce que le Burkina Faso fait déjà en matière d’efforts pour l’adaptation et la lutte contre le réchauffement. «L’expérience du Burkina Faso peut faire cas d’école» en ce sens, dit-il, que d’autres pays viennent s’en inspirer.

«Le Burkina est vraiment engagé sur plusieurs fronts. Aussi bien rapport à REDD+, par rapport aux biodigesteurs en Afrique, que sur la stratégie nationale en matière d’adaptation. Beaucoup de choses se font. On a donc intérêt encore à rendre plus visible la contribution du Burkina Faso. Comme cela a été fait, il faut d’autres évènement pour que cela soit encore plus visible afin de mobiliser les partenaires. C’est le plus important»,s’est félicité pour sa part, Dr Dramane Coulibaly, coordonnateur du Centre d’études et d’expérimentations économiques et sociales de l’Afrique de l’ouest-Association internationale (CESAO-AI).

Grégoire B. Bazié, Charm-el Sheikh

Burkina Demain

Compte rendu du Conseil des ministres du 9 novembre 2022

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Le Premier ministre et des membres du gouvernement à la session du Conseil des ministres du mercredi 9 novembre 2022

Le Conseil des Ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 09 novembre 2022, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 13 H 30 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président de la Transition, Président du Conseil des ministres.

Le Premier ministre et des membres du gouvernement à la session du Conseil des ministres du mercredi 9 novembre 2022

Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

I DELIBERATIONS

I 1  AU TITRE DE LA PRIMATURE

Le Conseil a adopté trois (03) décrets.

Il s’agit :

– du décret portant attributions des membres du Gouvernement ;

– du décret portant intérim des ministres ;

– du décret portant intérim du Secrétaire général du Gouvernement et du Conseil des ministres.

Ces décrets déterminent le rôle, les missions, les attributions des membres du Gouvernement ainsi que les intérims à assurer en cas d’absence des ministres.

L’adoption de ces décrets permet une meilleure organisation du Gouvernement, un bon fonctionnement des départements ministériels et une continuité du travail gouvernemental.

I 2  AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES

Le Conseil a adopté un rapport relatif à l’adoption d’un plan opérationnel d’appui à la campagne agricole de saison sèche 2022-2023.

Le coût prévisionnel de ce plan opérationnel est de dix milliards six cent vingt-quatre millions six cent trois mille trois cent vingt-six (10 624 603 326) F CFA dont huit milliards cent quarante millions dix-neuf mille sept cent seize (8 140 019 716) F CFA déjà mobilisés.

Ce plan permettra entre autres, la sécurisation de barrages, la mise en valeur agricole de grands périmètres irrigués de plus de 100 hectares, la mise en valeur agricole de petits et moyens périmètres irrigués de moins de 100 hectares ainsi que la réalisation et la mise en valeur de périmètres irrigués autour de forages à gros débit, sur 250 sites déjà aménagés et 100 nouvelles fermes agricoles.

Au-delà des objectifs de production, ce plan s’intègre dans la vision globale de reconquête du territoire à travers la création d’opportunités pour l’ensemble des acteurs, en particulier pour les jeunes et les personnes déplacées internes.

Le Conseil a marqué son accord pour la mise en œuvre du plan opérationnel d’appui à la campagne agricole de saison sèche 2022-2023.

II COMMUNICATIONS ORALES

II 1  Le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité a fait au Conseil une communication relative au processus de recrutement des Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP).

A la date du 08 novembre 2022, plus de 25 000 personnes se sont enrôlées.

L’opération se poursuit jusqu’au 18 novembre 2022 et au regard de l’engouement, le Conseil a donné des instructions pour un allègement des formalités afin de faciliter l’enrôlement du plus grand nombre.

II 2 Le ministre de la Solidarité, de l’action humanitaire, de la réconciliation nationale, du genre et de la famille a fait au Conseil une communication relative à l’élaboration du plan de réponse humanitaire 2023 du Gouvernement de Transition.

Ce plan a pour objectif d’apporter une assistance coordonnée aux besoins des Personnes déplacées internes (PDI) et des communautés hôtes vulnérables dans tous les secteurs humanitaires.

II 3 Le ministre des Transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière a fait au Conseil une communication relative à la tenue de la 4ème édition de la campagne dénommée «la rentrée scolaire en toute sécurité routière».

Placée sous le thème : «Pour ma vie, je porte le casque », cette campagne prévue du 10 au 13 novembre 2022 à Koudougou, Région du Centre-Ouest vise à contribuer à la réduction du nombre et de la gravité des accidents de la route, notamment ceux impliquant les scolaires.

II 4  Le Secrétaire général du Gouvernement et du Conseil des ministres a informé le Conseil de la participation du Burkina Faso à la 13ème Assemblée générale du Conseil du travail et du dialogue social (CTDS) de l’Union économique et monétaire Ouest africaine (UEMOA), prévue du 15 au 16 novembre 2022 à Dakar au Sénégal.

II NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES

A AU TITRE DE LA PRESIDENCE DU FASO

– Monsieur Boukary KOUANDA, Officier, est nommé Directeur du Parc automobile de la Présidence du Faso ;

– Monsieur Philippe SOMDA, Officier, est nommé Intendant du Palais.

B  AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE, DE LA DECENTRALISATION ET DE LA SECURITE

– Monsieur Sidpassamdé Serge Alain TAPSOBA, Officier, est nommé Directeur général de l’Office national de sécurisation des sites miniers

 

Le Porte-parole du Gouvernement

Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO, Chevalier de l’Ordre du mérite, des arts, des lettres et de la communication

Lutte anti-terroriste : Le Capitaine Traoré dans son élément au front

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En chef de guerre, il est allé porter du réconfort aux éléments du 14e RIA de Djibo

Selon ce communiqué de la Présidence du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré était, le 5 novembre dernier, avec les hommes du 14e Régiment interarmes (RIA) de Djibo, victime d’une attaque terroriste le 24 octobre 2022. «En chef de guerre, il est allé porter du réconfort à ses soldats et surtout les encourager pour la suite du combat qu’ils mènent pour la défense de la Patrie», indique le communiqué.

«Lutte contre le terrorisme : le Capitaine TRAORE au Front

(Ouagadougou, 7 novembre 2022). Ce samedi 5 novembre 2022, le Président de la Transition, le Capitaine Ibrahim TRAORE, était avec les hommes du 14e Régiment Interarmes (RIA) de Djibo qui a été victime d’une attaque terroriste le 24 octobre dernier.

En chef de guerre, il est allé porter du réconfort à ses soldats et surtout les encourager pour la suite du combat qu’ils mènent pour la défense de la Patrie. « Félicitations pour le travail abattu, beaucoup de courage pour la suite », a dit le Président TRAORE au personnel du 14e RIA.

Sans langue de bois, le Capitaine a reconnu qu’il y a des dysfonctionnements qu’il faut rapidement corriger pour plus d’efficacité.

« Cela fait plus de deux (2) ans que certains sont déployés dans ce détachement (…) On ne peut pas imaginer ce que vous avez vécu durant tout ce temps. Mais vous êtes forts. Cela prouve que vous êtes capables de plus que ce que vous imaginez », a rappelé le Capitaine aux Hommes du 14e RIA de Djibo.

A ce propos, le Chef de l’Etat a promis que la relève sera désormais effective afin de permettre aussi aux soldats d’aller se ressourcer pour être plus efficaces.

Le renseignement et l’appui seront aussi présents désormais, selon lui.

À l’endroit des jeunes combattants nouvellement projetés sur le terrain, le Capitaine a invité à garder le moral haut, ce qui est à la base du succès des actions à entreprendre. « Maintenez votre potentiel, maintenez le potentiel », a lancé le Président TRAORE aux Hommes.

«Partout où le devoir va nous appeler, partout où les populations auront besoin de nous, nous irons. Nous allons reconquérir tout le territoire », a conclu le Capitaine Ibrahim TRAORE. 

Direction de la Communication de la Présidence du Faso»

Infractions sur le marché financier : L’AMF-UMOA en campagne de sensibilisation à Ouaga

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Le secrétaire général de AMF-UMOA, M. Bossoukpé, se prêtant aux questions des journalistes

L’Autorité des marchés financiers de l’Union monétaire ouest africaine (AMF-UMOA) a organisé, ce lundi 7 novembre 2022 à Ouagadougou, un atelier d’information et de sensibilisation au profit des professionnels du secteur de la justice et des acteurs du marché financier. L’activité a été présidée par la nouvelle ministre de la justice Bibata Nébié.

C’est la ministre de la justice Bibata Nébié qui a présidé la rencontre d’information et de sensibilisation sur les infractions boursières dans la zone UMOA

Dans le but de prévenir et sanctionner les agissements répréhensibles sur le marché financier, le Conseil des Ministres de l’UMOA a pris, le 23 septembre 2021, la décision portant adoption de la Loi Uniforme relative aux infractions boursières sur le marché financier régional. L’objet de ce texte est de rendre effective la répression des comportements délictueux sur le marché financier par l’établissement de sanctions proportionnées et dissuasives.

C’est ainsi, qu’au regard de la spécificité du secteur du marché financier, que les premiers responsables de l’Autorité des marchés financiers, gendarme financier de la zone UMOA, ont initié cet atelier de sensibilisation. Cette activité, selon le Secrétaire général de l’AMF-UMOA, Ripert Bossoukpé « vise à familiariser les professionnels du monde de la justice à la nouvelle Loi Uniforme relative aux infractions boursières ».

Protéger le marché financier régional

Le secrétaire général de AMF-UMOA, Ripert  Bossoukpé, se prêtant aux questions des journalistes

La ministre de la justice burkinabè, Bibata Nébié/Ouédraogo a salué l’initiative prise par l’Autorité des marchés pour doter l’espace financier régional de la Loi Uniforme sur les infractions boursières afin de réglementer les activités qui s’y déroulent. Elle trouve qu’il était impératif de disposer de cet instrument juridique afin de « prévenir la délinquance financière et réprimer au besoin les contrevenants, dans un contexte de recrudescence d’offres de placement sous diverses formes et bien souvent illusoires adressées aux populations ».

Cette idée de la garde des sceaux est renchérie par le SG de AMF-UMOA, Bossoukpé, qui soutient que cette loi est un outil dédié à la protection de l’épargne. Elle permet ainsi de « réprimer et de sanctionner les comportements susceptibles de perturber la tranquillité et le développement du marché financier communautaire », tels que la lutte contre le blanchissement de capitaux et le financement du terrorisme.

Notons que cet atelier qui se déroule ici à Ouagadougou est une étape de la série d’activités de sensibilisation qui se déroulera dans l’ensemble des capitales des pays de l’Union.

Prennent part à cet atelier, des magistrats, avocats, officiers de police judiciaire, assistants parlementaires, responsables de sociétés d’intermédiation agrées du Marché financier régional, et des membres de la Cellule nationale de traitement de l’information financière (CENTIF).

J.B/ Burkina Demain