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La Banque mondiale prévoit un taux de croissance de 1,6% pour l’Afrique subsaharienne en 2016

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Les animateurs de visio-conférence de la Banque mondiale

La Banque mondiale, à travers sa publication semestrielle, Africa’s Pulse, a rendu public les conclusions de sa dernière édition 2016. Le rapport a été présenté à la presse ce 29 septembre 2016 par visio-conférence, animée depuis Washington par les économistes Albert Zeufack et Punam Chuhan-Pole.

Les animateurs de visio-conférence de la Banque mondiale
Les animateurs de visio-conférence de la Banque mondiale

Le rapport de la dernière édition 2016 de Africa’s Pulse a livré son verdict en ce qui concerne les perspectives économiques de l’Afrique. Pour ce deuxième numéro de l’année, le rapport indique une croissance dans une conjoncture morose dans certains pays. Après avoir ralenti à 3% en 2015, le taux de croissance de l’Afrique subsaharienne devrait continuer de baisser à 1,6% en 2016. Ce ralentissement s’explique par la chute des cours des matières premières des grandes économies telles que le Nigéria et l’Afrique du Sud.
Toutefois, les conclusions du rapport constatent des taux de croissances hétérogènes à travers le continent, avec des disparités entre les pays. Ainsi, si certains pays ont vu leur croissance chuter, d’autres par contre, affichent en moyenne des taux annuels supérieurs à 6%. Les pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal figurent parmi les économies les plus performantes du continent.

Une croissance réelle de 2,9% en 2017 et 3,6% en 2018

Des membres de l'équipe de la Banque mondiale Ouaga
Des membres de l’équipe de la Banque mondiale Ouaga

Cette situation a fait dire à Albert Zeufack, économiste en chef de la banque mondiale pour l’Afrique que « les pays qui s’en sortent le mieux sont également ceux qui disposent d’un cadre de gestion macroéconomique plus solide et d’une réglementation plus favorable aux activités commerciales. Leurs exportations sont aussi plus diversifiées et leurs institutions plus fortes».
Contrairement à l’année 2016, les deux années à venir affichent un horizon de croissance sur le continent, selon les prévisions de Africa’s Pulse. Cela, parce que les pays exportateurs de matières premières ont commencé à réduire leurs dépenses ; ce qui devrait engendrer une légère hausse de croissance au fur et à mesure. Dans un tel contexte le retour d’une croissance réelle de 2,9% en 2017 et de 3,6% en 2018 sont attendues.

L’agriculture, source d’emplois et de croissance durable

Une vue des participants burkinabè de la visio-conférence
Une vue des participants burkinabè de la visio-conférence

La chute des matières premières et du prix du pétrole a porté un coup dur aux pays qui en sont dotés. Ces pays doivent diversifier leur économie, en améliorant leur productivité agricole, souligne le rapport. L’Afrique doit accroître ses dépenses publiques dans ce secteur qui représente un tiers de son PIB et emploie les deux tiers de sa population active. Cela permettra à davantage de personnes de trouver un emploi.
Le rapport explique qu’augmenter la productivité agricole permettra au continent de capitaliser sur le développement rapide des marchés régionaux africains à près de 3000 milliards de dollars d’ici 2030.
Et à l’économiste principale de la banque mondiale pour l’Afrique, auteur du rapport Punam Chuhan-Pole d’ajouter qu’« il est impératif d’améliorer la productivité des petites exploitations agricoles pour augmenter les revenus des populations rurales et réduire la pauvreté en Afrique subsaharienne ».
Le rapport recommande aux pays africains de prendre rapidement des mesures qui s’imposent afin de s’adapter à la chute des matières premières, de rendre leurs économies moins vulnérables aux chocs et développer de nouvelles sources de croissances durables.

Joachim Batao
Burkina Demain

Côte d’Ivoire: violentes manifestations à Katiola

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La ville de Katiola dans le nord de la Côte d’Ivoire a été en ébullition dans la journée du lundi 3 Octobre 2016.
katiola

À l’origine de cette révolte de la population , le meurtre d’un jeune répondant au nom de Yaya Sokoba. Ce dernier, soupçonné d’être un voleur , a été abattu sur la base de ce soupçon par un policier. Suite au grabuge dont la nouvelle s’est répandue dans la ville comme une trainée de poudre, la population, sous l’effet d’une colère hystérique s’est attaquée au commissariat de police.

Des échauffourées en ont résulté entre les forces de police et les manifestants. On dénombre deux blessés par balles dont une femme qui aurait pris une décharge de chevrotine dans les fesses.

Les éléments du commissariat, face à des manifestants qui tenaient à en découdre avec eux auraient usé de moyens conventionnels de défense pour les repousser. Le commissariat a été incendié, des engins (voitures et motos) sont partis en fumée , de même que le domicile d’un officier de police.

En outre, un policier est porté disparu, quatre gendarmes et un enfant ont été blessés. L’enfant a dû être amputé du doigt. Et un journaliste de l’AFP a pu voir le corps de l’homme, Yaya Sokoba, 25 ans à la morgue de Katiola. Son frère Oumar Sokoba accuse un policier de l’avoir « blessé » puis « achevé (…) sans raison apparente », sans qu’il soit possible de corroborer ces accusations.

Face à la situation , le préfet de région a convoqué une réunion d’urgence avec les différentes unités des forces de défense et de sécurité, les différentes couches de la population pour appeler à l’apaisement ; un détachement de la gendarmerie nationale de la ville de Bouaké est allé en renfort à Katiola.

Dans la soirée, il régnait un calme précaire dans la ville , avec l’activité commerciale pratiquement inexistante du fait de la fermeture des magasins et du marché central situé dans les encablures du commissariat de police.

Anderson Koné
Burkina Demain

Rentrée judiciaire: sous le sceau de la transparence

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La rentrée judiciaire a eu lieu, ce 3 octobre 2016 à Ouagadougou, sous le thème: « Juridictions et démocratie financière : quels dispositifs pour une contribution à la transparence dans la vie publique ? ». La cérémonie solennelle a eu lieu sous le patronage du Président du Faso, Roch Kaboré et la présidence de la présidente du Conseil supérieur de la magistrature.
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Selon le ministre de la Justice, des Droits humains, de la Promotion civique, Garde des sceaux, Réné Bagoro, il s’agit d’offrir une opportunité à l’appareil judiciaire d’examiner le rôle des juridictions dans la promotion de la bonne gouvernance et leur contribution dans la transparence de la gestion des affaires publiques.

A l’en croire, cette rentrée intervient au moment où l’opinion développe des critiques sur les gouvernants et la justice. « Cette nouvelle dynamique en matière de gestion des affaires publiques provient d’une prise de conscience des populations sur la redevabilité déjà perçue en l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen », a-t-il relevé.

Pour la présidente du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Thérèse Traoré, la justice, au cœur des débats, doit d’être au service du justiciable et des acteurs, en rendant ses décisions en toute indépendance sans pression ni influence.
Pour ce faire, Mme Traoré a rappelé les recommandations des états généraux de la justice, tenus en mars 2015. Puis, elle a dit qu’il appartient aux acteurs de la justice de s’engager résolument à la rendre performante, accessible et protectrice des droits et libertés en vue de restaurer la confiance avec les citoyens.

Mathias Lompo
Burkina Demain

Grève des médias publics : des manœuvres de sabotage en cours

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Le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC) a entamé une grève de 72 h, à compter de ce 3 octobre 2016 sur toute l’étendue du territoire, pour revendiquer de meilleures conditions de travail et de vie.synatic

Au soir de la première journée de manifestation, le responsable du syndicat, Sidiki Dramé, visiblement heureux de la mobilisation de ses camarades, leur a donné rendez-vous au siège des Editions Sidwaya, le lendemain 4 octobre. Interpellé sur les tentatives d’intimidations et de sabotages, il a laissé entendre qu’il le constatait comme tout le monde, mais il se réservait le droit d’y revenir au terme des 72 h de protestation.

En fait, les militants et sympathisants du SYNATIC s’offusquaient des tentatives d’étouffement de la grève dans la mi-journée. A les entendre, le chef du service des programmes de la télévision, Abdoulaye Yago, aurait été appelé par sa hiérarchie pour faire en sorte que le programme de la télévision se déroule normalement. Ce dernier aurait répondu qu’il ne pouvait pas à lui tout seul faire le travail d’une trentaine de personnes. Il aurait prétendu qu’il se sentait en insécurité et qu’il trahirait son syndicat en le faisant. Sur ce, la hiérarchie aurait réagi, en indiquant qu’elle allait envoyer une unité spéciale de la police pour le chercher. Ce que M. Yago aurait décliné, en disant qu’on pouvait le décharger sur le champ.

En plus du chef des services du programme, les gestionnaires du serveur auraient été interpellés pour qu’ils ôtent la bande déroulante annonçant l’incapacité de la télévision à assurer ses programmes habituels, en raison d’un mot d’ordre de grève.

Là aussi, le refus fut catégorique, en dépit du fait que leur contradicteur aurait fondé, entre autres, son argumentation sur le fait que le SYNATIC mène une revendication politique …qu’on aurait du réquisitionné les meneurs et comme ça on allait profiter de leur refus pour les sanctionner. Et d’ajouter qu’on veut sauver les médias d’Etat (la télévision du Burkina, Sidwaya, et la Radio nationale). Sinon, leur aurait-on fait comprendre, le gouvernement peut se servir de la presse privée pour mener sa communication.

Burkina Demain

Crise à l’ONATEL: ABCE appelle à réparer les préjudices subis par les consommateurs

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Siège de l'ONATEL SA

A travers cette déclaration, l’Association burkinabè des services de communication électronique (ABCE) apporte son soutien aux travailleurs de l’ONATEL SA puis appelle les responsables à faire face aux dommages subis par les consommateurs.

Siège de l'ONATEL SA
Siège de l’ONATEL SA

Depuis un certain temps, la qualité des services de communication électronique, qui est habituellement en déca des stipulations contractuelles et des attentes des consommateurs, est perturbée par la grève des agents de l’ONATEL SA.

Tout en manifestant son soutien et sa solidarité aux travailleurs, l’ABCE souhaite vivement que la lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail se fasse dans un esprit républicain en assurant la continuité du service au profit des consommateurs.

Elle espère ainsi, à la lumière de la plateforme revendicative et des cahiers de charges de la société que des investissements sérieux seront faits et des moyens matériels conséquents seront mis à la disposition des agents pour leur permettre de nous fournir des services de bonne qualité à des prix acceptables.

Néanmoins, conscient que seul un dialogue franc et sincère au cours duquel chaque partie fait des concessions est la voie royale pour toute sortie de crise, L’ABCE souhaite que les différents protagonistes privilégient l’arme du dialogue afin de préserver les intérêts de toutes les parties que sont les travailleurs, l’employeur et surtout les consommateurs qui paient déjà un lourd tribut du fait de la suspension du service et la baisse de la qualité.

En sus, l’activité économique est sérieusement ébranlée car le fonctionnement de certaines entreprises est largement tributaire de la connexion à internet. Cela engendre bien évidemment des conséquences fâcheuses qui auraient pu être évitées si tous les acteurs étaient disposés pour le dialogue.

Elle invite, par ailleurs, l’ONATEL SA à prendre toutes les mesures idoines en vue de la réparation des préjudices subis par les consommateurs du fait de cette grève. En effet, il n’est de doute que des consommateurs étaient dans l’impossibilité matérielle d’avoir accès à internet, d’émettre et de recevoir des appels et des sms dans certaines localités du pays.

Pourtant, un délai leur est imparti pour utiliser les crédits notamment en ce qui concerne le crédit pour la connexion internet et les bonus de recharge qui sont écrasés après l’expiration de ce délai. Elle demande alors à l’ONATEL SA de prolonger systématiquement les délais de validité des crédits (internet, appels, sms, bonus de recharge) et de rappeler les crédits qui ont ainsi été biffés.

Elle se réserve aussi, dans les jours à venir, le droit d’entreprendre toute action pour rétablir les consommateurs dans leurs droits.

Pour le bureau exécutif
Le président

Médis publics: le SYNATIC en grève de 72 h à compter de ce jour

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L'exécutif du SYNATIC

Le Syndicat national autonome des travailleurs des médias publics a entamé ce jour, 3 octobre 2016 sur toute l’étendue du territoire, une grève de 72 h, en vue d’exiger l’amélioration des conditions de vie et de travail du personnel de l’information et de la communication.

L'exécutif du SYNATIC
L’exécutif du SYNATIC

Au nombre des activités prévues, une marche du ministère de la Communication en direction de la primature. Les femmes en premières lignes, munies de casseroles vides, donneront le ton, à l’aide de spatules.

Au deuxième jour du mouvement, les hommes de médias observeront le piquet de grève dans la cour de la télévision du Burkina et au troisième, dans les locaux des Editions Sidwaya.

Le syndicat revendique, entre autres, l’amélioration des conditions de vie et de travail du personnel des médias publics du SIG et des DCPM, l’application des textes adoptés sous la transition, l’harmonisation et la revue à la hausse du montant de l’indemnité de code vestimentaire, la reconstitution de carrières des agents de la Communication et de la Culture et l’’arrêt des intimidations et des pressions de tout genre sur les journalistes dans le traitement de l’information dans le strict respect des règles d’éthique et de déontologie.

Anderson Koné
Burkina Demain

Affaire Safiatou Lopez: le dossier renvoyé au 7 novembre prochain

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Appelée à s’expliquer devant le Procureur du Faso pour incitation à l’incendie du palais de justice, l’activiste Safiatou Lopez a comparu le 30 septembre 2016 à Ouagadougou.
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Derrière elle ses partisans fortement mobilisés, scandaient des slogans en son honneur. Lorsqu’elle s’avançait à la barre, ceux-ci ont entonné l’hymne national. Puis, elle a emboité leur pas, en se tournant à son tour vers eux pour entonner le chant de « la victoire ».

Réaction des juges: ils se retirent de la salle d’audience et demandent à la sécurité d’évacuer la salle. Finalement, c’est dans une salle vide que Mme a été entendue.

A un moment, l’avocat de la défense a demandé le renvoi du procès pour mieux préparer sa défense. Les juges acceptent et décident de renvoyer le dossier au 7 novembre prochain.

Safiatou Lopez a réitéré ses accusations car, selon elle, tous les syndicats de magistrats ont porté plainte contre elle, au prétexte qu’elle a proféré des menaces contre l’appareil judiciaire, alors qu’elle considère qu’il n’en est rien. Son incompréhension, on ne peut pas libérer un homme impliqué dans le putsch manqué à l’occasion de la célébration de son premier anniversaire. Sa foi, il y a une justice à deux vitesses.

Mathias Lompo
Burkina Demain

Me Alexandre Varaut : «Djibrill Bassolé sera libéré dans 15 jours, si…»

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Alexandre Varaut, avocat du Général Djibrill Bassolé

Alexandre Varaut, membre du barreau de Paris, est sans doute l’un des tenaces défenseurs du Général Djibrill Bassolé, détenu il y a maintenant un an pour sa présumée implication dans le putsch du 16 septembre 2015. Me Varaut vient de séjourner au Burkina les 28, 29 et 30 septembre 2016 dans le cadre du premier anniversaire de l’arrestation du Général Bassolé. L’avocat parisien n’a pas varié d’un iota sur sa ligne de défense de Bassolé dont il juge la détention politique et arbitraire. «On s’est servi du putsch pour éliminer Djibrill Bassolé de la scène politique (…) il n’avait ni de lien avec le RSP, ni avec le putsch», soutient-il dans cet entretien exclusif qu’il nous a accordé dans la soirée du 30 septembre 2016 à Ouagadougou, juste avant son vol-retour sur Paris.

Alexandre Varaut, avocat du Général Djibrill Bassolé
Alexandre Varaut, avocat du Général Djibrill Bassolé

Burkina Demain : Vous avez animé une conférence de presse ce 29 septembre dernier. Quelle a été la teneur du message que vous avez voulu livrer aux journalistes ?

Me Alexandre Varaut : LA conférence de presse était symbolique puisque c’était le premier anniversaire de la détention de Djibrill Bassolé qui est en prison depuis un an. Un an, c’est très long quand on a rien à se reprocher et en plus quand on est privé de sa famille. Un an, c’est très long, quand les explications que l’on donne au fur et à mesure, pour le moment, ne sont pas encore entendues. C’était donc important pour moi d’être à Ouagadougou afin de rencontrer Djibrill, la presse ainsi que le juge d’instruction pour qu’on ne l’oublie pas. L’objectif, c’est qu’il soit libéré car cela n’a que trop duré.

Vous avez eu une rencontre avec le juge d’instruction. Qu’est-ce qu’il en ressort ?

J’ai rencontré le juge d’instruction et je suis persuadé qu’il veut bien faire. Je vois qu’il y a la partie judiciaire et la partie politique. Dans la partie d’instruction je sais que le juge va bien faire son travail mais on ne peut pas ne pas reconnaître que Djibrill Bassolé est en prison uniquement parce que c’est un homme politique. On a commencé à l’écarter de l’élection présidentielle par la loi constitutionnelle. Après il y a eu le putsch auquel il n’a pas participé. D’ailleurs, il n’était même pas à Ouagadougou et on a réussi à faire comme s’il était un des acteurs ou un bénéficiaire. Donc, il s’est retrouvé en prison parce que d’autres que lui auxquels il n’avait rien demandé, ni ordonné, dont il n’attendait rien d’eux, ont voulu protéger leurs intérêts personnels et ceux du régiment de sécurité présidentiel qui n’intéressait pas particulièrement Bassolé. Il n’avait ni de lien avec le RSP ni avec le putsch. Par conséquent, on s’est servi de ce putsch pour l’éliminer de la scène politique du Burkina Faso.

Vous êtes sur le point de prendre votre vol retour sur Paris. Quelle appréciation ou bilan faites-vous de votre présent séjour au Burkina ?

Je suis content d’être venu puisque j’ai pu voir Djibrill et bien d’autres journalistes qui s’intéressent à sa situation, qui sont prêts à entendre, à être le relai auprès des Burkinabè, de notre inquiétude. Je pense qu’au début le peuple Burkinabè avait des inquiétudes, peut être pour certains mêmes des soupçons mais petit à petit l’opinion s’est retournée, trouvant qu’un an, c’est long pour que quelqu’un soit emprisonné pour des soupçons. Si seulement il y avait des preuves ou s’il avait vraiment participé à un putsch ou encore s’il en avait été un des organisateurs, au bout d’un an d’enquête on l’aurait su. Mais au bout d’un an d’enquête, il n’y a toujours rien. Alors il est temps d’en tirer les conséquences et de le remettre en liberté.

Vous avez pu voir Djibrill Bassolé. Comment l’avez-vous trouvé ?

Cela fait la deuxième fois que j’ai vu Bassolé. Je trouve que son moral est bon. Même s’il trouve le temps long, il a de l’espoir, il aime bien son pays, c’est un vrai patriote. Il voudrait se voir libre pour pouvoir être utile à son pays parce que nous avons tous besoin de liberté. Mais, surtout il a rage de voir que le Burkina Faso ne va pas bien et lui, il est en prison, il ne peut rien faire pour l’aider. Mais, il y a une chose qu’on peut constater…

Laquelle ?

C’est que tous les ennuis de Djibrill datent de l’époque de la transition et de celle de l’ex- premier Isaac Zida. Il semble qu’on a compris maintenant qui était Zida. Donc c’est assez curieux que Zida qui est à l’origine de la détention de Djibrill pour l’éliminer, soit caché aujourd’hui à l’étranger avec, dit-on, beaucoup d’argent et Bassolé qui n’a rien fait, soit en prison. Je sais que le Burkina est en train de rentrer dans une nouvelle ère et phase politique.

Comment une nouvelle ère ?

Parce que hier (ndlr : c’était le 29 septembre 2016) en même temps que le premier anniversaire de la détention de Djibrill Bassolé, il y avait l’installation de la commission constitutionnelle pour la cinquième république. Et le principe même d’une constitution comme celle que veut se donner le Burkina, c’est la liberté, la démocratie et la séparation des pouvoirs. Séparer les pouvoirs c’est-à dire que les politiques ne s’occupent plus de la justice, le président de la république n’a plus d’autorité sur le tribunal et le ministre de la justice n’est pas partie civile dans les procès comme celui qui est là actuellement.

Que voulez-vous dire par-là ?

Je veux dire qu’aujourd’hui je regrette que le ministre de la défense ait autorité sur le tribunal, qu’il puisse révoquer des juges, que le ministre de la justice soit partie civile dans les procès. C’est bien un procès politique qui se prépare. Et mon vœu, c’est que Djibrill Bassolé cesse d’être un prisonnier politique ou un prisonnier de la politique. Car, si l’on ne s’occupe que de la justice dans cette affaire, il est certain que Djibrill Bassolé sera libéré dans 15 jours.
Vous avez saisi également la commission de l’ONU sur les détentions arbitraires. Qu’attendez-vous exactement de cette commission de l’ONU ?

Effectivement, nous avons saisi il y a une dizaine de jours maintenant la commission de l’Organisation des nations unies qui s’occupe particulièrement des détentions arbitraires, généralement dans les cas où il y a une confusion entre la justice et la politique, où l’on se sert de la justice à des fins politiques et où on peut trouver des gens qui sont en prison non pas parce qu’ils ont commis un délit, un crime mais parce qu’on veut les éliminer de la scène politique. C’est exactement le cas de Djibrill Bassolé. C’est pourquoi, nous nous sommes approchés de l’ONU pour qu’elle examine sa situation particulière. Est-ce qu’il est normal qu’il soit en prison depuis si longtemps? Est-ce qu’il est normal que ce soit une justice militaire sous l’autorité du président de la république? Est-ce qu’il est normal que quand on veut remettre un document important au juge que celui-ci refuse de le prendre? Bref, nous avons beaucoup de griefs que nous avons exposés à l’ONU pour qu’elle enquête. Il est bien vrai que l’ONU ne peut pas donner des ordres au Burkina, mais il est néanmoins membre de l’Organisation.

Mais, qu’en attendez-vous au juste, si l’ONU ne peut pas donner des ordres au Burkina ?

Il est clair que si l’ONU juge la détention de Djibrill Bassolé anormale, arbitraire et non respectueuse des règles de droit ; le Burkina Faso va se trouver embarrassé. Mais le plus simple pour le Burkina, serait que Djibril Bassolé soit remis en liberté avant que l’ONU ne se prononce sur son cas. Sa longue détention qui ne se justifie pas du point de vue du droit, n’a que trop duré.

Entretien réalisé par Grégoire B. Bazié
Burkina Demain

Gabon: le gouvernement Ngondet I compte 40 membres

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emmanLe nouveau gouvernement formé par le Premier ministre, Franck Emmanuel Issoze Ngondet compte 40 membres comme le précédent cabinet dirigé par l’ancien Premier ministre Daniel Ona Ondo.

La tête de proue qui symbolise l’ouverture est Bruno Ben Moubamba. Président d’une branche de l’Union du peuple gabonais (UPG, opposition), ce jeune opposant est arrivé en 3ème position lors du scrutin présidentiel du 27 août dernier. Il a été promu Vice-Premier ministre, ministre de l’Urbanisme, de l’habitat social et du logement. Il est par ordre protocolaire N°2 du gouvernement. Il est suivi de Paul Biyoghe Mba qui perd son titre de Vice-Premier ministre et devient Ministre d’Etat, ministre du développement social et familial et de la solidarité nationale.

En revanche, aucun poids lourd ayant soutenu Jean Ping arrivé en 2ème position, selon les résultats officiels (47,24%) lors de la dernière élection présidentielle, n’a intégré l’équipe. Celui qui se considère toujours comme le président élu peut se frotter les mains, son entourage politique reste soudé. La rumeur donnait René Ndemezo’o Obiang, directeur de campagne de Jean Ping comme l’un des cadres séduits par un poste au gouvernement.

Le gouvernement compte 30% de femmes. Il a été remanié à 50%. Les proches d’Ali Bongo tiennent les postes clefs. Le secrétaire général de la présidence de la République, Etienne Massard Makaga cumulera ses fonctions avec celles de ministre de la Défense. L’ex ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubele Boubeya prend du galon, il est promu ministre d’Etat, chargé des Affaires étrangères.

Alain Claude Bilie By Nze grimpe aussi d’un cran. Il est ministre d’Etat chargé de l’économie numérique, de la Communication, de la culture et porte parole du gouvernement.

Le pétrole reste entre les mains d’Étienne Ngoubou. Mathias Otounga Ossibadjouo quitte la défense pour le budget.

Lambert Noël Mata, ancien « éternel » secrétaire général du ministère de l’Intérieur devient ministre de ce département qu’il convoitait depuis des années. Un fils de Pierre Claver Maganga Moussavou fait son entrée au gouvernement. Son père est maire de Mouila et candidat malheureux à la dernière élection présidentielle.

Les principaux sortants sont l’opposant Mathieu Mboumba Nziengui, ministre d’Etat chargé de l’Agriculture. Le général des corps d’armés Flavien Nzengui Nzoundou, vice-premier ministre aussi quitte le gouvernement avec Christian Magnanga du Budget, Désiré Guedon et Gabriel Tchango.

Anderson Koné
Burkina Demain

Tiken Jah Fakoly revient avec un maxi single en décembre prochain

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A l’occasion du concert en hommage à l’ancien président Thomas Sankara, l’artiste musicien ivoirien, Tiken Jah Fakoly, a annoncé, ce 2 octobre 2016 à Ouagadougou, la sortie sur le marché du disc d’un maxi single. fako

Cela dit, il a offert en exclusivité un titre baptisé « Tu m’as tué » au chaleureux public burkinabè. Une fois de plus, il a rendu hommage à Thomas Sankara et les autres martyrs africains, avant d’appeler métaphoriquement les dirigeants africains au respect de leur constitution et de l’alternance.

Puis, il a terminé en donnant rendez-vous au public pour un méga concert au Stade municipal de Ouagadougou.

Anderson Koné
Burkina Demain