Le député-maire de Dori, Aziz Diallo, ne manque pas de mots pour désapprouver le code électoral adopté ce mardi 25 août 2020 par les députés. Sa réaction.
«Si pour des raisons de force majeure, les élections législatives ne peuvent se tenir dans une ou des communes entières d’une province, le résultat de la commune où on a voté va servir pour l’élection des députés de la province.
Idem pour les municipales, où donc 2 ou 3 villages pourront élire les exécutifs locaux : Aujourd’hui, on nous demande de regarder des centaines de milliers de potentiels électeurs, tous Burkinabè au même titre que chacun d’entre nous, et leur dire que non seulement nous n’avons pas été en mesure d’assurer votre sécurité, mais aussi pour les 3 prochaines élections, ce n’est pas la peine que vous votez, que vous participez aux choix de vos exécutifs locaux, de vos représentants à l’Assemblée nationale, et du Président du Faso.
Mais, on reviendra vers vous vous parler de la République, de l’appartenance commune à la Nation, du renforcement de la cohésion sociale.
Il y a eu dans un passé récent ce que je considère comme des abus de langage dans l’appréciation de certaines lois. Pour ma part, nous sommes là face à la véritable loi d’exclusion.
Tout en saluant les efforts de dialogue du chef de l’Etat, je refuse de me rendre complice de cet attentat contre la démocratie, contre la cohésion sociale».
L’Union Nationale des Parents d’élèves du Post-Primaire, secondaire et du Supérieur du Burkina ( UNAPES-B) a tenu un point de presse ce 25 Août 2020 à Ouagadougou.
L’année scolaire au Burkina Faso a été marquée par des préoccupations d’ordre sécuritaire, sanitaire et sociale. Toutefois, Malgré les difficultés rencontrées, l’année a pu être sauvée. Animée par le président de l’Union Nationale des Associations des Parents d’Elèves du Post-Primaire, du Secondaire et du Supérieur du Burkina ( UNAPES-B), la conférence a consisté à présenter le bilan de l’année scolaire 2019/2020 et les préparatifs de la rentrée scolaire 2020/2021.
Les résultats des examens
Le Certificat d’Etudes Primaires ( CEP) s’est déroulé du 14 au 16 Juillet et les épreuves écrites, orales et pratiques des examens du post-primaire et du secondaire ( BEPC, CAP et BEP ) ont eu lieu du 14 au 28 Juillet 2020. Selon l’UNAPES-B, sur un total de 421.269 ayant composé, 278.310 élèves ont été admis au CEP; soit 66,06% contre 55,11% en 2019.
Le Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC ) a comptabilisé 110.472 admis sur 302 915 présents; soit 36,47% contre 26,62% en 2019.
Au niveau des examens de l’Enseignement et la Formation Technique et Professionnelle (EFTP: CAP, BEP), pour un total de 14.785 candidats présents, 9.369 ont été admis; soit un taux de 63,37% contre 46,86% en 2019.
En ce qui concerne l’examen du Baccalauréat, il s’est déroulé du 03 au 21 Août 2020. Au total, un taux de succès de 39,35% a été enregistré contre 36,83% en 2019. La région du Centre-Nord a connu le plus fort taux de succès ( 43,24%) par rapport à la région de l’Est qui a enregistré la moins bonne performance sur la liste (33,19%).
En définitif, selon L’UNAPES-B, les examens et concours scolaires de la session 2020 se sont bien déroulés sur l’ensemble du territoire. << Les résultats enregistrés à cette session pour chacun des examens, sont meilleurs à ceux de la session précédente 2019 en dépit du contexte sécuritaire, sanitaire et sociale >>.
Suite à l’apparition de la pandémie à Coronavirus, mettant en difficulté l’année scolaire, en plus de la situation sécuritaire que connaissait déjà le Burkina Faso, l’Etat a procédé à une prise de décision entraînant la fermeture des classes intermédiaires ; le passage en classe supérieure avec une seule moyenne pour les classes intermédiaires, notamment au post-primaire et au secondaire ; le passage automatique en classe supérieure de tous les élèves, au primaire.
Selon l’UNAPES-B, ces mesures pourraient avoir des répercussions dommageables sur la qualité de l’enseignement et le niveau des élèves. Pour cela, elle propose :<<la formalisation officielle par la prise d’un intérêt ou d’une circulaire par le MENAPLN, pour l’achèvement de l’année scolaire 2019/2020 et la mise à niveau des élèves avant le début de l’année scolaire 2020/2021>>. Elle propose également un calendrier pour l’année scolaire 2020/2021. Du 1er Octobre au 15 Novembre 2020, session de rattrapage de l’année scolaire 2019/2020. Du 16 au 20 Novembre, évaluation de mise à niveau. À partir du 21 Novembre 2020 jusqu’au 15 Juillet 2021, déroulement de l’année scolaire 2020/2021.
Pour les discussions à venir entre le gouvernement et les syndicats, l’UNAPES-B encourage les deux parties à mettre à l’avance le dialogue et à trouver un compromis sur les points de discorde. Comme proposition, elle suggère que dans le contexte de COVID-19, l’Etat adopte une loi de programmation éducation/formation qui permettrait de financer massivement le secteur de l’éducation /formation afin de le sortir des tares qui empêchent son développement. Elle suggère également une systématisation de l’utilisation du numérique dans l’éducation afin de réduire bien des coûts.
Le ministre de l’énergie, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, lors de son intervention au Parlement ce 24 août 2020
Lors de sa séance du 9 mars 2018, l’Assemblée nationale autorisait le gouvernement à ratifier l’Accord cadre portant création de l’Alliance solaire internationale (ASI). Ce 24 août 2020, les députés burkinabè à l’unanimité des 104 votants ont officiellement ratifié ledit accord-cadre qui fait désormais du Burkina Faso un pays pleinement engagé dans l’atteinte des nobles objectifs de l’ASI qui ambitionne de mobiliser plus de 1 000 milliards de dollars d’investissement en énergie solaire d’ici 2030.
Le ministre de l’énergie, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, lors de son intervention au Parlement ce 24 août 2020
Le Burkina Faso fait désormais parties des pays qui ont ratifié l’accord cadre de l’Alliance solaire internationale (ASI). Les députés burkinabè l’ont en effet ratifié ce lundi 24 août 2020 à l’unanimité des 104 votants.
Selon le ministre de l’énergie, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, qui a assisté à cette ratification parlementaire, l’adhésion du pays à l’ASI a déjà permis de renforcer les capacités de nos cadres en matière d’énergie renouveler et cela devrait se poursuivre avec la promotion des technologies d’énergies renouvelables à moindre coût, la réduction des coûts de production nationale d’électricité, la limitation des émissions de gaz à effet de serre.
1 000 milliards de dollars d’investissements d’ici 2030
Le Burkina Faso qui mise sur l’énergie solaire pour assurer son approvisionnement énergétique et son développement socioéconomique entend tirer pleinement profit des opportunités de l’ASI.
En effet, les pays membres de l’ASI s’engagent à agréger et harmoniser leurs demandes de financements, de technologies et d’innovation pour créer un marché commun afin de faire baisser les coûts, de renforcer le contrôle qualité, de mieux adapter les produits aux besoins, et d’améliorer les technologies.
Pour rendre l’énergie solaire abordable aux plus pauvres, l’Alliance souligne l’importance de canaliser le capital, de réduire les coûts par des mécanismes financiers, de promouvoir l’accès universel à l’énergie et d’aider à la création de normes communes pour garantir une qualité de produits adéquate dans l’utilisation des produits par les pays membres.
Et pour tendre vers l’atteinte ses objectifs, l’ASI ambitionne de mettre en œuvre d’instruments financiers permettant de mobiliser plus de 1.000 milliards de dollars d’investissement en énergie solaire d’ici 2030.
Signature de l’accord-cadre le 15 novembre 2016
Faut-il le rappeler, c’est en marge de la 23e conférence de l’ONU sur le climat (COP23) le 15 novembre 2016 à Marrakech au Maroc que le Burkina Faso avait signé l’Accord cadre portant création de l’Alliance solaire internationale. L’initiative avait été lancée l’année d’avant par la France et l’Inde lors de la COP22 à Paris.
L’ASI, qui jouit depuis le 6 décembre 2017 du statut d’organisation internationale avec 121 pays membres, a tenu son premier sommet le 11 mars 2018 à New Delhi, en Inde. New Delhi abrite d’ailleurs le siège de l’Alliance.
Bref, l’ASI vise, in fine, à rendre possible le changement d’échelle dans le déploiement de l’énergie solaire au profit des 73% de la population mondiale qui vivent dans les 121 pays à fort ensoleillement dont le Burkina Faso.
Une trentaine de stagiaires de 7 nationalités africaines participent du 24 au 28 août à la sixième édition de la formation des formateurs sur la gouvernance de l’internet. C’est la ministre du développement de l’économie numérique et des postes, Hadja Fatimata Sanon qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cette session virtuelle au nom du Premier ministre.
C’est la ministre du développement de l’économie numérique et des postes, Hadja Fatimata Sanon qui a présidé la cérémonie d’ouvertureL’ouverture de la session en ligne
Comme les précédentes éditions, la sixième édition de la formation des formateurs sur la gouvernance de l’Internet dont l’ouverture est intervenue ce lundi 24 août, vise à renforcer les capacités des experts africains francophones afin qu’ils puissent participer et contribuer efficacement aux instances internationales du numérique.
Au total, c’est une trentaine de stagiaires de 7 nationalités africaines qui y participent du 24 au 28 août 2020. Coronavirus oblige, la session se fait en ligne.
La commissaire de l’Union africaine en charge de l’énergie et des infrastructures, Dr Abou Zeid
L’ouverture officielle de la session ce lundi a connu l’intervention de plusieurs officiels dont la ministre burkinabè des technologies de l’information et de l’économie numérique Hadja Sanon, représentant le Premier ministre Christophe Dabiré.
Autres interventions importantes d’officiels enregistrées, celle de la commissaire de l’Union africaine en charge de l’énergie et des infrastructures, Dr Abou Zeid ou du Dr Dawit Békélé ; du vice-président Afrique de Internet Society, ou de Charles Millogo, président de l’Autorité de régulation du secteur des communications électroniques et des postes (ARCEP).
«Je voudrais féliciter l’ONG ITICC et l’ensemble de ses partenaires pour cette initiative qui contribue nul doute à créer une masse critique d’expert dans le domaine de la gouvernance de l’Internet en Afrique », a indiqué la ministre Sanon.
10 nouveaux cas confirmés, tous à transmissions communautaires et 8 nouvelles guérisons. Ce sont les éléments essentiels du tableau du dernier rapport sur la situation du Coronavirus au Burkina en date du 22 août 2020.
A la date du 22 août, avec 8 nouvelles guérisons enregistrées, le nombre total des guérisons depuis l’apparition de la Covid-19 au Burkina Faso passe à 1058.
Toujours à la date du 22 août, 10 nouveaux cas confirmés, dont 1 cas importé et 9 à transmissions communautaires (6 à Ouagadougou et 3 à Bobo-Dioulasso), faisant passer le nombre total des cas confirmés à 1338 dont 465 femmes et 873 hommes.
A la date du 22 août, le nombre total des décès depuis le 9 mars demeure 55, aucun nouveau décès n’ayant été enregistré à cette date. Nombre des cas actifs à la date du 22 août : 225.
L’ancien président et Premier ministre congolais, Pascal Lissouba (88 ans) est mort ce lundi à l'âge de 88 ans
L’ancien président et Premier ministre congolais, Pascal Lissouba (88 ans) est mort ce lundi à Perpignan, en France, des suites de maladie. Considéré comme le premier président démocratiquement élu du Congo Brazzaville, Lissouba vivait en exil depuis sa perte du pouvoir en 1997, suite à la guerre civile qui s’est achevée avec le retour au pouvoir du président Denis Sassou N’Guesso.
L’ancien président et Premier ministre congolais, Pascal Lissouba (88 ans) est mort ce lundi à l’âge de 88 ans
Né le 15 novembre 1931 à Tsinguidi, dans le sud-ouest du Congo, Pascal Lissouba dont on pleure aujourd’hui la disparition fait partie des hommes d’Etat congolais qui ont connu un parcours politique remarquable. Parcours qui culminera en 1992 à son élection à la présidence de la république congolaise, lors des premières élections démocratiques du pays.
Titulaire dès 1958 d’un doctorat en sciences naturelles obtenu en France, Pascal Lissouba était ingénieur agronome de formation.
De retour au pays il est fait ministre de l’Agriculture sous le premier président du Congo indépendant, Fulbert Youlou (1963-1965), avant de se voir confier le poste de Premier ministre sous le président Alphonse Massamba Débat (1965-1966).
S’en suivra une période de difficultés politiques puisqu’il sera condamné pour haute trahison. Mais, la période d’ouverture au début des années 1990 avec la conférence nationale le ramène au-devant de la scène politique congolaise. L’alliance de son parti, UPADS avec le PCT du président Denis Sassou N’Guesso lui permet de remporter le 20 août 1992 la présidentielle de cette année.
Mais, l’alliance entre les 2 hommes sera de courte durée et le pays sera plongé dans une guerre civile atroce avec des milliers de morts. Ayant perdu cette guerre en octobre 1997 au profit de son adversaire Denis Sassou N’Guesso ; Pascal Lissouba avait alors repris le chemin de l’exil. Avec le poids de l’âge, il abandonnera plus tard la vie politique. Avec sa disparition, c’est une bibliothèque de la politique congolaise qui s’en est allé.
Lazare Banssé a été élu ce samedi 22 août 2020 à Bobo-Dioulasso président de la FBF avec 94 voix devant Amado Traoré, crédité de 59 voix
La nouvelle en provenance de Bobo vient de tomber. Il s’agit de l’élection à la présidence de la Fédération burkinabè de football (FBF) de Lazare Banssé devant Amado Traoré. Il a été élu avec 94 voix devant Amado Traoré, crédité de 59 voix.
Lazare Banssé a été élu ce samedi 22 août 2020 à Bobo-Dioulasso président de la FBF avec 94 voix devant Amado Traoré, crédité de 59 voix
C’est donc Lazare Banssé qui va remplacer le Colonel Sita Sangaré à la tête de la Fédération burkinabè de football (FBF) dont la candidature à un troisième mandat avait été empêchée par sa hiérarchie.
Lazare Banssé a en effet été élu ce samedi 22 août 2020 à Bobo-Dioulasso président de la FBF avec 94 voix devant Amado Traoré, crédité de 59 voix.
Les responsables du NTD dont Vincent Dabilgou (micro) lors du congrès d'investiture de Roch Marc Christian Kaboré à la présidentielle du 22 novembre 2020
Le Nouveau temps pour la démocratie (NTD) a tenu son deuxième congrès extraordinaire ce 22 août à Ouagadougou ; un congrès au cours duquel Roch Marc Christian Kaboré a été choisi comme candidat du parti pour la présidentielle.
Les responsables du NTD dont Vincent Dabilgou (micro) lors du congrès d’investiture de Roch Marc Christian Kaboré à la présidentielle du 22 novembre 2020
La date des élections couplées présidentielle et législatives avance à grand pas ; c’est le moment pour les différents partis politiques de présenter leur candidat, pour la présidentielle surtout.
Désormais, c’est une chose faite pour le parti de Vincent Dabilgou. En effet, sous le thème : «Élections couplées présidentielle et législatives du 22 Novembre 2020 : quelle contribution du NTD pour une victoire éclatante du candidat Roch Marc Christian Kaboré ?» le Nouveau temps pour la démocratie a procédé, suite à son deuxième congrès extraordinaire, à l’investiture de son représentant pour la conquête du pouvoir.
Ainsi, après l’étendard, Vincent Dabilgou a remis au directeur de cabinet de son candidat, Clément Sawadogo le document qui témoigne de la contribution du parti en termes d’idée.
Pour le choix de Roch Marc Christian Kaboré, le président du NTD dit avoir mis l’accent sur deux axes que sont le bilan et la vision. «Il vient avec un bilan que nous avons jugé positif et il vient surtout avec une nouvelle vision», une vision qui, selon Dabilgou, intègre les grandes questions comme l’insécurité.
Des congressistes pendant l’investiture
Pour le président du parti, le document remis en guise de contribution contient entre autres des points tels que l’implication du peuple à la gestion de manière à ce qu’il participe au développement du pays ; la question de l’employabilité des jeunes et aussi le combat du terrorisme sur toutes ses formes.
Pour l’élection présidentielle, le Nouveau temps pour la démocratie est convaincu qu’il n’y aura pas de second tour, ça sera juste un coup chaos pour son candidat.
Alassane Ouattara a été officiellement investi ce 22 août candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à la présidentielle ivoirienne du 31 octobre 2020
C’est bien Alassane Ouattara qui sera le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à la présidentielle ivoirienne du 31 octobre 2020. Le président sortant et candidat à un troisième mandat présidentiel a été en effet officiellement investi ce samedi 22 août au stade Félix Houphouet Boigny, promettant à ses partisans un coup KO dès le 1er tour.
Alassane Ouattara a été officiellement investi ce 22 août candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à la présidentielle ivoirienne du 31 octobre 2020
Ni les contestations de ses opposants, ni les manifestations de rue de ces dernières semaines n’ont eu raison de la détermination d’Alassane Ouattara de rempiler pour un troisième mandat présidentiel à l’issue de la future présidentielle du 31 octobre 2020.
ADO, comme l’appellent ses partisans a en effet été officiellement investi ce samedi comme candidat de sa coalition du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) de cette présidentielle, jugée à haut risques.
Face à tous ceux qui dénoncent sa candidature comme étant anti- constitutionnelle, Alassane Ouattara a tenu à assurer : «Tous les observateurs de bonne foi savent qu’étant dans la 3e République, rien ne m’empêche d’être candidat. C’est le cas pour mes prédécesseurs s’ils remplissent toutes les conditions car il n’y a pas de rétroactivité dans la Constitution».
Fort de cette conviction d’être dans ses droits, Ouattara table sur une victoire dès le premier tour, «un coup KO» comme on le dit souvent.
Si l’exclusion de deux de ses opposants des listes électorales en l’occurrence Laurent Gbagbo et Guillaume Soro devrait se confirmer devant les tribunaux de recours, Alassane Ouattara n’aura finalement comme principal challenger que son ex-allié du second tour de la présidentielle de 2010, Henri Konan Bédié, avec qui il a eu à gouverner le pays sous son premier mandat et une partie de son deuxième mandat.
Leprésident en exercice de la conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO, Mahamadou Issoufou
En sa qualité de président en exercice de la conférence des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le président nigérien Mahamadou Issoufou a présidé la visio-conférence de ce jeudi de l’organisation régionale sur la situation au Mali marquée par la prise du pouvoir des militaires. Dans cette allocution de clôture, Issoufou dresse le point des décisions prises par les chefs d’Etat dont l’exigence de la libération du président IBK et de ses collaborateurs, ainsi que son rétablissement dans le fauteuil présidentiel.
Leprésident en exercice de la conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO, Mahamadou Issoufou
Allocution de S.E.M. Issoufou Mahamadou, Président de la République du Niger, Chef de l’Etat, Président en exercice de la CEDEAO, à la clôture du Sommet Extraordinaire sur la situation au Mali
Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs
Nous sommes à la fin de notre Sommet extraordinaire consacrée à la situation au Mali, suite au coup d’Etat perpétré par une junte militaire le 18 mars 2020, et qui a conduit à l’arrestation et à la démission subséquente du Président de la République du Mali, ainsi qu’à la dissolution de l’Assemblée Nationale et du Gouvernement.
Comme nous l’avions fait depuis le déclenchement de cette crise, nous avons décidé de nous impliquer résolument dans la recherche de solutions à cette nouvelle situation, aux côtés du peuple malien et de toutes les forces vives de ce pays frère, afin que la paix et la sérénité puissent régner de nouveau au Mali, déjà lourdement éprouvé par une insécurité qui entrave son développement économique et social. Nous avons examiné la situation sans complaisance et nous avons procédé à des échanges francs et fructueux avec, à l’esprit un seul objectif fondamental, le retour dans les plus brefs délais au calme et à une situation institutionnelle normale dans ce pays.
Dans nos échanges et nos propositions, le Protocole de la CEDEAO sur la bonne gouvernance et la démocratie nous a servi de guide. Ce protocole auquel tous nos pays sont parties, nous indique clairement les voies à suivre en cas de changement anticonstitutionnel de régime politique, tel que c’est le cas au Mali.
Il nous permet de prendre des mesures conservatoires pour protéger le cadre démocratique et républicain en pareille circonstance, et nous les avons prises.
Nous avons donc décidé après nos échanges de prendre les décisions ci-après :
a) condamnons avec fermeté les menaces et les pressions ainsi que les manipulations effectuées par les militaires putschistes sur le Président Ibrahim Boubacar Kéita pour le contraindre à annoncer une démission contre son gré ;
b) condamnons avec la plus grande fermeté la tentative de renversement par des militaires putschistes du gouvernement démocratiquement élu du Président Ibrahim Boubacar Kéita ;
c) dénions catégoriquement toute forme de légitimité aux militaires putschistes et exigeons le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel ;
d) exigeons la libération immédiate du Président Ibrahim Boubacar Kéita et de tous les officiels arrêtés ;
e) rappelons aux militaires putschistes leur responsabilité sur la sûreté et la sécurité du Président Ibrahim Boubacar Kéita et des officiels arrêtés ;
f) demandons le rétablissement du Président Ibrahim Boubacar Kéita en tant que Président de la République, conformément aux dispositions constitutionnelles de son pays.
g) suspendons le Mali de tous les Organes de Décision de la CEDEAO avec effet immédiat, conformément au Protocole Additionnel sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance et ce, jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel ;
h) décidons de la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, financières et commerciales à l’exception des denrées de première nécessité, des médicaments, du carburant, et de l’électricité entre les pays membres et le Mali. Nous invitons tous les partenaires à faire de même ;
i) demandons la mise en œuvre immédiate d’un ensemble de sanctions contre tous les militaires putschistes et leurs partenaires et collaborateurs ;
j) décidons de dépêcher immédiatement une délégation de haut niveau pour assurer le retour immédiat de l’ordre constitutionnel ;
k) demandons la montée en puissance de la Force en Attente de la CEDEAO ;
l) décidons de demeurer saisie de la situation au Mali.
Bien entendu, le cadre de dialogue institué par notre communauté reste valable et le médiateur Goodluck Jonathan est disponible pour continuer sa mission de rapprochement des positions de toutes les parties et de réconciliation du peuple Malien. Nous allons donc engager des discussions avec les responsables de la junte militaire pour leur porter le message de notre communauté et leur faire comprendre que le temps des prises de pouvoirs par la force est révolu dans notre sous-région. Nous travaillerons de façon inclusive, avec tous les fils du Mali afin que ce pays s’engage dans un processus où ses institutions démocratiques seront pleinement rétablies et opérationnelles et ce dans les meilleurs délais.
En tant que Président en Exercice de la CEDEAO, j’ai à cœur la résolution de la crise politique et institutionnelle au Mali et au vu des échanges que nous venons d’avoir je n’ai aucun doute que c’est le même sentiment qui anime tous les Chefs d’Etat et de Gouvernement de notre Communauté et qu’ensemble nous réussirons. Le Mali est dans une situation critique avec des risques graves qu’un affaissement de l’Etat et des institutions n’entraîne des revers dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé avec toutes les conséquences pour l’ensemble de notre communauté. C’est dire que ce pays a plus que jamais besoin de notre solidarité.
Pour conclure Je tiens à réaffirmer aux Maliens que la CEDEAO travaillera avec eux pour trouver et mettre en œuvre les solutions les meilleures pour la stabilité institutionnelle de leur pays. Nous avons décidé de la convocation de la prochaine visioconférence dans une semaine.
Sur ce, je déclare clos les travaux de notre visio-sommet extraordinaire.